19 & 20 JANVIER 2008 : FESTIVAL DU VOYAGE A VELO
Avec Laurence (mon épouse), nous participons au festival du voyage à vélo à St Denis, organisé par Cyclo Camping International, association dont je suis adhérent.
C’est l’occasion pour Laurence d’un voyage à Paris et de s’imprégner de l’ambiance qu’il règne au sein de la famille des voyageurs à vélo.
J’en profite pour régler deux dilemmes : Vélo droit ou Vélo couché, remorque ou sacoches. Ce sera Vélo droit et remorque.
Nous rencontrons « FRED » qui à remonté l’Afrique de l'ouest avec son frère
africatence.miarroba.com. Il nous communique son enthousiasme et me conforte dans mon projet.
1 MARS 2008 : CYCLES DANIEL GUEDON A LYON
Après de nombreuses recherches sur Internet et la découverte d’un forum spécial voyage et particulièrement le voyage à vélo : FORUM VOYAGES, je prends connaissance d’un des rares artisans cadreurs français, Daniel GUEDON qui fabrique encore des cadres de vélo sur mesure pour voyager. Mon vélo sera en acier et résistant et pourra se souder en cas de pépin à n’importe quel endroit. Ce samedi, je monte donc à Lyon afin qu’il prenne mes mensurations et m’établisse un devis.
4 JUILLET 2008 : RENCONTRE AVEC LIONEL CANDILLE A SANARY
Toujours avec Laurence, nous rencontrons Lionel
www.candille-lionel.fr à Sanary-sur-Mer, avec lequel j’ai fait la connaissance sur ce fameux FORUM VOYAGES. Lionel a fait toute la traversée de l’Afrique avec une partenaire. Tout comme « FRED », il me conforte dans mon projet et m’apprends beaucoup sur son voyage. J’écoute avec attention ses conseils avisés.
Je suis heureux d'avoir trouver ce Forum qui est vraiment une source d’information importante pour la préparation de mon voyage. Il est vraiment très intéressant et permets des rencontres : je pose régulièrement des questions et il y a toujours quelqu’un pour m’apporter réponses et commentaires.
17 JUILLET 2008 : REMORQUE « AEVON »
Je me suis décidé à commander ma remorque, par Internet chez CYCLO-RANDONNEE, que j’avais rencontré au Festival du Voyage à Vélo à Paris. Elle est de marque « AEVON », de fabrication allemande, en alu mais résistante et pèse 6,9 kg. Elle a la particularité de s’accrocher au tube de selle et évite ainsi les contraintes sur l’axe du moyeu de la roue arrière. Je la reçois ce jour et bien sûr, je la trouve magnifique !
06 AOUT 2008 : RANDO DE 4,5 JOURS POUR TESTER LA REMORQUE
J’ai ma remorque mais pas encore mon vélo, pourtant, je languis d'essayer cette petite merveille. Qu’à cela ne tienne, je décide de la tracter avec mon vélo de route et de me rendre aux ANGLES (PYRENEES ORIENTALES) où Laurence et sa sœur Catherine doivent me rejoindre pour une semaine de randonnée à pieds dans les Pyrénées. Ce mercredi, c’est un attelage bizarre qui part de Gréoux-les-Bains : un vélo super léger en titane qui tracte une remorque...
PREMIERE ETAPE - GREOUX / SAINT MARTIN DE CRAU : 112 KM DENIVELE : 865 M.
Pour une première expérience avec une remorque, je suis très satisfait de ma journée, sur un relief facile il est vrai. Je pédale toute la journée sous une chaleur torride (il faut bien s’habituer à l’Afrique). Après une grosse halte et un bon repas à GRANS, chez Solange ma belle-sœur et Georges mon beau-frère, je repars à 15 h au plus chaud de la journée pour finir dans un camping à ST MARTIN DE CRAU. Les sensations sont excellentes, je ne sens pas la remorque et parfois, je me retourne pour constater qu’elle est toujours là. Seul inconvénient: j’ai toujours ma fâcheuse tendance à tirer du braquet. Je ne suis pas en vélo de course mais en vélo de randonnée : « Gérard change tes habitudes ».
DEUXIEME ETAPE – ST MARTIN DE CRAU / GIGNAC : 142 KM DENIVELE : 1 175 M.
Ce fut une très belle journée de vélo, même si j’ai un peu goûté à la pluie le matin; l’après-midi fut très agréable. Pour éviter la circulation, j’ai pris des petites routes au nord de Montpellier, option me posant de petits problèmes de ravitaillement à midi. La prochaine fois, il faudra être plus prévoyant. Dès que l’on s’éloigne des grands axes, la circulation est moins dense mais les villages plus petits et moins nombreux. La campagne était magnifique, surtout en traversant les vignobles du « Pic St Loup ». Arrivé à Gignac, je trouve un camping sympathique dénommé « La Meuse », c’est assez étonnant quand on sait que mon département de naissance est la Meuse.
TROISIEME ETAPE – GIGNAC / ST PONS DE THOMIERES : 88 KM DENIVELE : 2 155 M.
Je passe une journée de galère avec du soleil mais beaucoup de vent. Je n’ai certainement pas dû récupérer de la grosse journée de la veille. A midi, j’en ai assez et je décide de m’arrêter et de prendre une chambre d’hôtel pour me reposer. Je grimpe au petit village d’OLARGUES, classé parmi les plus beaux villages de France. C’est peut-être la fatigue mais je trouve ce village quelconque et sans intérêt. Je décide donc de continuer et 20 kilomètres plus loin, j’arrive à St Pons de Thomières complètement exténué, le moral dans les chaussettes. A l’office de tourisme, une sympathique hôtesse me conseille une chambre d’hôte : Bel Horizon. Je n’ai pas de regrets. Après une petite grimpette, je suis accueilli par Perrine et Geoffrey, deux jeunes tourtereaux qui ont retapé une vieille maison pour y faire cinq chambres d’hôtes. Le coin est superbe et les chambres décorées avec goût, chacune sur un thème différent. Je dormirai dans la chambre Bretagne. L’accueil chaleureux et une bonne nuit me redonne le moral. Je recommande cet établissement à tous ceux qui auront l’occasion d’y passer car ces deux jeunes ont beaucoup de courage et méritent de réussir. A voir
www.belhorizon34.com
QUATRIEME ETAPE – ST PONS DE THOMIERES / CAUDIES DE FENOUILLEDES : 133 KM DENIVELE : 2090 M.
Après une nuit réparatrice, je me lève en pleine forme à 5 h 30 pour prendre mon petit déjeuner qui me sera servi exceptionnellement à 6 h 15 par mes hôtes (encore merci !). La journée sera splendide bien qu’encore très ventée. Le paysage, alternance de vignes et d’oliviers, me réconcilie avec la rando. La mauvaise journée de la veille n’est plus qu’un mauvais souvenir. Je traverse les vignobles des Corbières et de Maury sous un beau soleil via des petites routes tranquilles mais très vallonnées.A propos de Maury, si je n’ai pas goûté de vin de Maury,
il m’est arrivé un petit incident dont je me rappellerai et qui me servira de leçon. En traversant le village, je prends une petite calade mais j’avais oublié que j’avais une remorque ; les freins bloqués, mon vélo continuait la descente, impossible de m’arrêter et c’est contre un mur que j’ai bloqué mon attelage en finissant la descente à pieds. Je finis à CAUDIES DE FENOUILLEDES, dans un camping en pleine campagne, un peu fatigué mais content de ma journée.
CINQUIEME ETAPE – CAUDIES DE FENOUILLEDES / LES ANGLES : 65 KM DENIVELE : 1 485 M.
Je démarre tranquille vers 8 h car il ne me reste qu’une soixantaine de kilomètres et Laurence n’arrivera aux ANGLES que dans l’après-midi. Je remonte la vallée de l’Aude et soudain, je reconnais l’endroit, j’y étais déjà passé il y a quelques années en rando. J’ai le souvenir d’un magasin qui vendait des produits du terroir à mi-pente. Je décide de faire une grosse halte à cet endroit après un repas réparateur. J’ai le temps, je suis en forme, je mets donc la gomme pour arriver à ce lieu. Fatigué mais pas inquiet (je prendrai le temps de me reposer), j’arrive à hauteur du magasin. Désagréable surprise, ce dernier est fermé et je n’ai rien à manger et plus d’eau. La suite sera beaucoup plus pénible, je suis en montagne, ça monte et rien jusqu’à FORMIGUERES, à quelques kilomètres des ANGLES. Je finis la journée comme une lanterne, en complète hypoglycémie, que cela me serve de leçon. J’arrive enfin aux ANGLES où j’attends l’arrivée de Laurence et Catherine.
Cette randonnée aura été un bon entrainement et surtout une bonne expérience pour mon voyage futur. J’ai au total effectué 540 kilomètres et 7 770 mètres de dénivelés positifs, voyagé seul pendant 5 jours pour la première fois de ma vie et tracté une remorque.
MARDI 19 AOUT 2008
Enfin, j’ai mon cadre ! (voir photo). Ce mardi, je suis monté à Lyon pour le récupérer . Je suis très content du travail réalisé par Daniel GUEDON
cyclesdguedon.com. C’est un cadre en acier (tubes Reynolds 631 & 725 OS SPECIAL), vraiment du très costaud, toutes les attaches sont brasées et le fin du fin, les pattes spéciales « ROHLOFF », directement intégrées au cadre. Les initiés comprendront, ces pattes sont destinées à recevoir le moyeu « ROHLOFF » qui me permettra d’éliminer tout dérailleur sur mon vélo. Toutes les vitesses sont dans le moyeu (14) et je n’aurai qu’un seul plateau à l’avant et un seul pignon derrière. Je fais un pari sur l’innovation car qui dit panne, dit immobilisation. Le moyeu « ROHLOFF » est réputé fiable et pratiquement garanti à vie : enfin je verrai bien...
DIMANCHE 12 OCTOBRE 2008 : LA REMORQUE, JE CHANGE DE MODELE.
Je reçois sur mon portable, un coup de fil d’un certain Christian TOUZE. Il a rencontré au « Roc d’Azur » Vincent de chez ROHLOFF qui lui a parlé de mon projet. Il me propose une remorque de sa conception et m’affirme que c’est l’engin idéal pour mon raid. Pendant la discussion, j’apprends qu’il habite à Sisteron près de Gréoux-les-Bains et que c’est à lui que j’avais demandé par mail le 17 juin des renseignements sur sa remorque et un argumentaire pour me faire changer d’avis à propos de la remorque « AEVON ». Comme il ne lit jamais ses mails, j’attends toujours la réponse : drôle de conception du commerce. En remontant du « Roc d’Azur », il passe au bureau pour me montrer sa petite merveille. C’est de suite le coup de foudre et c’est bien la remorque qu’il me faut.
VENDREDI 07 NOVEMBRE 2008 : ENFIN MON VELO.
Je récupère enfin mon vélo chez VELO LUBERON à Pertuis. Olivier, passionné par mon projet m’a proposé de le monter dans son atelier. Nous avons choisi ensemble toutes les pièces et bien sûr, pas lésiné sur la qualité et la fiabilité du matériel. Guillaume, son ouvrier a tenu absolument à le monter lui-même. C’est sa première expérience dans ce domaine et il y a mis tout son cœur. Le résultat est absolument étonnant. Pour ce vélo spécial, l’esthétique est secondaire. A ma grande stupéfaction, mon vélo de raid, je le trouve très beau et bien équilibré. Je l’inspecte pendant des heures, je le touche, je l’admire : ce sera mon principal compagnon de voyage pendant un an. A ce propos, il va bien falloir que je le baptise et que je lui trouve un nom : avis aux amateurs. Je tiens donc à féliciter et remercier Olivier et Guillaume pour le choix des pièces et la qualité du montage : BRAVO A TOUS LES DEUX. Si vous désirez acquérir un beau vélo, n’hésitez pas : VELO LUBERON à PERTUIS.
SAMEDI 08 NOVEMBRE 2008 : PREMIER ESSAI.
Ce matin, je décide d’essayer enfin mon vélo, tester ce cintre papillon et ce fameux moyeu ROHLOFF. En premier lieu, je le pèse : 18 kg, ça semble beaucoup comparé à mon vélo en titane, mais c’est le prix à payer pour avoir de la qualité et surtout de la fiabilité. J’effectue donc une trentaine de kilomètres. J’ai un peu de mal à m’habituer à ce cintre papillon, surtout en danseuse mais avec le temps, cela passera. Par contre, le moyeu ROHLOFF, c’est au-delà de mes espérances. Ce système est vraiment étonnant, plus de dérailleur, une chaîne toujours en ligne et une simple poignée tournante où je passe la première, la deuxième, etc.….Il va me falloir repenser mes bases. Jusqu’à présent lorsque je parlais de braquets, je disais 39/21 53/12 et bien maintenant, il me faudra dire comme les petits, je suis monté en troisième, en cinquième !
LUNDI 10 NOVEMBRE 2008 : JE COMMANDE LA REMORQUE.
Ma décision est prise, j’ai pris rendez-vous avec Christian TOUZE à Sisteron et je lui commande sa remorque. Je suis donc allé à Sisteron avec mon vélo pour essayer sa remorque. Les essais sont concluants et moyennant quelques transformations sur l’attache au moyeu, ce sera parfait. J’attends donc maintenant qu’il me la fabrique et j’espère qu’il ne tardera pas trop.
DIMANCHE 1er FEVRIER 2009 : LA RETRAITE
Officiellement depuis ce jour, je suis à la retraite. J’ai tout mon temps maintenant pour préparer mon voyage et m’entraîner.
MERCREDI 1er AVRIL 2009 : UN NOM POUR MON VELO
Sur une idée de Stéphane, mon webmaster, aiguillé par Freddy (voir le forum), mon vélo, ma monture, mon fidèle destrier s’appellera : « TORNADO ».
SAMEDI 4 AVRIL 2009 : ENFIN MA REMORQUE
Ce n’est pas un poisson, commandée depuis le 10 novembre, j’ai enfin pris possession de ma remorque. J’avais dis à Christian que je n’étais pas pressé mais je languissais de l’avoir et de l’essayer. C’est vraiment l’engin qu’il me fallait, légère, compacte, étanche et pas encombrante du tout. Je me suis renseigné auprès d’autres voyageurs, utilisateurs de cette remorque, les avis sont unanimes, elle est parfaite.
Christian a fabriqué des remorques qui ont fait le tour du monde, d’autres qui voyagent actuellement de part le monde,
personne n’a eu un quelconque problème avec ce matériel. C’est assez encourageant, je crois que j’ai fait le bon choix.
DIMANCHE 31 MAI 2009 : DECES DE MON FRERE SERGE
Ce dimanche à quatre heures du matin, mon petit frère a cessé de vivre. J’étais dans sa chambre lorsque l’infirmier de nuit m’a confirmé son décès. Après sept mois d’hôpital dont quatre en soins palliatifs, il a arrêté de souffrir, terrassé par cette terrible maladie qu’est le cancer. Depuis quelques mois, j’ai mis ma préparation en veilleuse pour l’accompagner et l’aider à quitter cette terre car il se savait condamné. J’ai passé de grands moments avec lui et nous avons pu parler de son après. Je luis ai demandé de me donner la force nécessaire pour pédaler jusqu’en Afrique du Sud. Il m’accompagnera tout au long de mon périple.
SAMEDI 13 JUIN 2009 : PREMIER ESSAI DE LA REMORQUE
C’est l’anniversaire de mon beau-frère Georges. Sa famille a décidé de le lui fêter au Cabanon de Grans (à côté de Salon). J’irai donc avec mon vélo et ma remorque car depuis que je l’ai reçue, je ne l’ai pas encore essayé. Je la charge avec 20 litres d’eau et divers accessoires (30 kilos de chargement) et à 9 heures du matin, me voilà parti pour Grans. Quelques kilomètres suffisent pour la prendre en main et les premières impressions sont excellentes. Au bout de 10 kilomètres, un groupe de copains à vélo me double. Jojo qui fait parti de ce peloton me signale que la roue de ma remorque est percée, pensant qu’il plaisante, je n’y prête guère attention mais la réalité est là, le pneu de la remorque est bien crevé. Cruel oubli, je n’ai pas de chambre à air de rechange et pas plus de rustines (je ne pensais pas crevé avec un pneu tout neuf), pas de rustines non plus dans le groupe de cyclos que s’éloigne. Je regonfle le pneu de la remorque en pensant rejoindre Pertuis et acheter le nécessaire à Vélo Luberon. Peine perdue, le pneu ne tient que quelques kilomètres. Je ne peux appeler Laurence car chez moi, je n’ai pas de quoi réparer. J’appelle comme c’est souvent dans ces cas là mon ami Claude qui lui à ce qu’il faut mais n’est pas dispo pour me rejoindre. C’est donc Joëlle son épouse, qui d’un coup de voiture m’apporte les fameuses rustines. Je répare donc et repart tranquillement vers ma destination finale. J’arrive au cabanon vers 13 heures, exténué par la chaleur, la position inhabituelle sur mon vélo et le manque d’habitude de pédaler avec un vélo chargé. De cette expérience, j’en tire quand même deux enseignements :
Il faut absolument que je m’entraîne à rouler chargé avec ce vélo.
Il faut aussi que je fasse attention aux crevaisons car je ne m’étais pas rendu compte que le pneu de la remorque était crevé. Il aurait pu se détériorer et dans ces conditions les rustines auraient été inutiles. Il est donc nécessaire d’avoir avec moi un pneu de rechange et de quoi réparer.
3, 4 ET 5 JUILLET 2009 : LA ROUTE DES CRETES DE SESTRIERE AVEC MON NEVEU CLEMENT
Avec mon neveu Clément, nous décidons l’aller faire la route de crêtes de Sestrières en Italie. C’est une ancienne piste militaire qui longe la frontière à plus de 2 000 mètres d’altitude longue de 70 kilomètres. Cette piste, comme son nom l’indique, est une route de crête qui passe d’un col à un autre, le tout entre 2 000 mètres et 2 400 mètres. Nous partons donc de Sestrières pour 4 jours d’autonomie. La remorque est lourdement chargée car en plus de tout le matériel de bivouac, il faut y ajouter 10 litres d’eau, le ravitaillement pour 4 jours et les vêtements en cas de froid. Mauvaise surprise en sortant de Sestrières, la piste en mauvais état s’élève de suite et même en première, je suis à la limite de renoncer. Je n’arrive au premier col (2 400 m) qu’en poussant le vélo de temps à autre. Nous nous installons pour le premier bivouac mais je suis très inquiet pour la suite des évènements. Je suis effectivement trop chargé pour ce type de piste. Le revêtement et la déclivité n’arrangent pas mes affaires. Après une excellente nuit, nous repartons sur du plat descendant et les choses semblent s’arranger. Nous attaquons un nouveau col et là, tout se corse, le revêtement de plus en plus mauvais me fait patiner et je finis un fois de plus la montée en poussant le vélo. Croyez-moi, pousser le vélo avec plus de 40 kilos dans la remorque sur des pentes à plus de 10 % me demande un effort considérable. Arrivée en haut du col, je rejoins un Clément en pleine forme avec son VTT sans bagage et moi, je suis exténué et découragé. Avec l’accord de Clément, nous décidons de renoncer car cela me parait mission impossible, d’autant que le temps menace. A Sestrières, je fais tout de même le point sur ces deux journées compliquées. Je fais le constat que j’étais trop chargé sur des pentes trop raides. En Afrique, je serai moins chargé et je n’aurai des pentes aussi raides et longues. Autre constant, mon matériel se comporte à merveille, le vélo supporte les mauvaises pistes et la remorque se comporte à merveille. Je suis déçu de n’avoir pas pu finir cette petite expédition mais néanmoins ravi du comportement de mon attelage.
Pour ne pas rester sur cette déception, nous décidons d’aller bivouaquer à Crévoux vers Embrun pour nous attaquer à la piste du Parpaillon le lendemain matin. Cette piste en très mauvais état qui mène au tunnel de Parpaillon culmine à près de 2 400. Cette fois-ci, je laisse la remorque dans la voiture et nous voilà tous deux allégés pour grimper cette bosse. Clément cacarole en tête et c’est péniblement que je le suis. Sur mon vélo sans suspension et assez lourd, je souffre mais je grimpe malgré tout jusqu’au tunnel. Nous traversons le tunnel dans le noir avec de l’eau jusqu’aux chevilles pour admirer la magnifique vallée de l’Ubaye. Nous faisons demi-tour et attaquons la descente. Au bout d’un kilomètre, dans une épingle à cheveu, mon vélo se cabre et je passe au dessus. Je fais un véritable saut périlleux avec le vélo par-dessus moi. Clément se retient de rire mais je pense qu’il en avait envie. Je constate les dégâts, apparemment rien de cassé, mal aux côtes et quelques blessures sans gravité au coude et au tibia. Je suis beaucoup plus inquiet pour mon vélo mais il a bien résisté, juste le garde-boue avant tordu. La suite sera très pénible, l’émotion due à la chute et le mauvais revêtement me font descendre très doucement. Clément sur son VTT semble voler et s’arrête régulièrement pour m’attendre. Nous rentrons ensuite sur Gréoux avec un sentiment très mitigé. La déception de n’avoir pu réaliser notre objectif mais satisfait de la tenue du matériel. Ce fut donc un bon test pour ma prochaine traversée car je serai certainement moins chargé et les conditions de la piste ne peuvent pas être pires.