130 Km parrainés
= La vue retrouvée

Association







18620
LE CARNET DE ROUTE

Date du Message :
16 08 2010 14:33:23
Latitude : - Longitude :
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SPECIAL LAURENCE
LUNDI 16 AOUT 2010


Personne ne doute de la grande joie que j'ai éprouvée lundi dernier (8 jours déjà) de retrouver Gérard. En bonne compagnie (certains étaient venus de loin), devant les portes coulissantes du hall n° 1 à MARIGNANE, l'ambiance était toute à l'émotion : la suite, pour certains vous la connaissez.

Gérard a eu un très bel accueil tout au long du parcours de retour, à VINON avec les amis cyclos puis jusqu'à GREOUX. Merci à tous ceux et celles qui ont participé, de près ou de loin à la réussite de cette journée tant attendue.

Ce jour là, je n'ai eu qu'une crainte, qu'un "original" demande à voir la tapisserie de "PENELOPE" : je ne pourrai pas l'exposer. J'ai effectivement tissé mais le résultat ne sera pas palpable, très peu visible. Il sera du domaine du sentiment, de l'affectif, de l'amitié. Pendant ces 343 jours, j'ai beaucoup bavardé, téléphoné, répété inlassablement, parlé de Gérard et de son audacieuse aventure. J'ai effectivement tissé, lié, relié entre nous tous quelques fils très précieux, quelques liens dans le beau sens du terme.

Un lien des uns aux autres, des uns avec les autres et je l'espère jusqu'à nos frères de couleurs.

Avec vous tous j'ai le sentiment que nous avons fait un "voyage collectif". En partageant ses photos et son carnet de route qu'il a tenu avec ses mots simples et sa franchise habituelle, il nous a éclairé sur ce continent, si proche et si loin de nous.

Certains d'entre vous nous ont été particulièrement sur toute la durée du voyage sans baisser la garde, je les en remercie.

A vous tous : passez nous voir quand vous voulez, il y aura encore des choses à dire et des rêves à faire.............


Laurence (Pénélope)

Date du Message :
16 08 2010 12:00:09
Latitude : 43°45'35,4" - Longitude : 005°52'27,0"
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CAPE TOWN / GREOUX
LUNDI 09 AOUT 2010 10 OOO KM (AVION)

Le samedi, j'avais l'intention de monter à "TABLE MOUNTAIN" à envirion 1 000 m d'altitude, d'où on a une vue extraordinaire sur LE CAP et les plages. Malheureusement, le ciel est couvert de nuages et l'on distingue à peine "TABLE MOUNTAIN". Il n'y a donc aucun intéret à y monter.

Mon avion étant pour dimanche 15 h, j'ai largement le temps de démonter Tornado et la remorque. Je range délicatement Tornado dans son carton en espérant qu'il ne souffre pas trop dans l'avion. Il s'est très bien comporté durant mon périple et mérite d'arriver intact à Marignane. J'essaye d'éliminer quelques affaires superflues afin d'avoir un minimum d'excédent de bagages. Marco, toujours aussi sympa passe son après-midi à me monter le film de mon arrivée finale à "CAPE OFF GOOD HOPE".

Le dimanche matin, il pleut sur CAPE TOWN. Cela confirme bien la chance que j'ai eue tout au long de mon épopée. Je crois que je n'ai plus eu de pluie depuis DAR ES SALAAM, vendredi pour mes derniers coups de pédales, il a fait un temps magnifique et aujourd'hui, jour du départ, il pleut.

C'est Guillaume qui me mène à l'aéroport où l'on constatera 10 kg d'excédent de bagages, le gars de l'aéroport me faisant cadeau de 4 kg. J'ai au total 54 kg, mon bagage à main, 8 kg. Si j'y ajoute ce que j'ai laissé sur place, l'alimentation et l'eau, mon attelage devait osciller entre 80 et 90 kg : pas étonnant que les bosses étaient si difficiles.

Le retour se passe sans aucun problème et l'avion attérit sur le sol français vers 9 h 30. J'attends mes bagages mais je n'ai pas de monnaie pour prendre un chariot. Je fais ainsi une fausse arrivée devant mes supporters, Laurence en tête qui crient, perturbant ainsi le calme de l'aérogare. Je récupère mon euro pour vite prendre un chariot. Sur le tapis roulant passe la remorque mais pas de Tornado. Je livre de suite la remorque et Tornado se fait un peu attendre. Mais non, il arrive enfin dans son carton, intact, et je peux enfin aller embrasser Laurence, ma famille et mes amis venus m'accueillir. Ils sont bien une vingtaine dont certains que je n'attendais pas du tout. L'émotion me gagne et j'y suis bien sûr de ma larme.

Deuxième rendez-vous maintenant à VINON pour effectuer les 8 derniers km à vélo avec des amis cyclos de la région et mon club de RIEZ en particulier. De nouveau l'émotion me gagne. Nous remontons Tornado tant bien que mal et un peloton d'une vingtaine de cyclos s'égrène vers GREOUX. Ma joien est immense et je discute avec chacun à tour de rôle tout en faisant un signe aux nombreux photographes tout au long de la route.

Panneau GREOUX, ça y est, j'y suis. Au passage quelques gryséliens me reconnaissent malgré ma barbe :"ho Gérard!!! Première vision extraordaire quand je passe sous le pont de St Sébastien, noir de monde, ça crie dans tous les sens. Enfin, je grimpe la Montée des Moissons pour passer sur le pont et là, c'est l'apothéose. Je passe sous la banderole :"TU AS TENU LE CAP" brandie par mes frères. Je gare Tornado et tout le monde me saute dessus. BRAVO, FELICITATIONS, je ne peux citer tous les mots qui me sont destinés. Je les trouve souvent très exagérés et j'essaye de minimiser en disant que j'étais simplement en vacances pendant un an.

Ce n'est qu'embrassades, bises et félicitations. J'éprouve un sentiment un peu bizarre, celui de n'avoir quitté GREOUX qu'il y a très peu de temps. Tous ces amis qui m'accueillent, j'ai l'impression de les avoir quittés hier.

La presse est présent et j'ai droit à mon interview comme une vedette. Ca me dépasse un peu car honnêtement, je n'ai pas l'impression d'avoir réalisé un truc extraordinaire. Pour le moment, il m'est difficile de décortiquer les bons et mauvais moments. Une chose est certaine, les galères et j'en ai connues quelques unes, sont vite oubliées et ne font place qu'à des souvenirs.

La fête se termine et je me rends maintenant à Gipaloup, chez moi pour finir avec les intimes autour d'une table. Je crois que c'est en montant chez moi que j'ai eu le plus d'émotion. Je me surprends un peu, moi qui ne suis pas trop matérialiste, qui dit toujours que s'il fallait vendre la maison, cela ne me dérangerait pas. C'est en retrouvant mes pénates que j'ai eu le plus d'émotion. Je retrouve mon chien "PYRRHUS" qui au milieu de ce monde, un peu perdu, ne me fait pas plus de fête que ça : c'est peut-être un reproche de l'avoir abandonné.

Je passe une excellente journée entouré de mes frères, mon cousin et ma cousine et mes amis, puis tout le monde se sépare et je me retrouve en tête à tête avec Laurence pour le quotidien, comme si rien ne s'était passé. Gageons que cela ne va pas durer mais Laurence sera de la partie cette fois...........

Date du Message :
07 08 2010 13:30:47
Latitude : -34°-21'-25,8" - Longitude : 018°28'26,1"
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LE CAP / CAPE OF GOOD HOPE
VENDREDI 6 AOUT 2010 74 km CUMUL: 19 646 km
Dénivelé : 925 m

Après le petit déjeuner, Marco m’amène chez un marchand de vélo, récupérer des cartons pour emballer Tornado. Il est tout de même très sympa.

Vers 9 h, je démarre pour ma dernière étape que je crois n’être qu’une simple formalité. J’ai un peu allégé la remorque et les sacoches car il n’est tout de même pas indispensable que je trimballe tout jusqu’au Cap de Bonne Espérance.

Bien m’en prend car j’attaque par une côte abominable et chargé, je serais certainement monté à pied. Marco et Guillaume filment et photographient le départ. Ils me rejoindront quand ils auront fini de faire déjeuner leurs clients.

Je pédale dans un décor absolument fantastique. Pour un final, c’est vraiment une apothéose. Avant d’atteindre mon premier col, je passe juste à côté de « Table Mountain » (967 m), la montagne symbolique du CAP. Après une grande descente, je longe l’océan encore atlantique avec en point de mire « LION’S HEAD » (Tête de Lion 669 m). De grosses vagues frappent les rochers, je suis comme dans un rêve. J’ai une chance inouïe, comme tout au long de mon voyage. Nous sommes en hiver, au CAP c’est un peu la saison des pluies et j’ai droit à un soleil magnifique.

Marco et Guillaume me rattrapent, me filme et me photographie, j’aurai ainsi pour ma dernière étape un sacré souvenir. De temps en temps, ils me font arrêter quand le paysage est spectaculaire pour me prendre en photo. Guillaume s’attache même dans le coffre de la voiture et me filme en roulant. J’ai l’impression d’être un pro.

Nous prenons maintenant une route à péage qui va nous mener au deuxième col « CHAPMAN’S PEAK » et c’est de plus en plus joli. Je suis au milieu d’une végétation de type méditerranéenne et malgré l’hiver avec beaucoup de fleurs et d’odeurs qui me font penser à ma Provence. Cette est considérée comme la plus belle du monde et dans mon fort intérieur, je pense mériter ce cadeau après presque 20 000 km de vélo.

De nombreux cyclistes me doublent ou me croisent. C’est une route mythique pour tous les cyclistes du CAP. Cette route est d’ailleurs l’objet de la plus grande course du monde « L’ARGUS » où près de 35 000 participants s’y lancent. Marco me propose d’y venir y participer l’année prochaine avec Laurence : pourquoi pas……

La route continue de monter et de descendre et je longe maintenant « TABLE MOUNTAIN NATIONAL PARK », un espace protégé. Après le dernier village typique et préservé de SCARBOROUGH, c’est l’entrée de la réserve et de la route qui mène au « CAPE OF GOOD HOPE ».

J’en suis à plus de 60 km et il me reste bien 10 km. Pour une dernière étape de formalité que je croyais de 55 km, je vais quand même faire 74 km et surtout 925 m de dénivelé. Heureusement que grâce à Marco, le retour se fera en voiture sinon cette petite étape aurait fait 150 km.

Une longue route vallonnée au milieu d’une végétation particulière et assez rase va me mener à mon objectif final. Entre temps, je vais même faire la course avec une autruche sauvage que j’essaye de rattraper : l’image est absolument extraordinaire.

Je sens l’émotion monter, je pense très fort à ma femme et à mon frère Serge. Enfin j’arrive à un cul de sac matérialisé par un grand parking. C’EST FINI. Mon aventure touche à sa fin. Je range mon vélo devant la pancarte signalant en anglais et en afrikaans « Le Cap de Bonne Espérance ». Marco et Guillaume me mitraillent pour la séance de photos et de films. J’attire également la curiosité des nombreux visiteurs qui me photographient également.

L’émotion est maintenant trop forte et en pensant à tout le monde et à ce que je viens de vivre pendant presque une année, je ne peux me retenir et les larmes me montent irrésistiblement.

Maintenant c’est terminé, je démonte Tornado et la remorque pour les charger dans la voiture de Marco et nous allons à « CAPE POINT » pour manger au resto comme des touristes lambda.

Je termine mon dernier carnet de route en dédiant cette réussite, en premier lieu à mon épouse Laurence pour sa patience et son soutien, à mon frère Serge qui m’a aidé, j’en suis persuadé tout au long de ce voyage et à vous tous, sur le forum, sur mon émail ou par la pensée qui m’avaient sans faiblir soutenu tout au long de ce long périple, sportif peut-être mais surtout humain. Comme le dit justement Laurence, je viens de réaliser un voyage collectif. Je ne suis que l’instrument de votre voyage à tous.

Je tiens également à remercier très chaleureusement Marco de la « Villa Belle Ombre » et Guillaume son stagiaire pour leur gentillesse et leur disponibilité. Ils m’auront permis de ne pas être isolé pour le final de ce voyage et d’avoir une chaleur humaine parlant français dont j’avais certainement besoin.


Date du Message :
05 08 2010 12:38:59
Latitude : -33°-55'-44,3" - Longitude : 018°24'12,2"
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WORCESTER / LE CAP
MERCREDI 4 AOUT 2010 124 km CUMUL: 19 572 km
Dénivelé : 1 115 m

Je ne sais pas si j’en ai parlé mais j’ai déjà réservé mon hébergement au CAP. J’ai trouvé une guest house tenu par Marco, un français qui vit au CAP depuis cinq ans : VILLA BELLE OMBRE. Au téléphone, il avait l’air sympa et me proposait de me guider par téléphone pour arriver chez lui.

Je pars donc tranquille, tout de même à la frontale de mon hôtel de WORCESTER pour ce que je crois être une journée cool.

Je récupère mon vélo tout trempé de l’humidité de la nuit et démarre dans le brouillard. Cette humidité me gèle les extrémités mais pour une dernière, ce n’est pas grave. Je démarre tout plein d’émotion, le but est proche et j’y suis de ma larme à l’œil d’excitation.

Avec le soleil, le brouillard se dissipe et je découvre un panorama splendide. De magnifiques montagnes me barrent l’horizon. Mais qui dit montagnes, dit grimpettes. Effectivement, la route monte et descend au milieu des montagnes et des vignes.

La route grimpe maintenant régulière pour arriver à l’entrée d’un tunnel à péage. Malheureusement, ce tunnel est interdit aux vélos et Marco m’avait prévenu, si tu ne peux prendre le tunnel, tu devras passer par le col et ce ne sera pas facile.

C’est donc ce qui se passe et j’attaque, j’espère le dernier col de mon épopée. La première partie très raide, m’inquiète un peu mais après un petit tunnel, la pente devient régulière et je finirai ce col tranquillement en deuxième.

J’ai l’impression d’être près de Marseille dans les calanques avec un paysage complètement méditerranéen. C’est assez étonnant car tout y ressemble et pourtant LE CAP est la même latitude que MEKNES dans l’hémisphère nord.

J’arrive enfin en haut du col : DU TOITSKLOOF PASS, altitude 820 m et j’ai l’impression d’être en haut de l’Espigoulier dans le massif de la Sainte Beaume. La grosse différence, c’est que je suis accueilli par une colonie de babouins.

J’attaque la descente très doucement car je ne tiens pas me casser la figure quelques kilomètres avant d’atteindre mon objectif. Je réalise que j’ai quand même fait presque 20 000 kilomètres et pas changer un câble.

Je suis vite dans la vallée très vallonnée qui mène à CAPE TOWN. La circulation s’intensifie mais la route se transforme en autoroute avec une large bande d’arrêt d’urgence m’assurant une excellente sécurité.

Je suis maintenant dans CAPE TOWN et je n’ai pu faire la photo traditionnelle du panneau « CAPE TOWN ». Je verrai de la faire avec Marco. Il m’est juste arrivé un petit incident qui aurait pu être grave de conséquences. En passant sur une grille positionnée à l’envers, les roues de Tornado assez larges passent sans problème mais pas celle de la remorque qui se désolidarise de l’attelage et je traine la remorque sur une bonne dizaine de mètres. Heureusement la roue n’est allée sur la chaussée et je répare dans l’immédiat sur ma bande d’arrêt d’urgence.

Le guidage de Marco est excellent et j’arrive sans souci à VILLA BELLE OMBRE où j’ai droit au comité d’accueil. Marco, Guillaume son stagiaire et des amis m’attendent avec caméra et appareils à photos. J’aurai ainsi une trace de mon arrivée officielle au CAP.

On m’installe dans une superbe chambre et on échafaude immédiatement les plans pour la suite. Demain jeudi, on s’occupe de l’avion, vendredi on fini les 60 km qui me séparent du Cap de Bonne Espérance. J’irai à vélo avec Guillaume et Marco nous accompagnera en voiture pour nous ramener. Je prévois si possible mon départ pour samedi et être à Gréoux dimanche.

Je suis bien tombé chez Marco qui est très gentil et fait tout pour m’aider.

Je vous le dit, si vous allez passer des vacances au CAP, une seule adresse : VILLA BELLE OMBRE

Date du Message :
05 08 2010 12:33:28
Latitude : -33°-38'-24,6" - Longitude : 019°26'41,9"
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LAINGSBURG / WORCESTER (255 m)
MARDI 3 AOUT 2010 161 km CUMUL: 19 448 km
Dénivelé : 1 025 m

Après mon étape marathon de dimanche, j’avais prévu de ne pas partir de bonne heure lundi. LE CAP est distant de LAINGSBURG de 260 km et si je fais lundi 80 km, il me faudrait de toute manière deux jours pour rejoindre LE CAP. Du coup, je m’octroie une journée de repos imprévue me permettant de mettre à jour le site internet et me reposer quand même un peu. Depuis KIMBERLEY, j’ai fait 702 km, soit une moyenne journalière de 140 km, ce qui est pas mal.

Je prévois aujourd’hui de dormir pour mon avant dernière étape à WORCESTER, soit 160 km. J’espère ne pas avoir trop de dénivelé et surtout de vent. A 6 h 15, je suis donc sur Tornado pour ¾ d’heure de frontale.

J’attaque en plat montant et dès que le jour se lève, je recommence à voir du relief, ce qui ne m’est pas désagréable. Au fond, j’aperçois un petit col qui va me faire passer de 650 m à presque 1 000 m. C’est la première surprise de la journée.

Dans la campagne, je dérange une fois de plus des antilopes. Elles sont cette fois-ci au nombre de 6 et ressemblent aux impalas de Tanzanie. Est-ce possible ?

Ce qui est le plus remarquable aujourd’hui, c’est la verdure. Jusqu’à présent, il n’y avait que de l’herbe sèche autour de moi et maintenant, tout est vert, d’une végétation qui ressemble à du genêt et de la bruyère de chez nous.

J’aperçois ce que je crois être un champ de kiwis. Par la suite, je vais me rendre compte que c’est le premier vignoble. Les vignes sont très hautes et ressemble aux champs de kiwis que l’on voit en Ardèche.

Au fond, de grandes montagnes culminent à plus de 2 000 m et il me semble même que j’aperçois des traces de neige. Je grimpe mon deuxième col de la journée. Décidément, les difficultés continuent et LE CAP ne se laisse pas gagner si facilement. Cette fois, c’est un vrai col répertorié, avec un panneau au sommet : « HEXRIVIER PASS 965 M ». Je crois que c’est le premier que je vois depuis le Maroc. La pente est assez raide et je suis obligé de passer la première, il y avait longtemps…..

Une longue descente me mène dans une vallée appelée HEXRIVIER où les cultures fruitières sont abondantes mais surtout les vignes. Elles sont donc assez curieuses, assez hautes, à hauteur d’homme. Dessous les gens y sont nombreux car nous sommes en hiver et c’est le moment de la taille. Ce qui me surprend également, ce sont tous ces bassins artificiels car ici les vignes sont à l’arrosage.

La vallée se resserre et je suis maintenant entouré de magnifiques montagnes. Entre les vignes et les montagnes, j’ai l’impression d’être dans certains coins de Savoie.

En pente douce, la route me mène enfin à WORCESTER où je trouve difficilement un hôtel. C’est vrai que depuis que je suis en Afrique du Sud, les gens ont du mal à me renseigner.

Date du Message :
02 08 2010 12:55:55
Latitude : -33°-11'-44" - Longitude : 020°51'38,8"
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BEAUFORT WEST / LAINGSBURG (65
DIMANCHE 1 AOUT 2010 202 km CUMUL: 19 287 km
Dénivelé : 740 m

Je démarre un peu plus tôt que d’habitude afin d’arriver de bonne heure à PRINCE ALBERT ROAD et bien récupérer pour le final : il est 6 h 20. La frontale me servira bien car le jour ne se lève maintenant qu’à 7 h.

Première mauvaise surprise, le vent est toujours de la partie, je l’ai de travers ou de ¾ face. Le vent est très capricieux, il ne faut pas trop en parler. A 8 h, je fais mon SMS à Laurence et lui signale ce fort vent. Quand je redémarre, plus de vent. A midi je m’arrête pour mon pique-nique, signale à Laurence qu’il n’y a plus de vent et quand je redémarre, le vent est de nouveau présent mais il se calmera assez rapidement.

Je me retrouve dans cette immense plaine, j’ai quitté les montagnes et le goulet dans lequel se trouve BEAUFORT WEST. C’est peut-être l’explication de ce vent violent.

Je ne suis plus en altitude (entre 800 et 500 m) et la température est plus clémente. Je quitte rapidement les chaussettes qui me servent de gants et à 9 h, je me déshabille. Il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé.

A midi, j’ai fait plus de 90 bornes et il ne me reste plus que 25 km pour arriver à PRINCE ALBERT ROAD. L’objectif est atteint et je suis à ma destination du jour vers 14 h 14 h 30.

La deuxième surprise du jour, le seul hébergement de ce village, un « B AND B » est fermé, c’est dimanche. Le gardien pas trop sympa ne fait aucun effort pour me recevoir. Deux jeunes qui se trouvent là comprennent que je suis assez fatigué et essayent en vain de lui expliquer ; deux jeunes filles qui doivent s’occuper du service aussi. Que faire ? Le prochain village est à 85 km, il est 15 h. Je n’ai pas envie de planter la tente ici. L’endroit me parait sinistre. PRINCE ALBERT ROAD n’est qu’un carrefour qui mène à PRINCE ALBERT VILLE. Je mesure ici toute la différence entre les pays francophone et anglophone, le sens de l’hospitalité n’est pas du tout le même. Est-ce moi qui me fais des idées ou est-ce la barrière de la langue ? Toujours est-il que j’étais mieux reçu à l’ouest que depuis que je suis passé à l’est.

Dans ma tête, je fais mon petit calcul. Il est 15 h, il me faut 5 h pour arriver à LAINGSBURG. Si tout se passe bien, je roulerai deux heures de nuit et avec un peu de chance je trouverai une ferme auberge en route. La route est large et ma piste cyclable m’assure une certaine sécurité.

J’y vais, ce sera mon dernier coup de folie et avec une étape de 200 bornes, ce sera mon record du voyage, pas mal pour terminer.

Je suis dans une espèce de désert, les travaux de la route reprennent et n’arrangent pas trop ma progression. Vers 16 h 30, j’avertis Laurence pour qu’elle ne s’inquiète pas trop. Si les conditions sont bonnes, je peux arriver à la tombée de la nuit, sinon je m’arrête pour planter la tente.

Les conditions ne sont pas bonnes car la route n’arrête pas de monter, en plat montant certes, mais chargé comme je suis j’avance à 12/15 km/h au lieu des 20 escomptés. Finalement de 500 mètres d’altitude où j’étais, je me retrouve à 800 mètres. La nuit tombe très vite, le soleil est couché à 17 h 30 et à 18 h, il fait nuit.

La circulation est assez importante car nous sommes dimanche et les gens doivent rentrer sur LE CAP. Les camions n’ont pas arrêté de rouler toute la journée, ils peuvent circuler le dimanche, ils ne s’arrêtent donc jamais. Autre inconvénient, les travaux bloquent la circulation aux feux rouges et c’est par vague que les véhicules me doublent. Je ne suis pas trop fier et croyez-moi que je ne brille pas. De temps en temps, un coup de klaxon, les gens doivent se dire : « quel est cet imbécile qui roule sans phare » et ils ont raison. Je regrette d’avoir laissé mes feux rouges à KINSHASA car ils me seraient bien utiles.

Je m’arrête pour manger un peu et me désaltérer mais surtout pour enfiler des vêtements car il commence à faire froid. Je me fais tout petit sur la route et avec un peu de patience, j’arrive enfin à LAINGSBURG. J’avertis immédiatement Laurence et trouve rapidement un hôtel confortable. Je passe à table de suite, me douche et je vais vite me coucher car je suis fourbu. Résultat des courses, 202 km et quand même 740 m de dénivelé : belle journée.

J’aimerais vous faire part d’une réflexion sur la formidable machine qu’est le corps humain. Il a une possibilité d’adaptation extraordinaire. J’arrive à PRINCE ALBERT très fatigué, je me mets dans la tête que je dois encore faire 85 km et la fatigue s’en va. Quand j’étais dans l’hémisphère nord, j’arrivais à rouler sous des températures supérieures à 40° sans trop souffrir. Quand je suis parti de NAIROBI, rappelez-vous, la température était tombée autour de 20° et j’avais froid. Par la suite, je suis parti le matin sous des températures négatives et j’ai supporté.

Je pense et je l’ai toujours pensé, tout se passe dans la tête et de la volonté que l’on met pour réussir ce que l’on veut entreprendre. Je ne suis surtout pas un surhomme et ce que j’ai fait, tout le monde peut le faire : J’INSISTE

Date du Message :
02 08 2010 12:46:42
Latitude : -32°-20'-43,1" - Longitude : 022°34'54,4"
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VICTORIA WEST / BEAUFORT WEST
SAMEDI 31 JUILLET 2010 137 km CUMUL: 19 085 km
Dénivelé : 395 m

Je quitte avec un peu de regret ce magnifique « B AND B », à la frontale comme tous les matins maintenant. Je ne vous l’ai pas dit mais hier sur une bonne partie, la route était en chantier. Cela ne m’a pas bien gêné car si la circulation était alternée pour les voitures et camions, pour moi à vélo, ce ne fut pas le cas. Pour la première fois en Afrique, je n’ai pas vu de chinois.

J’attaque donc ce matin par un feu rouge que je grille pour une montée de plusieurs kilomètres sur une route en chantier.

Je suis de nouveau au milieu d’une grande plaine où les lignes droites se succèdent. Il a l’air de faire un peu moins froid. Après mon petit arrêt SMS à Laurence, le vent se met à souffler assez fort, je l’aurai dans le dos jusque THREE SISTERS, heureusement.

Le paysage change radicalement. De belles montagnes apparaissent et je trouve le paysage fabuleux. Est-ce d’avoir évolué pendants des jours et des jours dans ce paysage monotone. Je retrouve ces sentiments contradictoires dont parlait Christine (VOCHER) sur le forum, cette envie de rentrer et la beauté du coin, cette envie d’y trainer tellement c’est beau.

Vent dans le dos, en légère descente, j’avance comme un avion : je me régale. D’autant que jusque THREE SISTERS, les travaux sont terminé et la route est superbe avec sa large bande cyclable.

Je suis toujours dans les grandes prairies et les grandes fermes au bord de la route mais toujours pas de village. Dans les champs clôturés, des bovins et beaucoup de moutons dont ceux à tête noire qui leur donne un air un peu comique.

Arrivé à THREE SISTERS (62 km), je récupère la nationale 1 qui relie JOHANNESBOURG au CAP. La route est superbe avec plus de circulation mais sur ma piste cyclable, je suis en sécurité.

La route est orientée maintenant plus vers l’ouest, c'est-à-dire en direction du CAP. J’ai ainsi le vent de travers ou de ¾ arrière. Il souffle de plus en plus fort et je dois bien tenir les rennes de Tornado sous peine de me casser la figure. Les sacoches et la remorque sont une prise au vent importante. Je m’arrête à une aire de pique-nique pour manger mais vu la force du vent, je ne trainerai pas, tout s’envole.

Il ne me reste qu’une quarantaine de bornes mais ils seront très compliqués car j’ai maintenant le vent carrément de travers. Je ne me sens pas trop en sécurité. Chaque fois qu’un camion me double, je suis comme attiré par lui et je fais des embardées assez désagréables. Je ne brille pas trop. Les 20 derniers kilomètres seront encore plus terribles car le vent a dû tourner et je l’ai maintenant de ¾ face. J’avance et en légère descente à peine entre 10 et 12 km/h.

C’est la première fois que j’ai un vent aussi violent, même au Sahara Occidental ou en Mauritanie¸ je n’ai pas connu ça. J’espère que je n’aurai pas ce vent jusqu’au CAP. Avec ce vent en pleine figure, il me serait impossible et surtout sans intérêt de continuer à pédaler. Je verrai demain la tournure des évènements.

A trois kilomètres de BEAUFORT WEST (un nom d’origine française), j’éclate, pas de rire mais de la roue arrière. Je ne râle pas trop car je n’en suis qu’à ma cinquième crevaison et ma deuxième de l’arrière. Pour réparer c’est assez compliqué car il me faut décrocher la remorque. Heureusement, j’ai de l’espace et je suis en sécurité pour réparer. Je retourne le vélo sur la selle et le guidon mais le vent me le fait tomber. Que faire ? Heureusement un pylône se trouve à côté et je suis obligé de le coincer contre celui-ci. De suite arrive un curieux que je jette car je me suis un peu étalé et je ne peux pas tout surveiller. Je répare ma chambre et constate deux beaux trous. C’est en fait le pneu qui s’est ouvert, il est mort et heureusement j’en ai un tout neuf pour finir mon épopée.

Je redémarre mais les trois derniers kilomètres seront terribles, terribles avec le vent maintenant de face. J’avance à 4 ou 5 km/h et j’ai du mal à garder l’équilibre.

Comme souvent le premier Lodge sera le bon. Heureusement je tombe bien, pas trop cher et confortable.

Malgré un final difficile, j’ai quand même fait une belle étape, 137 km et CAPE TOWN n’est plus qu’à 460 km. J’espère que demain le vent sera calmé car pour l’instant, il a soufflé toute la soirée.

Date du Message :
02 08 2010 12:40:07
Latitude : -31°-24'-14,9" - Longitude : 023°06'34,9"
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BRITSTOWN / VICTORIA WEST (1 2
VENDREDI 30 JUILLET 2010 106 km CUMUL: 18 948 km
Dénivelé : 455 m

Bonne surprise ce matin en sortant de BRITSTOWN, je retrouve ma piste cyclable de deux mètres. C’est très agréable pour moi ca je ne suis pas obligé d’avoir tout le temps l’œil dans le rétroviseur.

Je suis toujours dans les grands espaces. En m’arrêtant pour faire mon SMS matinal à Laurence, j’ai encore débusqué une antilope mais cette fois Tornado est arrêté et il reste calme. Un peu plus loin, je vois un porc-épic écrasé sur la route. Ce qui me remémore une réflexion que je m’étais faite en Espagne. En traversant un pays à vélo, on se rend bien compte de la faune du pays par les bêtes écrasées sur la route. C’est assez étonnant car j’ai vu de tout sur les routes.

J’aperçois enfin de belles montagnes à l’horizon et la route devient de suite beaucoup plus agréable. Si j’ai droit à des montées, j’ai les descentes qui vont avec.

Aujourd’hui, je vais faire plus de 100 km et je ne verrai pas un seul village. Sur la route, pas âme qui vive si ce n’est les ouvriers qui s’occupent de la maintenance de la route. Par contre, je verrai beaucoup de fermes non loin de la route. J’ai même pu en photographier une d’en haut, ce qui est une grande première.

J’ai la confirmation qu’hier, c’était un jour sans car aujourd’hui, je me sens en pleine forme même si le dénivelé est un peu plus important.

Par contre il fait très froid et j’ai du mal à me réchauffer les doigts malgré les chaussettes. Il est vrai que pour une fois il n’y a pas trop de soleil et j’ai même peur qu’il pleuve mais il n’en sera rien. La pluie, je pourrais la prendre en arrivant au CAP car d’après mes renseignements, c’est la période où il y pleut un peu.

D’énormes blocs de pierres sont entassés dans les champs donnant au paysage un air étrange. Il semble que ces pierres soient là naturellement. Vu comme les prairies sont dégagées, il semblerait que ce soit la main de l’homme, c’est assez impressionnant.

J’entre maintenant dans la région appelée « THE GREAT KAROO », le grand KAROO. C’est une région montagneuse d’élevage et en particulier du mouton à la tête noire. D’après l’histoire de la région, les fermiers auraient fait fortune avec la laine.

En lisant l’histoire de l’Afrique du Sud, il est souvent question d’un certain JOUBERT. Il était originaire de Provence et en particulier, de LA MOTTE D’AIGUES. Je pose la question à un de mes amis, chez qui on avait fait la fête avant mon départ : « Dominique, ce JOUBERT a-t-il un rapport avec ta famille ».

En arrivant à VICTORIA WEST, j’ai droit à mon « Township » et en face, une cité en dur avec des toits de tôles : Est-ce pour reloger les habitants du « Township » ?

Je m’arrête à la première guest house et on me répond « full ». J’entre dans VICTORIA WELS et bien m’en prend car je trouve un super « Bed and Breakfast » au prix raisonnable et mignon comme tout avec un magnifique jardin. Dommage que je reparte demain, je serais bien resté un jour de plus ici mais Laurence et Pyrrhus m’attendent à Gipaloup, demain il faut que je file.

Date du Message :
02 08 2010 12:35:14
Latitude : -30°-35'-16,5" - Longitude : 023°30'18,8"
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HOPETOWN / BRITSTOWN (1 130 m)
JEUDI 29 JUILLET 2010 132 km CUMUL: 18 842 km
Dénivelé : 475 m

Je ne sais pas si aujourd’hui, je ne vais pas laisser une page blanche car je pense avoir droit à la copie conforme de la journée d’hier.

La route avec ses larges bandes cyclables a disparu pour faire place à une route moins large avec 40 petits centimètres de piste cyclable. De chaque côté d’immenses espaces semblables à ceux d’hier. Je défile dans d’interminables lignes droites. Dans la matinée, je fais bien 70 km et j’aurai en tout et pour tout un seul virage à négocier et quand je dis virage, je suis généreux, je devrais dire courbe. C’est tellement remarquable que j’ai pris le panneau en photo.

Aujourd’hui, je n’ai pas de bonnes jambes. Est-ce la fatigue de la veille, un jour sans ? Toujours est-il que je ne passe pas une bonne journée dans ce paysage monotone. Heureusement Brel et Brassens me tiennent compagnie.

L’après-midi, le paysage sera un peu plus agréable et je verrai apparaitre quelques montagnes et fait étonnant quelques virages.

Sans fait particulier, j’arrive à BRITSTOWN très fatigué, au point d’être inquiet pour la suite du voyage. Ne me démobiliserais-je pas ? La fatigue générale tomberait-elle d’un coup. Je me pose beaucoup de questions si près de l’arrivée. Je verrai bien demain.

J’entre dans le premier Lodge que je trouve pour me reposer de suite. Je vais vite diner et à 21 h, je suis couché.

Date du Message :
02 08 2010 12:32:32
Latitude : -29°-37'-26,7" - Longitude : 024°05'06,8"
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KIMBERLEY / HOPETOWN (1 100 m)
MERCREDI 28 JUILLET 2010 125 km CUMUL: 18 710 km
Dénivelé : 305 m

Pour sortir de KIMBERLEY, ce sera assez facile car pour une fois, j’ai droit aux indications. Heureusement car il y a peu de monde dans les rues, ici presque tout le monde est motorisé.

Je récupère ma grande nationale avec mes deux mètres de piste cyclable. Je pense que ce sera le cas jusqu’au CAP qui approche à grands pas car j’ai vu un panneau « CAPE TOWN » : 970 km.

Je roule toujours au milieu des grands espaces tout plats. La monotonie du paysage compense la facilité du relief. La végétation se modifie un peu et je vois de grands cactus, cette fois des aloès. Dans les parcs il y a de nombreux moutons et ces parcs sont truffés de termitières.

Je vais vous en raconter une bien bonne. En roulant, je débusque une petite antilope dont j’ignore la marque. Elle se met à courir en sautant entre moi et la clôture. Ne voilà-t-il pas que Tornado se met à accélérer et dès que nous la rattrapons, elle se met à accélérer et Tornado aussi. Le manège a bien duré 500 m. Dès que l’antilope a pu trouver une échappatoire entre les barbelés, elle s’est vite évanouie dans la nature. J’ai bien essayé de la prendre en photo en roulant mais je crois bien que je l’ai loupée.

Le coin a l’air assez sauvage car outre cette antilope, je vois parfois dans les champs une ou deux autruches. Vous me direz, il y en a bien sur la route de VALENSOLE mais celles que je vois n’ont pas l’air d’élevage.

Autre fait remarquable, sur certains poteaux électriques je constate d’immenses nids très touffus qui ont l’air d’abriter des colonies de petits oiseaux.

Je l’avais remarqué hier à KIMBERLEY, je vois apparaitre mes premiers oliviers que j’avais quitté au Maroc. Pas de doute, ça sent de plus en plus l’écurie.

J’approche enfin de HOPETOWN (ville de l’espoir) et je découvre à nouveau l’inévitable « Township ».

HOPETOWN est une petite ville toute simple en retrait de la nationale. Il n’a pas l’air d’y avoir d’hôtel mais je trouve un « Bed and Breakfast » qui me donne entière satisfaction. Je vais vite faire trois courses à la supérette la plus proche pour pouvoir manger ce soir car cet établissement n’assure pas la restauration.

Date du Message :
27 07 2010 17:57:41
Latitude : -28°-44'-24,1" - Longitude : 24°45'19,6"
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KIMBERLEY (1 240 m)
MARDI 27 JUILLET 2010 O km CUMUL: 18 585 km
Dénivelé : 0 m

Une fois n’est pas coutume, je profite de ma journée de repos pour faire du tourisme classique.

Vous le savez ou ne le savez pas mais KIMBERLEY est la capitale du diamant, le siège social de la Compagnie DE BEERS qui a un quasi monopole sur le diamant dans le monde. Depuis des kilomètres, je vois sur la route des pubs sur « THE BIG HOLE » le plus grand trou du monde d’où on a extrait des tonnes de diamants.

Je dédie cette journée à mes deux grands frères, grands mineurs devant l’éternel et à tous les mineurs qui participent à ce forum, en autre à Joseph et à Cyril je pense.

J’ai donc visité ce « BIG HOLE » qui est vraiment impressionnant. Il y avait aussi la reconstitution de la mine qui allait avec, puits, galeries, outillage, engins et reconstitution d’un tir de mine.

Il y avait également tout une ville reconstituée de la grande époque de la ruée vers le diamant. Quand je disais qu’ici, tout me faisait penser à l’ouest américain, j’en ai la confirmation.

Ce qui est marrant, c’est que l’hôtel où je suis et carrément sur le site, ce qui est un pur hasard.

J’ai pris sciemment beaucoup de photos afin que vous vous rendiez compte. Beaucoup d’éléments sont reconstitués mais le trou est bien réel.

Je profite bien de ce qui est, j’espère ma dernière journée de repos. Demain, je reprends la route pour HOPETOWN où l’histoire du diamant a commencé.

Date du Message :
27 07 2010 09:41:25
Latitude : -28°-44'-24,1" - Longitude : 24°45'19,6"
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WARENTON / KIMBERLEY (1 240 m)
LUNDI 26 JIUILLET 2010 76 km CUMUL: 18 585 km
Dénivelé : 245 m

Encore un départ à la frontale mais ce matin, c’est involontaire. Je suis maintenant tellement organisé le matin que j’en deviens efficace.

A la sortie de WARRENTON, je récupère la route qui vient de JOHANNESBURG, une route très large mais surtout avec une bande cyclable de deux mètres de chaque côté. Niveau sécurité, je suis très content car je pense avoir de la circulation jusqu’au CAP. A ce propos, je remarque un panneau KIMBERLEY : 72 km, l’étape du jour et surtout LE CAP : 1 045 km. Très heureux, je le prends en photo. Ce soir, il me restera moins de 1 000 km pour atteindre mon but, soit une petite France à traverser, une pacotille quoi.

Je suis toujours dans les grands espaces et c’est toujours impressionnant. Je longe la voie ferrée, ce qui n’a rien d’original, c’est le cas depuis MPIKA en Zambie. La grosse différence, c’est que cette fois, elle est électrifiée, une grande première depuis mon entrée sur le sol africain.

Pour la première fois également, le soleil est un peu en morceau. Résultat, l’atmosphère a du mal à se réchauffer et je resterai pratiquement habillé jusqu’à KIMBERLEY.

La route est tellement plate que j’aperçois les buildings de KIMBERLEY, vingt kilomètres avant et je m’en approche tranquillement.

Au pied de la ville, un immense plan d’eau et si je vous en parle, c’est que ce plan d’eau est habité par une importante colonie de flamands roses. Je suis assez étonné car je croyais que cette couleur du flamand lui était donné parce qu’il mangeait beaucoup de crevettes. Peut-être il y en a-t-il dans ce plan d’eau artificiel.

Dans KIMBERLEY, grosse ville, j’ai du mal comme d’habitude à trouver un hôtel et après plusieurs tours pour rien, j’arrive enfin dans un hôtel, un peu luxueux mais tant pis, pour une fois, j’y vais. A l’entrée, une barrière et le gardien me dit : « check point » et là c’est le comble. Sur la route, je ne suis jamais contrôlé par la police et pour rentrer dans un hôtel, il me faut montrer mes papiers. Je m’énerve un peu et fait demi-tour. C’est le climat qu’il règne en Afrique du Sud et que je n’apprécie pas du tout. C’est peut-être un reste de la coupe du monde car je crois qu’à KIMBERLEY, il y a eu un match du groupe A : Afrique du Sud / Uruguay. En sortant, un quidam m’interpelle, m’accompagne à l’hôtel et du personnel d’accueil ayant vu la scène vient à ma rencontre. Je me pose la question de ma « zénitude », peut-être suis-je en train de la perdre au contact de ce pays dit « civilisé ». Un fait est sûr j’ai toujours eu horreur des contrôles. D’ailleurs à la réception de l’hôtel, on ne me demandera même pas mes papiers.

Moyennant finances, il y a la Wifi à l’hôtel, ce sera parfait. J’envisage une journée de repos car je sens que j’en ai besoin et ce sera peut-être la dernière avant le sprint final.

Date du Message :
27 07 2010 09:37:10
Latitude : -28°-06'-54,7" - Longitude : 24°50'45,3"
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VRYBURG / WARENTON (1 200 m)
DIMANCHE 25 JUILLET 2010 135 km CUMUL: 18 509 km
Dénivelé : 290 m

Le départ a lieu une fois de plus à la nuit mais je ne mets pas ma frontale, les lumières de la ville me suffisent. D’un coup tout s’éteint, économie oblige et je suis obligé d’utiliser ma frontale. Pour une vingtaine de minutes.

En sortant de VRYBURG, j’ai la même vision qu’à l’entrée, ces baraques en tôles les unes contre les autres. Est-ce que ce sera le cas dans toutes les villes que je vais traverser ?

Il y a quelque temps que je ne vous ai pas parlé du temps mais sachez qu’il fait toujours aussi froid. Ce matin, je n’avais pas l’impression qu’il fasse froid mais c’est un des matins où j’ai les doigts des mains et des pieds le plus gelés et cela va durer une bonne partie de la matinée.

Je suis toujours dans ces immenses espaces et j’avance de ferme en ferme. Je ne connais pas les U.S.A. mais ça doit y ressembler, au FARWEST ou au TEXAS. A chaque tour de pédales, j’ai l’impression que je vais voir débouler Lucky LUKE sur Joly JUMPER ou pire, les Daltons. Trêve de plaisanterie, c’est vrai que la région me fait penser au TEXAS avec ces grandes fermes d’élevage de bovins, ces blancs costauds comme des rocs dans leur grand 4 X 4.

Je suis en plein cœur du NORTHEM CAPE, le pays des afrikaners et où l’afrikaans est quasiment la langue officielle. A l’entrée des fermes, je constate souvent des noms à consonance française. C’est vrai qu’à la révocation de l’Edit de Nantes, certains huguenots ont fui la France pour se réfugier en Afrique du Sud.

Au milieu de ces pâturages d’herbe sèche, je vois parfois des traces d’immenses champs de maïs (c’est l’hiver) et des champs que je suppose semés en blé, ajoutent une touche de verdure dans cette région très sèche à cette époque de l’année.

Je pique nique sur une aire aménagée et je suis le roi du pétrole. Je fais bien d’en profiter car les vingt derniers kilomètres vont être galère pour moi. Avec l’étape d’aujourd’hui, je vais faire plus de 300 bornes en deux jours, c’est peut-être un peu trop, d’autant que je fini avec du vent contraire, allez savoir pourquoi.

WARRENTON est comme toutes les villes françaises le dimanche, morte. Tout est fermé et personne dans les rues. Je trouve l’hôtel au nom prédestiné « TEXAS HOTEL », tenu par trois jeunes filles assez sympa et où je suis très bien reçu. J’aurai l’occasion de parler de mon voyage et de discuter avec les clients du bar. J’en profite également pour acheter du « Biltong » que je vois suspendu au plafond. C’est de la viande séchée (bœuf, koudou ou autruche) dont la tradition vient des boers qui partaient à la conquête de ces immenses plaines. Cette viande était séchée sur les bâches des chariots.

Dans ma chambre, il fait 16° et inutile de vous dire que je rentre rapidement sous les couvertures. Bonne nuit.

Date du Message :
27 07 2010 09:33:02
Latitude : -26°-57'-35,9" - Longitude : 24°43'26,8"
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MAFIKENG / VRYBURG
SAMEDI 24 JUILLET 2010 169 km CUMUL: 18 374 km
Dénivelé : 450 m

Ce matin, j’envisage d’aller jusque VRYBURG mais je doute un peu car il n’y a pas moins de 170 km, cela dépendra du dénivelé. Pour mettre le plus de chance de mon côté, je pars vers 6 h à la frontale. N’en parlez surtout pas à Laurence, elle n’aime pas du tout.

J’ai un peu de mal pour sortir de MAFIKENG, plusieurs bleds se mélangent un peu. Je demande plusieurs fois la route. Les gens, soit ne me comprennent pas ou soit ils ne veulent pas me renseigner et continuent leur chemin. Le jour se lève l’activité reprend ainsi que la circulation des gens qui vont travailler. Tant que je ne suis pas sorti de l’agglomération, il me faut être très prudent ca il n’y a pas de piste cyclable.

La route est en moins bel état que la veille. Hier, c’était un leurre, juste un morceau qui mène à la frontière. Heureusement, la circulation n’est pas trop importante car sur cette route sans piste cyclable et étroite, ce n’est pas toujours évident.

La route assez plate est entourée de grands espaces à perte de vue. Ce n’est qu’une succession d’immenses propriétés clôturées. L’élevage semble la première activité de la région.

La route est très monotone mais avec ce petit vent dans le dos, je ne me plains pas. J’avance très vite et je finirai ma journée à 21 km/h de moyenne, ce qui sur 170 km est un record pour moi. Je passerai une excellente journée vélocipédique à défaut de me régaler avec le paysage.

C’est aussi la journée des oiseaux et j’en verrai de toutes sortes. Je vois deux autruches mais un peu loin pour les photographier, des pintades, des perdreaux, des hérons et beaucoup d’autres oiseaux colorés dont j’ignore le nom. Je suis intrigué par un oiseau, souvent en groupe. C’est un gros oiseau sombre avec un long bec qui me fait penser au serpentaire que j’avais vu en Tanzanie.

A cette allure j’arrive à VRYBURG de bonne heure. Je suis surpris à l’entrée de VRYBURG de découvrir des baraques en tôles, les unes contre les autres et me faisant penser aux favelas de LIMA. Cela me semble moins insalubre que ce que j’avais vu à LIMA mais la précarité de ces habitations où sont entassés beaucoup de monde m’étonne. La population y est totalement noire. Est-ce que c’est ce qu’on appelle les « townships ». A gauche de la route, ces baraques habitées par les noirs et à droite de magnifiques villas habitées par les blancs. L’apartheid est heureusement bien terminé en Afrique du Sud mais j’ai le sentiment que si l’ANC (le parti de Nelson MANDELA) est au pouvoir, l’argent est toujours dans les mains des blancs.

Après cette curieuse image, je traverse VRYBURG sans trouver d’hébergement. Je suis obligé de faire demi-tour et après bien du mal, je trouve un Lodge au nom curieux de « Lockerbie ».

Je vais faire mes courses dans un supermarché « SPAR » et juste à côté, je vois « Internet Bar ». Je retourne vite dans ma chambre pour chercher ma clé USB. En entrant dans ce que je crois être un cyber, pas d’ordinateur. Il n’y a que des machines à sous et on me répond que c’est « Internet Internaitement ». Je n’ai rien compris et en me promenant dans la ville, je verrai beaucoup de lieu de ce style.

En trainant en ville, je trouve l’atmosphère étrange, de partout des grilles et des agents de sécurité. Il semble qu’il y règne une certaine paranoïa par rapport à ce qu’on dit sur la criminalité en Afrique du Sud.

Il est 18 h, je vais vite manger dans un « WIMPY », il n’y a que ce type d’établissement ici et je rentre vite dans ma chambre. Je ne veux prendre aucun risque.

Date du Message :
26 07 2010 19:33:37
Latitude : -25°-51'-50,6" - Longitude : 25°38'58,3"
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LOBATSE / MAFIKENG (1 360 m)
VENDREDI 23 JUILLET 2010 80 km CUMUL: 18 205 km
Dénivelé : 305 m

Ca y est, je pars ce matin en direction de mon dernier pays. L’étape sera encore courte aujourd’hui, comme à chaque fois que j’entre dans un nouveau pays : formalités douanières, change, adaptation.

Le route est relativement vallonnée et assez agréable malgré les éternelles lignes droites. Je longe de grandes exploitations où les zébus sont parqués. La végétation faite toujours en majorité d’acacias est agrémentée d’énormes cactus d’un genre nouveau pour moi.

Je m’arrête pour photographier une épave au bord de la route. Cela peut vous paraître banal mais depuis que je suis au Botswana, j’en ai vu très peu au bord de la route. Ici le parc automobile est relativement neuf, rien à voir avec ce que j’avais vu en Mauritanie qui détient le pompon à ce sujet. J’ai une petite pensée pour mon neveu Benoit qui a un site consacré à ces épaves « Les épaves de nos campagnes ». S’il venait en Afrique, il aurait de quoi alimenter son site.

Fait également nouveau, je vois, je crois, mes premières cultures au Botswana, des champs de choux et surtout d’immenses étendues de maïs.

Ainsi, petit à petit j’arrive à l’immigration du Botswana côté « out ». Mon passeport visé, je n’ai plus d’autre choix que de passer la dernière frontière, ce qui se fera rapidement. Je perds juste, comme souvent, un peu de temps à expliquer mon voyage aux policiers et même faire un peu de change avec eux car je crois que la monnaie du Botswana « le Pula » est la plus forte d’Afrique.

De pénétrer dans mon vingtième et dernier pays, cela me fait un drôle d’effet : objectif pratiquement atteint et la fin proche d’une belle aventure. Sur le forum, Christine m’avait parlé de sentiments contradictoires, je lui ai répondu que non, et bien, je me trompe car je ressens effectivement ces sentiments contradictoires. Quoiqu’il en soit, je suis tout de même content d’atteindre mon but et de retrouver Gréoux, Laurence Pyrrhus et ma maison.

Ce qui change immédiatement en entrant en Afrique du Sud, ce sont deux petits détails. Les vaches n’ont plus de bosses et dans les champs poussent des éoliennes, pas celles qui produisent de l’électricité, mais qui pompent l’eau comme au temps de mon enfance dans la Meuse.

J’arrive finalement à MAFIKENG et je pose mes valises, façon de parler. Je trouve un Lodge sympa au nom évocateur de « Buffalo Lodge ».

J’ai la mauvaise idée d’aller dans une banque pour changer les 1 500 pulas qui me restent et je vais en avoir pour une heure. Je tombe sur un blanc ventripotent qui n’a pas l’air d’y comprendre grand-chose et qui a l’air de faire sourire ses voisins noirs. J’en viens à cette dure réflexion dans ma tête : « heureusement que les noirs ont pris le pouvoir en Afrique du Sud ».

A ce propos, je suis actuellement dans le bar restaurant du Lodge. Je fais le constat suivant, mais peut-être est-ce du hasard : au bar que des blacks qui discutent entre eux et dans la salle du restaurant, que des blancs qui boivent leur bière attablés………… On ne se mélange donc pas !!!!!!!

Date du Message :
26 07 2010 19:27:51
Latitude : -25°-12'-27,8" - Longitude : 025°40'37,6"
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GABORONE / LOBATSE
JEUDI 22 JUILLET 2010 73 km CUMUL: 18 125 km
Dénivelé : 445 m

Grâce à ma traditionnelle bouilloire, je déjeune dans ma chambre ce qui est bien pratique. Départ sans souci, le jour se lève à peine et je profite de la lumière de la ville.

A la sortie de GABORONE, je m’arrête pour photographier enfin une montagne. Il est 7 h 30 et comme tous les matins, j’appelle Laurence. Pendant que je téléphone, un motard blanc s’arrête, retire son casque et regarde mon vélo. Il attend un petit moment que je termine mon coup de fil. Il parle un peu français et nous discutons de mon voyage. Avant de partir, il me prend mon téléphone et enregistre son numéro de téléphone et son nom (MATT) en me disant que si j’ai un problème, je n’ai qu’à l’appeler. Sur ce, il fait demi-tour et part travailler. C’est quand même sympa.

Je continue mon bonhomme de chemin sur ma route sans piste cyclable. Il y a beaucoup de circulation et je ne brille pas trop. Heureusement, au bout de 30 km, je retrouve ma piste cyclable. Elle n’est pas terrible mais je suis très content de la retrouver.

Je m’arrête pour ravitailler et un camion venant en sens inverse s’arrête sur le bas côté et traverse pour me parler. Décidément, c’est la journée.

Pour une journée de transition, la route est plus agréable que tous ces derniers jours même si les lignes droites sont toujours là. La présence de montagnes rend le paysage plus agréable.

Il est à peine midi quand j’arrive à LOBATSE mais je décide tout de même d’y rester. Je dois vous avouer qu’à GABORONE, j’ai eu la flemme de réparer la chambre à air et mon réchaud. Il faut absolument que je règle ces petits problèmes avant de m’engager dans la cambrousse.

Je trouve un des rares hôtels de LOBATSE et par chance, il y a internet. C’est parfait car j’ai encore deux carnets de route à mettre à jour et quelques photos à faire passer à Stéphane.

J’entre dans la chambre et bien sûr il y a la télé. C’est assez courant mais souvent elle ne fonctionne pas ou a très peu de chaînes. Cette fois-ci elle fonctionne parfaitement et je tombe sur une chaîne sud-africaine qui retransmet l’étape du Tourmalet du Tour de France. Pour une surprise, c’est une surprise et je me plante pour une fois devant la télévision.

A midi, le lunch était parfait. En self service avec des spécialités locales, je me suis régalé. Le soir, pour le « diner » ce ne sera pas le cas et à 8 h, rien n’est prêt. Je décide de manger à l’extérieur et trouve un petit restaurant où je mangerai une grosse saucisse de Strasbourg et des frites. Là n’est pas mon propos, le patron très sympa n’arrête pas de me parler et s’installe à ma table. Nous discutons encore de mon voyage pendant plus d’une heure. Et oui, avec un peu de bonne volonté nous arrivons à communiquer et quand je ne comprends pas, il me l’écrit sur un bout de papier. Il veut tout savoir de mon voyage, le kilométrage, le temps mis, les pays traversés, les visas. Il est très curieux et très fier de m’avoir dans son établissement et chaque fois que rentre un client, il lui parle de mon voyage. Certains clients s’installent même à notre table. Au moment de payer, il n’encaisse que le manger et me fait cadeau du « Fanta ». Avant de partir, nous échangeons mails et adresses et il m’offre encore une boisson pour demain.

Ce fut donc une journée très productive avec ces trois rencontres très sympa. Ce Botswana que j’avais le sentiment de traverser sans avoir l’occasion de communiquer me donne maintenant du regret. Je suis ravi de cette dernière journée au Botswana, je reste sur une agréable impression et c’est tant mieux.

Date du Message :
22 07 2010 19:15:26
Latitude : -24°°-39’'-27°7"" - Longitude : 025°°54’'58,5’’"
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DIBETE / GABORONE
MARDI 20 JUILLET 2010 116 km CUMUL: 18 051 km
Dénivelé : 340 m

Après encore une bonne nuit, j’ai le sentiment qu’il fait moins froid. Ce n’est qu’une impression car sur mon vélo, j’ai encore plus froid que d’habitude et j’en viens à redouter le pire pour la suite.

La route se transforme à l’approche de GABORONE en route en quatre voies, capitale oblige, et le paysage devient collineux. Cela m’enlève un peu de monotonie après ce que j’ai vécu depuis plusieurs jours.

Je sens mon vélo qui tire à droite. J’ai encore crevé de la roue avant. Je n’ai pas envie de changer la chambre car le trou a l’air petit. Je regonfle par trois fois mais dans GABORONE, je me résous à changer la chambre. Avec le chargement, je ne tiens plus Tornado et j’ai peur de me casser la figure. Finalement, je change la chambre à 200 m de l’hôtel que je vais choisir. J’aurais dû la changer de suite cela m’aurait évité bien du tracas.

GABORONE est une ville ultra moderne, de grandes artères quadrillent la ville. Mon hôtel assez luxueux se trouve dans un quartier d’affaires. Autour d’une place piétonne et j’ai toutes les commodités pour faire mes courses : banques, supermarché, restaurant ou plutôt fastfood.

Je rencontre une française prof dans une université décentralisée dans le Pyrénées dépendant de TOULOUSE. Elle est venue au Botswana pour faire une expertise sur le développement touristique. Je lui parle de mon rôle dans le tourisme lorsque j’étais adjoint au maire et président e l’office de tourisme et lui parle du projet du château que nous avions. Elle me dit que dans le midi, elle a entendu parler d’un projet similaire. C’est en fait Jean-Pierre MARTINETTI qui lors d’un colloque à CHAMBERY a parlé de la Cité de la Culture et du Tourisme durable, le projet que nous avions à GREOUX. C’est assez marrant comme le monde est petit. Dommage que la nouvelle municipalité ait laissé tomber ce projet, c’est tout de même un véritable gâchis pour GREOUX et son château. Trêve de polémique, je suis très content de parler un peu français ici au Botswana.

Je reste deux jours à GABORONE pour mettre internet à jour et jeudi, direction la dernière frontière que je franchirai certainement vendredi. J’en suis maintenant à 18 051 km et il ne me resterait plus que 1 532 km. Je commence maintenant à languir de rentrer car je ne sens plus de magie dans mon voyage et j’avance pour avancer.

Date du Message :
22 07 2010 19:11:34
Latitude : -23°°-48’'-25°3"" - Longitude : 026°°25’'59,9’’"
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MAKORO / DIBETE
LUNDI 19 JUILLET 2010 136 km CUMUL: 17 936 km
Dénivelé: 365 m

Le matin au réveil, je fais deux constats. Le premier, il fait moins froid, 12° sous la tente et 6° dehors, allez comprendre pourquoi. Le deuxième moins agréable, j’ai enfin percé le matelas auto gonflable. Il fallait bien que ça arrive et dans ce coin plein d’épines, je ne suis pas étonné.

J’attaque ma procession habituelle pour arriver au bout de 45 km à la ville de MAHALAPYE. Je fais mes trois courses, surtout de l’eau car il m’en faut pour deux jours et je continue sans avoir grand-chose à raconter.

Un évènement important aujourd’hui, je dois passer ma dernière ligne mythique : le tropique du Capricorne. Je ne suis pas sûr qu’il soit indiqué, aussi je tiens le GPS à disposition et en vue du tropique, je le mets en action. Sur ma carte Michelin, il est indiqué à 23°27’00’’. Je m’arrête donc quand le GPS m’indique cette position. Je me prends en photo avec le GPS car bien sûr je suis seul. A partir de ce moment, je peux dire que ne suis plus sous les tropiques, la fin du voyage approche donc.

Je fais quelques kilomètres, je vois un panneau : « TROPIC OF CAPRICORN à 500 m ». Effectivement, à 500 m un grand panneau indique « TROPIC OF CAPRICORN ». Je regarde le GPS, il indique 23°29’59,1’’, soit 23° 30’. Qui a raison ? Je prends quand même les photos et je verrai en France. De toute manière, je n’aurai pas loupé cette ligne mythique. Pour les photos, je les prends moi-même. En face, il y avait bien un couple qui attendait le bus et ont refusé de traverser.

La suite sera sans commentaire, ma route habituelle.

Le bivouac du soir est encore difficile à trouver et plus j’avance, plus l’heure tourne. Chaque fois que je trouve un coin, il ne convient pas, trop d’épines, du sable, du monde. Je continue mais ce soir c’est galère et je vais m’installer n’importe où. J’envisage même, ce qu’il ne faut jamais faire, de m’installer au bord de la route.

J’arrive à une barrière vétérinaire. Il y a régulièrement ce genre de barrière au Botswana pour contrôler le trafic de bétail. C’est tout de même la troisième ressource économique du pays et la propagation de la fièvre aphteuse serait une catastrophe.

Ne trouvant rien pour dormir, je continue ma route et arrive à un pont bascule. C’est un endroit très courant en Afrique où les camions sont pesés et payent une taxe en conséquence. Je suis au Botswana, l’endroit est très moderne, très propre. Le parking ferait l’affaire. Je demande l’autorisation qui m’est accordé sans problème. Deux personnes très gentilles m’indiquent l’endroit où je peux planter la tente et me mettent les toilettes à dispositions. Elles sont très propres et en bon état de marche. Il y a même un essuie-mains électrique et automatique à air chaud. Je ne suis plus en Afrique.

Le repas sera encore froid, je n’ai pas pris la peine de réparer le réchaud. La nuit sera excellente malgré la crainte d’être constamment dérangé par les camions. Je dois bien être fatigué pour dormir de la sorte. Il faut dire que si dans la journée, je n’ai pas trop de relief, je roule chargé à bloc, eau et nourriture pour deux jours.

Date du Message :
22 07 2010 12:40:43
Latitude : -22°°-44’'-52°2"" - Longitude : 027°°02’'13,2’’"
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FOLEY SIDING / MAKORO (1000 m)
DIMANCHE 18 JUILLET 2010 132 km CUMUL: 17 800 km
Dénivelé: 340 m

Au réveil, je me précipite sur la montre, elle indique 6°, je la mets dehors et je constate avec stupeur – 2°. La remorque est tout gelée et les sacoches brillent ? Je déjeune dans la tente en m’enfilant dans le duvet. Je démonte la tente, à l’intérieur du double-toit, c’est carrément de la glace. Je ne sais pas si je ne vais pas être obligé de raccourcir mes étapes et démarrer un peu plus tard. C’est d’ailleurs le cas des norvégiens qui ne démarrent qu’à 8 h. Quand je les avais rencontrés, leurs compteurs n’affichaient que 80 km et le mien 105.

La journée sera identique à celle de la veille, les photos parleront mieux que ce que je peux vous décrire. La route toujours encombrée est très languissante, le paysage plat, toujours le même. En un mot, je me lâche, je m’emmerde. Heureusement que j’ai LE CAP comme objectif, sinon je ne vois pas l’intérêt de rouler sur cette route.

Je reviens sur mes norvégiens de la veille. Cela fait tout de même de belles rencontres après les polonais et le Serbe. Vraiment dommage que je ne parle pas anglais.

J’arrive enfin à PALAPYE où j’ai l’intention de dormir car j’en ai un peu assez. Le premier hôtel affiche complet. Je fais mes courses dans mon supermarché habituel et je vais manger dans un WINPY, encore un de ces fastfoods à l’américaine et reprends la route, je bivouaquerai encore ce soir.

La montre indique 16 h, il me faut chercher un coin et là, ça se complique. Les clôtures de partout et les rares chemins sont truffés d’acacias.

J’arrive au village de MAKORO où bien sûr il n’y a pas d’hébergement. A la sortie de ce village, je repère un chemin. J’ouvre la barrière et la referme. Je découvre un coin assez dégagé que je trouve sympa. Un troupeau de chèvres qui broute le peu d’herbe et une bicoque à côté me font penser à un propriétaire dans le coin. Je le cherche mais ne trouve personne. La mauvaise idée me vient d’aller demander l’autorisation au bar à côté.

J’entre dans ce bar, comme dirait Samuel mon filleul, un bar louche. Une énorme dame me sert une bière et un client qui a l’air éméché en consomme une. Je demande l’autorisation d’aller dormir dans le coin susvisé, la dame très gentille ne sait que me répondre car elle n’en est pas propriétaire. Trop tard, je ne peux donc y retourner. Je lui fais comprendre que si, moyennant consommation, je peux planter la tente derrière son bar. Elle accepte gentiment et je rentre le vélo dans son enclos car ici tout est clôturé, je vous l’ai déjà dit. Derrière le bar, il y a quelques bicoques délabrées. Elle essaye, toute fière, de présenter un français mais apparemment tout le monde s’en fout. Sauf un quidam, avec sa canette de 63 cl à la main qui ne me lâchera plus les baskets, si ce n’est pour aller en chercher une autre. Il a l’air un peu saoul comme d’autres personnes et je suis en train de me demander ce que je fais là. Sans rien dire, je reprends mon vélo et quitte cet endroit qui me parait malsain. Si tous les gens me paraissent gentils et sans mauvaises intentions, je me méfie quand même des gens qui ont bu. J’ai d’ailleurs l’impression et comme d’habitude, cela n’engage que moi, que dans ces coins retirés où il n’y a pas grand-chose faire, l’alcoolisme sévit.

Je reprends donc la route et il me faut trouver un coin rapidement car la nuit tombe vite. Le premier chemin est le bon, ce n’est que du sable, je traîne et tire mon vélo et la remorque pendant 300 m et je trouve un coin pas trop sympa mais je n’ai plus le choix.

En m’installant, je me pique de partout avec ces petites boules d’épines qui trainent par terre. Yannick les connait bien, il en avait eues plein ses pneus au Sénégal. Je n’ai qu’une hantise, crever les trois pneus de mon attelage mais je m’en tire bien. J’aurai encore de la visite de gens qui charrient du bois avec un attelage tiré par quatre donkeys (ânes) très courant ici. Ils sont habillés de vêtements très sales et usés. Un des gamins avait un pantalon tellement troué qu’il y avait plus de trous que de pantalon, je n’avais encore jamais vu ça. J’aurai une autre visite, un jeune très gentil au demeurant qui me semble rentrer de l’école. Il s’attarde devant mon vélo et ma remorque et ne semble plus vouloir partir. A force de ne pas faire cas de lui, il partira.

Ce soir, je mangerai froid, le réchaud refusant de démarrer. Comme je n’ai pas trop envie de me salir les mains, je déboucherai le gicleur demain. Comme d’habitude, je suis au lit à 6 h 30.


Date du Message :
21 07 2010 21:50:41
Latitude : -21°°-40’'-25°8"" - Longitude : 027°°22’'04,1’’"
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RAMOKGWEBANA / FOLEY SIDING
SAMEDI 17 JUILLET 2010 131 km CUMUL: 17 668 km
Dénivelé: 210 m

La surprise du jour, plutôt de la nuit et malgré la faible altitude (autour de 100 m), je vais avoir froid sous la tente. Dans la nuit, je suis obligé de bien fermer mon duvet. Heureusement que j’avais choisi un bon duvet que j’avais cru un moment un peu trop chaud. Au réveil, à 4 h 30, la montre m’indique 8° sous la tente et 2° dehors.

Je démarre donc dans le froid, je commence à en avoir l’habitude. Je mets deux paires de chaussettes aux pieds et comme je n’ai pas de gants, j’enfile une paire de chaussettes qui fera un peu l’effet de moufles.

Ma première journée entièrement au Botswana ne va pas être trop marrante. Une platitude à faire pâlir Jacques Brel et son plat pays.

Le long ruban d’asphalte continue et de chaque côté, 30 à 40 m d’herbes sèches coupées. S’ensuit des acacias nains très épineux, délimités par deux rangs de clôtures. De temps à autre, un chemin part à droite ou à gauche mais à chaque fois il y a une barrière qu’il faut refermer derrière soi pour empêcher les bovins de divaguer. Ces bovins sont effectivement très présents ainsi que quelques chèvres.

La circulation est également très présente. Il y a beaucoup de grosses voitures qui roulent très vite, la vitesse étant limitée à 120, ainsi que camions et cars. Circuler sur cette route serait très dangereux s’il n’y avait pas cette piste cyclable en bon état.

Cette circulation intense et ce paysage monotone seront mon lot pendant cinq jours, soit 640 km et pratiquement toute la traversée du Botswana. Bien sûr, je ne traverse pratiquement pas de village qui sont bien en retrait de la route. Je ne devine la présence d’un village que par les « Bus Stop » où parfois quelques personnes attendent.

J’arrive enfin à la première ville digne de ce nom « FRANCISTOWN » où je m’arrête pour faire quelques courses. Si dans la campagne, il n’y a absolument rien, par contre, les villes sont très bien équipées, en supermarché entre autres. On y trouve de tout et le Botswana ne produisant pas grand-chose, ce ne sont que des produits d’importation et en particulier d’Afrique du Sud. Je ne vous dis pas les prix !!

C’est midi, je décide donc de manger au resto et cela me fera au moins un bon repas aujourd’hui. Ici comme restaurant, ils ne connaissent que les fastfoods à l’américaine comme les MAC DO. J’ai donc droit à mon éternel « Chicken chips » et mon coca ou Fanta (c’est le même trust), tout autant plein de sucre. Pendant que je mange, je vois passer une voiture qui tire une remorque corbillard que je prends en photo. Ce qui était valable pour la Zambie, l’est autant pour le Zimbabwe que le Botswana. Les remorques tirées par les bus ou les taxis sont légions.

Ce soir je dois bivouaquer et je n’ai pas assez d’eau. En traversant un petit village qui sent la misère, tout le monde n’est pas riche au Botswana, j’obtiens après bien des difficultés, la dame se cache, de l’eau que je purifie immédiatement au micropur. Pendant cette opération, je me vois arriver trois norvégiens avec sacoches qui se rendent également au CAP mais eux arrivent du CAP NORD, c’est autre chose. C’est vrai qu’ils sont trois, moins chargés et plus jeunes mais il faut le faire. Nous discutons un bon moment, l’un d’eux m’offre même une carotte qui me donne des idées et repartent. Je range mes affaires et plusieurs centaines de mètres plus loin, ils m’attendent. Comme je veux rouler encore une heure, je vais rouler avec eux et constater que c’est quand même agréable. Si ce n’était la barrière de la langue, j’aurais pu finir avec eux mais je m’arrête à l’approche de FOLEY et eux continuent.

Je trouve un bivouac que je crois tranquille au milieu des acacias et je n’ai qu’une crainte, c’est de percer. Il faut vois ces épines d’acacias, elles sont vraiment redoutables.

J’aurai bien quelques visites mais très agréables, un bonjour et les gens ne s’attardent pas. Dans la nuit, j’aurai droit à un concert une chorale féminine chantant des chansons africaines dans le village. Si ce n’était là aussi la barrière de la langue, je me serai levé.

Dans la nuit, le froid a l’air de se faire plus vif. J’enfile mon sac à viande en coolmax et rentre dans mon duvet. La nuit sera donc confortable.


Date du Message :
21 07 2010 21:44:00
Latitude : -20°°-36’'-45°7"" - Longitude : 027°°38’'24,9’’"
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BULAWAYO / RAMOKGWEBANA
VENDREDI 16 JUILLET 2010 125 km CUMUL: 17 537 km
Dénivelé: 530 m

Grâce à une bouilloire électrique, je peux déjeuner dans ma chambre, c’est vraiment très pratique. Je suis un peu trop matinal car Tornado et sa remorque sont prêts à partir et il fait encore nuit. Il faut absolument que je tienne compte que même si je descends vers le sud, j’oblique un peu vers l’ouest et le matin, le jour se lève un peu plus tard.

Comme à LUSAKA, l’hôtel est situé « City Centre », je suis vite en dehors de la ville et dans la campagne, pardon dans le bush. C’est l’éternel va et vient des gens qui vont travailler, qui à pied, qui à vélo et qui en taxi-brousse. Pour moi, c’est toujours impressionnant et l’objet de beaucoup, non de « Good Morning », mais de « Morning ». C’est ce que j’aurai appris en Afrique de l’est,k les gens disent rarement « Good Morning » mais simplement « Morning ». J’ai également droit au « How are you » qui n’est apparemment qu’une formule de politesse et n’attend pas de réponse.

La campagne diffère un peu, je suis dans une zone de pâturages, ça sent déjà le Botswana. Les chemins sont barrés de grilles et les champs souvent clôturés.

Je ne sais si aujourd’hui, je me sens une âme de poète ou si la luminosité est particulière ce matin mais je trouve la nature absolument magnifique. Je trouve à la végétation des couleurs d’automne. Ce qu’il y a en plus ce matin, c’est l’apparition de cactus géants dont certains sont même en train de fleurir.

La campagne a l’air également de se modifier et l’apparition de gros blocs de rochers me changent un peu de la sempiternelle forêt.

Je prends les dernières photos du Zimbabwe que je quitte sans regret. Je suis certainement passé à côté mais la barrière de la langue doit y être pour quelque chose. J’aurais aimé discuter avec les gens sur la situation de leur pays. J’ai bien essayé à l’hôtel mais le réceptionniste avait l’air de dire que tout va bien. Bien sûr, peut-être en ville et pour ceux qui ont du boulot.

La frontière du Botswana est en vue. Je vais passer mon avant-dernier pays, le dix-neuvième et j’en ai fini avec les visas. Les formalités seront identiques à toutes celles des pays de l’est, sauf que je n’ai pas de visa à payer.

C’est drôle à constater car si parfois une frontière n’est qu’un passage administratif, cette fois, j’ai vraiment l’impression de changer de pays. Je découvre de suite de grands espaces et l’impression immédiate d’un pays plus riche.

La route en travaux me fait craindre le pire, les chinois sont encore là. Cette présence chinoise en Afrique est absolument incroyable, ils sont vraiment présents dans tous les pays que j’ai traversés. Cette fois, heureusement les travaux ne me dérangeront pas. Il semble que l’on double la voie et j’emprunte l’ancienne route, les travaux ayant lieu sur la nouvelle voie.

Ce n’est pour l’instant qu’un long ruban d’asphalte dans une totale platitude. De chaque côté de la route, ce n’est que clôture et souvent la clôture est double. Celle qui empêche les animaux de traverser la route et celle qui délimite les parcs à zébus. Il faut dire que l’élevage était la première ressource économique du Botswana avant la découverte des diamants et le développement du tourisme. Posséder quelques têtes de bétail est toujours un signe extérieur de richesse.

Je passe devant un Lodge qui me parait un peu luxueux, je m’arrêterai au prochain que je ne trouverai plus. Je décide donc de bivouaquer mais ici avec les clôtures s’est assez compliqué. Je trouve malgré tout un chemin qui traverse la voie ferrée. Il aboutit bien sûr à un parc où paissent des zébus et fait caractéristique du pays, les zébus ont des cloches aussi dans la nuit, le tintement de ces cloches me donnera l’impression d’être dans le Jura.

J’installe finalement mon campement dans un coin assez sympa et je verrai passer quelques personnes qui ramènent les zébus dans les pâturages. Pâturage étant un bien grand mot car ce ne sont que des épineux avec un peu d’herbe sèche.

Dès le coucher du soleil, je sens déjà la fraicheur arriver et je ne vais pas être déçu.


Date du Message :
15 07 2010 19:07:46
Latitude : -20°°-09’'-33°1"" - Longitude : 028°°34’'50,0""
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KENMAUR+10km/BULAWAYO (1362m)
MERCREDI 14 JUILLET 2010 131 km CUMUL: 17 412 km
Dénivelé: 630 m

C’est vrai que c’est le jour du 14 juillet mais je ne reste pas dans mon duvet douillé, j’ai encore du cœur à l’ouvrage et je dois faire ces 130 km qui me séparent de BULAWAYO.
A propos, dans un autre ordre d’idée, j’ai vendu pour l’association LAUNATHO 13267 km et je me suis engagé à les faire. Je pense d’un coup que dans 86 km, j’y arrive et si je prenais ensuite un taxi-brousse pour LE CAP, j’aurai tenu mes engagements…………..

Tiens, bizarre, je suis plus haut qu’hier et il fait moins froid : 15 sous la tente et 8 dehors. Qu’importe, je m’habille comme hier, je n’aurai pas trop chaud.

Journée habituelle comme depuis plusieurs jours, j’avance, un point c’est tout. Cela va faire presque 500 km où je suis dans le même paysage, entouré de forêt. Après les hauts plateaux zambiens, cela me change de la magnifique Tanzanie et ses paysages variés. De plus sur cette route, il n’y a pratiquement pas de circulation. Vallonnée et forêt, c’est tout le charme de cette partie du Zimbabwe.

J’approche de BULAWAYO avec une impression bizarre, j’ai le sentiment qu’il y a de moins en moins de monde sur la route. Aussi, je me renseigne plusieurs fois pour savoir si je suis bien dans la bonne direction.

BULAWAYO me fait également une impression assez bizarre, de grandes artères rectilignes et perpendiculaires, un peu comme certaines villes américaines. J’ai l’impression que l’on a planté là cette ville d’une façon artificielle.

Je trouve facilement mon hôtel assez sympa, confortable et pas trop cher pour une fois. Par contre, le resto contigu, c’est la catastrophe et après trois jours de bivouac, je croyais me rattraper et bien c’est raté. Par contre, pas de douche mais une baignoire avec de l’eau chaude. Ce bain sera le bienvenu car cela fait quand même quatre jours que je ne me suis pas lavé.

Demain, je reste à BULAWAYO pour faire quelques courses et peut-être mettre à jour le site internet si je trouve des connexions.

Je languis de quitter ce pays où je ne sens aucune joie de vivre et les gens pas trop sympa. Si j’ai le malheur de demander un renseignement dans la rue, la réponse est souvent « dollars ». Les gens, je ne les blâme pas car ce pays est dans une situation catastrophique et je ne sais comment il va s’en sortir.

Depuis mon départ, c’est peut-être la première fois où j’ai une impression aussi désagréable d’un pays. La Gabon m’avait un peu déçu mais pas à ce point. Je répète que je ne suis pas objectif quand je parle d’un pays, ce sont les sentiments que je ressens et tels que je les vis avec Tornado.

Date du Message :
15 07 2010 19:03:02
Latitude : -19°°-11’'-31,3"" - Longitude : 028°°03’'02,2’’"
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GWAI RIVER ET PLUS / KENMAUR +
MARDI 13 JUILLET 2010 118 km CUMUL : 17 281 km
Dénivelé: 655 m

Comme tous les matins, je prends la température, pas la mienne car tout va bien. Sous la tente, j’ai droit à 8° et à la surprise générale, dehors, il fait 0°. J’ai d’ailleurs pris la montre en photo pour preuve et je ne suis qu’à 1100m.

Je reprends donc ma route avec le froid, une route excellente et vallonnée et toujours ma forêt.

Ca commence quand même à être languissant et aujourd’hui, je n’ai pas grand-chose à raconter de ma journée. Heureusement et je remercie encore Laurence et Marine, j’ai mon walkman, je passe ainsi des heures en compagnie de Brassens et Brel.

Je pensais être mercredi à BULAWAYO mais j’en abandonne l’idée. Il me reste près de 300 km, j’ai pas mal de relief et du vent de face. Cela me parait impossible, je dormirai à LUPANE.

Dans ce paysage monotone, j’arrive fatigué à LUPANE. Bien sûr, ce village n’est pas au bord de la route, il me faut encore faire 4 ou 5 km de grimpette pour y arriver. En arrivant dans ce village, comme à GWAI RIVER, je vois toute la désolation du Zimbabwe. Les gars dans la rue sont complètement désœuvrés, le chômage bat son plein. Les « SHOPS » sont fermés, certainement pour cause de faillite et d’inflation. Heureusement subsistent quelques magasins d’alimentation, il faut bien manger.

Je crois lire beaucoup de tristesse dans le regard des gens et pas trop de sourires. Moi le blanc, je suis certainement envié de vivre dans l’abondance. Je ne généralise pas complètement car j’ai droit à quelques sourires et des regards d’admiration.

Pas question de dormir ici car bien sûr, il n’y a pas d’hôtel, tout est fermé. Je fais mes courses dans un libre-service et la marchande me fourni de l’eau car il n’y a toujours pas d’eau minérale.

Bien entendu, pas question d’acheter une puce pour mon téléphone, ça n’existe pas ici. J’emprunte une fois de plus le téléphone d’un autochtone pour rassurer Laurence et lui dire qu’elle n’aura plus de nouvelles jusqu’à jeudi.

Je redescends à la nationale pour chercher un coin bivouac. Il faut dire que je n’ai fait que 75 km mais je suis assez fatigué par le relief et le vent mais peut-être aussi la lassitude.

Je me mets à penser, et oui, ça m’arrive. Il me reste 173 km à faire pour arriver à BULAWAYO. Si aujourd’hui, je fais l’effort encore d’une quarantaine de kilomètres, demain 130 pour arriver à destination, c’est jouable.

C’est là, qu’intervient le miracle de l’être humain. Je me suis mis cet objectif de 40 km dans la tête et comme par enchantement, la fatigue s’oublie et je reprends la route.

Je passe le petit village de KENMAUR où bien sûr il n’y a rien et je me mets en tête de faire encore une dizaine de kilomètres. De temps à autre, je vois bien une piste menant à un Lodge pour safari, mais c’est à chaque fois une dizaine de km de mauvaise piste et je n’en ai pas envie.

A droite, une piste sablonneuse, je l’emprunte sur une centaine de mètres et trouve un endroit parfait en pleine forêt. J’installe mon bivouac et une fois de plus je vais passer une excellente nuit. Dans la nuit, le vent commence à souffler, les arbres craquent. Si un arbre me tombait sur la tente, pensais-je d’un coup ? Mais je me rendors aussitôt.

Date du Message :
15 07 2010 18:57:53
Latitude : -18°°-37’'-13,8"" - Longitude : 027°°12’'50,0""
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HWANGE / GWAI RIVER ET PLUS
LUNDI 12 JUILLET 2010 91 km CUMUL : 17 163 km
Dénivelé: 735 m

Nuit encore parfaite, juste un peu réveillé par le froid qui m’oblige à bien fermer mon duvet. Sans la tente, il fait 12° et 6 dehors. C’est tout de même bizarre ce froid. Oh ! Nous sommes bien en hiver mais je ne suis qu’à 700 m d’altitude sous 18° de latitude. Je ne m’attendais pas à avoir aussi froid. Le pire n’est certainement pas encore arrivé car Morgan et Grégory m’ont bien signalé que j’allais avoir froid en Afrique du sud.

Je démarre habillé au maximum et je fais bien. Je n’ai pas trop froid, si ce n’est les mains et les pieds que je ne peux pas trop protéger. Heureusement dès que le soleil apparait au dessus des arbres, il fait de suite moins froid. Ce matin, je ne me dévêtirai qu’à 11 h.

De la route, toujours excellente, il n’y a pas grand chose à dire. De la forêt, toujours de la forêt, avec parfois des clairières me faisant penser à un village pas trop loin mais je ne le verrai pas. Dès que la forêt disparait un peu, je retrouve avec plaisir mon baobab. Des singes traversent encore la route et de temps e temps je vois des gens au bord de la route aux arrêts de bus.

Je vois une école et quelques habitations. Sur la route, plein de gamins sortent de partout et vont à l’école. Dès que je m’arrête, ils se mettent souvent à courir pour m’éviter : ils ont peurs. Je suis dans une région très sauvage et ils n’ont certainement pas l’habitude des touristes, surtout sur ce drôle d’engin. Parfois un sourire suffit à les amadouer et ils me répondent par un sourire et un signe de la main.

Ce coin est assez bizarre car je vois très peu de monde, pas de village. La région que je crois déserte est certainement assez peuplée car régulièrement au bord de la route, ce qu’ils appellent des « CRAFTS CENTRE » (centres artisanaux) me prouvent le contraire. Cet artisanat consiste souvent en des statuettes en bois, hommes ou animaux. Au bord de la route, il n’y a pas grand-chose à vendre, du bois et comme il y a des baobabs, du pain de singe, le fruit du baobab.

La route est très vallonnée et avec le vent de face, je n’avance pas trop vite. Je travers de grands ponts qui enjambent des rivières complètement à sec. C’est effectivement la saison sèche, d’ailleurs depuis DAR ES SALAAM, je n’ai plus vu la pluie.

Après ce désert vert, j’arrive enfin à GWAI RIVER. Je pensais y trouver un hébergement mais il n’y a pas grand-chose un fois de plus. Je n’ai pas de téléphone depuis VICTORIA FALLS et Laurence doit commencer à s’inquiéter. Orange a dû choisir le plus mauvais opérateur du Zimbabwe car rien ne passe et mon téléphone satellitaire est en panne, j’ai dû dépenser tout mon crédit. J’essaye bien d’acheter une puce mais il n’y en a pas. Je fais ouvrir la poste, le receveur me vend une puce pas de connexion, je la lui rends aussitôt. Heureusement quelqu’un me prête son téléphone pour pouvoir sécuriser Laurence. Je lui donne 10 $, c’est peut-être beaucoup mais je suis trop content du service qu’il me rend. Je vais faire trois courses car ce soir, bivouac à nouveau mais il n’y a pas d’eau minérale. Le gars du téléphone m’amène chez lui et me fournit l’eau dont j’aurai besoin ce soir et demain. Ouf !

Je fais peut-être 5km et m’installe en retrait de la route. Je suis au bord d’un chemin à semi-goudronné par deux bandes de roulement, certainement faites en même temps que la nationale pour permettre aux autochtones de circuler à vélo. Malheureusement ce n’est pas entretenu et l’herbe et les petits arbustes prennent la place.

Je ne suis pas mal dans ce coin, c’est plat et je suis à l’abri des regards. Malgré tout, je suis surpris par cinq bucherons qui rentrent de leur journée de travail à GWAI RIVER avec leur hache sur l’épaule. Ils me saluent et sont tout étonnés que je campe ici, en pleine forêt. Ils me le déconseillent à cause du lion. Tiens, je n’y avais pas pensé à celui là. C’est vrai que depuis ce matin je longe un grand parc national et que les animaux sauvages doivent trainer dans le secteur. D’ailleurs, je remarque que le bord de la route est balisé par des fils de fer barbelés complètement rouillés et chaque fois que je vois un ensemble de case, il est clôturé.

Je pense que le lion doit être ici l’équivalent du loup autrefois chez nous. La peur du lion est toujours présente. Les bucherons ont peut-être raison mais je n’ai pas le choix. Remballer ma tente et rouler de nuit ? De toute manière, ils n’ont pas réussi à me faire peur. Je prends juste les précautions d’usage, aucune nourriture dans la tente, tout dans la remorque.

Je passerai une excellente nuit, sans aucun bruit, pas de rugissement, même pas de cris d’oiseaux.

Date du Message :
15 07 2010 18:49:55
Latitude : -18°°-20’'-31,6" - Longitude : 026°°31’'28,3"
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VICTORIA FALLS / HWANGE
DIMANCHE 11 JUILLET 2010 115 km CUMUL : 17 072 km
Dénivelé: 660 m

Comme d’habitude sous la tente, la nuit sera parfaite, si ce n’est un imbécile qui secouera ma tente par deux fois pendant que je dormais déjà. C’est un peu le risque dans ce genre d’établissement fréquenté par une certaine faune.

Je déjeune au resto, ce qui me permet de retrouver Grégory et Morgan que j’invite en France quand ils y seront en vacances car j’ai envie de les revoir. Je fais également connaissance d’un allemand qui traverse l’Afrique avec une vieille moto de type « INDIA » je crois mais avec la photo, mon ami Ghislain m’en dira plus. Je pense qu’il faut le faire aussi, traverser l’Afrique avec un engin de cet âge. D’ailleurs, il me fait comprendre que sa caisse à outils est conséquente.

Je quitte VICTORIA FALLS et rentre dans une forêt qui ne me quittera pratiquement plus pendant trois jours. Je longe le parc national de VICTORIA FALLS et je vois régulièrement des panneaux « attention passages d’éléphants ou d’antilopes ». La proximité du parc doit faire que la forêt est mieux gérée que ce que j’ai vue jusqu’à présent. Elle est constituée de sujets assez importants et me cache tout le paysage, c’est assez particulier.

Pour la première fois en Afrique, j’ai droit à des aires de pique-nique aménagées avec table, bancs et poubelle. Souvent, table et bancs sont détruits mais les coins sont relativement propres par rapport à ce que je vois en Afrique.

Par endroits, la forêt est détruite et fait place à quelques cultures et j’ai un peu plus de vision. Dans les rares arbres, il y a beaucoup de nids d’oiseaux tels que j’en avais vu à l’ouest.

Il doit y avoir des villages dans la campagne mais au bord de la route, je ne verrai rien jusqu’à HWANGE qui d’ailleurs n’est pas au bord de la nationale. La seule trace de vie que je vois, ce sont des colonies de singes qui traversent la route de temps en temps. J’en ai même vu une traverser d’au moins une quarantaine d’individus.

J’approche de HWANGE, je vois de hautes cheminées dégager une fumée très noires et sortir des bâtiments contigus. J’ignore ce que c’est exactement mais je pense à des centrales thermiques et il doit y avoir des mines de charbon dans la région.

J’arrive à l’embranchement de HWANGE, « Baobab Hôtel », indiqué 1 km plus loin, chic, je m’y rends et à l’embranchement, c’est à 3 km d’une grosse montée. Je reviens donc à HWANGE et après une petite montée, je découvre une ville étrange. Elle est toute fleurie, avec un habitat me faisant penser à une cité industrielle. C’est dimanche, tout est fermé et je ne trouve pas d’hébergement.

Je retourne donc à mon hôtel et après une horrible montée, désagréable en fin de journée, je découvre un hôtel tout ce qu’il y a de luxueux. Je demande le prix : 80 $, c’est trop pour moi et je décide de bivouaquer. Je redescends et je continue ma route.

Je traverse une zone industrielle un peu bizarre pour la région. Un resto au bord de la route, j’essaye de négocier l’autorisation de monter la tente moyennant que j’y mange en contrepartie. Ca me sera refusé. C’est un peu l’accueil, à quelques exceptions près que j’aurai au Zimbabwe. Au resto, tout comme à l’hôtel, ils préfèrent perdre un client plutôt que faire un geste.

Je traverse la voie ferrée et me croyant en pleine campagne, je monte la tente un peu à l’écart de la route derrières des buissons. C’est une petite erreur car je ne serai pas discret et pendant que je mange, des gens passeront mais après un bonjour discret, ils ne s’attarderont pas.

Le repas sera excellent, soupe de pâtes chinoises et haricots blancs à la tomate directement chauffés dans la boîte sur mon réchaud car je n’ai pas de quoi faire la vaisselle et l’eau m’est trop précieuse. Quand je bivouaque ainsi, il me faut prévoir l’eau du repas du soir, du petit déjeuner et de la journée du lendemain.

A six heures, la nuit tombe et 6 h 30, je suis couché sous la tente. Des gens passeront encore près de la tente pendant au moins deux heures. Je ne sais pas ce qu’ils doivent penser de cette vision étrange à leurs yeux : Ma tente, Tornado et sa remorque.

Date du Message :
15 07 2010 18:43:04
Latitude : -17°°-55’'-34,7"" - Longitude : 025°°50’'07,1""
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LIVINGSTONE / VICTORIA FALLS (
LIVINGSTONE / VICTORIA FALLS (ZIMBABWE)- CHUTES VICTORIA
SAMEDI 10 JUILLET 2010 13 km CUMUL : 16 957 km
Dénivelé: 85 m

Après un bon petit déjeuner et la photo avec le personnel de l’hôtel, je démarre tranquillement pour une petite journée de vélo qui doit me mener aux chutes côté Zimbabwe.

Le soleil est toujours de la partie mais il fait toujours aussi froid. Je vois un panneau « élevage de crocodiles ». Je vais voir, pensant visiter un élevage de crocodiles destinés à la consommation. C’est en fait une forme de zoo avec toute sorte de crocodiles destiné aux touristes. Ce n’est pas encore ouvert et je préfère repartir car je ne suis pas venu en Afrique pour visiter les zoos.

Comme la veille, le ciel est parfaitement bleu, hormis le nuage au fond, formé par les embruns des chutes. Je longe le Zambèze avant sa culbute. Je passe l’entrée des chutes côté zambien et c’est de suite l’immigration côté zambien pour les formalités de sortie du territoire. Tout se passe parfaitement mais il y a encore beaucoup de babouins juchés sur les toits ou les camions, je ne dois rien laisser trainer sur Tornado.

Ca y est, la Zambie est finie et j’entre maintenant au Zimbabwe. Je travers le Zambèze sur un pont spectaculaire que je voyais parfaitement hier depuis les chutes et d’où les gens sautent en élastique. Dessous le Zambèze tumultueux s’engage dans de magnifiques gorges qui n’ont rien à envier à celles du Verdon.

Comme depuis mon arrivée à l’est, les formalités de visa, moyennant 30 $, se passent rapidement. C’est mon dix-huitième pays et certainement mon dernier visa. Ce pays est en plein marasme économique avec une inflation atteignant les 1000 %. Il vient à peine de sortir d’une épidémie de choléra. La monnaie n’a plus cours. C’est le dollar américain qui sert de monnaie et si on doit vous rendre des pièces, on vous rend des « Rands » Sud-Africain. Il y a bien des changeurs de monnaie à la frontière mais il vaut mieux éviter, vu l’inflation galopante, d’acquérir la monnaie du pays.

J’arrive à VICTORIA FALLS qui contrairement à LIVINGSTONE se situe à l’entrée des chutes. Je cherche un hôtel et une fois sorti de la ville sans m’en rendre compte, je fais demi-tour. Je trouve un backpakers du nom de SHOESTRING. C’est spécifique à l’Afrique de l’Est. Ce sont des établissements bon marché où on peut camper, dormir en dortoir ou en chambre individuelle. Il n’y a pas de chambre individuelle de libre et vue mon barda je ne tiens pas trop au dortoir collectif. Pour 5 $, je choisi la formule camping, ce sera parfait.

Je monte ma tente, laisse Tornado et je vais de suite aux chutes à pied. En passant, je tire de l’argent à une banque qui bien sûr, distribue des dollars.

L’entrée est à 30 $ contre 20 en Zambie (le Zimbabwe est un pays très cher) et là, un spectacle encore plus époustouflant que la veille m’attend. Dire que j’ai failli zapper les chutes côte du Zimbabwe, quel tord j’aurais eu ! C’est comme la veille en beaucoup plus grandiose mais avec plus d’embruns et de pluie. J’en sortirai trempé comme une soupe. Vous les décrire est trop compliqué, vous verrez par les nombreuses photos que j’ai prises.

A un belvédère, j’entends parler français et ça me fait un bien énorme. Ce sont deux couples de français vivant à MAPUTO au Mozambique qui sont en vacances. Morgan et Grégory sont enseignants et ont choisi d’enseigner à l’étranger par goût du voyage. Je les retrouverai au backpakers et passerai une belle soirée à parler avec eux car en plus, ils sont très sympathiques.

Après plusieurs bières en leur compagnie, au son d’une musique à fond, je vais me coucher. Depuis que je suis en Afrique, j’ai l’habitude de me coucher de très bonne heure.

Date du Message :
15 07 2010 18:35:14
Latitude : -17°°-51’'-52,4"" - Longitude : 025°°51’'14,4""
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LIVINGSTONE - CHUTES VICTORIA
LIVINGSTONE (HOTEL ZIGZAG)-CHUTES VICTORIA
VENDREDI 09 JUILLET 2010 0 km CUMUL : 16 944 km
Dénivelé: 0 m

Enfin le grand moment tant attendu arrive. Je prends un taxi en direction des chutes à 10 km. Au fond, un immense nuage, le seul dans un ciel tout bleu, ce sont les embruns provoqués par les chutes. C’est dire la puissance de ces chutes, c’est absolument hallucinant.

J’entre dans le parc après avoir pris mon billet d’entrée pour 20 $. De suite, c’est le choc, une première cataracte comme je n’en ai jamais vu. Après cela va s’enchainer sans arrêt. Je ne vous dis pas l’émotion qui me gagne et je dois vous avouer que j’y suis allé de ma larme. C’est tout de même un évènement dont je rêve depuis des années.

Je n’avais qu’une seule crainte, c’est d’être déçu. C’est souvent le cas quand on attend beaucoup d’un lieu après avoir vu des films et des photos. Cela me l’avait fait la première fois que j’ai vu le Mont St Michel où j’ai eu l’impression de voir une carte postale.

Dans le cas présent, c’est loin d’être le cas. La réalité dépasse tout ce que je pouvais imaginer, c’est absolument grandiose. Le seul petit problème, si c’en est un, il y a beaucoup d’eau pour la saison, les chutes sont impressionnantes mais les embruns aussi. Parfois, on n’y voit plus rien, un énorme nuage pointe devant les yeux. D’ailleurs il parait que pendant la saison des pluies, on ne voit rien du tout, on profite juste du vacarme assourdissant.

Des gens louent des ponchos, j’ai bien mon goretex mais j’en loue un et bien m’en prend. Parfois, ce que l’on appelle embrun, c’est véritablement de la pluie. Il y a un pont à traverser, on le dit le plus impressionnant du monde, et bien je le crois. Il traverse une partie du Zambèze. Il était prévu par Cecil Rhodes (du nom de Rhodésie) pour y faire passer une ligne de chemin de fer. Je le traverse carrément sous les trombes d’eau.

Je fais le chemin de la partie visible depuis la Zambie qui ne représente qu’un tiers des chutes et reviens à mon point de départ. Je rends mon poncho, enfile mon goretex et repars pour un autre tour. J’ai beaucoup de mal à quitter ces chutes. Je ne suis pas trop photographe et bien aujourd’hui, j’ai pris 172 photos, c’est dire si j’étais émerveillé.

Je dois vous dire que j’ai eu deux grosses émotions dans ma vie. La première, c’est la première fois que j’ai vu le Machu pichu au Pérou et la deuxième, c’est à la vue de ces chutes.

Je me force tout de même à quitter les chutes mais avant de sortir, je vais voir le Zambèze en amont des chutes. Je vois un grand fleuve relativement tranquille, un peu de courant certes mais rien à voir avec ce qui se prépare.

D’après mon guide touristique, depuis le côté zambien, on peut voir les chutes d’en bas. J’emprunte donc le chemin qui y mène. Il traverse une forêt luxuriante et j’arrive au bord du Zambèze, en bas des chutes. En fait, je ne suis pas au pied des chutes mais à la sortie des chutes, je ne vois que les embruns et le Zambèze en furie sort de cette faille. C’est normalement le point de départ pour faire du rafting mais le courant doit être trop fort en ce moment car il n’y a personne.

Je me décide enfin à sortir du site en me demandant si je n’y retournerai pas demain, tellement j’étais impressionné. A la sortie, il y a beaucoup de monde et tout un business mercantile. Il y a aussi beaucoup de babouins, certainement attirés par le monde. Je suis encore tout mouillé et je pose mes affaires par terre à sécher en attendant mon taxi. Ne voila-t-il pas qu’un babouin se cavale avec mon sac à dos. Heureusement, je m’en aperçois de suite et j’ai juste le temps de le rattraper.

Je rentre à l’hôtel et je décide d’aller à VICTORIA FALLS demain matin. Pourtant, j’y suis très bien dans cet hôtel. Il y règne une espèce de calme et de tranquillité qui donnent envie d’y rester plusieurs jours. Le personnel est très attentionné et la cuisine y est excellente. La patronne est aussi super sympa. C’est une écossaise qui est en Zambie depuis récemment et parle un peu le français, ce qui ne gâche rien. Elle a même la gentillesse de me faire un petit cadeau. Sachant que l’on m’appelle parfois « Zigzag », elle m’offre un tee-shirt de son établissement. Le matin, j’avais laissé pas mal de linge sale à la réception et quand je veux la payer, elle m’en a fait cadeau et me disant que c’est sa participation à mon voyage.

Je crois que si je reviens avec Laurence aux chutes Victoria, je sais où j’irai loger et je ne peux que recommander cet établissement.

Date du Message :
09 07 2010 18:47:14
Latitude : -17°°-51’'-52,4"" - Longitude : 025°°51’'14,4’’"
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MAKOLI / LIVINGSTONE
JEUDI 08 JUILLET 2010 57 km CUMUL : 16 944 km
Dénivelé: 155 m

L’étape d’aujourd’hui, mythique comme me le dit Laurence sera très courte et je décide de me lever sans réveil. Bien sûr à 5 h, j’ai les yeux grands ouverts. Je regarde le thermomètre, il indique 14° et je reste un peu plus dans mon lit tout chaud.

Grace à ma bouilloire je me fais mon petit déjeuner comme un grand et je charge ma remorque. Dehors, le thermomètre indique 10°, je décide donc de bien m’habiller car je suis à 1 200 m et LIVINGSTONE à 900, je vais donc pas avoir de montées pour me réchauffer.

En fermant la porte de ma chambre, je suis interpelé par un zambien qui a quelques notions de français. Il me dit être professeur de musique et veut me montrer son vélo. C’est un engin étrange, une base de VTT avec fourche à suspension et un moteur mono cylindre. J’ai donc droit aux photos. Il me dit jouer du trombone et je lui dis que j’ai un ami en France qui en joue, Michel FELICIAN l’acolyte de théâtre de Laurence. Il me demande donc si en France on trouve des trombones et lui signale que je verrai. Alors si quelqu’un d’entre vous a un trombone dont il ne sait que faire, j’ai son adresse mail.

Je démarre tout content et très ému à la fois sur cette magnifique route en direction de LIVINGSTONE et des chutes Victoria. Je commence à déchanter, un panneau attention travaux m’arrête. La route est tellement neuve qu’elle n’est pas encore finie et je finirai sur une route en chantier. Heureusement pour moi, je ne prendrai pas les déviations (pistes). J’aurai droit à un long ruban de bitume pour moi tout seul car à vélo on me laisse passer et ce jusqu’à LIVINGSTONE. J’ai d’ailleurs été médisant car vu l’état magnifique de cette route, je m’étais dit que ce ne sont pas les chinois qui font les travaux. Et bien non, erreur ce sont une fois de plus eux.

Je ne croise aucun cycliste zambien qui sont très respectueux des déviations. Si, au loin, je vois un cycliste arriver. Ce n’est pas un zambien, c’est Zoran, un serbe de NOVI SAD. Il arrive du CAP et se rend à NAIROBI. Il a l’air très sympa, parle trois mots de français. Nous sommes très contents tous les deux de nous rencontrer. Nous prenons quelques photos mutuellement, échangeons nos cartes de visites et nous séparons.

Par une longue descente, je traverse LIVINGSTONE et cherche un hébergement. Je m’arrête pour consulter mon guide et à droite, je vois le nom de ZIGZAG. Tiens, très drôle car on me donne souvent ce surnom, aussi je vais voir ce que ça donne. L’hôtel est très sympa, dans un cadre agréable, ce sera donc mon hébergement à LIVINGSTONE.

A propos de surnom, j’ai droit depuis plusieurs jours et régulièrement à celui de « BIGMANN », c’est flatteur n’est-ce pas ?

Installé confortablement dans mon hôtel ZIGZAG, la douche doit-être la meilleure que j’ai trouvée en Afrique car parfois, je ne vous dis pas. A midi, je mange du crocodile pour la première fois et demain, taxi pour VICTORIA FALLS.

Date du Message :
09 07 2010 18:42:31
Latitude : -17°°-28’'-36,3"" - Longitude : 026°°04’'06,9’’"
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CHOMA / MAKOLI
MERCREDI 07 JUILLET 2010 138 km CUMUL : 16 887 km
Dénivelé: 495 m

Bien sûr à 6 h, le resto est fermé et le gardien me confirme que le breakfast est à 7 h 10. Tant pis pour moi, je démarre sans déjeuner et ce ne sera pas la première fois. Au bout d’une demi-heure, prouvant bien que j’arrive dans une zone touristique, une espèce de restauroute, un fastfood au bord de la route, je peux ainsi déjeuner à ma guise.

J’évolue toujours dans le même paysage, de l’herbe sèche, que de l’herbe sèche, une route légèrement vallonnée et en excellent état.

Je me fais doubler par un petit camion citerne, c’est assez banal. Ces petits camions citerne, cela fait plusieurs fois que le les aperçois. En fait, ils livrent de l’eau à la population. Les gens attendent au bord de la route avec 5 ou 6 jerricans qu’ils font remplir puis rentrent chez eux à pied ou à vélo. Je suis sur un haut plateau et il ne doit pas avoir de l’eau partout j’imagine.

Au bord de la route et cela fait plusieurs fois que j’en vois, une vingtaine de personnes coupent l’herbe à grands coups de machette dans un geste assez particulier. Croyez-moi, ils mettent du cœur à l’ouvrage, dommage que j’ai loupé la photo. Parfois ils dégagent l’herbe au bord de la route et dans ce cas, c’est sous la ligne électrique. EDF du coin ou le responsable des routes doivent payer une communauté par secteur pour débroussailler.

Ce que j’avais oublié de vous dire, c’est que hier j’ai roulé sur un serpent, genre grosse vipère d’un bon mètre de long. Ce matin, je réitère et dans mon rétro je la vois se redresser. Sur la route j’ai vu beaucoup de serpents écrasés mais de beaucoup plus gros. Je donne cette info surtout pour Danielle (BOURCELOT) quand elle m’avait interviewé avant mon départ, elle m’avait demandé si je n’avais pas peur des serpents.

Ainsi, tranquillement, j’arrive à ZIMBA où j’avais prévu de m’arrêter. Il est tôt, je suis en forme, aussi je décide de continuer jusqu’à MAKOLI. On me signale le village à 20 km (je suis en Afrique) et qu’il n’y a pas de guest house. Qu’importe je continue et on verra bien. De toute manière, j’ai de quoi bivouaquer, je ne risque donc rien.

La route est maintenant toute neuve avec des bornes tous les kilomètres, je ne l’avais encore jamais vu. Un peu avant MAKOLI, d’ailleurs le lendemain je ne verrai jamais MAKOLI, bref un peu avant MAKOLI, des statuts d’animaux au bord de la route attirent mon attention. C’est en fait l’entrée d’un Lodge mais qui n’est indiqué nulle part.

Je pénètre dans l’enceinte et la personne qui me reçoit me confirme bien qu’ils font dormir, en camping ou en bungalow. On a du mal à se comprendre car il m’ouvre de suite un bungalow qui me parait très mignon. Tant pis, je me laisse faire et pour un prix relativement cher j’y passe la nuit.

Le seul problème c’est que dans ce bungalow, il y a tout pour que ce soit magnifique mais rien ne fonctionne : une télé impossible à brancher, une bouilloire électrique en panne, idem pour l’eau chaude et je ne parle pas de la chasse d’eau. C’est l’Afrique me direz-vous mais tout cassé comme ça, je ne l’ai encore jamais vu et c’est bien dommage.

Ne faisant pas restaurant, je suis quitte pour me faire chauffer sur mon réchaud à essence une boîte de haricots, sauce tomate que je trimballe depuis MPIKA. Demain ce sera du poids en moins. Finalement je me fais changer la bouilloire en râlant un peu, ainsi j’aurai facilement de l’eau chaude pour mon petit déjeuner demain matin.

Date du Message :
09 07 2010 18:39:01
Latitude : -16°°-48''-36,7"" - Longitude : 026°°59''36,7""
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MAZABUKA / CHOMA
MARDI 06 JUILLET 2010 164 km CUMUL : 16 749 km
Dénivelé: 625 m

Rebelote ce matin, le petit déjeuner est servi dans la chambre. Et quel petit déjeuner : deux œufs sur le plat, une grosse saucisse de Strasbourg, deux toasts, des corn flakes, du lait et du café, ainsi j’en aurai pour la matinée.

Matinée qui va d’ailleurs se passer en compagnie de cyclistes. Chaque fois qu’ils ont l’occasion de me rattraper, ils ne se gênent pas et prennent ma roue pendant des kilomètres. Parfois, je ne m’en aperçois pas de suite, entendant du bruit, je me retourne croyant que Tornado a un problème, non c’est un cycliste zambien qui a toujours son vélo qui fait un bruit bizarre.

Au départ, je vois à l’horizon une énorme « Barry » (barre de nuage) comme je n’en ai jamais vu. Heureusement je ne vais pas dans sa direction mais il aura tôt fait de me rattraper. Je passerai la journée sous un ciel très couvert.

Je remarque enfin des champs de canne à sucre. Depuis plusieurs jours je vois de nombreuses personnes mâchouiller de la canne à sucre. Il s’en vend souvent au bord de la route. En passant devant une école, à la récréation, tout le monde mâchait son bâton de canne à suce. Pourtant je n’ai jamais vu une seule plantation.

Dans la campagne il y a surtout des champs de maïs déjà récolté d’ailleurs. C’est ce maïs qui sert à faire de la farine et le plat national zambien, le MSHIMA. Il y sur le bord de la route beaucoup de stands de courges. Par contre, en dehors des cultures, c’est toujours le même paysage : herbes hautes et des arbres épars.

En prenant une photo, un cycliste avec des containers jaunes me double. Je le rattrape et après l’avoir pris en photo en roulant, j’essaye de discuter avec lui. Il livre les containers à un village voisin. Son job, c’est faire des livraisons ave son vélo. En Zambie, j’ai l’impression qu’avoir son vélo est très important, il permet de faire pas mal de transports : bois, charbon de bois, farine de maïs, eau et ainsi de gagner sa vie. Son vélo est tout neuf et il en a l’air très fier. C’est pour lui une petite fortune.

J’arrive à MONZE (65 km), je vois une indication PEMBA : 65 km. Je me dis c’est impeccable, je m’arrête à PEMBA et 130 km ce sera une bonne journée.

Je m’arrête pour manger, pique-nique qui sera écourté par le froid, le ciel étant tout couvert. Il devrait me rester une quarantaine de kilomètres pour finir. Au bout de 10 km, je demande en doublant un cycliste si c’est encore loin PEMBA. Il me répond Three km, je luis dis thirty et me répond non three, one, two, three. Effectivement il avait raison et j’arrive à PEMBA au bout de 3 km. De toute manière, il n’y a rien et je décide de rouler encore une vingtaine de kilomètres et à la prochaine guest house, je m’arrête. C’est ainsi qu’à 17 h 15, au bout de 164 km je me pointe à CHOMA.

Le premier hôtel est le bon, très sympa et pas trop cher. Il est à deux pas d’un Supermarché « SPAR » ce qui me surprend : c’est la première enseigne de marque européenne que je vois à l’est. Heureusement il est encore ouvert car pour demain, je n’ai plus grand-chose et il vaut mieux être prévoyant.

Dans le prix de l’hôtel, le breakfast est inclus au restaurant contigu. Je vais pour y souper et je commande saucisse frites. Je consomme deux bières mais au bout de h 30, je perds patience, je paye mes deux bières et retourne à l’hôtel. En Afrique, je suis habitué à la lenteur du service dans les restaurants mais là c’est le comble. La serveuse vient me relancer dans ma chambre ½ h après pour le repas, pas pour autre chose mais je reste sur ma position. Autre floue, le breakfast est compris dans le prix de la chambre. A l’hôtel on m’indique 7 h 10 et au restaurant 6 h. On verra bien demain.


Date du Message :
09 07 2010 18:34:14
Latitude : -15°°-51''-28,7"" - Longitude : 027°°45''42,5""
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LUSAKA / MAZABUKA
LUNDI 05 JUILLET 2010 130 km CUMUL : 16 585 km
Dénivelé: 675 m

Comme d’habitude pour ma journée de repos je ne fais pas grand-chose. LUSAKA est une ville moderne et je suis dans un quartier où il n’y a que des buildings, dans tous les sens. J’ai traversé les quartiers pauvres samedi à vélo et je peux vous dire qu’il y a un écart énorme entre les gens qui vivent dans ces quartiers différents. C’est valable pour LUSAKA mais aussi pour toutes les capitales africaines.

J’ai par contre fait une chose importante ce dimanche de repos. En réparant la chambre à air que j’avais changé il y a quelques jours, je me suis aperçu qu’il y avait effectivement un tout petit trou mais à un endroit d’usure dû au pneu abimé à l’intérieur. Je m’en étais bien rendu-compte mais je ne pensais pas aux conséquences aussi importantes. Du coup, j’ai remis le pneu arrière que j’avais changé à DIAMOU au Mali, voilà une bonne chose de faite.

Ce matin, petit déjeuner exceptionnel à l’hôtel et à 6 h en plus. Je démarre à 6 h 30 le ventre plein, je suis paré pour la matinée. Bien que je sois « Centre City », je suis rapidement sorti de LUSAKA. Finalement la traversée de LUSAKA ce sera passée pour le mieux. Dans de meilleures conditions que les autres capitales. Je suis pendant quelques kilomètres dans une zone industrielle et très vite à la campagne. Au premier village, je découvre une usine de ciment « LAFARGE », ainsi les français sont aussi présents en Zambie.

Je retrouve les grandes exploitations agricoles que j’avais laissé de l’autre côté de la ville. Je quitte enfin cette plaine et me retrouve entouré de collines. Il est peut-être difficile de pédaler au milieu de ces collines mais je m’y sens mieux et le paysage est plus varié.

Le coin est assez peuplé et aussi plus animé. Je retrouve avec plaisir les petits stands au bord de la route qui avaient disparus avec les grandes fermes. D’habitude, j’avais droit à la mono culture, c’était le manioc, les tomates ou les oranges, etc…. Dans ce coin ça m’a l’air plus diversifié. Les stands du bord de route proposent, du manioc bien sûr, des pommes de terre, des choux, des courges, des oignons, des pastèques et des bananes. Je roule maintenant autour de 1 100 m et c’en est peut-être la raison. Je retrouve d’ailleurs mon copain le baobab. Les manguiers sont en boutons, encore un peu plus au sud et je vais peut-être remanger des mangues.

Ce matin, je suis parti sans vent mais à partir de 9 h, il se remet à souffler et je le prends en pleine face. J’ai peur que ce soit mon sort jusqu’au CAP. Aujourd’hui, je ne le subi pas trop longtemps, peut-être 10 km car peu après KAFU, je change de direction, je bifurque en direction de l’ouest et je prends le vent de travers ou ¾ arrière, ce qui est plus agréable.

En face, une grosse série de collines me barre la route et j’ai droit à une grosse montée pour traverser ces collines. Je me retrouve à 1 300 m sur un immense plateau et les grosses exploitations agricoles reprennent.

Il est temps de m’arrêter pour manger et un fois de plus, ce sera compliqué. Je trouve un endroit parfait pour pique-niquer. Au menu, j’ai pu trouver hier des filets de harengs, cela me change des sardines habituelles. Par contre, je suis à l’ombre et en plein vent. C’est encore le froid qui écourtera mon repas et pourtant, je ne suis qu’à 1 110 m.

La suite sera relativement facile, sur une route légèrement vallonnée et à 15 h 30, je suis rendu à MAZABUKA après 130 km, une bonne journée quoi, d’autant que mon hébergement, un Lodge sera très sympa.

Aujourd’hui, la route était tout de même en moins bon état que précédemment, un revêtement à gros grains et la piste cyclable réduite à sa portion congrue (40 cm). Il me fallait être très prudent.

Autre fait particulier à la Zambie, je remarque régulièrement les taxi-brousses, fourgons ou 4 X 4 avec une remorque pour les bagages, plutôt qu’être entassés sur le toit. J’ai d’ailleurs même vu une remorque transformée en corbillard tirée par un 4 X 4. C’est étrange car c’est le premier pays où je vois ça. Par contre, je vois très peu de bus mais beaucoup de camions bondés de passagers. Ils doivent y avoir très froids d’ailleurs.

J’arrive à MAZABUKA et trouve un Lodge « MUKO LODGE » tout ce qu’il y a de plus sympathique que je recommande. Pas de salle de restaurant, le repas sera servi dans la chambre. J’aurai droit à un succulent repas et me meilleur Nshima (farine de maïs) de Zambie.

En traversant la ville j’avais repéré deux supermarchés et décide de faire mes courses. Malheureusement il est 17 h et ils sont fermés tous les deux. Heureusement j’ai de la marge pour demain et comme il ne fait pas chaud, je consomme très peu d’eau.

Date du Message :
08 07 2010 16:53:41
Latitude : -11°° -23’'-43,4"" - Longitude : 031°°44’'55,5’’"
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154 KM MPIKA/62 KM MPIKA 1600m
SAMEDI 26 JUIN 2010 92 km CUMUL : 15 718 km
Dénivelé: 540 m

Je me réveille en pleine forme à 5 h après une grosse nuit, il fait 14° sous la tente, pas terrible. Je vois mon café et mange mes biscuits à la frontale et dès qu’il fait jour je range mes affaires.

Heureusement que hier soir, j’ai monté le double-toit de la tente. Il est tout trempé de rosée, je le range sur le porte-bagage arrière et je m’arrêterai en route pour le sécher.

Est-ce que cette humidité régnante et dormir sous la tente en plein bush est encore de mon âge ? Je vous rassure, je plaisante car je me régale. Du moment que j’ai de l’eau et de quoi manger, que demander de plus.

Il me reste 154 km pour atteindre MPIKA, vu le vent, le relief et l’état de la route je n’y arriverai pas ce soir, aussi rebelote, camping sauvage à la fin de la journée. Le but sera de me rapprocher au maximum de MPIKA afin d’avoir une petite journée demain.

Je n’ai pas grand-chose à raconter de ma journée car elle est copie conforme à celle d’hier. Absence de villages, forêt dévastée et longues lignes droites. J’en ai constaté une au compteur de 10 kilomètres.

Autre élément depuis la Zambie, la circulation s’est nettement ralentie. Je ne constate pratiquement plus de bus, les transports en commun sont en camion. Le trafic est essentiellement le fait des camions : produits pétroliers et porte-containers. Ils sont essentiellement de Tanzanie et de marque SCANIA, le bof sera content. DAR ES SALAAM doit être un port très important et desservir toute la Zambie et peut-être le Botswana qui n’ont pas d’accès à la mer.

Depuis mon passage en Zambie, je me sens d’ailleurs beaucoup plus en sécurité sur la route. Les camions ne me frôlent plus et ne me klaxonnent que pour m’encourager.

A midi, je m’arrête au bord de la route pour pique-niquer, je fini la dernière boîte de pâté RICHAUD que Laurence m’avait apportée. Comme je fais sécher la tente, j’en profite pour faire une petite sieste en me servant de la remorque comme dossier. Une semi-remorque s’arrête à 200 mètres plus loin et effectue une marche arrière pour venir à ma hauteur. Que me veut-il ? Me voyant dormir, le chauffeur croyait que j’avais eu un malaise et venait s’en inquiéter. Sympa n’est-il pas ! D’ailleurs comme au Gabon avec les grumiers, les camions me doublent et parfois les mêmes me croisent et j’ai une certaine complicité avec eux. Certains ralentissent également pour me proposer de l’eau fraîche.

Un village avec ses trois maisons et sa petite boutique, je m’arrête pour faire le plein d’eau. Maintenant je suis prêt et à trois heures, je stoppe.

Une grosse montée se profile à l’horizon. Je passe la bosse et je m’arrête. En haut, je vois une petite maison qui semble inhabitée. Derrière la maison, il y a un petit replat qui me semble parfait. En face un chemin mène à une ferme (farm), à pied, je vais tout de même inspecter. Ce sera mon choix car je suis un peu plus en retrait de la route et la maison inhabitée, on ne sait jamais.

J’installe mon deuxième bivouac de suite et je suis comme un coq en pâte. Je mange à 17 h 30, ce soir ce sera aligot et gâteau de semoule : je me soigne n’est-ce pas. Je suis sous la tente à 18 h 30, je pense mettre mon carnet de route à jour mais des gens passent au bord de la route et je préfère tout éteindre pour ne pas attirer l’attention.

Je pense en restant éveillé, je ne vous dirai pas à quoi, jusqu’à ce que le sommeil me gagne. Il sera interrompu à 20 h par un coup de fil de mon neveu Gilles mais c’est un plaisir de lui parler dans cet endroit. Depuis quelques jours, je ne manque pas de sommeil.

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08 07 2010 13:15:10
Latitude : -15°°-25’'-11,6"" - Longitude : 028°°16’'55,4’’"
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KABWE / LUSSAKA
SAMEDI 03 JUILLET 2010 143 km CUMUL : 16 455 km
Dénivelé: 515 m

Ce matin je démarre à 6 h et il fait encore nuit. Si je descends plein sud, je vais tout de même un peu vers l’ouest et le soleil se lève donc un peu plus tard. Il faudra que dorénavant j’en tienne compte. Je ne mets pas la frontale, l’éclairage public me suffit et à la sortie de KABWE le jour pointe.

Je suis maintenant dans la campagne brumeuse et il fait assez froid (12°). Ce matin je n’ai pas mis les chaussettes et j’ai les doigts de pied gelés.

La route est absolument magnifique. C’est un long ruban d’asphalte bordé de chaque côté des pistes cyclables. Par contre, depuis que j’ai repris d’autres routes venant du nord, la circulation est très dense et heureusement que la piste cyclable me protège. Sans cette piste cyclable, je ne sais pas comment je pourrais évoluer sur cette route en toute sécurité.

Cette route est malgré tout assez désagréable car en plus de la circulation, elle est bordée de hautes herbes. Je n’y vois rien et j’ai l’impression d’être prisonnier de cette route. Les échappatoires y sont d’ailleurs assez rares.

Enfin à coups de machettes, des ouvriers coupent cette herbe au bord de la route, me permettant d’y voir un peu plus. C’est en fait une grande plaine avec très peu d’arbres, surtout beaucoup de cultures et de grandes propriétés. Les immenses champs de maïs, de blé, de cotons ou de caféiers se succèdent. Nul doute que les OGN sont assez présents car dans les champs il y a beaucoup de pub sur les fournisseurs de graines. Autre fait caractéristique et navrant pour moi, tous ces champs sont entourés de clôtures électriques. Tout à l’air très moderne avec des arroseurs comme on en voit en France. Depuis mon départ et hormis le Maroc, c’est la première fois que je vois une culture aussi intensive.

Je passe devant un village qui fait bizarre dans cet environnement. C’est un immense village de cases classiques comme j’en ai rarement vu en Afrique. Que fait ce village au milieu de cette modernité ? Ce sont certainement les habitations des ouvriers agricoles payés à coup de lance-pierres. A ce propos, les lance-pierres ont refait leur apparition dans les mains des gens. Je n’en avais plus vus depuis l’ouest.

Ces exploitations me remémorent un article que j’avais d’ailleurs passé à certains. Certains pays, entre autres, la Chine, la Corée du Sud et la Russie ont acheté des milliers d’hectares de terres dans certains pays d’Afrique (Tanzanie, Madagascar) pour y cultiver des cultures vivrières destinées à LEURS POPULATIONS LOCALES. Est-ce le cas en Zambie ? C’est en tout cas à méditer !!

Jusqu’à présent le vent m’avait laissé tranquille. Ce que je redoutais arrive, il commence à souffler très fort. Comme j’ai pris une orientation plein sud, je l’ai maintenant de face. Je suis obligé de forcer malgré la platitude (à ne pas confondre avec la bravitude) de la route.

Midi approche, je commence vraiment à fatiguer et je décide de pique-niquer pour me reposer un bon moment. Il me faudra presqu’une heure pour trouver un coin, d’autant que le bord de la route n’est maintenant que brulis. Le temps est assez couvert, juste quelques rares rayons de soleil me réchauffent. Le froid va m’obliger à écourter mon repos.

Il me reste encore une cinquantaine de kilomètres que je prévois très pénible. Le relief commençant à s’accentuer et le vent continuant, j’ai vraiment une fin d’étape galère.

J’arrive enfin à LUSSAKA qui est une immense métropole. J’avance, j’avance en essayant de trouver un hôtel centre-ville mais la ville est très longue. Enfin, centre-ville, j’entre dans le premier hôtel que je trouve car j’en ai vraiment marre. C’est un hôtel un peu luxueux mais tant pis, je voulais rester 3 nuits à LUSSAKA, je n’y resterai que deux, le temps de mettre mon site à jour.


Date du Message :
08 07 2010 13:09:42
Latitude : -14°°-26’'-30,1"" - Longitude : 028°°27’'02,4’’"
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X 60 KM DE KAPIRI / KABWE
VENDREDI 02 JUILLET 2010 131 km CUMUL : 16 312 km
Dénivelé: 500 m

Debout à 4 h 30 et à 6 h 10, je suis sur la route. Si je n’ai pas de surprise avec le relief, je pense être à KABWE ce soir et LUSAKA demain.

La région semble un peu moins sauvage et plus habitée. Il y a déjà des gens le long de la route et les ouvriers agricoles qui vont dans les fermes. Je retrouve les immenses propriétés de la veille. A qui appartiennent-elles ? Comment sont-elles gérées ? Je n’ai pas la réponse. Cela semble donner du travail aux gens de la région mais pour quel salaire et pour qui sont les profits ?

Au bord de la route des sacs de manioc sont en attente d’un transport. La toute entière emmitouflée dans leurs habits essaye de se réchauffer autour d’un feu de bois. Ils sont là depuis combien de temps à attendre le transporteur ? C’est toute l’Afrique, ces gens qui attendent des heures au bord de la route.

Depuis mon entrée en Zambie, je vois bien quelques « CHURCH » indiquées mais ce qui domine et que je vois le plus souvent, ce sont ces grands panneaux en ciment « KINGDOM HALLE OFF JEHOVAH’S WITENES SES ». Il semblerait que les Témoins de Jéhovah ont une pénétration importante en Zambie.

Depuis MPIKA je pédale le long de la voie ferrée et régulièrement, normal, il y a des gares. Elles ne sont jamais situées dans une ville ou un village mais toujours à la campagne. Je les remarque facilement car je retrouve à chaque fois les mêmes maisons logeant certainement les employés.

C’est assez marrant l’Afrique car chaque coin à sa spécialité. Maintenant, au bord de la route, les gens vendent du miel et ils sont nombreux. Pourquoi dans ce coin plutôt qu’un autre ? Car la végétation est la même que précédemment.

Pour une fois, j’ai un petit coin sympa pour pique-niquer. C’est l’entrée d’une ferme aménagée avec des morceaux de bois pour y vendre je ne sais quoi. Comme il n’y a personne, je profite du lieu et je prends mon temps pour casser la croute.

A la fin de mon repas, je suis prêt à repartir, je vois arriver sur la route quatre cyclistes (3 garçons et une fille) à vélo avec sacoches et l’un avec une remorque. Ce sont 4 cyclistes polonais qui commémorent la traversée de l’Afrique par un grand voyageur polonais, avant-gardiste Casimir NOWAK. Il avait traversé l’Afrique entre 1931 et 1936, il fallait le faire à l’époque. Apparemment un groupe différent refait une partie de cette traversée. Mes 4 polonais font la partie zambienne. L’un d’eux parle parfaitement le français et il m’a été très agréable et intéressant de discuter avec eux. Ils m’ont fait un petit cadeau, une carte postale de Casimir NOWAK dédicacée et un protège-tête.

Je vous donne le site qui est en version anglais également : www.kasimirnovak.pl . Je vais d’ailleurs demander à Stéphane de faire un lien. Pour une rencontre, c’est une rencontre. Ce sont quand même les premiers randonneurs que je retrouve depuis que je suis à l’est.

La suite de la journée sera très cool, une quarantaine de kilomètres très plats pour me mener à l’objectif du jour : KABWE. Comme toutes les villes zambiennes, elle s’étend en longueur et au bout de 7/8 km, je trouve une guest house très confortable et sympa.

J'ai quand même fait, dans des conditions assez faciles, mes 131 km et à ce rythme, je serai bientôt au CAP. Mais gare car l’Afrique réserve toujours ses surprises.

Date du Message :
08 07 2010 13:04:33
Latitude : -13°°-43’'-20,3"" - Longitude : 029°°09’'24,4’’"
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SERENJE / X 60 KM DE KAPIRI
JEUDI 01 JUILLET 2010 147 km CUMUL : 16 181 km
Dénivelé: 850 m

Je démarre ce matin dans de bonnes conditions. En premier lieu, excellent petit déjeuner dans ma chambre. J’ai pu acheter hier du lait et du beurre, je déjeune ainsi comme chez moi. Il a l’air de faire un peu moins froid (15°) et surtout le vent s’est calmé.

Je remonte tranquillement les 3 kilomètres descendus la veille et je reprends la route nationale. Elle est en excellent état avec une bande de roulement pour les cyclistes, ce qui est sécurisant.

J’attaque de suite ma forêt habituelle. Au bord de la route, il y a de magnifiques stands de manioc me prouvant que c’est bien la culture principale du coin.

Le vent s’est calmé vous disais-je, et bien ce n’est plus le cas. Il souffle bizarrement, la plupart du temps, je l’ai de travers mais parfois de ¾ face ou dans le dos et souvent par rafales. Le ciel va rester couvert toute la matinée et j’ai même peur qu’il pleuve, ce qui avec ce froid ne serait pas agréable.

Après un long plat descendant, j’ai droit à une vingtaine de kilomètres de plat montant qui sont assez pénible et je remonte même à 1 500 m après être descendu à 1 200.

Je suis maintenant autour de 1 300 mètres d’altitude et maintenant les stands de tomates remplacent ceux de manioc. Par contre le charbon de bois est toujours bien présent.

Pour une fois, je trouve le coin pique-nique assez facilement, pas terrible certes mais je suis relativement tranquille. Le soleil est maintenant de la partie et la route légèrement vallonnée est des plus agréables.

J’arrive à MKUSHI BOMA où j’avais prévu de m’arrêter. Le village n’a pas l’air bien agréable et il y a bien un Lodge mais à 6 km de la nationale et en montée. Ca ne me dit rien qui vaille et je décide de continuer.

D’après « Le Petit Futé », il y a un hébergement qui fait camping à une trentaine de bornes. Si je ne trouve pas ce « camp site », ce n’est as grave car j’ai de l’eau et des vivres, je ferai du camping sauvage.

La forêt se fait plus rare et fait place à d’immenses champs de blé et fait étonnant, c’est tout à l’arrosage. Il y a l’air d’avoir d’immenses fermes dans le secteur. D’ailleurs depuis mon entrée en Zambie, je vois souvent le mot « farm ». Il faut savoir que la Zambie est l’ancienne Rhodésie du Nord et le Zimbabwe la Rhodésie du Sud. Les blancs exploitaient d’immenses propriétés. Ces propriétés ont souvent été réquisitionnées par l’état et redistribuées. Ces « farm » viennent peut-être de là.

« Le Petit Futé » ne m’a pas déçu car finalement j’arrive justement à une de ces fermes que le propriétaire a transformé en lieu d’accueil : bungalows et camping. Je suis de nouveau en pleine forêt, d’ailleurs le lieu s’appelle « Forest Inn ». Le camping est absolument magnifique, les toilettes très propres et tout en état de marche avec eau chaude. J’installe ma tente et Tornado sous une paillote. Ce sera parfait pour y passer la nuit et je serai à l’abri de l’humidité.

Une petite surprise, j’ai légèrement percé de la roue avant. Effectivement, j’avais toute la journée une impression bizarre d’instabilité du vélo. Je décide quand même de changer la chambre à air. Le trou ne doit pas être bien gros et en regonflant, je pourrai arriver à LUSAKA mais il vaut mieux que je sois prudent.

« FOREST INN » faisant restaurant, je n’aurai même pas à me faire la popote, quelle aubaine !

Date du Message :
08 07 2010 12:58:45
Latitude : -13° °-14’'-20,6"" - Longitude : 030°°14’'04,7’’"
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KANONA / SERENJE
MERCREDI 30 JUIN 2010 66 km CUMUL : 16 034 km
Dénivelé: 240 m

La fatigue aidant, la nuit fut excellente. Je n’avais pas mis le réveil car je ne pense pas avoir une grosse journée aujourd’hui. Malgré tout, par habitude, mes yeux sont ouverts à 5 h.

Constat désagréable, hier soir j’avais mal fermé ma bouteille d’eau et elle s’est répandue sur le tapis de sol, mon maillot de vélo et un peu le matelas. J’éponge tout, il n’y a pas trop de mal mais la journée commence bien.

Je déjeune à la frontale qui commence à donner des signes de fatigue, normal, et je commence à charger la remorque. Le monsieur de la veille arrive et il me semble beaucoup plus calme. La veille, il avait dû boire pas mal de bières. Il me souhaite bon voyage et s’en va.

A 6 h 20, je démarre, la température doit être inférieure à 10°, pour ce que je pense une soixantaine de kilomètres. Effectivement guère après je vois une des rares bornes (la veille je n’en ai vue aucune), elle indique SERENJE 54,5 km. Le problème, c’est que quelques kilomètres plus loin la borne indique 24,5 km. Je n’y comprends plus rien mais comme je suis en Afrique, il ne faut pas que je cherche à comprendre.

Une route en bon état, peu vallonnée et traversant toujours la forêt ou ce qu’il en reste me mène sans problème à l’embranchement de SERENJE.

Il y a bien 60 km, 63 exactement comme je l’avais prévu. Il y a trois kilomètres de descente pour aller à SERENJE que je vais devoir remonter demain matin.

SERENJE, comme toutes les villes depuis mon entrée en Zambie sont toutes situées à l’écart de la route nationale. C’est assez bizarre et certainement pas trop pratique pour les habitants qui ne sont pas trop motorisés.

Je trouve facilement un hôtel assez luxueux mais je pense le mériter après les dernières nuits que je viens de passer.

Date du Message :
08 07 2010 12:51:56
Latitude : -13°°-04’'-20,6"" - Longitude : 030°°37’'46,5’’"
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MPIKA / KANONA
MARDI 29 JUIN 2010 185 km CUMUL : 15 968 km
Dénivelé: 850 m

De MPIKA à SERENJE il y a 250 km et en fonction du relief, il me faut deux ou trois jours. J’ai fait mes courses pour passer au moins deux nuits dans le bush. Je démarre donc à 6 h pétante, la remorque bien chargée car en plus j’y ajoute 8 litres d’eau.

Dans la nuit, le vent a encore soufflé, moins que la nuit dernière et heureusement car hier il a fait un vent terrible en tornade toute la journée. Il fait encore froid mais tant mieux, je ne souffrirai pas de la chaleur une fois de plus.

A la sortie de MPIKA et pendant une bonne dizaine de kilomètres, c’est le manège habituel des villes africaines. Je croise à pied ou à vélo les gens qui vont travailler, faire le marché ou les jeunes qui vont à l’école. Les gamins sont dans leurs habits d’écoliers et les plus grands, ce qui est assez marrant portent tous la chemise blanche et la cravate. Je trouve toujours assez bizarre de voir ces jeunes sortir de leur case ainsi fringué.

La journée se passe sans anecdote particulière, dans le même genre de paysage que les jours précédents avec peut-être un peu plus de forêt. Heureusement dans cet environnement assez monotone, et je remercie énormément Laurence et ma filleule Marine, j’ai maintenant un walkman et je pédale en écoutant Brassens, Brel ou les Beatles. Je traverse un peu plus de village que la veille et la région a l’air un peu moins sauvage mais il faut le dire vite.

La route est très agréable, assez vallonnée mais jamais de grosses bosses. Je progresse assez vite (16 km/h). Il est maintenant 15 h 30, j’ai effectué 130 km, il me faut donc trouver le coin bivouac.

Je me dis que si je roulais jusqu’à KANONA, encore une quinzaine de bornes, je raccourcirais l’étape de demain et quelque soit le relief, je serai mercredi à SERENGE.

J’arrive ainsi à l’embranchement supposé sur la carte de KANONA. Je me renseigne si c’est bien à droite et on me signale que c’est un peu plus loin et qu’il y a bien une guest house. Qui me dit 10 km, qui me dit 3 km ! Qu’importe, il est 4 h 30, j’y serai à 5 h et si il y a une guest house, ce n’est pas un problème.

Au bout d’une douzaine de km, je me renseigne encore et on me dit encore 8 kilomètres. Ca commence à bien faire ! Je m’arrête un peu plus loin et on me dit encore 2/3 km mais qu’il n’y a pas de guest house. Alors là, ça se complique car la nuit commence à tomber. Je demande à la dame très gentille, si je peux planter la tente pour dormir. Elle me répond qu’il n’y a aucun problème et me prête même une chaise. Je m’installe dans un local pas trop sale et je serai ainsi à l’abri de l’humidité. Comme je suis en train de monter la tente, adultes et enfants se pointent et me regarde comme un oiseau rare, que je suis. J’ai beau essayer et par gestes et par les rares mots d’anglais que je connais, que j’aimerais être un peu tranquille mais rien n’y fait. Ils restent plantés à me regarder, sans même chercher à communiquer. Je m’énerve, je prends mes cliques et mes claques. Je remballe tout et me casse.

Au bout de trois kilomètres, dans la nuit bien bien tombante, il y a effectivement un hameau. Je m’arrête et je suis de suite assailli par les gamins. Je repars et m’arrête 200 m plus loin. Une dame me fait signe d’aller voir son mari (ici le femme ne décide rien), de nouveau les gamins arrivent et je repars une fois de plus.

Maintenant il fait nuit, je m’arrête dans une maison, essaye bien d’expliquer que je veux juste monter la tente mais il me semble que la dame a peur et m’envoie à la maison d’à côté. Le gars d’à côté ne semble pas avoir envie que je reste là et me dit qu’à KANONA à 10 km, il y a une guest house.

Je mets la frontale et me voilà dans la nuit noir, non pas faire 10 km mais au moins 20. Au point où j’en suis, je n’ai pas d’autre choix que d’avancer car il m’est impossible de trouver un coin pour monter la tente. Je ne suis pas trop rassuré et quand je vois les lumières d’un camion, je me mets dans le sens opposé à sa circulation. Je suis en plein bush, un animal peut traverser la route.

Au loin, je vois scintiller des lumières. Déception, ce n’est pas KANONA mais un feu de brousse et je passe près des flammes et à travers la fumée.

Je distingue enfin des lumières, c’est KANONA mais je ne vois pas de guest house. Un couple en train de traverser, je leur demande s’il n’y a pas de guest house. Ouf ! Le monsieur me répond oui mais je l’ai loupé. Il m’accompagne jusqu’au bord du chemin et me dit c’est la maison blanche au fond à gauche. J’y vais en poussant le vélo et après le passage de deux chiens me montant les dents (le propriétaire ne banche pas), j’arrive bien à la maison blanche. C’est effectivement une guest house mais il n’y a pas de lumière et elle est abandonnée.

Tant pis, j’ouvre la porte, heureusement pas fermée à clé et je tombe sur la réception, une pièce de deux mètres de large sur 2,5 mètres. Cette minuscule salle me semble propre, sans bestioles, je décide donc d’y passer la nuit. Je serai au sec et cela m’évitera de monter la tente.

L’histoire ne s’arrête pas là ! Je m’installe donc, tapis de sol, matelas, duvet, de quoi manger, tout pour passer une nuit parfaite. Tout d’un coup j’entends deux femmes qui discutent (je vous passe les visiteurs à qui il a fallu que j’explique ma présence). Je vais derrière l’auberge d’où viennent les voix et deux femmes semblent s’installer dans une pièce. J’essaye bien de leur expliquer mais apparemment elles ne s’occupent pas trop de moi mais l’une d’elle saisi son téléphone. Je retourne donc dans ma chambre et cinq minutes plus tard arrive un monsieur, certainement le propriétaire qui semble passablement excité. Il arrive à se calmer, je luis explique le pourquoi du comment. Il me fait visiter la guest house et la chambre où il dort. Ce n’est peut-être pas le propriétaire mais un squatter. Il me fait comprendre qu’il n’y a aucun problème, que je peux dormir ici. Ouf !

Je mange car je vous garanti que j’ai faim et je passe une excellente nuit.

Avant de me coucher j’ai quand même regardé le compteur de Tornado, il affiche 185 km. C’est ma plus grosse journée de vélo depuis mon départ, avec quand même 850 m de dénivelé, du vent le plus souvent de travers mais parfois de ¾ face. Je ne veux pas fanfaronner mais je suis content de moi.

Date du Message :
08 07 2010 12:40:47
Latitude : -11°°-50’'-17,0"" - Longitude : 031°°26’'47,3’’"
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62 KM MPIKA / MPIKA
DIMANCHE 27 JUIN 2010 65 km CUMUL : 15 783 km
Dénivelé: 485 m

Le réveil est identique à celui de la veille sauf que je suis à 1 600 m d’altitude et le thermomètre indique 12°.

Pour la quatrième journée consécutive, je vais évoluer dans le même type de paysage, soit 400 km sans voir une ville et même un gros bourg. ISOKA est à 5 km de la nationale et CHINSALI à 14 km.

Quand je regarde la carte, j’ai l’impression que le même type de paysage m’attend jusqu’à LUSAKA. La Zambie semble être un immense plateau d’altitude et comme l’hiver s’annonce, j’ai droit au froid. Ce qui en somme n’est pas plus mal pour pédaler dans la journée.

Après une grande descente pour arriver à 1 300 m et une remontée à 1 400 m, j’arrive à MPIKA. MPIKA est une drôle de ville, très étendue et me donne l’impression d’un gros village. Pourtant ici, j’ai toutes les commodités de la ville : banque, distributeur de billets, commerces, restaurants, hôtels. Contrairement à ce qu’indique le guide « Le Petit Futé », je trouve un hôtel « Mélodies Lodge » très confortable et pas trop cher qui me donne entière satisfaction. Je décide d’y passer deux nuits.

Bien qu’ici il n’y ait pas de cyber, je dois tout de même mettre à jour mon carnet de route. Quand je bivouaque, je n’ai que le temps d’installer le campement et de manger. Ecrire allongé sous la tente et à la frontale, ce n’est pas des plus commodes.

J’en profite également pour faire laver un peu de linge et bien sûr me reposer. Même si je me sens en super forme, il me faut tout de même faire attention et ne pas trop tirer sur la corde. Demain je vais aussi devoir faire le plein de provisions car je pense avoir encore droit à dormir dans le bush.

Durant ces quatre jours, j’ai certainement traversé la région la plus pauvre de la Zambie. J’ai le sentiment d’avoir vu beaucoup de misère. Je dis bien sentiment car c’est avec mes yeux d’européen. Les gamins sont souvent en haillons avec un semblant de pull où il y a plus de trous que de laine. Sur la route on me réclame souvent de quoi manger et le froid ne doit pas les arranger.

Autre constant depuis que je suis à l’est, si les femmes sont souvent habillées d’une façon traditionnelle, les hommes sont tous habillés à l’européenne.

Date du Message :
05 07 2010 13:23:56
Latitude : -10°°-42’'-16,1"" - Longitude : 032°°05’'11,8’’"
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ISOKA /? 154 KM MPIKA (1415m)
VENDREDI 25 JUIN 2010 116 km CUMUL : 15 626 km
Dénivelé: 785 m

J’avais négocié le breakfast à 6 h et bien sûr à 6 h, tout est fermé. Je démarre ainsi sans déjeuner et je n’aime pas ça.

J’attaque par un plat montant, ainsi malgré les 14°, je n’ai pas trop froid. Autour de moi quelques cultures puisque je ne suis pas loin d’ISOKA et des habitions isolées. A propos de cultures, si selon l’altitude, je retrouve le bananier, je remarque beaucoup de manioc comme à l’ouest. C’est certainement la latitude qui veut ça.
Une montée un peu plus raide et je me retrouve sur un plateau à 1 700 m, je redescends à 1 400 m sur un autre plateau. La route ne sera qu’une succession de plateaux, toujours très vallonnés.

Ma progression est aussi assez lente, d’autant que la route se dégrade. Après un bitume bien lisse, j’ai maintenant de gros grain, secouant le bonhomme et son attelage. De plus en plus souvent sur la route se forment d’énormes nids de poule, je devrais même dire des baignoires d’éléphants. Cela dérange beaucoup plus les camions qui zigzaguent et passent au ralenti. Moi, avec mon vélo, j’arrive souvent à me faufiler et la remorque suit bien. A propos de cette remorque, je dois un fois de plus féliciter Christian TOUZE le concepteur pour l’excellence de son matériel. Sur ces routes très vallonnées, j’ai fait des pointes à 70 km/h sans que rien ne bouge, je ne ralentissais que par prudence.

Depuis hier, le vent souffle très fort du sud-est. Je l’ai souvent de travers mais parfois de ¾ face gênant aussi ma progression. Je dois être assez en forme car malgré le relief et le vent, je ne souffre pas trop physiquement. J’en ai peut-être pris l’habitude ou simplement mon parti car vu l’orientation de mon parcours, je risque de traverser la Zambie dans ces conditions.

Les cultures et habitations terminées, je suis dans une forêt que j’appelle forêt sinistrée. C’est assez impressionnant de voir se détruire ainsi la forêt. Les arbres sont coupés à un mètre du sol et repoussent ainsi comme les oliviers chez nous. Il n’y a absolument aucune gestion forestière. A l’ouest, quelques ONG essayent bien de régler ce problème avec souvent des résultats médiocres, surtout au Niger où il est trop tard.

Régulièrement, je vois des charbonnières fumer et au bord de la route des sacs de charbon de bois. C’est le principal combustible des gens pour cuire les aliments et chauffer l’eau, mais surtout la principale ressource des habitants du coin. Je ne peux me permettre de les critiquer de détruire ainsi leur forêt, si ce n’est de leur trouver une autre solution de subsistance. Y en a-t-il une ?

Il y a bien des villages annoncés sur la carte mais je n’ai jamais le sentiment d’en traverser un. D’abord aucune indication, puis je vois bien quelques maisons regroupées, le signalement d’une école à quelques kilomètres, quelques estancots souvent fermés et un peu de monde au bord de la route. De vrais villages, points. Les maisons sont disséminées tout au long de la route en retrait d’au moins 100 mères et un petit sentier y menant que seul un vélo peut emprunter.

Cela a pour effet de me donner l’impression d’évoluer dans une zone désertique quoique peuplée. Ce n’est pas trop marrant et même un peu stressant. Où vais-je dormir ce soir ?

Je n’aurai donc pas d’autre solution que de bivouaquer mais avant il me faut trouver de l’eau. Enfin une petite boutique ouverte et j’en profite pour faire trois courses mais il n’y a pas d’eau minérale. Heureusement j’ai gardé deux bouteilles vides que je fais remplir d’eau et j’y ajoute deux comprimés de micropur. Quoiqu’il arrive, j’aurai un peu d’eau.

Je traverse enfin un village un peu plus grand mais je ne vois pas grand-chose d’ouvert. De toute manière, tous les gamins du village me courent après et même certains adultes. J’ai envie de tranquillité et surtout la barrière de la langue est handicapante, aussi je file.

A la sortie de ce village, je remarque une des ces pyramides servant à stocker les briques en construction. Je m’arrête et toute ma théorie est fausse. Il ne s’agit pas de stocker les briques mais simplement d’un four pour cuire les briques, les âtres en témoignent. Une fois les briques cuites, les âtres sont bouchés et ensuite les briques restent là un moment. Vous pourrez le constater sur la photo.

J’attaque une dernière montée et me donne comme limite pour bivouaques : 4 h 30

Le problème, chaque fois que je vois un sentier, il mène à une maison. A un endroit, pensant voir des maisons abandonnées, je m’arrête et de suite deux personnes arrivent. Je continue donc et vers 5 H, je remarque un sentier me semblant abandonné. Je m’y arrête est c’est le bon car il ne mène nulle part et me permet de me mettre à l’écart de la route. Je pourrai ainsi passer la nuit sans être vu.

J’installe mon campement, le coin est parfait, je suis en plein bush et c’est pour moi une excellente expérience. Je me suis arrêté un peu trop tard et dès 6 h, il fait nuit, je vais devoir manger à la frontale.

Heureusement au fond de la remorque j’ai quelques plats lyophilisés que je garde depuis le départ. Ce soir, ce sera tartiflette savoyarde et mousse au chocolat. Croyez-moi si vous voulez mais je me suis régalé. Etonnant car mes dernières expériences de ce genre (Aconcagua), je trouvais cela dégueulasse. Il est vrai que depuis mon départ j’ai toujours un gros appétit.

A 7 h, je suis allongé dans la tente en évitant de trop allumer la frontale. Je passe une excellente nuit, sans aucune crainte et sans aucun bruit d’animaux, même pas d’oiseaux, ce qui m’étonne énormément.

Date du Message :
05 07 2010 13:14:37
Latitude : -10°°-09’'-23,7"" - Longitude : 032°°40’'05,9’’"
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NAKONDE / ISOKA
jeudi 24 JUIN 2010 119 km CUMUL : 15 510 km
Dénivelé: 525 m

La surprise du jour, c’est que j’avais commandé le petit déjeuner pour 6 h et c’était parfait pour moi. Ce que je ne savais pas, c’est que l’heure zambienne ne correspond pas à l’heure tanzanienne. Je me suis donc levé à 5 h, chargé la remorque quand le veilleur de nuit m’annonce qu’il est 4 h et je n’avais plus qu’à me recoucher.

Ce n’est pas trop dans mes habitudes mais je n’avais pas le choix, on m’a servi le petit déjeuner dans ma chambre. Pour un peu, je déjeunais au lit.

Je suis encore à 1 700 m et j’ai eu le tord de ne pas trop me couvrir, je me suis caillé les 10 premiers kilomètres. J’attaque par un long plat descendant pour revenir à l’altitude de 1200/1300 m. Je resterai toute la journée à cette altitude sur un immense plateau vallonné.

La journée est assez monotone avec un paysage pas terrible du tout. La déforestation a une fois de plus fait son effet. J’évolue dans un paysage de maigres cultures et de forêts, je ne sais pas si on peut appeler ça forêt car l’arbre principal, le teck atteint à peine 2 à 3 mètres. En Afrique de l’ouest, on appelait ce type de paysage la brousse, ici c’est le bush.

Toujours est-il que je n’ai pas passé une journée extraordinaire mais on ne peut pas se régaler toujours. Mon plus gros problème sera l’arrêt de midi. La région est relativement peuplée mais avec un habitat très dispersé. De partout, il y a ¾ maisons, par ci par là. Pour m’arrêter ce fut assez compliqué pour trouver un coin à l’ombre et isolé.

Je trouve un coin ombragé. Je m’arrête discrètement, m’installe pour pique-niquer et en profiter pour me reposer. Malheureusement une femme me voit et deux minutes après une dizaine de paires d’yeux me dévisagent juste à côté. Je n’ai pas d’autre solution que de tout remballer et du coup, je pique-nique debout et au soleil.

Tout ça est très désagréable et je le supporte de moins en moins. Le gens vous dévisagent à cinq mètres et sont capables de rester une heure à vous regarder. D’ailleurs, chaque fois que je m’arrête, je sens des yeux au loin qui me regardent.

J’arrive enfin à l’embranchement d’ISOKA qui bien sûr se trouve à l’écart de la nationale. A l’embranchement, il y a bien une guest house mais je préfère aller au village, quatre à cinq kilomètres d’une douce montée et d’une bonne descente.

Quand je parle d’un village du bout du monde depuis mon départ, j’ai l’impression que ça va crescendo. La route goudronnée s’arrête là et le village n’est que poussière. Ce village où tout le monde me regarde comme un zombi me fait une impression bizarre mais j’y suis, j’y reste.

Je trouve une guest house tout ce qu’il y a de plus pourri mais je ne vais pas faire la fine bouche. Je demande le prix, on m’annonce 40 000 KWACHA (6,30 €). Ce n’est rien mais vu l’état, il se fout de ma gueule. Voyant que je fais signe de partir, il baisse le prix à 25 000. Pour ceux qui me connaissent, j’ai horreur de marchander, il a voulu m’arnaquer et tant pis pour lui, je retourne à l’embranchement.

La jeune fille très gentille m’annonce un prix de 25 000 pour un confort similaire et j’ai de l’eau chaude en plus, pas en douche mais dans un seau. Un gros inconvénient, il n’y a pas d’électricité, je me coucherai donc à la frontale et ça aussi j’en ai maintenant l’habitude.

Il fait nuit à 6 h et les soirées sont longues d’autant que je n’ai pas l’électricité dans la chambre. Je mangerai une saucisse genre Strasbourg avec des frites à la frontale. A côté, des jeunes jouent au billard comme souvent dans les villages. Ils s’éclairent avec une lampe branchée sur une batterie.

Les cars qui desservent ISOKA s’arrêtent ici, ensuite les gens font les cinq kilomètres à pied ou en taxi selon qu’ils ont de l’argent ou non. Je me régale de regarder le spectacle des cars qui arrivent et repartent. J’ai souvent vu cette animation mais dans un bus et non comme simple spectateur. On charge et on décharge de tout dans ces cars. Il y a une certaine solidarité. Les personnes seules sont régulièrement aidées par les autres, il faut faire vite car le chauffeur s’impatiente rapidement.

Le spectacle le plus touchant et celui des femmes qui se précipitent sur les cars ou tout ce qui arrive pour leur vendre, ou des bananes ou des arachides grillées. Elles doivent bien être une cinquantaine autour des cars et d’autres assises au bord de la route pour préparer les paquets de bananes.

Quand je suis arrivé à l’embranchement la première fois, j’ai été assailli pareillement mais comme je n’étais pas intéressé, j’ai décliné. J’ai juste demande un renseignement et file à ISOKA. Au retour, je recherche la dame qui m’avait renseigné pour lui acheter des bananes. Me voyant intéressé, elles me tombent toutes dessus. Je retrouve la dame en question, lui achète des bananes et des arachides. Si vous l’aviez vue contente et fière devant ses copines.

Date du Message :
05 07 2010 13:07:49
Latitude : -09°°-19’'-31,9"" - Longitude : 032°° 45’'35,8’’"
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TUNDUMA / NAKONDE
MERCREDI 23 JUIN 2010 3 km CUMUL : 15 391 km
Dénivelé: 0 m
Aujourd’hui, évènement, c’est la plus courte étape de mon voyage. A cela, une explication que je vais vous narrer.

Le petit déjeuner était prévu à 7 h, le chef n’arrivant qu’à 8 h, le breakfast sera servi à 8 h. Tant pis, je ne déjeunerai pas mais une fois arrivé au poste frontière, fermé, il n’ouvre qu’à 8 h. Je retourne donc à l’hôtel pour déjeuner.

Comme toutes les frontières que j’ai passé à l’est, tout se passe et facilement et rapidement. Pendant que j’effectue les formalités du visa, Tornado est entouré d’une nuée de curieux et sur la photo, on ne le voit même pas.

J’entre donc en Zambie, je change ma monnaie Tanzanienne en KWACHA ZAMBIEN ; Comme chaque fois que je change de pays et j’en suis à mon 17ème, il me faut toujours un certain temps d’adaptation pour prendre mes marques. La première ville est à 118 kilomètres, il est 10 h 30, aussi je décide de rester à NALONDE.

Je trouve une Lodge superbe mais un peu chère : « Zwangendaba Exécutive Lodge ». Ce sera parfait pour passer la journée et m’habituer à la vie zambienne. Nouveau numéro de téléphone, nouvelle monnaie et nouvelle alimentation, il faut bien que je m’y fasse.



Date du Message :
05 07 2010 13:03:26
Latitude : -09°°-18’'-42,7"" - Longitude : 032°°45’'53,5’’"
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MBEYA / TUNDUMA
MARDI 22 JUIN 2010 105 km CUMUL : 15 388 km
Dénivelé: 1 240 m
Ce matin il fait encore frais puisque le thermomètre de ma montre indique 16°. Une fois n’est pas coutume, je démarre à pied car l’hôtel est au fond d’une impasse. Il est 7 h et c’est déjà l’effervescence. Tout le monde est à pied d’œuvre et la circulation bat son plein. S’il est un constat que j’ai pu faire dans toute l’Afrique : les gens sont matinaux.

Une fois la route nationale récupérée, une longue descente m’attend, suivi d’un plat descendant pendant plus de 20 km me faisant passer de l’altitude de 1 700 m à 1 200 m. MBEYA n’en finit pas car j’ai du monde pendant près de 15 km. Je suis sur un grand plateau où les cultures de maïs et de tournesol alternent. Je retrouve des manguiers mais ils sont petits. Est-ce l’altitude ou est-ce une implantation récente.

En face une chaine montagneuse me barre l’horizon. Je vais certainement récupérer les 500 m d’altitude de perdus. Effectivement j’attaque par une belle montée pour finir sur un plateau et chaque fois ce sera une succession de plateaux très vallonnés. Moi qui croyais avoir une journée tranquille, je suis encore servi.

Par contre, les villages s’espacent et les cultures aussi. Il ne semble pas régner l’abondance dans cette région. Quelques personnes me réclament de la « Money » au passage. Je ne l’avais pas trop vu jusqu’alors en Tanzanie.

Je vois encore des choses qui me paraissent inadmissibles pour mes yeux d’occidental. Un gamin très jeune, haut comme trois pommes pousse un vélo très lourdement chargé, la photo en témoignera. Dans une côte que j’ai du mal à gravir, une jeune dame avec des habits tout déchirés monte la côte à pied en poussant également son vélo très lourdement chargé d’herbe. Elle a l’air de souffrir et son visage me semble exprimer toute la misère du monde. Cela m’attriste, me gène terriblement et me fait penser à la fable de LA FONTAINE, le pauvre bûcheron : « Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde, en est-il un plus pauvre en la machine ronde ».

Depuis plusieurs jours, j’ai remarqué des petites pyramides dont il manquerait le chapeau faites de briques fabriquées sur place. Etait-ce des monuments ? J’ai enfin l’explication. Il s’agit de stocks de briques. Les briques à l’extérieur sujettes aux intempéries protègent celles de l’intérieur. Beaucoup de maisons sont d’ailleurs montées avec ces briques.

Enfin TUNDUMA se pointe à l’horizon et il me faudra gravir encore une belle bosse pour y arriver. Quelques tanzaniens veulent me larguer dans la montée au prix d’efforts trop importants pour eux et du matériel dont ils disposent. Cette fois, comme je suis en forme, je joue le jeu et je les largues irrésistiblement malgré les poids que je trimballe. Mais que la montée fut dure.

TUNDUMA est vraiment la ville frontière par excellence, une ville grouillante, plein de camions et des rabatteurs de toute sorte. Entre les gens qui veulent me trouver un hôtel, m’aider à passer la frontière ou me changer de l’argent, je suis happé de toute part et je finis par m’énerver.

J’entre rapidement dans le premier hôtel : SILVER STONE qui est assez sympa. Le soir l’émission « Allo la planète » échouera. Quand ANNEKA a appelé l’hôtel, la réceptionniste dormait et sur mon portable, la communication fut très mauvaise. Ce sera certainement la dernière car à la reprise à la fin de l’été, j’espère bien être en France où Laurence et mon chien Pyrrhus m’attendent impatiemment, du moins je le pense.

J’en ai maintenant fini avec la Tanzanie et la Zambie, mon 17ème pays est à deux tours de pédales.

Avant de quitter ce pays, j’ai oublié de vous parler de l’eau domestique. Il semblerait qu’il n’y ait pas de système d’adduction d’eau dans tout le pays. A DAR ES SALAAM, la plus grande ville du pays, l’eau est dans des citernes de 3000 litres sur les toits des maisons et même des hôtels. Tout au long de ma traversée, les gens charrient l’eau dans des seaux en plastique. Je croisais ou doublais énormément de vélos avec leurs bidons souvent jaunes qui distribuaient l’eau aux particuliers. C’est tout de même assez étonnant dans ce pays qui me parait plus développé que certains de l’Afrique de l’ouest.

Date du Message :
01 07 2010 09:22:49
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Nouvelles de ZAMBIE
Des nouvelles de Zambie par Laurence
Depuis le 20 juin à MBEYA à la frontière de la Zambie, 750 km, toujours pas de cyber café… !
En consultant la carte Michelin (Afrique Centre et Sud) je ne suis pas étonnée, la route est rouge certes, mais rien autour, quelques villages et beaucoup de kilomètres entre eux !!
Donc pour Gérard, bivouacs en contrebas de la route et campements de fortune. Dans les villages quand il demande aux habitants les distances pour atteindre le prochain, les réponses sont des plus floues… entre la difficulté de la langue et sans doute nos perceptions des choses, le flou s’épaissit. C’est normal !
Hier il a mis la gomme, 185 km, il a fini à la lampe frontale « je cherchais à atteindre le prochain village me dit-il… ». C’est pas très sérieux car les phares en Afrique sont plus que faibles.
Il semble décidé à avancer vraiment ! alors !!
Cet après-midi il est à SERINGE, un SMS « Bière et Cyber café ». Ah ah ah !! Bière ok, mais dans le cyber, s’il y a beaucoup d’ordinateurs, il n’y a pas d’internet…
Il ne nous oublie pas et complète son carnet de route. Avec sa grande barbe assis en train d’écrire, il doit effectivement intriguer les villageois.
Bises à vous tous, nous sommes, je crois, sur la belle voie…
Laurence
PS : il reste 3700 km, qu’on se le dise !

Date du Message :
22 06 2010 09:16:18
Latitude : -08°°-53’'-46,6’" - Longitude : 033°°26’'36,5""
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IGAWA / MBEYA
DIMANCHE 20 JUIN 2010 126 km CUMUL : 15 283 km
Dénivelé: 1 300 m

J’ai une fois de plus dormi comme un loir. La nuit a été calme, hormis le vent qui a soufflé toute la nuit. Je crains le pire pour aujourd’hui. Qu’importe, j’ai prévu d’être à MEYA pour lundi, 120 kilomètres en deux étapes, pas de problèmes (hakuna matata). Sur SKYPE, j’ai eu Anneka, la collaboratrice d’Eric Lange et normalement, elle m’appelle lundi soir pour une dernière émission de « Allo la planète ». Je tiens donc d’être à MBEYA afin d’avoir une bonne connexion téléphonique car depuis MIKUMI, ce n’est pas évident, montagne oblige.

Dans la chambre, il fait 25°, rien à voir avec les 17 de la veille et comme par miracle, plus de vent. Depuis DAR ES SALAAM, je roule en direction de l’ouest, sud-ouest. Maintenant, il ne fait jour qu’à 7 h moins le quart contre 6 h 15 à DAR. Il me faut en tenir compte car j’aime partir au lever du jour.

La route est en excellent état, légèrement vallonnée, il fait soleil et pas de vent. J’avance donc rapidement et il est très agréable de pédaler dans ces conditions, d’autant que je me sens en pleine forme. Le vélo est ainsi, certains jours tu n’avances pas et d’autres tu te sens des ailes.

La végétation change et je retrouve mon copain le baobab, mon alter égo comme dirait Brassens. Vous ne pouvez pas imaginer comme je suis content de retrouver le baobab et l’acacia. J’ai tellement eu froid en montagne. Pour moi le baobab représente vraiment l’Afrique et je le trouve magnifique avec sa silhouette si particulière. J’ai parfois l’impression que ses branches ressemblant à de multiples bras vont se mettre à bouger comme on le voit dans certains contes de fées et les forêts mystérieuses.

Hier au bord de la route, c’était des pommes de terre que l’on vendait. C’est assez étonnant car ce n’est pas trop un légume africain mais c’est le terroir qui veut ça. Et bien aujourd’hui, je suis dans une région de céréale et au bord de la route, je vois des sacs de céréales qui semblent être du blé mais un peu différent de chez nous. Les vélos sont tous lourdement chargés de sacs de blé que les convoyeurs apportent au village. En traversant les villages, je vois ce grain stocké et séché dans des espèces de coopératives. Même si aujourd’hui c’est dimanche, tout le monde est à pied d’œuvre.

Je roule ainsi allègrement pendant pratiquement 80 kilomètres à une moyenne de 18 km/h en ayant gardé pratiquement la même altitude. JE ME REGALE. Cela ne va pas durer car en face, une chaine de montagne se dessine à l’horizon et il va bien falloir la franchir.

C’est à peine midi, il ne me reste qu’une quarantaine de kilomètres et même si je sais qu’ils vont êtres difficiles, j’ai largement le temps d’arriver à MBEYA. La pause casse-croute se fera en haut du col après l’effort.

J’attaque une première bosse de deux kilomètres à 10 % suivie d’une longue descente et je me trouve au pied d’un mur. Je ne suis pas inquiet outre mesure car je le répète, j’ai le temps et je me sens en super forme.

Je franchis allègrement les cinq premiers kilomètres à plus de 10 %, 500 mètres de dénivelé, un demi Ventoux ou un demi col Agnel côté italien pour ceux qui connaissent (hein Pierrot ou Jojo). Le dur passé, j’ai encore cinq kilomètres de grimpée assez raide et je me retrouve sur un plateau dans un village à près de 2 000 mètres. Je ne veux pas rouler les mécaniques mais je suis étonné de la performance que je viens de réaliser. Au retour, je me languis de faire du vélo de route en montagne. Je pense que je vais m’étonner. Certainement pas en vélocité car je pédale tout en force mais en bosse, je pense me régaler. Gérard, arrête de divaguer, tu es encore en Afrique et tu n’as pas fini ton voyage.

Comme je vous l’ai dit, j’arrive dans un village et comme ici, l’habitat est dispersé et les villages trainent en longueur, pour manger ce n’est pas l’idéal. Tant pis, je m’arrête dans un endroit que je crois discret et je m’installe. Erreur, de suite des gamins arrivent, se plantent devant moi et me regardent simplement. J’essaye de les chasser mais en vain. Je mets ma main dans la poche de mon maillot de vélo pour prendre mon appareil à photos et là, ils s’enfuient comme une volée de moineaux. Je sors ce qui me reste du saucisson de Jojo et je casse la croute avec les deux tranches de pain de mie qu’il me reste .

Arrive un gars avec des biftons à la main, il me baragouine en swahili et en anglais. Il me parle de « biscuite » et je n’ai jamais su s’il voulait m’en acheter ou que je lui donne. Je lui fais comprendre dans mon anglais qui progresse que je veux juste qu’il me laisse tranquille. Il n’insiste pas et s’en va. Arrive une dame de forte corpulence et me fait signe qu’elle veut à manger. Vu sa taille, elle ne doit pas mourir de faim et j’essaye en vain de lui expliquer que je ne peux nourrir toute la Tanzanie et je fini par la faire partir. Cela m’est très dur d’agir ainsi mais je n’ai pas le choix sinon, je me fais bouffer.

Malgré tout je finis mon repas en me sentant épié de toute part. En face de moi, deux gamins en haillons gardent un troupeau de zébus et ne me quittent pas des yeux. Je craque et je me lève avec un paquet de biscuits à la main pour leur donner. Si vous les aviez vus partir en courant de peur ! Ici, c’est ainsi j’attire les gamins mais dès que je m’arrête, ils partent en courant. Je remballe mes affaires et démarre avec mon paquet de biscuits à la main. Je traverse la route ave mon vélo et je leur jette. A cette instant, me voyant redémarrer, ils accourent pour récupérer le paquet en criant de joie. Cette anecdote est simpliste mais elle me laisse un arrière goût de tristesse quand je pense à notre vie d’abondance en Europe. Gérard, ne te laisse pas influencer, il te faut continuer.

Le site n’est qu’une longue descente pour MBEYA avec beaucoup de circulation. Je traverse toute la ville sans rien trouver d’intéressant car je cherche un hôtel avec internet. En fait, je suis obligé de faire demi-tour, le centre ville se trouve une fois de plus à l’écart de la route. Je trouve mon bonheur qu’au quatrième hôtel. L’un d’eux ne me recevait que si je prenais une chambre double. C’était un indou que je ne devais pas intéresser avec mon vélo et ma barbe.

Finalement j’atterri au « MOUNT LIWINGSTONE HOTEL », c’est un signe. L’hôtel est immense mais complètement vide, on doit être deux clients pour une vingtaine de salariés, peut-être plus. C’est l’Afrique !

Pour l’anecdote, je suis encore à 1 700 m d’altitude et dans ma chambre, il fait à peine 20 °.

Comme ici j’ai internet, demain j’y consacre ma journée car j’ai des réflexions (rire) de certains d’entre vous si je ne mets pas mon site à jour rapidement. Il faut savoir que depuis que je suis à l’est, internet est assez compliqué.

Date du Message :
22 06 2010 09:03:48
Latitude : -08°°-46’'-03,9"" - Longitude : 034°°22’'35,4’’"
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NYORORO / IGAWA
SAMEDI 19 JUIN 2010 104 km cumul : 15 157 km
Dénivelé : 530 m

Croyez-moi si vous voulez mais couché à 7 h 30, c’est la sonnerie de téléphone qui me réveille à 5 h 30. Depuis mon départ, je trouve que je dors beaucoup et bien, c’est tant mieux pour la récupération.

Je mets en route le petit déjeuner dans ma chambre quand l’électricité est coupée. J’ai l’habitude, je déjeunerai et rangerai mes affaires à la frontale.

Je sors pour tester le temps. Il bruine toujours et le vent est encore plus fort. Dans la chambre, il fait 17°. Aussi je m’habille en conséquence : un sweat et le goretex. J’hésite à mettre les collants mais je verrai en route. Il ne fait vraiment pas chaud avec cette pluie et ce vent à 2 000 mètres d’altitude, d’autant que j’attaque en légère descente.

La forêt d’eucalyptus a maintenant disparue, je suis dans une espèce de savane avec des cultures aux abords des habitations. Le coin est plus peuplé que la veille, avec un habitat très dispersé. Je ne suis pratiquement jamais seul contrairement à la veille.

Est-ce le froid ou la fatigue de la veille mais je ne me sens pas en forme, les jambes sont lourdes. Je décide donc de raccourcir l’étape et m’arrêter où j’avais prévu si j’avais dormi à SAO HILL.

J’arrive assez fatigué à MAKUMBAKO après 48 km de route très vallonnée. Il est 10 h 30, le temps s’est dégagé et je n’ai pas trop envie de m’arrêter. Je continue donc ma route et bien m’en prend car le soleil brille et la route descend.

Sans donc me fatiguer, j’avance assez vite et à midi, je m’arrête pour casser la croute et faire une bonne pause. Pause qui sera malgré tout car comme le coin est habité, on me regarde manger, de loin certes mais je me sens épié. Ce pique-nique se fera à l’ombre d’un étrange arbre, que l’on appelle je crois, l’arbre à saucissons et effectivement, des fruits ressemblant étrangement à des saucissons pendant dans cet arbre.

Maintenant, il fait très chaud, quel contraste ! Je croise des gamins avec de drôles de trottinettes en bois avec un bâton au milieu servant de frein. Certains gamins s’en servent même pour charrier du charbon de bois : pas de transport à vide. En Afrique les gamins s’amusent encore avec des jouets les plus simples de fabrication locale. Ici il n’est pas question de Game Boys ou autre objet sophistiqué. Un pneu, une roue de vélo, trainer des voitures ou camions en tôle de récupération (ce n’est pas toujours pour les touristes) leurs suffit largement. Pour les grands c’est pareil car j’en ai souvent vu jouer aux dames avec des capsules de bière comme pions.

J’ai assez roulé et je m’approche de MBEYA (120 km), je décide donc de m’arrêter au premier bled avec une guest house. Ce sera IGAWA à 1 200 mètres d’altitude. La guest house du jour sera encore plus simple que la veille. Ma chambre, un lit et une moustiquaire, les toilettes sont dans le couloir et l’eau pour me laver d’une couleur plus que douteuse mais qu’importe, je suis aguerri, je me laverai quand même. Le prix sera en conséquence 3 000 shillings (1,6 €).

La guest house fait également bar-vidéo, ce doit être la mode. J’ai donc droit à la musique à fond mais je commence à avoir l’habitude. Je vais faire un tour dans le village mais je n’y fais pas grand-chose car dans cette Tanzanie profonde, la communication est très difficile. Le swahili un point c’est tout et moi qui ne parle pas anglais, j’arrive paradoxalement à communiquer en anglais.

En tentant de faire mes courses, je dis bien tenter car les magasins ne sont pas trop achalandés, je trouve du pain de mie. Je me dis « chique pour mon petit déjeuner demain matin, ce sera parfait » mais il est tout moisi.

Le repas sera encore constitué d’une omelette de frites. Avec tous les œufs que je mange en ce moment, je ne sais pas si je ne vais pas faire une crise de cholestérol (hein Pierrot !). J’ai souvent droit à mon omelette le matin et mon omelette-frites le soir depuis que j’ai quitté DAR ES SALAAM. Je me coucherai une fois de plus de bonne heure car il n’y a pas grand-chose d’autre à faire et le pire, c’est que je dors.

Date du Message :
22 06 2010 08:56:45
Latitude : -08°°-30’'-33,0"" - Longitude : 035°°03’'14,6’’"
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IRINGA / NYORORO
VENDREDI 18 JUIN 2010 117 km cumul : 15 053 km
Dénivelé : 1 270 m

J’ai passé ma journée de repos à IRINGA pratiquement dans un cyber que j’ai eu du mal à trouver. IRINGA est une ville assez grande (160 000 habitants) mais assez bizarre. Elle est à l’écart de la grande route sur un promontoire. On y accède par 2/3 kilomètres de montée très raide et se trouve à 1 600 mètres d’altitude. C’est un mélange de buildings et de cabanes aux toits de tôles. On se demande ce que fait cette ville en ce lieu.

Le départ n’est pas engageant car il fait froid et le ciel est couvert. Il souffle un fort vent que j’aurai de travers toute la journée.

La première partie est relativement plate sur un plateau à 1 500 mètres et le paysage n’est pas bien terrible, la savane et quelques champs de maïs. Entre le vent, le ciel couvert et le froid, je ne me régale pas trop. J’ai l’impression d’avancer pour avancer.

Le ciel se couvre de plus en plus et la route monte régulièrement. Le paysage commence à changer et les bananiers font place aux eucalyptus.

J’évolue maintenant sur un plateau à 1 800 mètres et les eucalyptus sont de plus en plus nombreux, tellement nombreux que ce n’est qu’une immense forêt d’eucalyptus donnant un paysage inattendu ici en Tanzanie. Il fait de plus en plus froid et il commence à bruiner.
Je ne devrais pas tarder à arriver à SAO HILL, l’étape prévue pour ce soir. Je vois bien SAO HILL écrit sur des panneaux. Les plantations d’eucalyptus couvrent maintenant tout le plateau. J’ai froid et je languis d’arriver. Mon compteur annonce 100 kilomètres et je n’ai toujours pas vu SAO HILL. Je m’arrête au bord de la route pour me renseigner et on m’indique que SAO HILL est derrière moi. J’ai loupé cette ville qui comme IRINGA doit être à l’écart de la route. J’ai bien vu des panneaux mais ils me faisaient rentrer dans la forêt au milieu des plantations d’eucalyptus destinés à la pate à papier.

Je continue malgré tout ma route dans l’espoir de voir un village mais depuis ce matin, j’évolue dans un coin particulièrement désertique.

J’ai froid et c’est maintenant une pluie fine qui tombe. Il est tard (4 h 30) et il faut bien que je m’arrête un jour. J’ai de l’eau et de quoi manger, je décide donc de rouler encore un quart d’heure. Si je ne trouve rien, je m’enfonce dans la forêt et je plante la tente.
Je découvre maintenant à côté des eucalyptus des plantations de sapins. C’est assez étrange de découvrir ces arbres en Tanzanie à 8° de latitude sud et même si je suis à 1 900 mètres.

Je double des ouvriers sortant des plantations, un village ne doit pas être loin, l’espoir renait. Effectivement après donc 117 km, j’arrive à NYORORO, un village du bout du monde comme j’en ai beaucoup découvert depuis mon départ.

Je trouve un petit hôtel, tout ce qu’il y a de plus modeste, ce sera mieux que dans la tente sous le froid et la pluie. Ma chambre ressemble comme souvent à une cellule de prison mais je suis content d’être ici, d’autant que l’hôtel fait aussi restaurant.

Mon premier souci, ma toilette et je me lave comme souvent avec un seau d’eau, ici très froide. Je suis presque à 2 000 mètres d’altitude et croyais-moi, l’eau est très froide. Une fois bien lavé, rincé et séché on m’apporte un seau d’eau chaude. Quelle surprise ! Malheureusement c’est trop tard et je vais pas me laver une deuxième fois.

Comme à midi, j’ai sauté le repas, je mange de bonne heure et à 7 h 30, je suis dans mon lit. J’ai très froid aux pieds et c’est le seul moyen de me réchauffer, surtout que j’ai droit à deux couvertures.

Je suis très fatigué car non seulement l’étape faisait 117 kilomètres mais aussi presque 1 300 mètres de dénivelé et le tout dans le froid et la pluie.

Date du Message :
17 06 2010 18:13:23
Latitude : -07°° -46’'-55,1"" - Longitude : 035°°41’'40,1""
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ILULA / IRINGA
MERCREDI 16 JUIN 2010 50 km cumul : 14 936 km
Dénivelé : 470 m

Après avoir déjeuné dans ma chambre, je repars très content car l’étape sera courte, une quarantaine de kilomètres et le dénivelé pratiquement effectué.

Je suis donc toujours sur ce plateau vallonné où je prends de l’altitude progressivement. Le paysage n’est plus du tout le même que la veille et maintenant, ce ne sont plus les oignons que l’on cultive mais les tomates que je vois partout au bord de la route.

Je traverse quelques villages et les « jambo ou manbo » fusent. Parfois on me dit « abari » (comment ça va), je réponds « nzuri, asente sana » (bien merci beaucoup). Si je reste dans le coin, je vais faire plus de progrès en swahili qu’en anglais.

Après la traversée d’un pont où les camions attendent de chaque côté, j’arrive à ce que crois être IRINGA mais après ¾ km de zone industrielle, je me retrouve en pleine campagne. En fait, j’ai loupé l’embranchement d’IRINGA. Louper une ville de 160 000 habitants, il faut le faire. Je reviens sur mes pas et la dernière surprise de la journée m’attend. Les camions attendent car la route d’IRINGA est en plein travaux et la circulation est alternée sur plusieurs kilomètres de montée très raide. Comme c’est le dernier effort d’une courte journée, je le fais volontiers pour enfin arriver à IRRINGA à 1 600 m d’altitude et il est à peine 10 H 30.

Le premier hôtel est le bon, très confortable et pas cher du tout. Seul problème, on me demande de laisser Tornado et la remorque sur le trottoir, no problème me dit-on. Comme je refuse et menace de partir, on m’installe Tornado dans le hall d’accueil, il sera bien au chaud.

Je vais profiter d’un jour de repos après six jours de reprise et surtout mettre à jour mon carnet de route.

Date du Message :
17 06 2010 18:07:41
Latitude : -07°° -41’'-22,8"" - Longitude : 036°°01’'48,10’"
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MBUYUNI / ILULA
MARDI 15 JUIN 2010 80 km cumul : 14 886 km
Dénivelé : 1 120 m

Après un petit déjeuner extraordinaire, j’aurai même droit à une crique ardéchoise aux patates et aux oignons, je pars avec mon panier repas pour le midi.

La route, super plate et toujours avec mes baobabs et mes singes, me mène tranquillement au village où je pensais m’arrêter mais je ne regrette pas mon arrêt au « Crocodile Camp ».

Le décor change et les travaux ont l’air de s’activer, j’appréhende !! Les travaux sont différents de ce que j’ai connu jusqu’à présent. La circulation est alternée pendant 5 à 6 km sur une voie. Ce qui fait qu’à vélo je passe toujours mais par contre, je mange beaucoup de poussière et je fais un peu de piste quand les véhicules passent. Rien à voir avec ce que j’avais connu précédemment.

Les travaux sont finis et je me retrouve sur une route superbe. Les baobabs se font plus rares et les singes également. Je retrouve ces espèces de pie que j’avais quittées avec les singes. Ce sont de grands oiseaux noirs et blancs, plus gros que les corbeaux avec un énorme bec et charognards comme eux.

Il fait très chaud, c’est midi, je cherche un coin pour manger et comme d’habitude c’est compliqué.

La route commence à s’élever méchamment et je comprends vite que ça va durer par la topographie du coin. Effectivement je ne serai pas déçu. En 10 km, je vais prendre pratiquement 1 000 m de dénivelé. C’est une montée abominable dans la chaleur et au milieu des camions et bus qui ne montent guère plus vite que moi. Je souffre mais je décide de finir la bosse avant de manger. Je dois être un peu fada, en tout cas maso car il n’est pas question que je monte à pied et je ne m’arrêterai qu’une fois la côte terminée. Ma seule crainte est qu’une fois en haut ça redescende de plus belle, j’aurai monté pour rien.

Non, cette montée aboutit à un immense plateau et au premier village, je m’arrête épuisé pour manger dans une espèce de bar. Je m’enfile trois coca et mange mon bœuf carotte que l’on m’a donné ce matin. Ayant l’intention de dormir dans la nature, je commande également deux grandes bouteilles d’eau. Au moment de l’addition, problème car le gars n’a pas l’air de savoir compter et ne parle pas un mot d’anglais mais tout s’arrangera. Je suis vraiment dans la Tanzanie profonde et je suis regardé comme un véritable extra-terrestre.

J’arrive finalement à ILULA qui s’étend tout en longueur pour trouver une guest house et je décide de m’y arrêter. C’est un endroit assez étrange qui fait bar, hôtel, vidéo et la musique y résonne à tue tête, sauf pendant le match que je regarde par hasard : Côte d’Ivoire/Espagne gagné contre toute attente par la Côte d’Ivoire.

Comme ça ne me dit rien de manger dans ce restau, je mange un morceau de saucisson dans ma chambre au calme. Avant de me coucher, je vais faire un tour dans le village mais je suis à 1 300 m d’altitude et le froid me fait rentrer pour me coucher dans ma chambre bien rustique une fois de plus.


Date du Message :
17 06 2010 18:01:46
Latitude : -07°° -29’'-52,3"" - Longitude : 036° °34’'42,7’’"
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MIKUMI / MBUYUNI
LUNDI 14 JUIN 2010 64 km cumul : 14 806 km
Dénivelé : 595 m

Ce matin, j’ai un peu mal aux cuisses, les 120 km de la veille sont encore dans les jambes. Je suis toujours vers 500 m d’altitude et IRINGA est à plus de 1 600 m et distant de 190 km. J’avais prévu de le faire en deux jours mais je décide de raccourcir les étapes et aujourd’hui, je ferai ce que je peux sans me mettre dans le rouge.

A propos de rouge, je m’y mets de suite car je l’avais déjà repéré avec Laurence, au sortir de MIKUMI, une grosse bosse m’attend, 3 km à 10 % et plus et je me retrouve vite à 800 m. Je passe la première et double les autochtones qui montent à pied. Certains un peu vexés me rattrapent dans les portions ensuite vallonnées mais calent dès que ça remonte.

De suite le paysage change, je suis dans une zone de montagne. Le coin est absolument splendide, un habitat dispersé, du maïs ou des bananiers au fond des vallées et des papayes près des maisons. D’ailleurs au bord de la route, ce n’est que vendeur de papayes. Le relief est un peu difficile mais que c’est beau.

Ensuite, la vallée s’élargit, je longe une grosse rivière couleur terre et la plaine n’est que champs d’oignons, bien sûr au bord de la route, des vendeurs d’oignons.

Je vois un panneau annonçant la réfection de la route financée par le Danemark. Je crains le pire car chaque fois que j’ai eu des travaux, j’ai eu droit à la piste.

La chaussée se détériore et des travaux de terrassements sont effectués de chaque côté. Le paysage change de nouveau, je remonte la rivière et la route devient très vallonnée.

Je côtois des colonies de singes en nombre impressionnant comme je n’en ai pas encore vu. Autant au bord de la route, ils sont habitués aux passages des véhicules à moteur, autant ils ne doivent pas avoir l’habitude des vélos. Ils se méfient beaucoup de moi et si je m’arrête pour la photo, ils disparaissent aussitôt dans les arbres.

La végétation change également radicalement, maintenant, ce sont carrément des forêts de baobabs et de magnifiques acacias parasols avec quelques cactus géants. Je croyais avoir tout vu sur les baobabs, au Sénégal en particulier mais sur cette route désertique, c’est impressionnant. Entre les baobabs et les singes, c’est assez extraordinaire. La Tanzanie est décidément un beau pays et surtout très varié.

Par contre c’est le désert complet et j’attends impatiemment un village pour m’y arrêter. Je vois un premier camping « Campsite de la vallée des baobabs » qui est bien sûr closed. Le suivant « Crocodile Camp » est ouvert, aussi je décide de monter la tente ce soir. L’endroit est sublime, au bord d’une rivière où alternent baobabs et acacias, et des singes qui traversent le camping de temps à autre. Ce camping est parfaitement équipé et je suis très étonné de trouver ce genre de prestation dans ce lieu. Sanitaire en bon état et propre, un bar et un restaurant et un accueil très sympathique.

Je vais pouvoir me reposer et me promener dans le coin. La soirée sera un peu plus agitée car un gamin fête son anniversaire avec ses camarades. Quelques mamans sont là pour surveillez et les gamins, peut-être privilégiés jouent et dansent comme les petits chez nous.

Je me couche dans ma tente moustiquaire sous une voute étoilée magnifique. Je distingue parfaitement la Croix du Sud et à mon grand étonnement, la Grande Ourse, signe que je dois voir l’étoile Polaire et là je n’y comprends plus rien. Si quelqu’un pouvait m’éclairer car je croyais que dans l’hémisphère sud on ne voyait que la Croix du Sud. Je ne distingue pas l’étoile Polaire car elle est noyée au milieu de milliers d’étoiles.

La nuit sera parfaite et je décide de ne pas me lever tôt demain matin car il me reste deux jours pour faire 120 km.

Date du Message :
17 06 2010 10:04:24
Latitude : -07°°-24’'-18,6"" - Longitude : 036° °58’'36,8’’"
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MOROGORO/MIKUMI
DIMANCHE 13 JUIN 2010 122 km cumul : 14 742 km
Dénivelé : 585 m

Une fois n’est pas coutume, je démarre, il fait encore nuit. J’ai une longue étape et je risque de trainer un peu dans le parc national de MIKUMI, si je n’y dors pas. Je traverse MOROGORO en roulant à droite, face au danger, comme le font beaucoup de cyclistes ici.

Le jour se lève rapidement et je ne languis que d’une chose, traverser le Parc National, c’est l’intérêt principal de la journée. Les cultures font place à la forêt et je zieute à droite et à gauche pour voir un éventuel animal, mais en vain.

Je traverse de nombreux villages que je suis étonné de trouver si proche du parc. Le soleil brille et il commence à faire très chaud. Au bout de presque 70 kilomètres, j’entre enfin dans le parc et son lot de ralentisseurs que Tornado n’apprécie pas du tout.

Les 10 premiers kilomètres, je ne vois aucun animal, il est vrai qu’à cet endroit, la forêt est complètement brûlée. Je commence à voir quelques girafes mais un peu loin pour la photo. Les singes semblent relativement absents par rapport à la dernière fois quand je suis passé avec Laurence.

Après une centaine de kilomètres depuis ce matin, j’arrive au poste des rangers qui est l’entrée pour s’enfoncer sans le par cet interdite aux vélos. J’envisageais de planter la tente à cet endroit mais il n’est que 13 h et vu le nombre d’animaux, je décide de faire après avoir mangé les 20 kilomètres qui me sépare de MIKUMI.

Je m’installe sous une paillotte qui fait un peu bar et commence à manger. Arrive toute une famille d’indous qui n’arrêtent pas de me questionner sur mon voyage. Ils sont très sympas et surtout étonnés quand j’annonce mon âge. Finalement je ne mangerai que deux tranches de saucisson car ils n’arrêtent pas de me nourrir avec leurs spécialités. On me proposera même du rhum mais je refuse. Après les séances photos, croyant que j’allais à DAR ES SALAAM, ils me proposent de m’héberger. Ils me quittent pour rentrer dans le par cet j’aurais pu profiter d’une de leurs voitures. Voila encore une rencontre très intéressante malgré la barrière de la langue.

Comme toutes les après-midi, le vent de ¾ face forci et heureusement que je n’ai que 20 kilomètres de plat à effectuer. Le parc est bientôt fini et je suis un peu déçu quand tout d’un coup, trois girafes au galop (je ne sais pas si elles galopent) à moins de dix mètres de Tornado traverse la route. Je suis même obligé de m’arrêter mais je n’ai pas le temps de sortir l’appareil à photos. Dommage car c’est un spectacle superbe et très émouvant. Dès qu’elles ont traversé la route, elles s’arrêtent pour me regarder pensant qu’elles l’ont échappé belle. Cette vision compense largement ma déception.

J’arrive finalement à MIKUMI et je m’installe à l’hôtel IMPALA où nous avions dormis avec Laurence. Je suis donc en pays de connaissance et bien sûr très bien accueilli.

Date du Message :
17 06 2010 09:52:29
Latitude : -06°°-49’'-32,10" - Longitude : 037°°40’'23,7’’"
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CHALINZE/MOROGORO
SAMEDI 12 JUIN 2010 88 km cumul : 14 620 km
Dénivelé : 795 m

Le départ s’effectue dans les mêmes conditions que la dernière fois. Je déjeune dans ma chambre et achète de l’eau fraîche chez un marchand déjà ouvert à 5 h 30. J’ai toujours des problèmes avec le gardien qui me réclame de l’argent alors que mon vélo était bien en sécurité dans une cour fermée. C’est toujours la même chanson, les gardiens sont certainement très mal payés et essayent de compenser avec les blancs. Par principe, je ne donne rien car c’est encourager les patrons a mal les payer. Je démarre dans les conditions que j’affectionne, soit au lever du jour.

La route toujours excellente est vallonnée à souhait et je passe ma journée sur un plateau et des champs de sisal à perte de vue. La chaleur est au rendez-vous mais comme l’étape est courte, je n’arriverai guère après midi et je n’en souffrirai pas trop.

J’arrête pour me ravitailler et au bout de deux minutes, je ne suis plus seul. Un massai veut essayer de discuter avec moi, moitié en swahili et moitié dans son anglais. Vous pensez bien qu’ainsi la conversation est très facile. Je lui demande si je peux le prendre en photo et il acquiesce. Je prends plusieurs photos mais ensuite il me réclame un peu d’argent. Ce n’est pas dans mes habitudes mais je lui donne 1 000 shillings (0,50 €).

J’arrive enfin à MOROGORO, blottie contre des montagnes que je vais devoir affronter dans les jours qui suivent. Je traverse en vain tout MOROGORO pour trouver un hôtel et je reviens sur mes pas car j’en avais repéré un. Mon choix « NEW ACROPOL », un drôle de nom pour un hôtel en Tanzanie. J’y suis très bien reçu et on me prête même un ordi avec internet. J’en profite pour me mettre à jour sur le forum du site.

Après le lunch, une douche, une sieste et je vais faire un tour en ville. J’entends de la musique au loin et je m’y rends par curiosité. C’est en fait un mariage et l’orchestre juché sur une camionnette fait le tour de la ville avec le cortège qui suit.

J’entre dans une école où les murs sont couverts de fresques : le corps humain, l’arithmétique, la géométrie, la conjugaison. Tout y est et cela remplace les planches que l’on accrochait au tableau quand j’étais à l’école primaire. J’ai d’ailleurs pris beaucoup de photos car cela intéressera certains nostalgiques et bien sûr les instituteurs, pardon les professeurs des écoles, qui font partie de mes lecteurs. Je ne sais pas pourquoi mais nous sommes samedi et il y a encore des enfants et un instit, j’en profite donc pour photographier les classes.

Dans la rue, je vois de nombreuses femmes avec ce qui s’appelle, je crois, la burka. La religion musulmane représente 30 % de la population et cela n’a pas l’air de faire débat. Tout le monde vit en parfaite harmonie : musulmans, catholiques, protestants, bouddhistes. Certains français feraient bien de venir faire un petit stage en Tanzanie.

Je rentre à l’hôtel pour le diner et essaye de négocier l’heure du breakfast. Finalement on m’apporte une cafetière, du café, du sucre, du lait et de l’eau chaude dans un thermo dans ma chambre : sympa n’est-ce pas.

Date du Message :
17 06 2010 09:47:48
Latitude : -06°°-38’'-16,6’" - Longitude : 038°°21’'18,6’’"
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DAR ES SALAAM /CHALINZE
VENDREDI 11 JUIN 2010 110 km cumul : 14 532 km
Dénivelé : 685 m

Avant de déjeuner, je charge la remorque et je remarque deux VTT aménagés pour le voyage. Tiens des voyageurs ont dormi ici. Après avoir déjeuné, je rencontre un des propriétaires des vélos. Il s’agit, d’après ce que j’ai compris de deux ressortissants des Emirats d’Arabie Saoudite qui arrivent de CAP TOWN et rentreraient chez eux en passant par les îles. C’est tout de même une rencontre étonnante.

Pour une reprise, la journée se passe sans problème. Je quitte DAR ES SALAAM avec beaucoup de circulation mais c’est le lot de toutes les capitales. A ce sujet DAR ES SALAAM n’est pas la capitale officielle mais c’est tout comme. Officiellement c’est DODOMA mais toutes les ambassades et la plupart des ministères sont à DAR ES SALAAM.

La route, je la connais bien car je l’ai déjà faite à vélo et un aller et retour avec Laurence à l’occasion de notre safari à MIKUMI. Le seul problème que je rencontre, c’est la dangerosité de la route avec tous ces bus et camions sur une route pas trop large. Heureusement sur une bonne partie du trajet, j’ai une bonne partie cyclable. Je confirme quand même que la Tanzanie est le pays le plus dangereux sur la route et je reste très vigilent.

Aujourd’hui, le ciel est bien dégagé et je retrouve la chaleur que j’avais connue à l’ouest. Pour midi je trouve un coin à l’écart de la route et bien ombragé. Ce qui me permet d’apprécier le canon de rouge du Lubéron que Jojo m’a fait passer et une boite de pâté de chez RICHAUD de VALENSOLE mais avec du pain de mie un peu sucré, ce n’est pas bien terrible.

J’arrive enfin à CHALINZE à la « guest house » où j’avais dormi à l’aller. Bien sûr tout le monde me reconnait, c’est assez marrant.

Je ne pensais plus au mondial mais la télé installé sur la terrasse me le rappelle et j’ai donc droit au match d’ouverture : Afrique du Sud / Mexique. Je ne sais si je suivrai correctement cette coupe du monde car je suis bien débranché. Ce sera la première que je ne suivrai pas depuis Suède en 1958. Décidément, après mon boycotte des jeux de PEKIN, j’arrive finalement à me passer des grands évènements sportifs qui deviennent de plus en plus des business.

Date du Message :
15 06 2010 12:54:49
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TANZANIE
Ah quel moment délicieux, cet instant tant attendu, « quand l’avion se pose sur la piste » « des trucs entendus dans des chansons »…et que mon barbu préféré…m’attend dans le hall de l’aéroport. Cette fois, il a même eu un léger temps d’absence en me voyant ! J’avais donc tellement changé ! Non ? malgré tout je l’ai surpris.
DAR ES SALAM comme toute les grandes villes, c’est la fourmilière… sonore, et plus encore lors des coupures d’électricité, lorsque tous les groupes fonctionnent ensemble, plus la conduite à gauche, j’étais dans l’ambiance immédiate. De plus, Gérard tenait des conversations oxfordiennes avec les tanzaniens, trêve de plaisanterie, il se fait comprendre et c’est quand même essentiel…sachant que tout l’Est de l’Afrique parle anglais (aux Blancs
bien entendu).

Nous décidons de faire un safari (Safari en langue swahili : long voyage) donc petit safari pour nous dans le parc de MIKUMI à 300 km de DAR ES SALAM. En compagnie de Peter, notre chauffeur-guide et sa Land Rover de couleur crème telle que vous pouvez l’imaginer.
Presque seuls à visiter, nous sommes comblés, famille d’éléphants, zèbres, gnous, impalas, singes, oiseaux et très nombreuses girafes et girafons… émotion !
Le paysage est digne des reportages animaliers : plat et au lointain montagnes dans une légère brume, ciel d’un bleu éclatant quelques énormes nuages blancs et les mythiques acacias et baobabs ! Bref un régal.

Après une piste de près de 40 km bordés de villages au milieu de bananiers, cocotiers et autres cultures superbes, nous profitons de l’ambiance plus à l’écart de la route principale, activité intense en bord de piste, nombreuses allées et venues des femmes avec leurs charges, enfants se rendant à l’école, taxis brousse bondés, charbonniers, car toute la cuisine est faite avec du charbon de bois.
Nous terminons ce bref séjour par le parc d’UDZUNGWA et sa très belle « Waterfall » chute d’eau magnifique haute de 170 m que nous avons admirée de près puis dans son ensemble après une belle marche, car il n’y a que par les sentiers qu’elle est accessible.
La végétation est luxuriante (lianes et arbres gigantesques) tout autour, et peuplée de très nombreux animaux, du lion, léopard etc jusqu’aux oiseaux et papillons (nous n’avons vu que ces deux derniers, mais tout de même aperçu des singes : colobes rouges et babouins jaunes).

De retour à DAR ES SALAM, après cette cure de silence, direction "Fishs Market" quelle joie pour moi, je pourrais y passer deux ou trois jours sans me lasser.
L’endroit grouille de monde, l’odeur nous guide un peu. C’est une grande halle ouverte face à l’océan, à droite des banques en ciment, avec autour seulement des hommes et du gros poisson, poissons brillants presque réfléchissants, bref de toutes les couleurs et de toutes les formes, langoustes, gros crabes, crevettes, certainement lieu de la vente en gros.
A l’avant des écailleurs, assis en tailleur, leurs gestes sont très surs et très rapides.
A gauche, d’autres immenses tables, avec autour plusieurs dizaines de femmes, toutes en couleurs, assises sur des seaux en plastique ou debout. Elles sont très nombreuses sans doute une trentaine par table.
Face à elles plusieurs hommes (sans doute des mareyeurs ou tout simplement des pêcheurs) qui présentent une dizaine de poissons à la fois ou 2 poignées de crevettes etc.
Un homme annonce le prix de base, puis les femmes surenchérissent, je ne les entends pas parler. Un regard, un petit geste, puis l’homme répète plusieurs fois le supposé prix atteint et passe les poissons à la femme, par-dessus la large table. Aussitôt elle froisse un billet en boule et l’envoie habilement en direction du marchand. Il y a parfois plusieurs lots et plusieurs vols de billets en même temps, au dessus de la table. C’est très rapide.
Elles passent la matinée entière. Elles sont magnifiques. Nous prenons quelques photos très discrètement.
Nous nous approchons des pêcheurs, il y a de larges barques (boutres) à voile triangulaire (un air de jonque) très belles, en bois de palétuviers. C’est un mélange d’influence indienne, arabe portugaise : superbe !
Puis, nous apercevons la halle « cuisine » longues tables et grosses marmites fumantes, beaucoup de travailleurs du marché aux poissons. D’un large sourire, on nous invite à nous asseoir, nous dégustons 2 petits poissons brillants dans une sauce tomate et légumes, accompagnés d’une semoule de manioc, un bol de haricots et quelques salades et oignons cuits comme des épinards.
Sans fourchette, pour moi c’est dur, pour Gé pas de problème, il malaxe la purée de manioc et trempe cette « quenelle » dans son assiette, comme nos voisins de table. Mais bon ! depuis le temps qu’il mange à l’africaine c’est normal non ?
Notre imposante cuisinière me dégote une cuillère…ouf !

Puis, dernière escale ZANZIBAR (85km de long 35km de large), ile au nom mythique, nous avons beaucoup aimé. Il y avait très peu de touristes… climat chaud et humide.

Après 2 heures de ferry, nous atteignons Stone Town.
C’est vraiment une ville de mélange, ruelles blanches étroites et sinueuses, maisons en hauteur aux balcons ajourés et larges portes en bois sculpté, motifs floraux et cloutées (avec des pics dorés pour se protéger des (anciens) éléphants…sans doute signe de richesse aussi). Pour résumer : Afrique noire Arabie Inde, plus que dépaysant. L’Océan Indien !
L’appel des muézins, la plupart des femmes sont voilées (98 % de musulmans), il y a aussi des saris, bref ! Des philodendrons entourent les balcons et quelques jardins sont très à mon goût.

Puis une escale côte Est à Jambiani. C’est un endroit superbe entre Thalassa et la couverture de magazine de Destinations/Cocotiers. Nos vacances ne sont jamais « farniente » mais alors là…nous sommes sous le charme.
L’Océan Indien est turquoise, le sable blanc, le vent dans les feuillages, notre chambre face à cette carte postale, entre deux villages de pécheurs, avec leurs barques à balanciers (Ngalawa) creusées dans un manguier, le mat est un tronc d’arbre, la voile, une simple toile rapiécée.
Sur le « réception book », le dernier touriste est passé le 26/04… Otman nous reçoit avec beaucoup de gentillesse et nous bichonne comme « deux poissons en pâte ». On se laisse faire !
Nous observons les sorties des pêcheurs en milieu d’après midi, jusqu’à la nuit tombée, aucun éclairage sur leurs embarcations. Au lever du jour, à marée basse, les femmes ramassent des algues et des coquillages, leurs longues tenues touchent l’eau et leurs voiles flottent au vent.
Puis les enfants rentrent de l’école par la plage, avec un cahier un peu froissé, dans une main et quelques poissons entourés de papier journal de l’autre, sans doute pour le repas de midi.

Le temps s’était arrêté un moment mais comme il faudra un jour en finir de ce périple, j’ai pensé qu’il valait mieux que je reparte.

La « dernière ligne droite » DAR ES SALAM / LE CAP se profile… encore quelques km pour Gérard, encore quelques points, le soir, sur ma tapisserie…

Ce fut un très bon séjour pour nous deux, les Tanzaniens une fois de plus nous ont vraiment accueillis très gentiment.
Salut à tous ! Et bon vent !
Laurence

Date du Message :
31 05 2010 09:45:43
Latitude : -06°°-49’'-04,7"" - Longitude : 039°°16’'53,8’’"
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CHALINZE / DAR ES SALAAM
Jeudi 27 mai 2010 110 km cumul : 14 422 km
Dénivelé : 515 m

Je déjeune dans ma chambre, c’est plus sûr car je ne fais pas bien confiance à la responsable et bien m’en prend car elle devait ouvrir à 6 h pour me fournir de l’eau fraîche et bien sûr personne.

Je démarre très content à 6 h 20 et espère arriver à DAR ES SALAAM guère après-midi, ça va bien commencer par descendre. Effectivement la route est magnifique, en plat descendant et en deux heures j’ai effectué plus de 40 km (presque 23 km/h de moyenne). Je crois, hormis la descente d’un col que c’est un record. Je suis très euphorique mais ça ne va pas durer et les collines, quoique moins accentuées reprennent.

J’arrive à un gros village animé par le va et vient des taxi-brousses et des bus. Ici, la spécialité, c’est le maïs grillé. Les vendeurs sont alignés les uns à côté des autres et je ne sais comment ils gagnent leur vie, tellement ils sont nombreux. Dès qu’un bus arrive, il est assailli et chacun a bien sont rôle, celui qui grille et celui qui vend. L’un d’eux veut absolument que je le prenne en photo. J’obtempère naturellement et en récompense, j’achète un épi de maïs que je consomme sur place.

Je croise et double comme depuis KOROGWE un grand nombre de cycliste et en particulier certains chargés comme des mules, de charbon de bois. Il faut les voir en particulier quand ils montent les bosses à pied avec un bâton pour équilibrer leur chargement et même en descente, ils sont parfois à pied, ils ne doivent pas toujours avoir de freins.

Plus j’approche de DAR ES SALAAM, plus le ciel s’assombrit, je vais y avoir droit. Effectivement il se met à pleuvoir très fort et je décide de ne pas me protéger, mouillé pour mouillé, je sècherai à DAR ES SALAAM. Il faut voir les gens sous leurs piètres abris rire à mon passage. Il faut dire que ça dégringole et que je suis maintenant le seul cycliste sur la route. Les transporteurs de charbon de bois sont tous arrêtés au bord de la route. Moi, je me régale car il ne fait pas du tout froid mais je pourri tout mon vélo et la remorque car avec la pluie de la boue coule aussi.

A l’entrée de DAR ES SALAAM, la pluie cesse et la circulation s’intensifie mais rien à voir avec ce que je craignais car DAR ES SALAAM, c’est quand même 3 millions d’habitants. J’ai une adresse d’hôtel communiqué par Laurence : Safari INN, LYBIA STREET. C’est vers le front de mer, donc droit devant moi, plein est. Je file et demande de temps à autre par acquis de conscience. Je vois LYBIA STREET perpendiculaire, je m’arrête et l’hôtel est là, à 50 m. Facile comme bonjour.

L’hôtel est relativement simple mais conviendra parfaitement. Je prends une single pour deux nuits et réserve une twin pour deux autres nuits et après on verra.

A première vue DAR ES SALAAM est une ville très particulière et cosmopolite. L’influence arabe et indienne y est indéniable. La ville baigne dans l’océan Indien et nous ne sommes guère loin de la péninsule arabique et de l’Inde. La religion musulmane doit être majoritaire car je n’ai pas encore trouvé une bière. Une pose bière ne me fera pas de mal.

Date du Message :
31 05 2010 09:40:33
Latitude : -06°°-38’'16,6"" - Longitude : 038°°21’'18,6’’"
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MKATA / CHALINZE
Mercredi 26 mai 2010 115 km cumul : 14 312 km
Dénivelé : 1 095 m

Le petit déjeuner sera à l’heure mais très frugal : du café soluble dont les ¾ restent au fond de la tasse et deux toasts. Je ne me plains pas car c’est compris dans le prix de la chambre et ça me permet de partir de bonne heure.

J’aimerais si possible, arriver à CHALINZE, la route est longue et le relief apparemment facile mais je me méfie des surprises africaines.

Et bien non, ce ne sera pas facile. Le relief est de plus en plus collineux et le soleil se met de la partie. Je ne suis plus en altitude et je retrouve la chaleur que j’avais oubliée depuis mon départ de NAIROBI. 115 km et 1100 m de dénivelé sous la chaleur, cela me fera une belle étape.

Je ne vous ai pas encore parlé des ralentisseurs. C’est vraiment le cauchemar de Tornado. Ceux que l’on voit en France, c’est vraiment de la rigolade. Même à 3 à l’heure ils vous secouent. L’idéal est de les passer en descente à 40 ou 50 à l’heure mais dans ce cas, je m’agrippe à Tornado. Vous le constaterez sur les photos. Chaque entrée ou sortie de village, j’y ai droit et 3 ou 4 de chaque côté.

Pour me rappeler un peu plus l’ouest, je retrouve en moins grand certes, des plantations de manioc. Les habitations ne sont pas en banco mais carrément en pisé (terre avec paille) sur une armature de bois.

Entre l’ombre que je cherche et la sécurité au bord de la route, il me faut une heure pour m’arrêter à la pause de midi. Enfin un petit chemin à gauche pas trop boueux. Je trouve un peu d’ombre quoique le sol humide mais je m’en contente. Je mange le peu de chose qu’il me reste. Je me souviens d’avoir acheté une boîte de pop corn. Je me régale d’avance. Je l’ouvre et surprise, ce n’est que du maïs. J’attrape le fou rire tout seul dans la brousse. Je me suis bien fait attrapé mais je ne suis pas malin, au poids de la boîte, j’aurais dû m’en douter. Cette boîte fera la joie d’une dame au bord de la route. A ce propos quand en pleine campagne je m’arrête, les gens ont de suite un mouvement de recul, ils semblent craintifs. Je les impressionne peut-être avec mon drôle d’attelage mais avec un sourire, c’est vite réglé.

Un peu fatigué mais très content de cette belle étape, j’arrive à CHALINZE. CHALINZE est apparemment une ville où les camions s’arrêtent pour dédouaner après avoir chargé leur marchandise au port de DAR ES SALAAM. C’est une file de camions arrêtés que je dois doubler pour arriver à ma GUEST HOUSE du jour. Encore un endroit hyper simple dont je me contente volontiers.

L’accueil est une fois de plus assez sympa même si parfois avec mon anglais défaillant on se moque un peu de moi. Une fois de plus dans cet établissement, pas de bière et je vais en boire une à côté. Sans que je demande quoique ce soit et après un simple bonjour, un client me paye une bière. Je veux lui remettre la mienne mais il refuse et s’en va. C’est ça aussi l’hospitalité tanzanienne.

Le soir je mange à la GUEST HOUSE : chicken/chips (pas le choix) et après avoir un peu plaisanté avec les serveuses, je me couche comme d’habitude de très bonne heure.

Date du Message :
31 05 2010 09:36:50
Latitude : -05°°-47’'-04,2"" - Longitude : 038°°17’'30,1’’"
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KOROGWE / MKATA
Mardi 25 mai 2010 86 Km cumul : 14 197 km
Dénivelé : 910 m

Normalement, le breakfast est servi à 7 h et bien, le manager le fera ouvrir spécialement pour moi et à ma demande à 6 h 30, sympa n’est-ce pas. Pareil que la veille, le départ ne se fera pas dans la discrétion. Congratulations, serrements de mains et séances de photos, d’autant que mon nouvel ami Mohamed est venu me dire au revoir. Il me sert ainsi d’interprète, me permettant de remercier tout le monde pour leur accueil chaleureux.

Je démarre un peu avant 7 h, pas de traces de Cyprian qui devait m’accompagner. Le temps est légèrement couvert, je prendrai certainement la pluie dans la journée mais qu’importe.

La route est vallonnée comme je l’aime, le revêtement est excellent et pas de vent, la journée devrait être sympa.

Je retrouve la même végétation qu’à la même latitude dans l’hémisphère nord. C’est assez marrant de le constater mais en fait assez logique. Je retrouve la petite forêt, les manguiers, les noix de cajou et ça me fait un drôle d’effet. Je retrouve les champs de sisal qui alternent avec les champs de maïs. Quelques plantations d’orangers et au bord de la route, je côtoie de suite les marchands d’oranges. Le charbon de bois est aussi de nouveau présent avec toutes ces charbonnières qui fument et cette forêt qui disparait.

Les cyclistes tanzaniens continuent de vouloir me tirer la bourre. C’est un jeu que je trouve marrant car moi, je reste tranquille et quand je m’excite, je les laisse sur place dans un grand sourire mutuel.

La route est de plus en plus vallonnée comme je ne l’aime pas, fond de 14ème en descente et 1ière ou 2ème en montée. Le paysage ressemble de plus en plus à celui de l’Afrique de l’ouest, celui du Bénin en particulier.

Une petite averse alterne régulièrement avec de grands moments de soleil m’obligeant à bien me protéger de celui-ci.

J’en suis maintenant persuadé, les chauffeurs de car sont recrutés dans les asiles de fous. La route n’est pas bien large mais même s’il n’y a personne en face, ils me frôlent à grands coups de klaxon et quand ils me croisent, j’ai droit aux appels de phares et au pouce levé. Autre constat, plus le car est en bonne état, plus le chauffeur est dangereux. Si jusqu’à présent, contrairement à ce qui m’avait été dit, je n’ai pas eu à me plaindre de la circulation. Je pense être sur la partie la plus dangereuse de mon périple. Heureusement sur certaines portions, une bande de roulement de un mètre de large me protège parfois.

J’arrive enfin à MKATA où l’aspect et l’animation de cette petite ville me donne vraiment l’impression d’être en Afrique de l’ouest. Si ce n’est l’anglais, j’aurais vraiment le sentiment d’être à l’ouest.

Je trouve sans problème un petit établissement « Espéranto Lodge » où je suis une fois de plus très bien accueilli. Décidément la Tanzanie me va bien. Cette Lodge ne faisant pas restaurant, après pas mal de palabres, j’obtiens deux tranches de toast, ici le pain à la française n’existe pas. Ce qui me permet de casser la croûte avec une petite boîte de thon que je trimballe depuis un moment et bien sûr une bière « Kilimandjaro ».

La discussion essaye de s’engager avec tout la famille, la serveuse et les nombreux visiteurs et contre toute attente j’arrive, bien sûr difficilement à communiquer un peu.

Après une petite promenade dans le village et quelques photos, je retourne dans ma chambre pour me coucher de bonne heure une fois de plus. A ma grande satisfaction, le breakfast est servie à 6 h ce qui sera parfait pour moi.

Date du Message :
28 05 2010 14:18:09
Latitude : - Longitude :
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KOROGWE (REPOS)
Dimanche 23 mai 2010
Lundi 24 mai 2010

Au "Motel white Parrot" j'y suis tellement bien que j'y resterai deux jours. Le personnel est très gentil avec moi et très prévenants. Le manager ne sait quoi faire pour me mettre à l'aise. Il me présent même et pour une surprise, c'est une surprise, un gars qui parle français.

Il s'agit de Mohamed, un français d'origine somalienne, marié à une française, qui est chargé par l'ambassade de France de développer l'usage du français en Tanzanie. C'est un personnage très intéressant et cultivé avec lequel je sympathise rapidement.

Quande il me demande d'où je suis, je lui réponds comme d'habitude, à côté de Marseille et comme il me demande des précisions, je lui dis Manosque et de me répondre :"Ah, la ville de Giono" : étonnant non.

Du coup nous mangeons ensemble et parlons de choses diverses mais en particulier de l'Afrique qu'il connait bien. Nous n'avons par la même position sur la présence des chinois en Afrique. Qui a dit que je n'aurai plus de contacts dans cette Afrique anglophone ?

Il m'indique le cyber où je vais pouvoir mettre mon site à jour et envoyer quelques photos. Du coup, je décide de rester encore un jour afin de me mettre à jour avec internet.

C'est toujours le même scénario, dès que je reste quelques jours à un endroit, les liens se tissent et tout devient plus facile.



PS : j'envoie cette première partie pour faire un essai car cela fait trois fois que je recommence.

Date du Message :
28 05 2010 13:41:32
Latitude : - Longitude :
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Date du Message :
24 05 2010 10:34:51
Latitude : -05°-09'-47,5" - Longitude : 038°27'26,7"
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MKOMAZI / KOROGWE
Samedoi 22 mai 2010 78 km cumul : 14 111 km

Dénivelé : 275 m


Pour mon petit déjeuner ce matin, je décide de ne pas prendre de risque. Entre l'heure et le choix, je préfère déjeuner dans ma chambre.

Oh! Surprise, il pleut et après un petit temps de déception, je me dis que tant mieux. S'il pleut, c'est que le vent a cessé et comme je suis à 500 m, la température sera des plus agréable.

Effectivement, je démarre sous une pluie régulière et agréable. Pas de vent, la route est plate et tout va pour le mieux. Comme j'ai déjeuné dansma chambfre, je suis parti de bonne heure et j'ai largement le temps d'arriver à KOROGWE et si je n'obtiens pas satifaction pour l'hébergement, rien ne m'empèchera d'aller jusqu'au bled voisin, 20 km plus loin.

Les conditions sont finalement des meilleures, la pluie pas trop forte ne me cingle pas le visage et je me permets même le luxe de prendre des photos sous la pluie.

Au bout de deux heures, elle cesse mais le temps reste couvert. Comme par enchantement je retrouve les gens au bord de la route. Nous sommes samedi et je traverse un secteur plus peuplé que la veille. Sans que mon égo n'explose, j'ai l'impression d'être le Tour de France et je traverse les villages sous les acclamations des gens et des gamins qui m'accompagnent en courant. Il est vraiment dommage que la barrière de la langue soit là car je pense que la Tanzanie doit être un pays très attachant.

Je suis dans un pays de cycliste, un peu comme au Burkina, les cyclistes veulent rivaliser avec moi, ils essayent de prendre ma roue ou me doubler. Malheureusement pour eux, leur engin monovitesse a ses limites par rapport à mes 14 vitesses même avec le poids que je trimballe. C'est d'ailleurs la Tanzanie, il y a deux ans et demi qui m'a redonné envie de faire ce raid dont je révais tant.

La route est pratiquement plate et je ne perds de l'altitude que progressivement. Au bout de 20 km, je n'ai perdu que 20 m. Tant mieux, les derniers km seront plus faciles.

Je passe devant des maisons qui me font penser aux cités minières de mon enfance et ensuite devant une usine. Quelle sorte d'usine peut-il avoir ici ? En fait, c'est une usine où on traite le sisal. Je découvre d'immenses champs où le sisal sèche, j'ai enfin la finalité de ce que je vois depuis deux jours. Un peu plus loin, j'aperçois des tanzaniens en train de ramasser ce sisal avec un tracteur. Ce sisal doit être d'un rapport intéressant car parfois, je distingue des champs de mïs avec des jeunes pousses de sisal au milieu. Preuve qu'en grandissant, ce sisal va remplacer le maïs.

Petit à petit, le paysage change. La steppe fait place aux collines et petites montagnes verdoyantes. Fini le sisal, il fait place aux immenses champs de maïs. Il y a du maïs de partout, jusqu'au plus haut des collines. C'est assez étrange et pour moi, du jamais vu. Ca me rappelle les vignobles de Tain l'Hermitage ou des côtes roties. Du maïs dans des endroits quasi inaxessibles prouve bien qu'ici ce n'est pas trop mécanisé.

La région est splendide et hormis les palmiers me fait penser à la Suisse. Je ne ris pas, d'ailleurs, j'apprendrai par la suite que le coin est surnommé la petite suisse. J'ai bien pris des photos mais comme d'habitude, l'essentiel est dans ma tête. C'est peut-être les plus jolis paysages que j'ai vu depuis mon départ.

Malgré la pluie, j'ai certainement passé la plus belle journée de vélo depuis bien longtemps. Pour preuve, j'ai battu mon record de photos prises et encore, j'essayai de me calmer car je n'avançai plus.

J'arrive après une longue descente qui a failli me couter cher à KOROGWE. Je débule à 60 km/h (bravo pour la remorque de Christian Touzé), les mains sur les freins heureusement, quand un cycliste décide de passer à doite sans regarder. J'ai heureusement anticipé car ma distance de freinage est assez longue et j'ai juste touché le cycliste. Sur le coup, je râle car j'ai vraiment frisé la catastrophe et ensuite nous avons éclaté de rire tous les deux sous le regard étonné des badauds.

KOROGWE, comme beaucoup de ville africaine est tout en longueur et l'on ignore toujours où se situe le centre ville. Je repère un motel et son restaurant où je suis de suite très bien accueilli. Le propriétaire du "Motel White Parrot" a tout compris, le sens de l'accueil, le restaurant en self service qui me facilite la tâche. Il est aux petits soins avec moi. Comme j'ai de l'avance, je pense rester une nuit supplémentaire ici si je trouve de l'argent. Un distributeur de monnaie et c'est réglé. Je reste une journée de plus car le coin est sympa.

Date du Message :
23 05 2010 17:16:30
Latitude : -04°-39'-48,6" - Longitude : 038°04'39,0"
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SAME / MKOMAZI
Vendredi 21 mai 2010 85 KM cumul : 14 033 km
Dénivelé : 190 m

Le départ a lieu dans d'excellents conditions, la route est belle, en légère descente et un peu étroite.Le genou a l'air de tenir (je n'en parlerai plus) et il fait légèrement frais (23°).

La circulation n'est pas excessive mais les camions et les cars sont relativement nombreux. Il me faut être très vigilent avec les cars, ils déboulent à fond à coup de klaxon et ont tendance à me frôler. D'ailleurs dans tous les pays traversés, c'était pareil, ce sont vraiment les véhicules que je crains le plus. Pourtant ils n'ont pas d'horaire à tenir car je n'ai pas encore vu un bus partir et arriver à l'heure.

De gros nuages noirs s'amoncellent, il va pleuvoir. Effectivement cinq minutes après, il pleut mais cela ne va pas durer, une heure peut-être et comme je ne suis plus qu'à 800 m, il ne fait pas froid.

Je suis sur une immense steppe avec une végétation assez rase, des accacias assez bas et de l'herbe. De temps à autre, un baobab sur lequel pendent des ruches, certainement pour les protéger des animaux. Je longe une chaine de petites montagnes comme c'est le cas depuis MOSHI. Les accacias laissent la place à d'immenses plantations de sisal à perte de vue. Le sisal est maintenant ramassé et donne un spectacle différent de la veille.

Je retrouve mes panneaux de la veille "Danger Slow Down Strong Wind Ahead". Effectivement, le vent que j'avais déjà de face va se mettre à souffler plus fort et géner considérablement ma progression et je décide de ne pas aller à MOMBO comme initialement prévu mais je m'arrêterai à MKOMAZI.

Deux panneaux attirent mon attention : campsite. Tiens et si je plantai la tente ce soir, le ciel n'a pas trop l'air menaçant. Ces deux campings sont cote à cote le long d'une rivière, ça risque d'être sympa. Je m'engage sur une piste et je choisi le plus près à 100 m je ferai en fait 1 km d'une mauvais piste pour le trouver closed. Je vais essayer l'autre à 1000 m, en fait j'en ferai 2 km mais indiqué open qui sera fermé également. J'ai décidément de la chance, la saison touristique ne doit pas battre son plein.

J'arrive ainsi à MKOMAZI et j'entre dans une Guest House où je crois comprendre qu'une guest house n'est pas un hôtel mais un shop (magasin). Ma fois je continue ma route et là quatre maisons, un quartier de MKOMAZI et une guest house mais cette fois c'est la bonne et je trouve ainsi une petite chambre. C'est encore un endroit du bout du monde comme j'en ai souvent vu depuis mon départ.

Ici même si mon anglais était parfait, il ne me servirait à rien. Je ne vous dit pas le comique de situation quand quelqu'un qui ne parle pas l'anglais et discute avec quelqu'un qui le connait encore moins.

Au restaurant, j'ai mang du Wali Nyama, vous savez ce que sait et bien moi non plus, j'ai commandé au hasard et impossible de me faire expliquer ce que c'est. C'est un plat avec des haricots rouges, du riz, du chou et du mouton fallait le savoir. Pareil pour la boisson, beer connait pas. Ensuite je commande un sodaet j'ai le malheur de dire pas de coca et on me répond, un coca, non : no coca, not coca, ah on coca et on me sert un pepsi. Je résume ains la Tanzanie profonde. Finalement, tout rentrera dans l'ordre, j'ai bien mangé, bu une bière et un fanta.

Pour le repas du soir, même cinéma. Je mange pareil et ne prends pas de risque ou je change ? Je suis là pour découvrir, je me lance : Ndozi Nyama. J'aurai droit à une grosse assiette de soupe dans laquelle trempe de la viande et des bananes plantins. Rien à voir avec celles de l'ouest, ce n'est vraiment pas terrible, sans goût et étouffe-chrétien (estouf gari).

Dans ce coin u bout du monde, as de night club le soir, quatre maisons, un restau avec à peine de lumière et le vent qui souffle pour prendre le frais. Finalement à 20 h je suis couché sous ma moustiquaire et passerai une excellente nuit.

Date du Message :
23 05 2010 16:33:25
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SAME (REPOS DU GENOU)
Jeudi 20 mai 2010



Aujourd'hui, je n'ai pas de raison particulière de me reposer mmais j'ai rendez-vous avec Laurence dans 10 jours. Il ne me rest que 454 km à effectuer et à raison de 80 km minimum par jour, il me faut 5,5 jours, ce n'est pas la peine de me presser. Je suis mieux à trainer à la campagne plutôt qu'à la ville.

Ici, je suis dans un parc magnifique et en plus, il y a la Wi-fi. Pour internet, ce sera râpé car il n'y aura pas de connexion de toute la journée. Y en a-t-il eu un jour ?

Par contre j'ai l'occasion de me promener dans le parc avec des sujets divers et magnifiques ainsi qu'un jardin potager. Ce sera pour moi l'occasion de faire beaucoup de photo avec une rubrique spéciale, Stéphane prépare-toi. Par contre, je n'ai pas de guide français et certaines photos ne seront pas titrées, à vous de deviner.

Une autre occasion de me reposer, je soulage ainsi mon genou qui s'est bien comporté hier après une grosse étape. Malgré tout je m'ennuie un peu car il y a bien des tentatives de contacts mais ma nullité en anglais est une barrière importante. Barrière qu'il aurant de tout manière car pour parler avec les gens, il faut parfaitement maitriser la langue. D'autant qu'ici l'anglais est particulier car c'est un mélange de shawili et d'anglais et encore quand on le parle. J'ai plus souvent droit à des Jambo (bonjour) et des Karibou (bienvenue) plutôt que des hello et des welcomes.

Dans ce parc les singes sont nombreux et ont tendance à s'approcher des clients de l'hôtel. Ils sympathisent même avec Tornado qui leurs sert de siège. Mon fanion s'est même retrouvé dans un arbre dans les mains d'un singe qui heureusement l'a laissé tombé et j'ai pu le récupérer.

La journée se passe tranquillement et je suis pret pour, normalement une grosse étape demain.

Date du Message :
23 05 2010 16:20:49
Latitude : -04°-04'-15,3" - Longitude : 037°45'03,0"
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MOSHI / SAME
Mercredi 19 mai 2010 110 km cumul : 13 948 km
Dénivelé : 670 m

Pour l'acecdote, ça y est, je suis sous le 4ème parallèle de l'hémisphère sud.

Je démarre en ne voyant toujours pas le Kili, il a l'air bien couvert. Je le surveille mais je ne le verrai plus, il se cachera toute la journée dans les nuages.

La route est en excellent état mais il y a beaucoup de circulation car la région est très peuplée (je cois que je me répète). Je roule souvent sur le bas côté car les bus ne me font pas de cadeau.

Je n'ose parler de genou mais il a l'air de vouloir tenir. Ce genou restera toujours une énigme car même les chirurgiens n'y trouvent rien.

Après la veille, une journée vers l'est, je me dirige maintenant plein sud, m'approchant donc un peu plus du CAP.

Le paysage commence à changer radicalement. Je suis dans une région assez montagneuse sur un grand plateau. Aux plantations particulières de la veille s'ajoutent des cultures maraichères (oignon, tomates). Au bord de la route beaucoup de vendeurs d'oignons en partuclier. D'ailleurs on peut faire le constat suivant, le légume principal en Afrique, ce n'est ni le riz, ni le manioc, ni l'arachide, ets... mais bien l'oignon qui est omniprésent depuis le Maroc.

Je retrouve un vieil ami qui avait disparu, le baobab signe que vais plein sud. La grande différence avec l'hémisphère nord, le baobab a maintenant des feuilles naissantes alors qu'il les perdait : c'est l'inversion des saisons.

J'ai droit à une belle journée ensoleillée, à croire que le Kili récupère tous les nuages. Je pédale allègrement, mon genou ne ma faisant pas trop souffrir et évoluant sur un plat descendant.

Les gens sont toujours très sympa avec moi, j'ai partout droit au pouce levé d'admiration et au "how are you" (comment vas-tu). Un mot que j'avais oublié revient aussi régulièrement "Jambo" (bonjour en shawili).

Ma joie est de courte durée car le plat descendant se transforme en montée. Je suis parti à 850 m d'altitude, redescendu à moins de 700 m et je remonterai en plusieurs fois à 1000 m et même 1100. Je ne l'avais pas prévu à mon programme car en partant de MOSHI et me dirigeant vers l'Océan Indien, je pensais n'avoir que du plat descendant. De plus un vent assez fort et de face bien sûr, se met de la partie. Le vent doit constamment souffler sur ce haut plateau vallonné car je vois régulièrement des panneaux "Danger Slow Down Strong Wind Ahead", panneaux que j'ai rarement vu dans ma vie de cycliste.

Ma progression est donc difficile et je force. Cela n'atteint pas mon moral car la route est belle, le soleil brille, et j'ai le temps.Je savais qu'en traversant l'Afrique ce ne serait pas toujours une partie de plaisir, j'accepte donc ces conditions contraires.

Autre surprise sur ce plateau, les plantations changent. J'ai maintenant droit à des plantations de sisal. C'est une plante assez étonnante. C'est une plante grasse ressemblant à l'aloès qui recouvre complètement ce plateau.

Je double ou croise beaucoup de vélo, souvent chargés de bois ou de bidons d'eau. C'est vélo sont tous les mêmes, de constructions chinoises bien sûr et mono vitesse. Si bien qu'en les doublant, j'ai un peu de scrupules avec mes 14 vitesses, même si je suis plus chargé qu'eux.

Enfin la descente sur SAME, il me rest 10 km et je suis ravi de ma journée même si j'ai assez souffert (je suis là pour ça). D'ailleurs ce qui est caractéristique quand je passe une bonne journée, je prends beaucoup de photos. J'en prendrai 54 aujourd'hui, un record je crois.

SAME est une ville moyenne, bien typée africaine. J'ai un peu de mal à trouver un hôtel. Après beaucoup d'explication, je me retrouve au "Eléphant Motel" où je suis très bien accueilli, même avec mon anglais défaillant. L'hôtel est situé dans un immense parc avec de nombreux arbres et comme demain, je décide de me reposer, je crois que vais pouvoir faire de belles photos.

Date du Message :
23 05 2010 15:56:26
Latitude : -03°-21'-18,4" - Longitude : 037°20'21,4"
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ARUSHA / MOSSI
Mardi 18 mai 2010 82 km cumul : 13 838 km
Dénivelé : 345 m

Surprise ce matin en enfilant mes chaussures de vélo, elles sont pleines de goudron. J'ai complètement oublié de les nettoyer et je ne pourrai me servir de mes cales. D'ailleurs à propos de chaussures de vélo, j'ai oublié de vous narrer une petite anecdote. En arrivant à NAMANGA, mes chaussures étaient couvertes de boue et après les avoir lavé, je les ai mises dehours pour les faire sécher. Catastrophe, au bout d'un moment il n'en restait qu'une. Un chien avait dû passer par là et parti avec une chaussure. Heureusement, le responsable d'accueil me l'a vite retrouvée, sinon je n'étais pas clair. Que ça me serve de leçon !

Je démarre avec vent de face, une température de 22° et j'ai froid. Deviendrais-je frileux ? Heureusement le vent cesse mais mon genou me fait souffrir et impossible de me mettre en danseuse.

Je suis sur un plateau au pied du Kilimandjaro que je ne verrai que l'espace de quelques secondes. La chaussée est excellente, en plat descendant et beaucoup de circulation.

Contrairement à la précédente région, je suis dans une zone très peuplée et cultivée. Ici, le maïs domine et fait place parfois aux bananiers, aux plantations de café et de thé. Le paysage est très sympa, si ce n'était pas mon genou, je me régalerais.

Les gens sont très sympa avec moi et j'ai régulièrement droit à un pouce levé. Ici beaucoup de gens roulent à vélo et sont très admiratifs à mon passage. Dommange que je ne parle pas anglais car les contacts seraient intéressants.

J'arrive finalement à MOSHI à plus de 17 km/h de moyenne, il y a longtemps que ça ne m'était pas arrivé. L'hôtel est trouvé sans problème car je suis dans une région touristique.

Je passe l'après-midi à regarder la télé pour reposer mon genou. On verra bien demains. En résumé, journée tranquille, sans anecdotes particulières.

Date du Message :
23 05 2010 15:44:17
Latitude : - Longitude :
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ARUSHA (réparation récupératio
Dimanche 16 mai 2010
Lundi 17 mai 2010

J'étais tellement cuit que j'ai très bien dormi mais ma chambre donnant dans la rue est très bruyante. Je demande à changer de chambre, moyennant deux nuits supplémentaires. Devant leur hésitation, je décide de changer d'hôtel et j'en trouve un avec une grande cour où il me sera facilede réparer Tornado qui a un peu souffert ces deux jours de mauvaises pistes.

Dans ce nouvel hôtel un peu luxueux, je suis très bien reçu. Un garçon me propose de laver Tornado. Il y a bien longtemps qu'il n'a pas été aussi propre. Je retends la chaine car ce que je ne vous ai pas dit, c'est qu'en plus des problèmes de la piste, les soubresauts faiser sauter la chaîne. J'étais parti de Naïrobi avec une paire de patins avant neufs et bien en trois jours, ils sont cuits, c'est dire l'abrasivité de la piste. Tornado après sa toilette et sa remise à neuf peut reprendre la route demmain.

Il n'en est pas de même de son cavalier dont le genou est toujours en vrac. Enfin on verra bien, j'en ai vu d'autres.

J'ai réussi à prendre le Mont Méru en photo, 30 secondes après, il n'était plus là, idem que le Kili. Miracle de la technologie, et je n'ai rien compris. J'allume mon ordi dans la chambre et miracl, je suis connecté avec internet. J'en profite donc pour mettre mon carnet de route à jour.

Si ce n'est me promener dans ARUSHA, je n'ai pas frait grand chose pendant ces deux jours pour essayer de récupérer mais je suis pour la première fois un peu pessimiste. J'espère juste pouvoir rejoindre DAR ES SALAAM où Laurence devrait me rejoindre pour 10 jours de récupération.

En me promenant, je crois un quidam accompagné d'une jeune fille qui me parle de bike. En fait, il m'a aperçu avec mon vélo, il est journaliste dans un hebdomadaire "Major Citis in Africa" et veut faire un interview. Nous retournons à l'hôtel et autour d'une bière et d'un Red Bull, nous essayons de nous faire comprendre. Ca à l'air de fonctionner mais au final, il me réclame 50 $ pour la première page (Front page). Est-ce une arnaque ou la vérité ? Toujours est-il que je refuse de donner de l'argent et on verra bien.

Date du Message :
17 05 2010 20:31:07
Latitude : -03°-21'-45,7" - Longitude : 036°40'17,4"
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NAMANGA / ARUSHA
Samedi 15 mai 2010 110 km cumul : 13 756 km
dénivelé : 975 m

Aujourd'hui, petite grâce matinée pour déjeuner à l'hôtel car il est compris dans le prix. Mal m'en prendra, vous comprendez vite.

Je démarre par les formalités douanières. Immigration Kénia pour départ, en cinq minutes, tout est réglé. Pour le visa tanzanien, ce sera aussi facile et dix minutes après, je passe la frontière. Bien des pays devrait prendre exemple. Auparavant, le policier m'avait déconseillé de changer l'argent car les taux à la frontière sont prohibitifs, c'est plus intéressant à ARUSHA.

J'entre en Tanzanie dans d'excellentes conditions. Pour la première fois de mon arrivée à l'est, le soleil luit. La route est en excellent état. Est-ce que ça va durer ? Au bout de quelques kilomètres, j'aperçois sur ma gauche le Kilimandjaro avec son chapeau de neige qui rappellera quelques souvenirs à certains. Je m'arrête pour les photos d'usage et bien m'en prend. Il va vite mettre son chapeau de nuage et je ne le reverrai plus de la journée.

Je croise régulièrement des massaï qui gardent leur troupeau ou se rendent à pied à NAMANGA. Ils sont magnifiques dans leur costume traditionnel. Ils sont souvent parés de bijoux autour du coup ou dans leurs oreilles trouées d'un large trou. J'ai souvent dub mal à reconnaître les hommes des femmes, souvent habillés pareils et parés de bijoux.

La frontière est une véritable frontière car tout change. Le pays a l'air beaucoup plus pauvre et les massaï qui ne vivent que d'élevage ont tendance à vivre de mendicité. Tout au long de la route, ce sera la main tendue et ils sont nombreux à attendre je ne sais quoi au bord de la route.

La route se dégrade mais j'étais averti. Mon inquiétude, je vois au bord de la route un engin de chantier chinois. Sont-ils encore ici ? Et bien oui, au bout d'un moment, déviation et la route se transforme en mauvaise piste. La progression est difficile, d'autantque le vent est de la partie. Tien, je l'avais oublié celui-là, depuis le Cameroun, il était complètement absent et comme par hasard, je l'ai de face. Pourquoi faut-il que quand le vent souffle, on l'a le plus souvent de face à vélo ? Je mange beaucoup de poussière car la circulation est importante. Le relief, j'approche du Kili commence à être également de la partie. En résumé, piste, vent, relief et genou font que je passe une nouvelle journée de galère. Ce sera la troisième depuis mon départ de NAIROBI.

J'en bave terriblement et à midi quand je m'arrête pour manger au bord de la piste, je me demande si j'atteindrais ARUSHA. De temps à autre, je retrouve la route mais ça ne dure pas, quelques km après je retrouve la piste. Je n'avance pas, j'ai l'impression de faire du surplace et Tornado et la remorque fond des bonds, moi avec d'ailleurs sur cette mauvaise piste de cailloux. Je vous l'avoue, j'ai même parfois envie de pleurer, que fais-je ici ?

Je traverse quelques villages où je sens une certaine hostilité car les gens me réclament de l'argent et comme je ne comprends pas, cela énerve les massaï. D'ailleurs, comment comprendrai-je, ce n'est pas en anglais qu'ils me parlent mais en swahili. Par quatre fois, je serai reçu à coups de cailloux par des gamins sans que cela n'émeuvent les adultes, bien au contraire, cela les fait rire. Je ressens dans cette partie de la Tanzanie une grande pauvreté et je pardonne volontiers aux gens. Cela contraste avec le tourisme friqué des parcs tanzaniens.

Au fond de la route bien droite, j'aperçois le mont Méru que je dois contourner pour atteindre ARUSHA. Ce n'était pas prévu au programme, je suis à 1 300 m d'altitude et je vais grimper jusqu'à 1 900. Les travaux cessent et reprennent, j'en ai marre. Pour arriver à un village massaï, au bout d'une longue ligne droite, je roule sur la route au lieu de la piste et j'ai droit à du goudron frais, je m'en mets de partout, surtout que je vais faire un long passage à pied, je suis tellement fatigué. Je ne peux prendre le temps de m'arrêter dans ce village et c'est bien dommage car il y a un marché au bétail haut en couleurs (rouge) tout comme le marché classique contigü.

C'est décidé, j'abandonne, je fais du stop et si ça ne marche pas, je plante ma tente dans la nature mais je n'ai pas trop de réserve d'eau. Bien sûr, le stop ne marche pas, je suis à une quarantaine d'ARUSHA, les taxis brousse sont plein à craquer et les camions surchargés. Un ouvrier d'un des chantiers m'explique que les travaux ne durent plus qu'un km. Je le crois et prend mon courage à deux mains, heu à deux pieds et reprends la piste hyper mauvaiseà cet endroit. Je retrouve la route mais peu de temps après, les travaux recommencent et ce sera ainsi jusqu'au bout.

Mon seul espoir, c'est d'en finir avec la montée et je ne dois plus avoir que de la descente jusqu'ARUSHA. De toute manière, j'arriverai à ARUSHA à la nuit. Mes prévisions se vérifient, j'attaque le descente et je suis secoué comme un prunier. J'entre dans ARUSHA, il fait nuit et je ne suis pas fier. Je mets ma lampe frontale avec l'espoir que mon fanion arrière, car je n'ai plus mes feux rouges, fasse son effet. Les taxi brouss pressés de rentrer doublent sur une route très étroite et je suis souvent obligé de m'arrêter.

Dans ARUSHA, c'est l'enfer, une énorme circulation, peu de lumière et je roule à gauche. Je vous laisse imaginer la scène. Le premier hôtel venu sera le bon et je ne fais pas la fine bouche car j'ai peur dans cette circulation, je vous l'avoue, je ne sens pas du tout en sécurité.

J'ai payé cash mon imprudence de ce matin, ne pas partir plus tôt le matin pour 110 km, 1 000 m de dénivelé et peut-être un cinquantaine de kilomètres de piste. Mais tout ça, je l'ignorais. Ce que je n'ignore plus, c'est que l'Afrique réserve toujours des surprises et rarement des bonnes, sur la route du moins.

Date du Message :
17 05 2010 09:34:27
Latitude : -02°-32'-28,3" - Longitude : 036°47'21,8"
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KAJIADO / NAMANGA (frontière)
Vendredi 14 mai 2010 92 km cumul : 13 646 km
Dénivelé : 440 m

Après avoir déjeuné d'une simple ommelette, ici pas de pain et pas de café, je démarre au lever du jour, soit 6 h comme dans toute l'Afrique centrale.

Il a encore beaucoup plu hier soir et ce matin, il bruine encore. Je démarre tout content car le genou a l'air de bien se comporter. CC'est limite douleur mais rien à voir avec hier.

Ma joie est de courte durée car la bruine se transforme en pluie et je vais ainsi rouler plus de quatre heures sous la pluie. J'ai même un peu froid (19°), il y a longtemps que ça ne m'était pas arrivé.

Le revêtement est parfait, laissant supposer refait récemment. Effectivement au bout d'une dizaine de km, les chinois, encore eux, sont en train de refaire une autre portion. Et là, c'est une autre paire de manches car je doir rouler sur une piste provisoire et avec la pluie, je ne vous dis pas la boue. J'avance péniblement et la moyenne baisse considérablement. De temps en temps, e prends la route en attente d'être goudronnée. Le revêtement est fait de terre très compactée et comme c'est interdit aux quate roues, je suis beaucoup plus tranquille et je n'ai pas de boue. Malheureusement parfois une rivière traverse et le chantier est en attente d'un pont, laissant sur la route un trou béant d'un mètre de large et de trois ou quatre mètres de profondeur. Je suis obligé de contourner et dans ces moments là, c'est la galère la plus complète. Je patauge dans la gadoue très collante et j'en bave vraiment des ronds de chapeau. J'aurai mieux fait de décrocher et tout passer à la main car je suis obligé de tirer le vélo et la remorque refuse d'avancer, je suis obligé de la trainer. La pluie n'arrange rien et au bout de plusieurs passages du même type, je reprends la piste qui même boueuse me sécurise un peu. Je ferai ainsi une quarantaine de km de piste ce qui n'était pas prévu au progamme.

Je retouve la route goudronnée, en piteux état mais rien à voir ave la piste. Je suis assez fatigué car chaque fois que j'emprunte une piste, j'y laisse des plumes Heureusement mon genou même si je sens la douleur prète à revenir me laisse tranquille.

Aujourd'hui, je n'aurai pas fait beaucoup de photos à cause de la pluie mais le paysage ne s'y prétait pas trop, si ce n'est l'apparition d'aloès très typiques ici, d'autant que je ne suis plus qu'à 1 300 m d'altitude.

Tout au long je verrai beaucoup de massaï habillés de façon traditionnelle à la morphologie fine et élancée. J'hésite à es prendre en photos et c'est bien dommage car ils sont vraiment particuliers, surtout avec leurs grans trous dans les oreilles, souvent parés de bijous et leur étoffe rouge.

J'arrive enfin à NAMANGA, ville frontière par excellence avec tous ces magasins de souvenirset les massaï qui vous proposent des bijous. Je trouve un hôtel un peu cher mais sympa au milieu d'un parc, cela me changera de celui de la veille.

La frontière est à deux pas, j'en profite pour repérer les lieux. Apparamment, ce sera assez simple, j'obtiendrai mon visa sans problème. J'en profite pour faire quelques courses car demain l'étape sera longue. Retour à l'hôtel pour nettoyer le vélo et les chaussures qui sont couverts de boue. Comme d'habitude, extinction des feux avant 21 h pour une bonne nuit.

Date du Message :
17 05 2010 09:06:11
Latitude : -01°-50'-31,6" - Longitude : 036°47'18,7"
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NAIROBI / KAJIADO
Jeudi 13 mai 2010 78 km cumul : 13 554 km
dénivelé : 375 m

Pour quitter l'hôtel, ce sera assez compliqué ce matin. Tornado et la remorque sont dans ma chambre et l'hôtel est situé au deuxième étage d'un immeuble. Il me faut faire quatre aller et retour et me dépécher car je ne peux pas tout surveiller.

Je quitte NAIROBI à 6 h moins le quartet il fait encore nuit. Aucune indication pour la route mais j'ai l'habitude. Il bruine et surtout il me faut rouler à gauche et croyez-moi à vélo, ce n'est pas évident. D'ailleurs, je me retrouverai dans la journée à droite par deux fois, il faut être très vigilent.

Tout serait parfait, si ce n'était pas mon genou qui est douloureux à chaque tour de pédale. En prenant ma douche à BRAZZA, j'ai réveillé une vieille blessure de guerre (hand-ball), Jojo et Pierrot la connaisseent. D'habitude, la douleur s'estompe dans la journé mais depuis, elle persiste. Il est vrai que depuis mon départ, j'ai beaucoup sollicité mes genoux et quand je ne fais pas de vélo, en ville, je marche beaucoup. Ce n'est pas le meilleur moyen de guérir. Toujours est-il que je serre les dents toute la journée et on verra car j'en ai l'habitude. J'ai bien grimpé le Kilimandjaro ainsi.

Je sors sans problème de NAIROBI par une route à quatre voies et me retrouve, en ayant demandé, peut-être 20 fois mon chemin sur l route de la Tanzanie. Le temps est couvert et comme je suis à plus de 1 600 m d'altitude, la température est très agréable (20°), l'idéal pour faire du vélo, dommage que ce genou......

La route en excellent état est très plate et le paysage ne me donne pas l'impression d'être en Afrique. Avec ces pâturages, ces parcs où paissent les zébus, hormis le zébu, j'ai l'impressiond'être en Lorraine. Sur la fin, le paysage prendra des allures de Kénia avec les accacias et les massaï élancés qui gardent les troupeaux.

Ouf pour mon genou, j'arrive enfin à KAJIADO, encore une ville du bout du monde. Je trouve un hôtel appelé lodge, enfin un hôtel, plutôt une chambre sans fenètre avec un lit et sans électricité. Je crois que je bats tous les records, je paye la chambre 300 shillings soit environ 3 € mais ça ne vaut pas plus. Quel contraste avec NAIROBI, je me sens vraiment mieux ici, mêe sans confort. J'ai toujours dit que je détestait la ville, ça me le confirme.

L'islam doit avoir iciun taux de pénétration important car nombre de femmes sont voilées et le voile intégral en plus. A la sortie de l'école comme partout en Afrique, les élèves ont tous la même tenue Ici, les jeunes filles, de la plus grande à la plus petite, elles portent toutes le voile de la même couleur (bleue), je ne l'avais pas encore constaté.

Chic, je trouve un cyber mais comme il n'y a pas d'électricité, je verrai une autre fois. De même pour fairele plein d'essence que j'avais vidé pour prendre l'avion, il y a bien une pompe mais pas d'électricité et c'est la queue devant les pompes. L'électricité viendre vers 18 h et c'est tous le jours comme ça.

Je ne regrette pas ma décision d'être passé à l'est et même si mon anglais défaille, de toute manière l'Afrique francophone était terminée et je découvre maintenant une autre Afrique.


Date du Message :
17 05 2010 08:46:32
Latitude : -01°-16'-57,9" - Longitude : 036°49'15,3"
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NAIROBI
Mardi 11 mai 2010
Mercredi 12 mai 2010

L'hôtel se trouve au deuxième étage d'un immeuble, mon vélo tout démonté est dans ma chambre avec la remorque. Ce ne sera pas simple pour le remonter. Malgré mon anglais défaillant, j'essaye de négocier de le remonter dans la salle de conférence. Finalement, on me change de chambre et je me retrouve comme un véritable pacha, dans une immense chambre et ce sera parfait pour remonter Tornado. Je rest ici trois nuits, car j'ai peur des surprises en remontant Tornado.

Je remonte donc Tornado qui n'a aucunement souffert de son voyage en avion. C'est vrai qu'il était très bien emballé. J'en profite pour changer les patins de frein avant pour la troisième fois. Je suis ravi car j'étais quand même très inquiet.

Je me retruve ains dans le quartier d'affaires de NAIROBI. Des buldings de partout en font une ville moderne qui ressemble à n'importe quelle capitale européenne. NAIROBI ne me donne pas du tout la même impression que BRAZZA où je trouvais les gens déguisés en costume cravatte. J'ai vraiment l'impression d'être en Europe si ce n'est que les gens sont noirs.

Par contre pour internet, c'est une autre paire de manches, des connexions très lentes, un matériel d'un autre âge et des refus de bancher mon portable m'empêche de mettre les site à jour et de communiquer avec Laurence par Skype. Bizarre pour une ville si moderne !!

Pour manger, c'est assez compliqué car il n'y a pratiquement que des fast-food, c'est une ville assez américanisée. Les gens, contrairement à ce que j'ai constaté en Afrique, sont toujours en train de courir comme chez nous en ville. Le Kénia m'a l'aire assez islamisé et beaucoup de femmes voilées se promène dans la rue, le portable à l'oreille. Autre fait remarquable, les magasins sont truffés de service de sécurité. Il m'avait été dit avant de partir qu'il ne fallait pas se promener à NAIROBI la nuit, cela semble me le confirmer.

J'erre des heures dans les rues de NAIROBI avecc un gros problème de communication car ici je n'ai pas encore entendu un seul mot de français. Comme je ne connais pas l'anglais, je prévois des jours difficiles. Je crois que pour moi, les contacts intéressants sont maintenant terminés, je vais me contenter de faire du tourisme et on verra bien.

Date du Message :
17 05 2010 08:32:20
Latitude : -01°-16'-57,9" - Longitude : 036°49'15,3"
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KINSHASA / NAIROBI (AVION)
Lundi 10 mai 2010

Je suis à 7 heures à l'aéroport pour régler le chargement de Tornado et sa remorque avec Pascal. C'est assez compliqué. Il me faut d'abord, dixit Pascal, graisser la pate aux douaniers, bon je paye car j'en ai marre. Les carton est trop encombrant, doit partir par fret, catastrophe. Moyennant des dollars, Pascale arrange le coup, je paye. Le vélo et remorque font 57 kg, la franchise est de 30 kg. Finalement, je payerai un surplus de poids à raison de 3 dollars le kg mais ça, je m'y attendais et je pensais payer beaucoup plus. En bagage à main, j'ai droit à 10 kg, j'en ai une vingtaine. Finalement, j'ai en tout 77 kg de bagages et encore, j'ai allégé au maximum avant de quitter l'hôtel. Si j'ajoute l'eau, les provisions et ce dont je me suis débarrassé, je devais tourner autour de 90 kg, c'est un peu beaucoup.

L'avion part avec plus d'une heure de retard et je suis ravi de quitter la RDC car j'en ai ras le bol de sortir les dollares et encore, je ne vous raconte pas tout, ce serait trop long.

Le voyage se passe très bien. A travers les nuages je peux apercevoir le Lac Victoria( à ce sujet, je vous conseille le film "La malédiction de Darwin", édifiant sur les européens et l'Afrique) et au loin le KILIMANDJARO point culminant de l'Afrique que j'ai déjà gravi.

A NAIROBI, deux heures de décalage horaire, il fait déjà nuit et en plus il pleut. Le visa est réglé en cinq minutes, bravo le Kénia et en plus j'en ai pour moins de 20 € soit le moins cher depuis mon départ. La douane et les contrôels se passent à merveille, heureusement car avec mes cinq colis sur mon chariot, je ne suis pas trop fier, d'autant que mon anglais est inexistant. Un rabatteur me trouve un hôtel (un peu cher) et un taxi. Après beaucoup d'embouteillages, je me retrouve dans un bel hôtel, ouf !

Date du Message :
17 05 2010 08:20:03
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KINSHASA (VISA)
Vendredi 7 mai 2010
Samedi 8 mai 2010
Dimanche 9 mai 2010

Ce matin, premier travail je me rends à l'ambassade de l'Angola. Avant d'entrer dans les locaux, il faut s'inscrire et déposer sacs et téléphone, le tout dans un bordel monstre. C'est le premier qui bouscule l'autre qui passe.

J'entre ensuite dans une salle leine de monde mais j'arrive à asser de suite et un congolais m'aide dans mes démarches, me laisse même la monnaie qu'on lui rend. Je prends les formulaires pour le visa mais je dois aller à l'ambassade de France pour qu'on me fasse une note verbale afin d'authentifier mon passeport (bravo le passeport biométrique). Le visa sera de 5 jours et à renouveler chaque fois 5 jours avant expiration. Cela me paraît compliqué surtout à vélo. Je vais tout de même à l'ambassade de France pour cette note verbale. J'y suis très bien reçu et tout se fera rapidement.

Je passe devant KENIA AIRWAILS pour savoir s'il n'existerait pas un vol KINSHASA / NAIROBI et effectivement il y a un vol tous les jours de la semaine. Je me renseigne sur le prix du billet et l'acheminement de mon vélo et sa remorque.

L'idée germe dans ma tête depuis quelques jours. Pourquoi ne pas quitter l'ouest pour rejoindre l'est et continuer à partir de NAIROBI comme prévu initialement. La traversée de l'Angola me parait compliqué, visa, contrôle et mauvaises pistes. De plus j'ai envie du Kénia et de la Tanzanie.

Avec cette idée dans la tête, je décide d'aller manger. Je veux éviter un restaurant libanais car à BRAZZA, il n'y avait que ça et ma cantine à côté de l'hôtel est libanaise. J'entre dans deux restaurants, pas de chance, c'est libanais. J'entre dans un troisième, il n'est pas libanais mais indien. Le rabatteur m'explique qu'effectivement en RDC, il y a beaucoup de libanais et d'indiens depuis que les européens ont fui la guerre (réflexion perso : pour exploiter l'Afrique on est là mais dès que ça va mal, comme les rats on quitte le navire).

Ma décision est prise et le samedi matin je vais prendre mon billet d'avion. Mon seul problème sera de bien emballer Tornado et le supplément de poids. Je me rends ensuite à l'aéroport pour plus de précision mais KENIA AIRWAILS est fermé. Je tombe sur Pascal qui, moyennant finance, s'occupe de toute les formalités. Il m'aide à emballer Tornado et s'occupera de luis faire passer la douane.

Le dimanche matin, tout est fermé à KIN et j'aurai bien du mal à déjeuner. Pour tuer l'apres-midi, je prends un taxi pour visiter KINSHASA. Contrairement à BRAZZA, KIN est bien une ville africaine avec cette ambiance particulière. Entre les mendiants et les gardiens (très nombreux), c'est assez pénible. Ici on ne tend pas la main, on te réclame directement : donne-moi un dollar, 1000 f. et c'est sans arrêt. KIN est aussi une ville où l'arnaque est toujours présente, il faut être très vigilent.

A côté de l'hôtel, un tacto-pelle est abandonné dans la rue avec ses quatre routes crevées. Pas abandonné pour tout le monde, un clochard y a élu domicile. La journée, il se met à l'ombre dessous, à même le sol et le soir s'il ne pleut pas, il dort sur le capot et s'il pleut, s'installe dans la cabine (photo à l'appui).

Le soir, j'aurai du mal à manger car je n'ai plus de francs congolais et que des billets de 100 dollars. A chaque fois on veut me rendrela monnaie en F. congolais dont je n'ai que faire car demain, je prends l'avion. Heureusement le restaurant indien que je recommande : NEW RELAIS accepte de me rendre la monnaie en dollars et même de me changer 100 dollars en petites coupures. Sans sa compréhension ce soir, je me serai couché sans manger et boire.

A la sortie du resto, le rabatteur ne veut pas que je rentre à l'hôtel à pied, me disant que c'est trop dangereux de se promener la nuit ici. A tord, je fais fi de ses recommandations et je rentre me coucher sans encombres.

Date du Message :
16 05 2010 14:28:11
Latitude : -04°-18'-24,1" - Longitude : 015°18'48,1"
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BRAZZAVILLE / KINSHASA
Jeudi 6 mai 2010 5 km cumul : 13 476 km
Denivele : 0

Aujourd'hui, petite etape, en fait, la distance qui separe l'hotel du port.

A mon arrivee sur le port, j'ecarte rapidement toutes les sollicitations qui fusent de toute part, il me faut etre vigilent.

Tout est tres gentil avec moi, les policiers en particulier qui m'expliquent la marche a suivre pour mes formalites de depart : service de l'immigration, achat des billets et montee sur le bateau. J'obtiens meme, avec un peu de mal, l'autorisation de prendre le bateau en photo.

J'avais le choix entre bateau et canot. Le canot est plus rapide et plus cher, je choisi donc le bateau. Il n'est pas vraiment tout neuf et ressemble plus a un bac qu'a un bateau.

Sur le bateau, je suis le seul blanc, il est bien entendu plein, je suis la curiosite et on me questionne beaucoup sur mon velo et mon voyage.

La traversee dure peut-etre une demi-heure, on m'aide a sortir mon attelage et la, c'est de suite l'euphorie. Je n'arrive pas a avancer, il se forme des groupes autour de moi pour m'interroger sur mon voyage. De temps en temps, un policier siffle, le groupe se disperse et se reforme cinq metres plus loin.

J'effectue mes formalites d'arrivee sans aucun souci. Tout le monde est tres gentil avec moi et je quitte le port sans encombre en ayant deja une vision agreable de la R.D.C.

A la sortie du port, je suis alpague par un rabatteur qui m'indique un hotel pas trop cher ; la vie etant relativement cher ici, je le suis. On charge Tornado et sa remorque danc un 4 X 4 et me voila a la Guest House Tour Eiffel. C'est un hotel tres modeste. Pour monter dans les chambres, il ne faut pas etre trop gros car les escaliers sont tres etroits : heureusement que j'ai bien maigri.

Cet hotel fera finalement l'affaire car il n'est pas cher, c'est propre, il y a de l'eau, la clim et je n'y passe pas mes journees. Je ne suis pas loin du centre et KINSHASA ressemble bien a une ville africaine, rien a voir avec BRAZZA

Date du Message :
16 05 2010 14:07:50
Latitude : - Longitude :
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BRAZZAVILLE [REPOS]
Dimanche 2 mai 2010
lundi 3 mai 2010
mardi 4 mai 2010
mercredi 5 mai 2010

En premier lieu, je vous informe que je tape sur un clavier anglais donc pas d'accent et des fautes.

Pour changer d'hotel, pas facile car les hotels sont tres cher a Brazza et on me fait tourner en rond. Par deux fois, je me retrouve au point de depart. J'en trouve un finalement dans mes prix, l'accueil est tres sympa et les chambres simples mais propres.

Mon premier boulot, l'ambassade de l'Angola pour faire mon visa. Apres une d'attente, le receptionniste me dit qu'a Brazza on ne fait pas de visa, il faut aller a KINSHASA. Mince, mon plan tombe a l'eau car l'idee est de prendre l'avion pour l'Afrique de l'est si je n'obtiens un visa d'un mois, je verrai donc a KINSHASA.

Ici la guerre civile qui a secoue le pays semble laisser des traces. Brigitte la receptionniste de l'hotel n'arrete pas d'en parler. Elle me parle de sa peur des bombes qui eclataient de partout, de sa fuite a la campagne, de sa mere qu'elle croyait morte sous les bombardements et qu'elle a retrouvee plus tard. D'autres m'en parleront egalement et dix ans apres, le traumatisme est toujours present. d'ailleurs la ville est pleine de militaires qui patrouillent en camion.

BRAZZAVILLE est une ville etrange. j'y retrouve en pire, les costumes, cravattes, pochettes et attache-case du Gabon. Tous ces gens tires a 4 epingles ont du oublier d'ou ils venaient. Ils semblent parodier les europeens dans ce qu'il y a de pire. j'en ai vu un manger son croissant avec fourchette et couteau d'une maniere tres delicate. A cote de tous ces matuvu, la classe pauvre est au chomage et a du mal a manger.

Je passe deux journees a nettoyer Tornado et sa remorque. J'effectue toute les reparations car il a beaucoup souffet sur la piste. J'ai meme de la chance, car a ma grande surprise, dans City Sport [Go Sport] j'ai trouve un compteur et une selle : quelle aubaine.

Il y a beaucoup de commerces tenus par des libanais. On me dit qu'ils sont venus pendant la guerre quand les francais ont deserte le Congo de peur. C'est vrai que malheureusement le libanais, la guerre, il connait. Apparamment ce sont de mauvais employeurs qui payent tres mal et sont durs avec le personnel.

Je vais faire un tour au port pour reperer un peu car jeudi je prends le batequ pour KINSHASA. J,y trouve une faune particuliere, rien a voir dans ce que je vois en ville. Des gens miserables sont tres en attente de je ne sais quoi, peut-etre des refugies de l,autre Congo car au niveau de la stabilite, tout n'est pas encore reglee en R.D.C.

Le fleuve Congo est tres impressionnant a cet endroit, peut-etre cinq kilometres de large ou toutes les navettes de bateau entre BRAZZA et KIN et des pecheurs en pirogue qui ne me donnent pas l'impression de faire des peches miraculeuses.

Finalement, je quitterai BRAZZA avec une impression mitigee. Ce contraste entre ces deux classes dont l'une asservit l'autre me derange un peu. C'est aussi le probleme de la ville comme partout dans le monde. On est si bien a la campagne.


Date du Message :
04 05 2010 20:35:02
Latitude : -04°-16'-31,2" - Longitude : 015°16'58,3"
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LOUDIMA / BRAZZAVILLE
Samedi 01 mai 2010 300 km (train Océan) cumul : 13 471 km


A 1 h. Roger vient me chercher à la chambre que j'avais trouvé entre temps pour nous etendre dire de revenir à 5 h., le train est parti de POINTE-NOIRE avec du retard. Nous retournons nous coucher et à 5 h Roger vient encore pour m'aider à charger le vélo. Le train arrivera finalement autour de 7 h.

On amène avec l'aide d'autochtones Tornado et la remorque en queue de train où il sera chargé n'importe comment au milieu des caisses de poulets, des sacs de manioc et autres. Comment vais-je le retrouver ? en courant, on retrouve la tête du train où on m'installe en première classe qui n'a de première classe que le nom. Le wagon est plein, des gens et des tas de sacs dans les allées où il est quasi impossible de circuler.

Je suis mal installé, debout sur pratiquement une jambe, je me vois mal rester ainsi pendant des heures. Heureusement le contrôleur m'appelle au milieu du wagon, il m'a trouvé une place assise. L'avanage d'être blanc mais malgré l'injustice de la situation, j'accepte.

Je me retrouve au milieu de congolais avec qui bien sûr je sympathise. Nous alternons mutuellement les places assises et debout. Le train s'arrêtera de partout, dans la moindre gare et restera à chaque fois un long moment à l'arrêt. Autour du train, c'est un bisness incroyable de nourriture et de boissons qui s'exécute. Comme c'est samedi, je suppose, beaucoup d'enfants vendent 3 figues, 2 oranges et de l'eau glacée, il faut dire que dans le train il fait une chaleur horrible, je suis complètement trempé de transpiration.

J'essaye de prendre des photos discrètement en me faisant rappeler à l'ordre plusieurs fois par les gendarmes. Le train est bourré de militaires avec mitraillette pour le sécuriser car des rebelles l'attaquent parfois. Même le contrôleur est accompagné de miligaires armés pour vérifier les billets.

De temps en temps le train s'arrête en campagne, on ne sait pourquoi et repart un moment après. Dans le wagon, c'est l'ambiance et les gens ne semblent pas s'impatienter, on mange, on boit, on change même les enfans, on les allaite, la vie quotidienne quoi.

On espère arriver à BRAZZA vers 19/20 h. C'était sans compter sur un arrêt impromptu de trois heures en pleine campagne. Aucune explication et personne ne s'énerve. J'explique d'ailleurs aux gens étonnés qu'en France si le train a 15 minutes de retard, c'est de suite un scandale et on demande le remboursement du billet, autres lieux, autres moeurs. A la fenètre, j'interpelle quelqu'un qui passe et il m'explique que le train étant parti en retard, le chauffeur est allé se coucher pour se reposer et faire sa coupure par sécurité.

Dans le wagon, une chorale féminine, encouragée par un pasteur se met en place, c'est sympa. Des marchands de vin de palme passe dans le wagon et nous aurons droit au vin de palme pour patienter. Au final, nous arriverons à 23 h passées. Au fait, dans le wagon d'à côté, j'ai retrouvé Tommy mon japonais, décidément.

Il m'aidera ainsi à récuperer mon vélo et raccrocher mon attelage. Hormis le garde-bue arrière destroy, je n'ai pas l'air d'avoir trop de dégats. J'essaye de me dépécher de quitter cet endroit apparemment truffé de voleur. En traversant les rails, la roue de la remorque se cavale, c'est bien le moment et dans le noir. Heureusement, Tommy est encore avec moi pour m'aider.

Enfin sorti sans encombre de la gare, on m'indique un hôtel non loin. Au premier rond-point, un policier m'arrête, me demande ce que je chercher et lui signifie que je vais juste à l'hôtel à 100 m de là. Il insiste pour m'y accompagner car nous sommes là pour la sécurité des touristes. En fait, il demandera sa commission à l'hôtelier. Il veut absolument fouiller ma remorque, il pourrait y avoir une bombe dedans. Bien entendu ensuite il me réclame de l'argent que je ne veux absolument pas lui donner. Il insiste, je refuse et repart très mécontent ; je n'ai pas intéret à le retrouver.

L'hôtel n'est pas terrible, un peu sale et pas d'eau à l'étage alors qu'une douche aurait été apréciable après ce long voyage. Heureusement, l'accueil est très sympa mais demain, je chercherai un hôtel plus confortable et surtout avec un endroit pour réparer Tornado car il a un peu souffert ces derniers jours.

Date du Message :
04 05 2010 19:51:58
Latitude : -04°-09'-37,6" - Longitude : 013°02'50,2"
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DOLISIE / LOUDIMA
Vendredi 30 avril 2010 57 km cumul : 13 171 km
Dénivelé : 515 m

J'avais prévu de ne pas partir de bonne heure et je me suis débrouillé avec le cuisinier afin qu'il me prépare le petit déjeuner pour 6 h 30 et un départ à 7 h. Pas de problème m'a-t-il dit. Toujours est-il que ce matin je démarre sans déjeuner, ce qui n'est pas du tout dans mes habitudes. Moralité: ne jamamis faire confiance en Afrique.

Par expérience je demande ma route régulièrement afin de m'assurer que je suis dans le bonne direction. au dernier embranchement, je demande à un policier qui m'envoie droite en m'avertissant qu'il y a beaucoup de mares. Qu'est-ce que ça veut dire ?

J'arrive de suite sur une piste en latérite pas terrible et dire que je suis sur la route principale du Congo : POINTE-NOIRE / BRAZZAVILLE, la RN 1. Premier constat, à part en ville il n'y a aucune route goudronnée au Congo.

Je démarre donc au milieu d'une forêt luxuriante et des flaques d'eau de temps en temps. Le policier a certainement exagéré. Et non, car les flaques d'eau se transforment rapidement en mares d'eau et de boue. Je m'enfonce dans la boue qui heureusement est très humide et ne colle pas trop. Parfois, je passe dans l'eau au risque de me casser la figue au milieu d'un mare, parfois je passe à pied en trainant Tornado et sa remorque me donnant l'impression d'un âne qui ne veut pas avancer. Il y a beaucoup plus de circulation que sur l'autre piste et je suis souvent obligé de me ranger sur le côté pour laisser passer les véhicules qui m'avertissent à grands coups de klaxon.

Une fois, je pensais pouvoir passer mais au milieu, j'ai de l'eau jusqu'au milieu de sacoches et je suis obligé de reculer : voyez le tableau. Je cherche à passer sur le côté mais je m'enfonce dans la boue. Je suis obligé de décrocher et de tout traverser à bout de bras avec de l'eau jusqu'aux genoux. Je patauge vraiment dans la gadoue.

Je fatigue et j'en ai marre (pas mare) mais je n'ai pas le choix, il me faut avancer. Pour corser le tout, il y a du relief et j'ai même un passage à 30 % et croyez-moi j'ai besoin de toutes mes forces pour hisser le vélo en haut de la côte dans la boue.

De temps à autre, des camions lourdement chargés, embourbés jusqu'aux essieux sont coincés et essayent de s'en sortir mais je ne sais pas s'ils y arriveront. J'ai l'impression de vivre un cauchemar.

Malgré tout j'avance mais dans les rares villages, les informations sont dirrérentes et on m'annonce 20 km pour LOUDIMA et après 7 à 8 km, il me reste encore 8 km (ce qu'il faut savoir, c'est que depuis quelques jours, je n'ai plus de compteur et jusqu'à présent, je savais que je tournais à 10 km/h de moyenne, arrêts compris mais là, je n'ai plus aucun repère).

A un petit village on m'interpelle en me signalant un raccourci pour LOUDIMA. Si tu prends la piste normale, c'est plus long et il y a beaucoup d'eau. Je ne suis pas plus royaliste que le roi et j'optempère. A ce moment, un cycliste me demande de la suivre car il va à LOUDIMA. C'est Roger, l'instituteur de ce village qui rentre chez lui après la classe. Finalement nous prenons un piste très étroite, un peu boueuse certes mais si c'est un raccourci. Qu'il y moins d'eau, c'est une vue de l'esprit car de l'eau, j'en aurai aussi. Je navigue sur une piste trés étroite, sur deux bandes de roulement à peine large de 20 cm, il me faut viser juste. Le raccourci me semble très long, il est vai que nous n'avançons pas très vite.

Nous arrivons avec Roger à LOUDIMA et me mène à un hôtel qui affiche complet. J'offre une bière à Roger et nous discutons longuement, en particulier sur la situation politique du Congo où Roger n'a pas trop l'air d'accord avec le pouvoir en place. Il me parle beaucoup de chomage chez les jeunes et de son pays qui n'avance pas. Il me met surtout en garde de ne pas aller à BRAZZA à vélo, il me faut absolument prendre le train. Dans le département qu'il appelle le Pool (j'ignone comment ça s'écrit) sévit encore des rebelles qui ont été lachés par leur chef devenu ministre. Il me dit qu'ils attaquent même le train et que ce serait dangereux pour moi de traverser ce département. Ce ne sont que des jeunes perdus qui n'hésitent pas à tuer pour voler, ce qui me sera confirmé par d'autres par la suite. De toute manière, on m'anonce une piste encore plus mauvaise, ma décision est prise, je prendrai le train.

Roger très gentil veut absolument m'assister pour prendre le train. En attendant, je l'invite à manger avec moi du poisson (genre de dorade) et manioc. Il m'en coutera 2000 f pour les deux. Nous prenons rendez-vous à 19 h pour aller à la gare. A la gare, on nous dit de venir vers 1 h du matin et on verra si on peut charger mon vélo et je prendrai le bille après.

Date du Message :
02 05 2010 19:30:43
Latitude : -04°-12'-14,9" - Longitude : 012°40'09,9"
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KIBANGOU / DOLISIE
Mercredi 28 avril 2010
Jeudi 29 vril 2010 100 km (50 à vélo et 50 en camion) cumul : 13 114 km
Dénivelé : 630 m

Il a bien plu cette nuit, je redoute le pire sur la piste. J'ai passe la nuit en bonne compagnie. Un moment, j'ai senti une bête sur le visage et ce matin au réveil il y avait un souris dans mon lit, malheureusement, ce n'était pas une souris humaine mais un petit souriceau.

La piste a l'air d'avoir bien supporté la pluie et je n'ai aucun problème. Seul la tôle ondulée me pose problème, j'ai l'impression d'être sur un bateau mais avec l'amortissement de l'eau en moins.

Le paysage est absolument magnifique, fait de collines herbues à perte de vue et ce sera ainsi tout la journée. J'espère que les photos seront belles pour vous en faire profiter. J'arrive à un fleuve très large, le fleuve Niari qu'un pont étroit et long traverse.

La piste continue d'être aussi pénible, beaucoup de tôle ondulée et je suis un peu saturé, d'autant que mon postérieur et le périné me font un peu souffir. En un mot, je sature un peu et je décide d'arrêter le prochain camion. Ce sera chose faite au bout de 50 km. On charge Tornado et sa remorque dans le camion avec les passagers et comme je suis blanc, je vais en cabine avec le chauffeur.

Le voyage sera très agréable avec le paysage magnifique, des arrêts dans les villages et un chauffeur sympathique. A l'entré de DOLISIE, on me laisse avec des gendarmes et l'un d'eux prendra un taxi pour m'accompagner dans un hôtel. Je pense qu'il touche quelque chose mais ce n'est pas mon problème.

DOLISIE est un ville assez importante (la troisième du Congo) mais la centrale qui fournit l'électricité est en panne et il n'y a pas plus de courant que dans la campagne. C'est donc raté pour internet. Depuis le Gabon internet me pose vraiment des problèmes.

Apprarament, je n'ai donc aucune raison de rester ici un jour de plus mais il y a ici le consult de l'Angola, pourquoi ne pas me renseigner et faire mon visa ici. Je reste donc une journée de plus pour m'entendre dire après une heure d'attente que finalement ils ne délivrent pas de visa : chou blanc. Je n'ai pas trop de regret car il pleut ce jeudi depuis 6 heures du matin.

En fin d'après-midi, je fais la connaissance d'Arsène qui travaille pour la société pétrolière Sud Africaine : PUMA. Il me propose son bureau pour aller sur internet, ce qui m'aura permis de mettre mon site un peu à jour. Merci Arsène, tu est bien sympa.

Date du Message :
02 05 2010 19:30:32
Latitude : -04°-12'-14,9" - Longitude : 012°40'09,9"
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KIBANGOU / DOLISIE
Mercredi 28 avril 2010
Jeudi 29 vril 2010 100 km (50 à vélo et 50 en camion) cumul : 13 114 km
Dénivelé : 630 m

Il a bien plu cette nuit, je redoute le pire sur la piste. J'ai passe la nuit en bonne compagnie. Un moment, j'ai senti une bête sur le visage et ce matin au réveil il y avait un souris dans mon lit, malheureusement, ce n'était pas une souris humaine mais un petit souriceau.

La piste a l'air d'avoir bien supporté la pluie et je n'ai aucun problème. Seul la tôle ondulée me pose problème, j'ai l'impression d'être sur un bateau mais avec l'amortissement de l'eau en moins.

Le paysage est absolument magnifique, fait de collines herbues à perte de vue et ce sera ainsi tout la journée. J'espère que les photos seront belles pour vous en faire profiter. J'arrive à un fleuve très large, le fleuve Niari qu'un pont étroit et long traverse.

La piste continue d'être aussi pénible, beaucoup de tôle ondulée et je suis un peu saturé, d'autant que mon postérieur et le périné me font un peu souffir. En un mot, je sature un peu et je décide d'arrêter le prochain camion. Ce sera chose faite au bout de 50 km. On charge Tornado et sa remorque dans le camion avec les passagers et comme je suis blanc, je vais en cabine avec le chauffeur.

Le voyage sera très agréable avec le paysage magnifique, des arrêts dans les villages et un chauffeur sympathique. A l'entré de DOLISIE, on me laisse avec des gendarmes et l'un d'eux prendra un taxi pour m'accompagner dans un hôtel. Je pense qu'il touche quelque chose mais ce n'est pas mon problème.

DOLISIE est un ville assez importante (la troisième du Congo) mais la centrale qui fournit l'électricité est en panne et il n'y a pas plus de courant que dans la campagne. C'est donc raté pour internet. Depuis le Gabon internet me pose vraiment des problèmes.

Apprarament, je n'ai donc aucune raison de rester ici un jour de plus mais il y a ici le consult de l'Angola, pourquoi ne pas me renseigner et faire mon visa ici. Je reste donc une journée de plus pour m'entendre dire après une heure d'attente que finalement ils ne délivrent pas de visa : chou blanc. Je n'ai pas trop de regret car il pleut ce jeudi depuis 6 heures du matin.

En fin d'après-midi, je fais la connaissance d'Arsène qui travaille pour la société pétrolière Sud Africaine : PUMA. Il me propose son bureau pour aller sur internet, ce qui m'aura permis de mettre mon site un peu à jour. Merci Arsène, tu est bien sympa.

Date du Message :
02 05 2010 19:13:45
Latitude : -03°-28'-55,9" - Longitude : 012°19'07,3"
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NYANGA / KIBANGOU
Mardi 27 avril 2010 92 km cumul : 13 014 km
Dénivelé : 340 m

Comme tous les matins, je démarre à 6 h après mon petit déjeuner à la frontale pour une belle étape longue mais qui sera relativement plate.

L piste est relativement bonne, un peu de tôle ondulée, des cailloux mais je m'en accomode. Le seul souci, le veille, la réparation de la selle n'a pas tenue. Pire, j'ai perdu la vis et le mécanisme qui tient le cuir de la selle. Conséquence, je pédale sur un morceau de cuir posé sur deux rails en acier. Ce n'est pas très confortable mais je n'ai pas le choix. Je verrai à Brazza pour solutionner.

Je pédale au milieu de ces herbes. C'est assez magique, cette absence de forêt et toute cette herbe plus haute que moi. C'est finalement aussi imprénétrable que la forêt.

Ici quand je traverse les villages, si l'accueil est toujours aussi sympa, je sens malgré tout les gens un peu sauvage. Une femme avec un fardeau sur le dos, attend son mari en me voyant. Certains gamins se cachent de peur dès qu'ils me voient. J'ai même fait courir devant moi un gamine morte de peur, essayer de rejoindre sa mère en criant ; elle avait même perdu ses chaussures et continuait à courir.

De toute la matinée, je n'ai pas encore vu un véhicule. J'entends un camion, je m'arrête pour le laisser passer et c'est le camion de mon japonais qui a dû rester une journée de plus à NGONGO. Il faut savoir qu'ici, il n'y a pas de taxi-brousse. Ce sont les camions qui transportent les gens avec leurs bagages, le plus souvent de grands sacs de manioc. C'est assez impressionnant, de voir tous ces gens entassés sur les camions au défit de toute sécurité.

Au village suivant, je rattrape camion arrêté pour prendre d'autres passagers. J'en profite pour discuter avec Tommy et prendre quelques photos.

J'arrive finalement à KIBANGOU où je trouverai une chambre gérée par une missions catholique. Bien sûr pas d'électricité comme dans tous les villages mais j'aurai de l'eau dans un seau pour me laver.

Je visite l'égise juste à côté où la cloche est remplacée par une jante de camion come dans beaucoup d'endroit que j'avais déjà observé.

Le repas ce sera avocat, cuisses de poulet achetés au bord de la route. Ici, il n'y a pas de restaurant et d'ailleurs juste une épicerie où je peux faire mes courses pour demain.

Je croyais arriver dans une petite ville, en fait ce n'est même pas un gros village. Décidément depuis quelques jours, je suis en pleine sauvagine.

Date du Message :
02 05 2010 18:57:32
Latitude : -02°-54'-54,6" - Longitude : 011°53'18,3"
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NGONGO / NYANGA
Lundi 26 vril 2010 49 km cumul : 12 922 km
Dénivelé : 525 m

Quand je démarre à 6 h, mon japonais qui devait prendre le camion à 4 h est encore là. J'ai bien peur qu'il ait raté le camion où qu'il ne passera pas.

La piste est dans un piteux état, cailloux, cailloux même si elle s'améliore par la suite où j'ai droit à de la tôle ondulée. Vous connaissez le principe de la tôle ondulée, il faut y rouler très vite pour ne pas en sentir l'effet mais en vélo, c'est compliqué.

Sur la route, je ne vois personne, pas âme qui vive, pas de circulation. Heureusement de temps à autre, je traverse un village et à chaque fois c'est impressionnant. tout le monde me dit bonjour, veut que je m'arrête. Les enfants me crient après et tentent de m'accompagner en courant. Ca me change vraiment du Gabon car ici, je suis sans arrêt en train de dire bonjour.

Je suis en pleine savane, telle que je l'imaginais. La forêt a pratiquement disparue, le sol est couvent de hautes herbes à perte de vue.

J'arrive enfin à NYANGA où il n'y a vraiment pas grand chose. On m'indique le seul hôtel au bord du fleuve. J'y accède par un petit sentier pas très commode à vélo. L'impression est très mitigée. L'accueil pas terrible et l'hôtel est très sale. pour accéder à la baignoire car il y a une baignoire, il faut enlever les toiles d'araigners. Pas d'électricité, pas d'eau. Om me branche le groupe pour 30 minutes mais l'eau n'arrive pas. Tant pis que l'on m'amène un seau d'eau. Je réclame une serviette, un savon mais j'ai l'impression de déranger. Je pends la décision de remballer et de quitter les lieux. C'est la première fois que je perds patience et en ce moment, il m'en faut car je commence à connaître l'Afrique.

Je retourne au village et bien m'en prend car je trouve une chambre avec un simple lit et une moustiquaire. Je fais donc connaissance de Ousmane et Brunel. Au village, il n'y a plus de bière et à coup de moto, nous nous retrouvon à l'extérieur du village iù il ne reste que 5 bières.

Ensuite nous allons manger chez Ousmane où sa femme nous a préparé de l'antilope, su silure et du manioc. Il faut ensuite se laver et à moto sur une piste de 7 km, nous allons nous baigner à la rivière. Et là, c'est un enchantement. Une eau limpide coule en petites cascades. L'endroit est magnifique, en pleine forêt. L'eau me fait des massages très agréables. Je ne regrette pas ma décision d'avoir quitter l'hôtel.

La fin d'après-midi se passera à discuter devant les magasins d'Ousmane et de Brunel où j'aurai le chic d'attirer les ivrognes du village pour leur payer à boire, chose que je ne ferai pas. Je me couche de très bonne heure tout content une fois de plus de l'accueil congolais.

Date du Message :
02 05 2010 18:39:23
Latitude : -02°-39'-45,0" - Longitude : 011°36'14,6"
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NDENDE / NGONGO(frontière)
dIMANCHE 25 AVRIL 2010 50 KM Cumul : 12 873 km
Dénivelé : 120 m

Je quitte NDENDE sans regret, sachant que je vais enfin quitter le Gabon, mais ce ne sera peut-être pa mieux au Congo, enfin je verrai.

La piste est toujours en excellent état et relativement plate. Mais une piste est toujours une piste, c'est assez fatiguant d'y progresser.

Je suis dans un paysage de savane avec de hautes herbes comme je l'imaginais bien. De temps à autre, des marigots de chaque côté de la piste où j'espère en vais y voir des animaux. Des animaux, en l'occurence les chiens ont maintenant fait leur apparition. Après les chiens sauvages du Sahara Occidental, ils avaient pratiquement disparu en Afrique de l'ouest. J'en ai retrouvé dans tous les villages du Cameroun mais dormaient au bord de la route. Ici au Gabon, c'est comme-ci ils avaient déteints qur la population. Ils sont très agressifs et dans chaque village il me faut rester vigilant et même m'arrêter assez souvent.

A l'entrée d'un village, un gabonais est en train d'extraire du vin de palme d'un palmier. Je m'arrête pour prendre des photos et avoir des explications. Le palmier est abattu. Le tronc est creusé avec un petit orifice à la base sous lequel est placé un petit bidon. La sève (le vin de palme) s'écoule dans le jerickan et l'intérieur est coupé dès que la sève ne s'écoule plus. Cela peut durer plusieurs jours. Dans ce qu'on appelle le vin de palme, on met un morceau de bois amer qui lui donne ce goût particulier. Le monsieur en question m'explique gentiment tout ça et un autre me dit que c'est dieu qui leur a donné ce vin de palme, nous sommes bien en Afrique où l'on fait toujours référence à dieu.

La piste de détériore et la latérite est remplacée par de la terre et des cailloux. Malgré l'incofort (pour mes fesses) de la piste, je préfère ça à une piste sablonneuse. Heureusement nous sommes dimanche, il n'y a pas de circulation car la piste très étroite ne permettrit pas à un vélo et un voiture de se croiser. Je suis au milieu de hautes herbes donnant une étrange sensation. Je trouve le coin magnifique, j'espèrs bien que les photos rendront.

La frontière gabonaise se passe sans problème et je ne suis plus au Gabon. J'ai trois contrôles différents pour pénétrer au Congo après 50 km de piste. Devant me surprise des ces nombreux contrôles, on m'explique que ce pays était en guerre il y a peu et que c'est pour notre sécurité. J'apprends également qu'on peut faire le visa à la frontière. J'aurai ainsi pu éviter LIBREVILLE, il faut que j'informe Xavier.

Ma selle qui a plus de 30 ans (une vieille amie de 30 ans) commence à partir en vrille, je décide donc de rester là pour réparer d'autant que le prochain bled est à 50 km.

Je trouve ce qu'on peut appeler un hôtel, un simple lit sans rien d'autre. Ce sera 2000 F. ou 3000 avec l'électricité. Je prends l'option à 3000 car il y un ventilateur. Le seul problème c'est que je n'aurai peut-être l'électricité que ce soir et le ventilateur ne marche pas.

La veille, j'avais comme voisin de chambre un jeune japonais qui traverse l'Afrique avec sac à dos et en bus. Je le retrouve dans ce village et l'invite à partager un plat de spaguetti que je me fais cuire. Il a l'air de s'être régalé et comme il parle un français, nous pouvons deviser. Décidément, ce village d'un autre bout du monde est très international aujourd'hui.

Comme hier, je passe mon temps à trainer en attendant que l'heur tourne et que le temps se rafraîchisse. Je vais me laver à la rivière, des jeunes fills s'y baignent après avoir fait la vaisselle. Je me lave juste à côté, ici c'est comme ça. Vous verrez d'ailleurs les photos.

Ce soir le restaurant (??) sera ouvert mais comme on n'a pas livré le poisson d'eau douce, ce sera manioc, un point c'est tout. Dès que nous avons fini de manger, le propriétaire nous demande gentiment de nous mettre sur le côté afin qu'il puisse installer la télévision et ainsi tout une partie du village pourra regarder France 24. Bien sûr près avoir mis son groupe électrogène en route car dans ce village, il n'y a pas l'électricité.

Date du Message :
02 05 2010 18:12:18
Latitude : -02°-24'-06,3" - Longitude : 011°21'03,9"
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MOUILA / NDENDE
Samedi 24 avril 2010 77 km cumul : 12 823 km
dénivelé : 255 m

Après une journée de repos, je repart en pleine forme pour ma dernière journée gabonaise. Je n'ai pas de regret de quitter ce pays qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Hier, il n'a pas plu et le soleil est de la partie. La piste tout en latérite est en excellent étant mais je ne vous dis pas la poussière que je prends chaque fois qu'un véhicule me double ou me croise. Heureusement, j'ai mon masque acheté au Burkina et les lunettes que j'avais prévu pour le sable dans le désert. si j'ai déjà l'air d'un extra-terrestre avec mon vélo et ma remorque, avec mes lunettes et mon masque, ce doit être encore pire.

Je m'arrête pour ravitailler et je vois un peu plus loin un taxi-brousse dans le décor qui a dû faire plusieurs tonneaux. Un gabonais qui s'était arrêté pour discuter m'apprend que c'est arrivé ce matin. C'est un tax-brousse qui amenais des gens à un mariage et il y aurait eu trois morts. Lorsque les gens s'étonnaient de mon voyage en frique et des risques que cela comportait. En fait où je risque le plus, c'est quand je prends un taxi ou un taxi-brousse.

La piste facile et le relief relativement plat me fait arriver à NDENDE autour de 12 k 30 dans ce village du bout du monde, plus du bout du Gabon. J'arrive dans un hôtel très rustique où on me regarde comme un zombi. C'est vrai que je suis dans le Gabon profond. Je m'installe dans le restaurant pour manger un plat de spaguettis. Une trentaine d'enseignant en formation arrivent, un seul me dira bonjour. Pire, quatre s'installent à ma table sans même me regarder. Cela confirme bien ce que je pends des gabonais. Je maintiens le Gabon à la dernière place au hit parade des pays que j'ai traversés.

J'ai toute l'après-midi pour trainer et ce sera long car la chambre n'est pas trop confortable et il fait très chaud. Je suis à une trentaine de bornes de la frontière du Congo et demain, j'entre dans mon treizième pays.

Date du Message :
02 05 2010 17:58:50
Latitude : -01°-52'-16,8" - Longitude : 011°03'13,6"
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FOUGAMOU / MOUILA
Jeudi 22 avril 2010 107 km cumul : 12 746
Dénivelé : 355 m

Il a beaucoup plu toute la nuit. J'ai fait l'erreur de laisser quelques affaires sécher sur la terrasse couverte mais la pluie soufflant en rafale a tout mouillé, le prochaine fois, je serai plus vigilant. Comment vais-je trouver la piste ce matin ? En fait, la latérite se comporte bien, il me faut juste slalomer entre les flaques d'eau.

Depuis NDJOLE, om m'annonce un cycliste avec des sachoches. Bernard l'a vu passer à NDJOLE la veille de mon départ et régulièrement on me signale le passage de mon frère quelques heures avant moi. J'arrive dans un village et on me dit que mon frère est ici, qu'il n'a pas démarré. Je m'arrête à la sortie du village pour ravitailler et le fameux cycliste arrive. C'est un jeune hollandais qui vient de terminer ses études et rejoins LE CAP avant de se mettre au travail, démarche assez classique. Il est sympa et parle très bien le français. Il dort régulièrement dans la brousse et nous avançons pratiquement au même rythme mais nous ne dormons pas aux mêmes endroits. Il repart et je reste un peu pour finir de ravitailler et prendre quelques photos.

La piste se détériore et la latérite fait place à de la boue collante. C'est de plus en plus compliqué d'avancer car la boue se coince de partout, en particulier sous les garde-boue. Je ratrappe mon hollandais qui prend la décision de démonter ses garde-boue. Quant à moi, pour l'instant ça passe mais pas pour longtemps. Je suis complètement coincé et dégage la boue à l'aide d'un bâton que je trouve dans cette forêt sans problème et je m'arrêterai plusieurs fois pour recommencer l'opération assez pénible. Je ne vois pas mon hollandais revenir et je le reverrai plus, peut-être un autre jour !

La latérite réapparait, le soleil sèche vite la piste, ça avance mieux. En parlant de soleil, il commence à faire très chaud et très soif. La veille à cause du vin de palme, je n'ai pas fait mes courses. Je suis parti avec de l'eau du robinet mais en quantité insuffisante. Je vais payer cette erreur casch et la fin de la journée sera très pénible.

Petit à petit, la forêt fait place à la savane, le paysage est toujours vert mais c'est maintenant de l'herbe. J'arrive à MOUILA vers 16 h. et un peu cuit car les piste est assez usante, entre les cailloux et la tôle ondulée. Et 107 km tout en piste, ce n'est pas mal pour un petit cycliste comme moi. Je suis complètement, tout comme Tornado, tout couvert de boue. Je décide donc de rester un jour de plus à MOUILA pour nettoyer tout ça. La remorque et Tornado ont besoin d'une bonne toilette et d'un bon graissage. Je trouve d'ailleurs un hôtel très sympa, l'hôtel du Lac Vert où on m'installera un tuyau pour nettoyer mon attelage.

Date du Message :
02 05 2010 17:40:26
Latitude : -01°-12'-43,10" - Longitude : 010°35'31,5"
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LAMBARENE / FOUGAMOU
Mercredi 21 avril 2010 92 km cumul : 12 639 km
Dénivelé : 580 m

Je démarre à 6 h. car j'ai une journée de près de 100 km dont la moitié en latérite comme annoncé depuis plusieurs jours.

En fait je vais faire 60 km d'une route superbe, sans trop de montée. La vallée est assez large et la forêt toujours présent est beaucoup moins oppressante. Les villages sont très nombreux, se touche carrément et chaque fois fait de maisons en bois, souvent délabrées.

Je traverse les villages en saluant énormément, ce qui me change du Gabon que je connais jusqu'à présent. A propos du Gabon, il faut savoir que dans mon classement des pays, il est actuellement bon dernier, classement il est vrai subjectif. Le gabonais dit rarement bonjour, ils se complaisent en costume cravatte et belle voiture. J'ai également remarqué en ville un nombre impressionnant de burocrate. Tout ça m'est confirmé par les gens avec qui je peux en parler. Le gabonais est tès peu travailleur, il estime qu'il n'a besoin de personne, d'où sont attitude.. C'est un pays très peu peuplé (1,3 million d'habitants), très riche dans son sous-sol, fait que de forêt. A ce jour, je languis de quitter ce pays qui ne me laisse pas une bonne impression. Il ne faut tout de même pas généralisé non plus car j'y ai tout de même rencontré des gens intéressants.

Revenons à nos moutons. D'un seul coup, sans prévenir, allez savoir pourquoi la route s'arrête et fait place à une excellent piste. C'est un bonne surprise pour moi car avec la remorque, je redoute toujours les pistes. Deuxième bonne surprise, et elles rares sur les routes en Afrique, elle ne durera que 20 km alors qu'on m'avait promis plus du double.

La piste sera bientôt goudronnée et fait étonnant, ce ne sont pas les chinois qui ont le chantier mais des espagnols avec qui j'ai l'occasion de discuter. Le goudron reprend ses droits et j'arrive enfin à FOUGAMOU.

FOUGAMOU est une ville bizarre comme souvent ici, faite de quartier et il n'y a pas vraiment de centre ville. Je trouve un hôtel sympa et bien tenu, je m'y installe. Ce sera l'occasion de rencontrer deux jeunes, Francis et Grazélia avec qui je bois une bière. Ensuite ils m'invitent dehors pour boire le vin de palme avec quatre gabonais. Nous resterons plus de deux heures à discuter bien entendu de mon voyage mais aussi du Gabon et de ses problèmes. Nous parlerons aussi de téléphone mobile car Francis et Grazélia tavaillent pour l'opérateur Zain. Je me couche tranquille car le vin de palme, c'est bon mais il ne faut pas en abuser.

Date du Message :
02 05 2010 17:24:18
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LAMBARENE (ARRET)
Mardi 20 avril 2010

J'avais l'intention de changer d'hôtel mais le matin, je suis plus calme, d'autant que la réceptionniste est plus sympa. Changer d'hôtel m'obligeait à reprendre le vélo et je n'en ai guère envie.

Je ne regretterai pas ma décision car Franck, le frère de la propriétaire me propose de m'accompagner pour visiter LAMBARENE. J'aurai ainsi l'occasion de visiter le musée du Docteur SCHWEITZER où toute sa vie est retracée. Je verrai sa maison, sa chambre, sa tombe et son hôpital comme il était à l'origine. Franck m'emmène dans ce que le docteur SCHWEITZER appelait le village lumière. C'est un village de lépreux que SCHWEITZER soignait à l'origine. J'en profite pour parler avec quelques lépreux, non pas leur serrer la main mais le bras car ils n'ont pas souvent de mains, rongées par la maladie. Je discute particulièrement avec un lépreux qui est bien au courant de la vie actuelle et passée de ce village. Actuellement, ils ne sont plus que 22, sans commune mesure avec le village aidé pa LAUNATHO au Sénégal où ils sont près de 3 000, je crois.Ensuite Franck me fait visiter une ancienne église coloniale, St François Xavier où il a fait ses études au séminaire.

Finalement, je ne regrette pas d'être resté à LAMBARENE car je serai passé à côté de ces visites. Pour l'anecdote, je suis resté à LAMBARENE pour mettre à jour mon carnet de route mais le seul cyber de la ville n'est plus connecté depuis 5 mois. D'ailleurs, je ne retrouverai plus de cyber dans tout le Gabon qui est décidément un drôle de pays.

Date du Message :
29 04 2010 18:15:02
Latitude : 00°42'23,1" - Longitude : 010°13'20,4"
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NDJOLE / LAMBARENE
Lundi 19 avril 2010 135 km cumul : 12 547 KM
Dénivelé : 1 370 m

Ce matin je vais déjeuner dans la rue. Dans NDJOLE, il y a 5 ou 6 estancots qui restent ouverts 24 h sur 24,7 jours sur 7. Tu peux à toute heure du jour et de la nuit, manger du boeuf braisé, du poulet, des frites, des bananes plantins, du riz et boire ton café ou ton lait. Les gens se relaient et depuis que je suis ici, ils me connaissent tous.

Finalement il est à peine 6 h et je démarre pour BIFOUN. Il a plu, le ciel est couvert et la fraicheur n'est pas au rendez-vous (30 °). La première partie s'avère très difficile mais je m'y attendais. Le paysage est toujours le même, la forêt, la forêt, la forêt. La diffuculté et les collines passées, le paysage s'élargit et je peux distingues l'horizon.

Je transpire énormément et n'arrête pas de boire. Pour la première fois, j'ai la plante des pieds mouillée, signe de cet air très humide ce maitn.

J'arrive à BIFOUN tout content d'avoir fini ma journée à 10 h 30. Ici pas grand chose, très sauvage et le seul hôtel du village est en réparation. Jer me tate, je trouve un hébergement ou je continue su LAMBARENE. Dans ce cas cela me fera une grosse étape d'autant que j'ai déjà du dénivelé dans les pattes. Finalement je reprends la route et on verra bien.

La route est très belle et facile dans sa première partie, j'avance bien mais j'ai besoin de boire et je peux me ravitaille dans les petits villages que je traverse.

Le final est un peu plus dur et j'arrive à LAMBARENE un peu fatigué certes mais ça peut aller.

Finalement l'étape fera 135 km et près de 1 400 m de dénivelé, c'est pas mal pour une reprise.

L'institut SCHWEITZER, le bien nommé où je suis très mal accueilli mais au GABON, je commence à m'y habituer. J'y rest tout de même car je suis trop fatigué pour trouver un autre hôtel.

Date du Message :
29 04 2010 18:04:33
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NDJOLE (FORET ET BRINGUE)
Samedi 17 avril 2010
dimanche 18 avril 2010

J'ai rendez-vous chez Dédé à 7 h avec mon guide. Celui-ci sera absent et il me trouve deux du quartier : Dany et Augustin qui connaissent bien la forêt. Augustin travaille avec son père qui exploite la forêt à titre perso.

Je vais passer une grosse matinée dans la forêt où je vais me régaler. Les deux jeunes m'expliquent tout, les arbres, les plantes et même la rivière assez dangereuse à cet endroit avec ses supertitions. Ils m'expliquent que si tu tombes dans la rivière, il ne faut jamais crier car dans ce cas, tut te noies. Lesprits te prennent.

En traversant une rivière, des trous et un barrage et on m'explique que ce sont les orpailleurs qui viennent ici chercher l'or et un orpailleur on en verra un plus loin en train de travailler. c'est un garçon, Alain, très sympathique et m'explique son métier. C'est un travail très pénible et presque pas aléatoire mais qui rapport beaucoup d'argent. Il a l'air content de son sort même si certain luis dise qu'il fait un travail de vaurien, il s'en moque car ainsi, il nourrit sa famille.

Nous sortons du fond du vavin de l'orpailleur par un petit sentier scabreux et il faut faire très attention car tout est humide ici. Nous trouverons des traces d'éléphants récentes et même des excréments. L'odeur particulière nous signifie leur passage récent.

Dans la forêt de nombreuses plantes sont utilisées que ce soit pour l'alimentation ou se soigner. Le chocolatier par exemple, rien à voir avec le chocolat sert à faire des sauces pour accompagner les plats. D'un autre arbre on utilise l'écorce pour les maux de dents. Ils m'en montre un autre pour faire les cure-dents que l'on voit sur les marchés. Bref, je passe un moment très intéressant.

En rentrant chez Dédé, il m'invite ce soir à une soirée grillade avec les européens de la société SBO. Je prévois une soirée bien arrosée et décide de rester là demain.

Je passerai une agréable soirée et nous nous coucherons à 3 h. du matin après pas mal de bières. Je discuterais beaucoup avec Alain que je connaissais jéjà et il me réconciliera avec les expat. Pour moi c'était des sortes de colons venus chercher du fric. Lui, ce n'est pas du tout son cas, il a plus de 40 ans d'Afrique, se trouve bien en Afrique et n'a plus trop envie de rentrer en France. Il y a d'ailleurs fait une tentative mais est vite retourné en Afrique. Il est accroc à l'Afrique.

On parlera aussi d'envoutement pour un français apparament accroché à une fille. Les gabonaises présentes disent sérieusement qu'il a été fétiché et ne pourra plus s'en débarrasser. Ils utilisent des produits qu'elles mettent dans le sexe et même dans la bouche. Elles achètent des fétiches au marché qu'elles mettent davant sa porte. Voila également l'Afrique et toute sa magie.

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29 04 2010 17:30:23
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LIBREVILLE (VISAS)
lundi 12 avril 2010 au
Vendredi 16 avril 2010

Je décide de laisser mon vélo à l'hôtel à NDJOLE pour me rendre à LIBREVILLE pour mon visa pour le Congo Brazza. Il est en effet inutile que je fatte l'aller et retour à vélo (320 km) pour rien.

A h., je prends un taxi collectif (7000 f.) pour LIBREVILLE. J'ai ainsi un aperçu de ce qui m'attend sur la première partie de la route de LAMBARENE, ce sera encore plus dur que ce que j'ai connu jusqu'alors mais l'étape sera courte.

Je repasse l'équateur pour l'hémisphère nord mais je n'ai rien vu, je dormais. Je ferai gâfe au retour.

Plusieurs contrôles où tout se passe normalement mais à un contrôle, un gendarme me demande 5 000 f. Devant mon air étonné, il me répond que si je suis touriste c'est gratuit mais si je suis aventurier c'est 5000 f. Je lui demande c'est quoi un aventurier, un aventurier c'est un aventurier. Je commenc à élever la voix en disant que je suis en règle et que de toute manière je ne payerai rien. Le ton s'élève des deux côtés et le chef intervient me demandant de me calmer sinon ils me gardent au poste. Vous me connaissez et en plus je n'ai rien à perdre et je leur dis de me garder au post, ce seront eux les plus embétés. Le ton se calme, le chef m'affirme que son sublalterne ne m'a jamais demandé d'argent. Enfin tout rentre dans l'ordre, il me rend le passeport en me faisant promettre de me fraire enregistrer au retous sinon gar à moi, cause toujours. Si je m'étais laissé faire, c'était 5000 f. dans leurs poches mais si on élève la voix ils de ravissent de suite. Quand je retourne au taxi, tout le mond riait de la scène en me certifiant qu'ici, c'est comme ça, tu payes et tu ne dis riens.

J'arrive enfin à LIBREVILLE, on me met dans un taxi pour l'ambassade du Congo Brazza où tout se passe très bien, mon visa dans 72 h. et ensuite le taxi me ramène à l'hôtel non sans essayer de m'arnaquer qur le prix mais après sept mois d'Afrique, je ne suis plus naïf.

Finalement après avoir récupéré mon visa, je décide d'aller à l'ambassade de la République Démocratique du Congo, cela m'évitera les formailités à BRAZZAVILLE. J'obiens mon visa sans trop de soucis mais n'ayant ni billet d'avion, ni d'adresse au Congo, je dois prouver que je suis bien un toureste. Je fais une photocopie d'une page de mon dossier de presse et cela à dû suffire.

Toutes les formalités effectuées, je rentre à NDJOLE en taxi. Moyennant un tarif plus élevé, on m'octroie la place de devant, je suis blanc après tout !! Derrière, ils sont 4 plus 3 enfants. Je propose de prendre un petit devant avec moi et c'est ainsi que je ferai le voyage avec Joanna sur mes genoux. Joanna à 19 mois et devant il n'y a aucune sécurité mais nous sommes en Afrique, c'est comme ça.

A un endroit, la route s'est effondrée, nous passons à pied et le taxi de justesse. Par contre aucun camion ne peut passer. J'imagine la pagaille avec tous les grumiers qui vont être coinceés pour le week-end car c'est la seule route pour se rendre à LIBREVILLE. En arrivant à NEDJOLE, je téléphone à mon nouvel ami Dédé pour qui'il me trouve un guide pour demain car 'ai envie de me promener en foêt. Pas de problème, il est tellement sympa qu'il va m'arranger le coup.

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29 04 2010 17:12:21
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NDJOLLE (REPOS)
Dimanche 11 avril 2010

Aujourd'hui c'est dimanche, il est donc inutile d'aller à LIBREVILLE, l'ambassade est fermée, je décide donc de trainer à NDJOLLE.

J'avais prévu de changer d'hôtel mais l'hôtel de Dédé est assez éloigné du centre ville et sur la piste défoncée par laquelle je suis arrivé. Je décide donc de rester ici même si ce n'est pas sympa et d'aller à pied manger chez Dédé.

Bien sûr chez ce fameux Dédé, je suis reçu comme un roi par lui et son épouse Hermine. J'ai d'abord droit à l'apéro au pastis, il y avait longtemps et même si je ne suis pas un accro du pastis, c'est très agréable, ces odeurs de Provence. Hermine nous avait préparé un plat de pommes de terre avec du zébu, une recette camerounaise qui me fait penser à la bombine de l'ardèche, le tout arrosé avec une bouteille de vin rouge espagnol. Quand il a fallu payer, c'était impossible car j'étais son invité. Comble de bonheur, Déd est un passionné des chanteurs français, Piaf, Brel et Brassens. Du coup, j'ai eu droit à mon festival Brassens. Pour ceux qui connaissent ma passion pour Brassens, écouter Brassens au Gabon, c'est pour moi une grande surprise et un grand bonheur.

Dédé appelle ensuite Bernard qui veut me faire visiter ses installations de travail. Je passe ainsi une après-midi très intéressantes. Bernard est breton, a toujours travaillé dans la marine et a des connaissances en construction navale. Il travaille dans une entreprise française qui exploite le bois dans la forêt (SBO). Les grumes sont acheminés ici à la scierie pour être soit débiter en planches ou acheminés tels quels par le fleuve jusqu'à PORT GENTIL. Cela dépend du bois, s'il peut flotter ou non. Le rôle de Bernard est de s'occuper des bateaux. Il vient d'en remettre un en état et en construit un tout neuf. Le bateau sert à guider le bois jusqu'au port et le courant fait le reste. Chaque rotation fait le travail de 20 camions, une grosse économie. Quande le bois ne flotte pas, il est installé sur une sorte de barge tirée par le bateau. PORT-GENTIL est un drôle de port car aucune route n'y mène si ce n'est qu'une mauvais piste. Bbernard me fait visiter tout le site qui est immense et nous allons ensuite boire un verre chez lui où je peux consulter mes mails. Nous retournons ensuite chez Dédé où l'on apprend que Hermine est enceinte, c'était bien sûr une conversation abordée pendant le repas, tu as des enfants, moi pas encore. Ensuite Dédé me ramène à l'hôtel.

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15 04 2010 11:22:59
Latitude : -00°-10'-55,3" - Longitude : 010°46'07,7"
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MISSENMIX AUBERGE/NDJOLE
Samedi 10 avril 2010 105 km cumul : 12 412 km
Dénivelé : 1 090 m

Ce matin, je déjeune grâce à une casserole d'eau bouillante qui m'est fourni. et je démarre tout content de l'accueil qui m'a été réservé ici en plein campagne et je ne pouvais donc pas rester au Gabon sur cette mauvaise impression.

La journée s'annonce excellente, d'autant qu'aujourd'hui je passe l'équateur que j'attends depuis mon départ. Il fait toujours aussi beau et hier pour une des rares journées,je n'ai pas eu de pluie.

La route est belle et l'équateur approche, je le visualise grâce à mon GPS, le point de latitude 0° approche. La route n'en finit pas de descendre et de monter, je saute de collines en collines.

Ca y est, j'y suis un panneau au milieu de la forêt :"Vous franchissez l'Equateur". Je vérifie mon GPS, il; m'annonce au panneau : Latitude Nord 00° 00, 06", soit 4 m d'écart, surprenant non. J'ai un problème pour prendre des photos, je suis seul et pas de circulation, j'essaye bien tout seul mais sans succès. J'attends le passage d'un véhicule. Un 4 X 4 s'annonce, le véhicule s'arrête et j'ai la chance d'avoir affaire à un français vivant à LIBREVILLE. Il accepte gentiment de me prendre plusieurs photos. Ce sera compliqué car mon appareil donne des signes de défaillances. Heureusement quelques photos ont pu être prises, j'aurais été trop déçu.

L'automobiliste m'indique deux hôtels sympa à NDJOLE dont l'un tenu par un certain Dédé que je retrouverai par la suite et il repart pour LIBREVILLE. Je reste un bon moment seul sur cette ligne d'équateur car vous ne pouvez imaginer l'émotion qui m'étraint en passant cette ligne Tout ceci est très symbolique mais depuis le temps que j'attends ce passage. D'ailleurs, je rêvais de dormir sur cette ligne mais je suis bien conscient que c'est impossible, je ne peux raisonablement dormir sur la route. Je rêvais d'y observer le ciel, savoir si je voyais encore l'Etoile Polaire et déjà La Croix du Sud, je ne le saurai pas, d'autant que le ciel est rarement étoilé ici. Je suis maintenant dans l'hémisphère sud et j'en suis très fier d'y être allé à vélo.

On m'avait promis une mauvaise route après l'équateur et effectivement, de ce côté, je n'ai pas de bonne surprise. La route se détériore d'un coup et surtout se rétrécit. La forêt se densifie et tout devient très très impressionnant, à faire peur. Je suis entouré de végétation, le ciel disparait. Je traverse des tunnels végétaux naturels fts de bambous géants : il y fait très noir et les photos sont difficiles à prendre. J'ai toujours le sentiment qu'un animal féroce va sortir de cette forêt et me sauter dessus.

Il fait très chaud et je commence à fatiguer, pourtant, je ne suis pas encore arrivé. Un petit village et j'en profite pour ravitailler un peu, surtout en boisson fraîche. Au bout d'une quarantaine de kilomètres, le revêtement s'améliore et la route s'élargit. Soudain, un barrage m'immobilise. Un camion-grue est en train d'essayer de sortir un camion tombé dans le fossé. Les automobilistes et taxi-brousse sont tous arrêter et je stope devant le barrage. Autour de moi, c'est de suite l'effervescence. Tous ces gens m'ont doublé et viennent me questionner sur mon étrange équipage. C'est très sympa et les questions fusent de partout. Une dame très gentille sort sa caméra et me filme pendant un bon moment tout en me questionnant. Le camion-gure n'arrive pas à remettre le camion sur la chaussée et du coup la circulation reprend.

Il fait très très chaud, pratiquement 40° et une humidité à 100 %. J'ai dû mal m'alimenter car la fringale arrive et je le sais, à vélo, pris par la fringale, c'est trop tard. Pour comble de malchance, non seulement la route se détériore mais elle devient épouvantable, de gros graviers et des cailloux partout. Je n'avance plus, la moindre côte est pour moi un calvaire, je monte tout à pied pour la première fois de mon périple.

Avant hier, je coyais avoir connu le pire, non c'est aujourd'hui que je le connais. En haut des bosses, toutes montées à pied et c'est très pénible de pousser le vélo chargé, je reste un long moment pour récupérer, essayer de me protéger de la chaleur, j'ai même envie de pleurer, j'en ai marre. Je me rends compte de ma solitude et dans ce cas là, un compagnon serait d'un grand secours.

Complètement cuit, j'arive enfin à NDJOLE, je n'ai même pas la force de m'arrêter pour boire frais, vite un hôtel. Je ne trouve pas l'hôtel conseillé par le français et j'entre dans le premier hôtel que je trouve où j'ai droit à un accueil très froid. Qu'importe, je bois immédiatement un bière bien fraîche et vais me reposer dans la chambre climatisée.

Je vais ensuite dans la rue pour manger du boeuf braisé et des bananes plantins frites. Je décide d'aller boire une bière et trouve un bar sympa à la sortie du village. A peine installé au bar, je suis interpelé par un gabonais :" C'est toi le cycliste qui devait venir dormir chez moi." C'est Dédé, le propriétaire de l'hôtel conseillé par le français sur l'équateur. Il avait été averti de mon arrivée et m'attendait. Il est accompagné de deux français, Alain et Bernard qui travaillent dans l'exploitation du bois à NDJOLE. Nous sympathisons et allons nous coucher après moult bières.

Date du Message :
14 04 2010 16:55:15
Latitude : 00°14'56,2" - Longitude : 011°17'07,1"
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MITZIC / MISSENMIX AUBERGE
Vendredi 09 avril 2010 83 km cumul : 12 307 km
dénivelé : 595 m

L'hôtel est sympa et confortable après une bonne douche, j'ai récupéré et je décide de continuer mon chemin. C'est incroyable le vélo, on se met dans des états épouvantables et après quelques heures, on oublie tout et on est pret à recommencer.

Ce vendredi, je démarre donc après une grâce matinée, debout à 6 h 15 pour une étape qui devrait être courte et me mener au prochain bled : LALARA.

Ca ne commence pas terrible et la route continue de monter et de descendre. Je vais vers l'océan, ça descendra bien un jour ! Effectivement, au bout d'une quinzaine de kilomètres, la route commence à se calmer. Je longe une rivière sur un plat descendant des plus agréables.

La végétation est tellement dense que je n'aperçois la rivière qu'en de rares occasions. C'est assez impressionnant et les photos sont difficiles à prendre.

Il fait beau, la route descend, le paysage est splendide : je me régale. Du coup, je retrouve un grand moral et me trouve bien ici avec Tornado.

Le temps se couvre, il commence à tomber des gouttes, il est 11 h et j'arrive à LALARA. Je mets Tornado à l'abri, je m'installe à l'auberge du coin pour boire un coca. En discutant avec l'aubergiste, très sympa, il me signale une auberge à 25 km. C'est gentil de sa part car je ne dormirai pas ici et je décide de continuer d'autant que la pluie cesse.

Je continue donc sur une route agréable quoique avec des montées mais une majorité de descentes. La vallée s'élargit, la rivière grossit et je peux jouir du magnifique paysage. La forêt est toujours aussi impressionnante et je zieute de chaque côté dans l'espoir de découvrir un singe ou un autre animal. Je vois traverser ce que je crois être un crocodile, en tout cas un gros gros lézard, peut-être un varan, mais je n'ai pas le temps de le prendre en photo, il a vite disparu.

J'arrive enfin à l'auberge annoncée et j'y suis merveilleusement reçu. Je suis en train de me réconcilier avec le Gabon. C'est un relais routier en somme et les grumiers s'y arrêtent pour dormir ou manger. D'ailleurs de nombreux me reconnaissent car ils me doublent ou me croisent depuis plusieurs jours. Je m'installe à la table de l'un d'eux, il me paye une bière et deux d'avance pour ce soir. Il me parle beaucoup de son métier très pénible et répétif avec des rythmes infenaux toute la semaine et ils n'ont pas le droit de rouler le samedi et le dimanche.

Au menu, ce midi, je n'ai pas le choix, ce sera Porc-Epic et manioc. Dans la région, la viande de brousse est la seule disponible, même si c'est en désaccord avec mes idées un tant soi peu écolo, je n'ai pas le chois.

La fille de l'auberg m'installe dans ma chambre réduite à sa plus simple expression : quatre planches et un lit, une porte et un cadenas. Elle me montre la salle de bain, également quatre planches et un fût de 200 l rempli d'une eau douteuse. Elle me signale que je peux me laver à la rivière, c'est ce que tout le monde fait ici. Elle me propose de m'y accompagner et effectivement le coin est sommairement aménagé avec un escalier taillé dans la terre qui y mène. Ici, ils n'ont pas les mêmes tabous, ni la fausse pudeur de chez nous. Pendant ma toilette, je suis à poil, la fille va rester là sans aucune gêne, le plus géné sera moi (quoiqu'en pense certain). En parlant du pudeur, je peux le constater tout au long de la route car comme il est impossible de pénétreren forêt, les taxi-brousse s'arrêtent au bord de la route et les gens, dames et hommes font pipi autour du bus sur la route sans se sentir géné le moins du monde.

Malgré la sobriété de ma chambre et grâce à un petit ventilateur, je passerai une bonne nuit après une veillée à discuter avec les gens du coin. Je me rends également compte que le bois est une matière très saine car c'est une des rares nuits sans cafard (insecte)

Date du Message :
14 04 2010 16:30:08
Latitude : 00°46'43,5" - Longitude : 011°33'01,4"
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OYEM / MITZIC
Jeudi 08 avril 2010 115 km cumul : 12 224 km
Dénivelé : 1 195 m

Départ à 6 h sans déjeuner. Ce matin, il n'y a pas d'électricité et c'est bien dommange car hier on m'avait prété une bouilloire électrique.

Je démarre donc le ventre vide et je suis de suite dans le vif du sujet car la route n'arrête pas, comme depuis pluisieurs jours de monter et de descendre.

En sortant de OYEM, j'essaye de dire bonjour comme on me répond à peine, je décide de ne plus saluer et de répondre simplement à ceux qui me saluent.

La matinée s'annonce bien. La chaussée est en excellent état et il y a très peu de circulation. Les grumiers continuent leurs sempiternels va et vient. Ils foncent sur LIBREVILLE à pleine charge pour remonter à vide, leur semi sur la sellette du camion.

Le soleil commence à luire, la chaleur arrive et come ce matin je suis parti de bonne heure, je ne suis pas inquiet pour arriverr à bon port d'autant que les jambes ont l'air de bien tourner. La route n'arrête pas de monter et descendre avec des pourcentages impressionnant pour Tornado et son chargement.

La forêt s'épaissit de plus en plus et ce ne sont pas les quelques villages dispersés qui rompent la monotonie du paysage. Ici en pleine forêt je me rends compte qui'il serait impossible de bivouaquer. La forêt est très dense, pas de piste et impossible d'y pénétrer. Il y a juste la route sans accotement et je suis même oubligé de m'arrêter sur la route pour ravitailler. Il fut coûte que co^^ute arriver à destination.

Ce qui devait arriver arriva, la fatigue commence à se faire sentir. Je monte les bosses de plus en plus doucement et je ne suis pas encore arrivé. Les yeux rivés sur le compteur, je compte les kilomètres puis les hectomètres. Dans ma tête, ça bouillonne. Que fais-je ici, qu'est-ce que je cherche, avaler des kilomètres pourquoi ?? Je souffre dans tout mon corps comme je crois que je n'ai jamais souffert depuis mon départ.

Après tant d'efforts et de douleurs (le laboureur et ses enfants, Jean de Lafontaine) j'arrive enfin à MITZIC où je trouve un hôtel sympa, me promettant de prendre une journée de repos pour récupérer.

Résultat des cours : 115 km et surtout 1 200 m de dénivelé, pas étonnant que j'arrive dans cet état

Date du Message :
12 04 2010 19:43:26
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BITAM / OYEM
Mercredi 07 avril 2010 75 km cumul 12 109 km
Dénivelé : 775 m

Comme tous les matin, je démarre maintenant dans la brume. Cette fraîcheur est très agréable, il fait 24 °. Je démarre assez tôt car la tactique est d'arriver à destination avant 14 h. depuis plusieurs jours, le temps commence à se dégrader vers 15 h et autour de 16 h, il fait une chavanne à tout casser. Ca ne dure pas mais c'est toujours impressionnant.

Une des particularités de la région, ce sont les tombes. C'est bizarre que je vous parle de ça mais à vélo, on voit tout. Ici pas de cimetière, si ce n'est de petits cimetières avec 7 a 8 tombres. La plupart du temps les tombes sont à côté des maisons et c'est assez impressionnant. Chaque maison a pratiquement son tombeau plus ou moins sophistiqué.

Ici les villages n'en finissent pas, tout en longueur. Je quitte un village pour en retrouver un autre. Je ne me sens jamais seul et je croise régulièrement quelqu'un, avec sa hotte ou sa brouette. C'est un autre moyen de transport et je vois de moins en moins de gens porter sur la tête.

Quand ce n'est pas un village, c'est la forêt, toujours aussi épaisse et à la longue cela devient pesant.

Le relief est toujours le même, descente à 10 % et en face montée à 10 %. C'est assez pénible mais je préfère ceci à la platitude du Sahel.

Un poste de police, je m'arrête et la gendarmette me demande si je n'ai pas quelque chose pour elle. Je lui réponds que je m'attends à ce que les gendarmes me demandent mes papiers et non un cadeau et sur ce je redémarre.

J'arrive enfin à OYEM, mon étape du jour. C'est une ville assez important, je peux tirer de l'argent et je trouve un hôtel sans problème. Je vais au seul cyber de la ville , je n'y suis pas trop bien reçu. C'est d'ailleurs un sentiment général ici depuis mon entrée au Gabon, j'y trouve les gens froids et distants, il faut leur arrache un boujour à chaque fois. Je ne g

Date du Message :
07 04 2010 17:42:20
Latitude : 02°4'49?7" - Longitude : 011°29'29?1"
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AMBAM / BITAM (GABON)
Mardi 06 vril 2010 59 km cumul : 12 034 km
Dénivelé : 700 m

Aujourd'hui, j'ai une étape que je crois facile car courte mais j'ai droit à 700 m de dénivellé ce qui n'est pas mal.

Comme la veille, je pédale pour mes derniers kilomètres camerounais dans la brume ce qui est très agréable. Je goutte à mes derniers coups de pédales camerounais. Je vais quitter à regret ce pays, peut-être parce que j'y ai un peu trainé pour en apprécier les habitants.

J'entre enfin au Gabon et je n'y ressens aucune différence, même végétation, même habitat, et les gens semblent y être sympa. Seule la route change car si elle était excellente au Cameroun, ici c'est un véritable billard et j'en apprécie le confort. Il sera juste un petit peu plus compliqué pour passer la frontière après plusieurs contrôle et papiers à remplir. Ce pays semble avoir copier la France en tracasserie administrative.

J'arrive enfin à BITAM, même type de petite ville que la veille où il n'y a pas grand chose. J'y trouve tout de même un hôtel tenu semble-t-il par un libanais qui s'averrera être un égyptien. Petite étape de transition, je vais découvrir le Gabon et en principe je passe l'équateur vendredi, source d'excitation supplémentaire.

Je ferai dans cet hôtel deux superbes repas car en plus du poulet frites commandé, le propriétaire, un égyptien me fera des aubergines succulentes qui me rappellent ma provence.

Date du Message :
07 04 2010 17:33:12
Latitude : 02°23'20,5" - Longitude : 011°16'05,2"
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EBOLOWA / AMBAN
Dimanche 04 avril 2010 93 km cumul : 11 975 km
Dénivelé : 960 m

En route pour ma dernière escale camerounaise. Comme de bien entendu, on m'anonçait une journée cool et j'ai encore eu droit à près de 1000 m de dénivelé. La route n'arrête pas de monter et de descendre et je passe de la 14èùe vitesse à la première sans transition.

Suite à l'orage d'y hier, j'attaque ma journée dans la brume. J'ai une sensation de fraîcheur, de fines gouttelettes d'eau perle sur mes poils, c'est très agréable. Cela ne va pas durer car la brume se dissipant, j'ai droit à un soleil éclatant et la chaleur qui va avec.

Aujourd'hui, c'est pâques et je croise de partout les gens endimanchés qui vont à la messe. Je traverse les villages au son des tam-tam qui résonne dans les églises.

J'arrive enfin à AMBAM et je suis très étonné d'y trouver un hôtel très confortable. Dans cette petite ville proche de la frontière gabonaise, qui semble oubliée des pouvoirs publics, il n'y a pas grand chose.

Je m'arrête à un petit estancot pour recharger un peu mes unités téléphoniques et bien sûr je dois raconter ma vie. Nous nous intallons avec le gérant autour d'une bière et c'est la conversation habituelle :"Tu es marié, tu as des enfants" et chaque fois que je réponds que je n'ai pas d'enfants, c'est toujours le grand étonnement et pourquoi je ne divorce pas car ici c'est toujours la faute aux femmes, jamais aux hommes.

Comme la veille, il me propose un deal. Il me prête sa soeur et je luis fais un enfant car ici les filles sont très fiers d'avoir un enfant métisse. Elle ne demandera rien, c'est juste un honneur d'avoir un envant avec un blanc. CAUSE TOUJOURS

Date du Message :
07 04 2010 17:22:39
Latitude : 02°55'26,6" - Longitude : 011°09'15,7"
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NGOULEMKNG / EBOLOWA
Samedi 03 avril 2010 51 km cumul : 11 882 km
Dénivelé : 365 m

Matinée coule, 50 km arrivé à l'hôtel avant 11 h. Je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est que le paysage me fascine toujours autant et je crois que plus de vais m'approcher de l'équateur, plus cela va aller crescendo.

Dans cette région, les gens portent beaucoup moins sur la tête. Tout le monde (homme ou femme) a sa petite hotte dans le dos pour porter n'importe quoi et souvent du bois.

L'accueil est toujours aussi chaleureux souf de temps à autre, quelques énergumènes qui me réclament quelque chose. Ce qui est marrant ici, ce n'est jamais les enfants, les femmes ou les ados qui me réclament mais à chaque fois des adultes.

Le temps est superbe aujourd'hui et j'ai même droit au soleil, il y avait longtemps.

J'arrive enfin à EBOLOWA où je trouve toujours aussi difficilement un petit hôtel. Je m'installe et vais manger. Aujourd'hui, ce sera viande de brous (biche) et riz.

L'après-midi, je dégotte un petit cyber qui ne sont pas légions ici et ensuite, je bulle jusqu'à ce que l'orage éclate comme tous les soirs. Ce soir, il sera terrible et va durer plusieurs heures.

Je vais enfin manger dans mon petit restaurant tenu par trois frères et la soeur. J'engage avec eux une conversation très intéressante. On parlera beaucoup, en particulier des blancs et leur argent, l'Afrique et de ses malheurs. J'essaye difficilement de démystifier tout ça, de la vie chère et difficile en France et que l'Afrique doit se prendre en main. On en vient à parler de politique et ont l'air désabusé sur la situation du Cameroun et de son président Pau Bya qui à plus de 80 ans va briguer un autre mandat ou placer son fils comme au Gabon. Ils m'assurent que ça ne sert à rien de voter car il repassera. C'est la première fois où je peux parler assez librement car dans les campagnes, les gens ont du mal à se livrer.

Je reçois un sms de ma nièce Sabine et l'un d'eux qui aime les blanches me propose de l'échanger contre sa petite soeur qui est très charmante. Après tout pourquoi pas, j'en parlerai à Sabine et à Benoit.

Date du Message :
03 04 2010 16:42:22
Latitude : 03°04'24,9" - Longitude : 011°25'20,6"
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YAOUNDE / NGOULEMAKONG
Vendredi 02 avril 2010 105 km cumul : 11 831 km
Dénivelé : 975 m

Cette fois-ci c'est peut-être la bonne. Après l'attente du camping-car, mon passeport et ma pièce de vélo, il est peut-être temps que je fasse du vélo sérieusement.

Je démarre vers 7 h, les photos d'usage avec le personnel de l'hôtel Xaviéra. J'étais bien dans cet hôtel et quand j'y reste un moment, je sympathise avec tout le monde.

On m'avait annoncé une route plate pour rejoindre la frontière gabonnaise mais aujourd'hui, je ferai quand même 975 m de dénivelé positif et 91O m de négatif. Le paysage est toujours aussi luxuriant et je le trouve de plus en plus joli. Le Cameroun me plait vraiment d'autant que la campagne reste la campagne et je retrouve la vie que j'aime en Afrique.

Dans les villages, tout le monde veut que je m'arrête mais c'est impossible, je n'avancerai pas. L'un d'eux m'accroche même le bras au risque de me faire tomber, ce qui me fache passablement, il n'a pas été sourd.

Je m'étonne par la forme que je tiens et je ferai aujourd'hui plus de 100 km sans souci. Pour une reprise, je suis satisfait. J'arrive enfin à NGOULEMAKONG, il est temps de m'arrêter car demain l'étape sera courte et j'ai la chance d'y trouver une auberge. Dans ce village, il n'y a pas grand chose et un hôtel, j'apprécie beaucoup car une heure après mon arrivée, il se met à pleuvoir à seau.

Le gérant me dit qu'il a déjà vu un cycliste qui se rendait en Afrique du Sud. En fait, après avoir consulté son registre, il s'agit de Jean-Claude qui nous aviat accompagné avec Yannick de NOUACKCHOTT à DAKAR. L'Afrique est décidément bien petite.

Je suis doublement content de ne pas être sous la tente car il a plu des cordes toute la nuit.

Date du Message :
31 03 2010 12:08:03
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YAOUNDE (ATTENTE)
Vendredi 26 mars 2010
au mercredi 31 mars 2010

J'ai reçu un mail peu encourageant de mon ami Xavier, avec qui j'ai traversé le Nigéria. Il s'est pointé à la frontière Centrafricaine et apparemment écoeuré, il a fait demi-tour. Par mail, j'ai fait demandé à Laurence qu'il me rappelle par téléphone pour avoir des explications.

J'ai enfin son coup de fil pas plus encourageant, il a même était racketté à la frontière du Cameroun. Il m'annonce aussi qu'à cause des pluies, les pistes sont en très mauvais état. Bref, il ne m'encourage pas à passer par là.

Bien que beaucoup me le déconseille, j'ai tout de même envie, par goût d'aventure de passer par la Centrafrique. Seul me rebute un peu, l'état des pistes car avec la remorque ce ne sera pas évident. De plus, et ce n'est pas de la fausse modertie comme me le dit Laurence, j'ai l'impression que mon voyage s'aseptise. Est-cce la force de l'habitude ? Est-ce le Cameroun qui m'a l'air développé ?

Toujours est-il que je prends un taxi pour me rendre à l'ambassade de la République Centrafricaine. Je n'y suis pas trop bien reçu, on m'indique qu'ils sont en pleine cérémonie, qu'ils ne reçoivent personne. Je prends ça comme un signe du destin. Immédiatement, je dis au chauffeur de m'amener à l'ambassade du Gabon, je passerai par l'ouest.

J'étais vraiment indécis, il me fallait une raison pour prendre ma décision : voilà c'est fait. A l'ambassade du Gabon, je suis très bien reçu. Les formalités sont rapidement faites. Nous sommes lundi, j'aurai mon visa mercredi à 15 h.

J'ai également profité de mon séjour forcé pour visiter la capitale. Je trouve, et c'est toujours un avis perso, YAOUNDE, un des plus belles capitales visitées. La ville est très propre, très aérée, beaucoup de verdure, un mélange de quartiers modernes et de quartiers traditionnels, avec des réalisations très modernes, le palais présidentiel, le palais des congrès, le palais des sports, qui sentent vraiment l'Afrique qui se modernise. Est-ce un bien ou un mal ? La réponse ne m'appartient pas.

En visitant YAOUNDE en taxi, je croise un cycliste qui semble s'entrainer. Je demande au taxi de stoper, j'arrête le quidam pour lui demander s'il y a un bon vélociste à YAOUNDE. Il me demande mon numéro de téléphone pour essayer de me trouver la pièce. Rendez-vous est pris ce soir mardi pour vérifier la dimension de ma direction. On verra !!

Finalement Dominique, le cycliste est venu à l'hôtel. Nous avons démonté la direction et il est reparti avec la fourche dans son sac à dos pour essayer de me trouver une nouvelle pièce pour ma direction. En démontant nous nous sommes rendu compte que ce qu'on appelle l'étoile était carément cassée en deux. Il est donc important de réparer. C'est quand même sympa, ce cycliste que j'ai arrêté au bord de la route soit venu à vélo à l'hôtel pour résoudre mon problème.

Ensuite, autour d'un verre, nous avons longuement parlé de vélo et de son avenir au Cameroun. Dominique part jeudi pour une course à étapes dans l'ouest du Cameroun, c'est bien la preuve que le vélo de comptétion existe bien ici.

A l'instant où j'écris ces mots, ce mercredi matin, Dominique vient de me téléphoner, il a trouvé ma pièce. Si tout ce passe bien, ce soir je serai de nouveau opérationnel et pret à partir vendredi matin

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31 03 2010 12:06:36
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YAOUNDE (ATTENTE)
Vendredi 26 mars 2010
au mercredi 31 mars 2010

J'ai reçu un mail peu encourageant de mon ami Xavier, avec qui j'ai traversé le Nigéria. Il s'est pointé à la frontière Centrafricaine et apparemment écoeuré, il a fait demi-tour. Par mail, j'ai fait demandé à Laurence qu'il me rappelle par téléphone pour avoir des explications.

J'ai enfin son coup de fil pas plus encourageant, il a même était racketté à la frontière du Cameroun. Il m'annonce aussi qu'à cause des pluies, les pistes sont en très mauvais état. Bref, il ne m'encourage pas à passer par là.

Bien que beaucoup me le déconseille, j'ai tout de même envie, par goût d'aventure de passer par la Centrafrique. Seul me rebute un peu, l'état des pistes car avec la remorque ce ne sera pas évident. De plus, et ce n'est pas de la fausse modertie comme me le dit Laurence, j'ai l'impression que mon voyage s'aseptise. Est-cce la force de l'habitude ? Est-ce le Cameroun qui m'a l'air développé ?

Toujours est-il que je prends un taxi pour me rendre à l'ambassade de la République Centrafricaine. Je n'y suis pas trop bien reçu, on m'indique qu'ils sont en pleine cérémonie, qu'ils ne reçoivent personne. Je prends ça comme un signe du destin. Immédiatement, je dis au chauffeur de m'amener à l'ambassade du Gabon, je passerai par l'ouest.

J'étais vraiment indécis, il me fallait une raison pour prendre ma décision : voilà c'est fait. A l'ambassade du Gabon, je suis très bien reçu. Les formalités sont rapidement faites. Nous sommes lundi, j'aurai mon visa mercredi à 15 h.

J'ai également profité de mon séjour forcé pour visiter la capitale. Je trouve, et c'est toujours un avis perso, YAOUNDE, un des plus belles capitales visitées. La ville est très propre, très aérée, beaucoup de verdure, un mélange de quartiers modernes et de quartiers traditionnels, avec des réalisations très modernes, le palais présidentiel, le palais des congrès, le palais des sports, qui sentent vraiment l'Afrique qui se modernise. Est-ce un bien ou un mal ? La réponse ne m'appartient pas.

En visitant YAOUNDE en taxi, je croise un cycliste qui semble s'entrainer. Je demande au taxi de stoper, j'arrête le quidam pour lui demander s'il y a un bon vélociste à YAOUNDE. Il me demande mon numéro de téléphone pour essayer de me trouver la pièce. Rendez-vous est pris ce soir mardi pour vérifier la dimension de ma direction. On verra !!

Finalement Dominique, le cycliste est venu à l'hôtel. Nous avons démonté la direction et il est reparti avec la fourche dans son sac à dos pour essayer de me trouver une nouvelle pièce pour ma direction. En démontant nous nous sommes rendu compte que ce qu'on appelle l'étoile était carément cassée en deux. Il est donc important de réparer. C'est quand même sympa, ce cycliste que j'ai arrêté au bord de la route soit venu à vélo à l'hôtel pour résoudre mon problème.

Ensuite, autour d'un verre, nous avons longuement parlé de vélo et de son avenir au Cameroun. Dominique part jeudi pour une course à étapes dans l'ouest du Cameroun, c'est bien la preuve que le vélo de comptétion existe bien ici.

A l'instant où j'écris ces mots, ce mercredi matin, Dominique vient de me téléphoner, il a trouvé ma pièce. Si tout ce passe bien, ce soir je serai de nouveau opérationnel et pret à partir vendredi matin

Date du Message :
30 03 2010 12:02:24
Latitude : 03°49'00,4" - Longitude : 011°31'40,1"
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NKENG LICKOCK / YAOUNDE
Jeudi 25 mars 2010 42 km cumul : 11 726 km
Dénivelé : 385 m

aujourd'hui, petite journée pour rejoindre YAOUNDE. Journée que je pensais facile avec le dénivelé effectué mais sur une quarantaine de km, j'aurai 400 m de dénivelé. C'est que le pays est très vallonné, d'ailleurs YAOUNDE est surnommé la ville au 7 collines.

Le trajet s'effectue sans problème, toujours la même végétation luxuriante, le va et vien des grumiers que je cotoie depuis DOUALA. Je les crois avec d'énormes billes de bois, deux ou trois par camion, toujours en surcharge et ils me doublent à vide avec la remorque sur la semi. Je n'ai aucun problème comme annoncé avec ces camions. Le seul souci, si une chaîne casse, les grumes se déversent sur le bas côté, s'il te double à ce moment là, gare ! et ça arrive.

A l'entrée de YAOUNDE, contrôle de police, c'est le premier depuis mon entrée au Cameroun. Surprise, le policier ne me demande pas mes papiers, il sort son stylo pour écrire sur la remorque. Il m'avait vu passer à DOUALA et voulait juste écrire un mot de bienvenue sur la remorque. C'est très sympa et la conversation s'engage où je raconte une fois de plus mon voyage.

J'en profite pour lui deander s'il connait un hôtel pas trop cher et facile d'accès à YAOUNDE. Il m'indique l'hôtel Xaviera. Effectivement j'y suis rapidement et l'accueil y est sympa. Je m'installe donc ici sans savoir pour combien de temps. Je pense une semmaine car le temps de prendre mon visa et de recevoir ma pièce de direction envoyée par Vélo Lubéron.

Date du Message :
28 03 2010 14:20:18
Latitude : 03°46'06,2" - Longitude : 011°12'37,1"
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POUMA / NKENG LICKOCK
Mercredi 24 mars 2010 87 km cumul : 11 684 km
Dénivelé : 955 m

Quelle journée !! Debout à 5 h 30, je me fait mon café dans ma chambre, tout marche. Ce sera une bonne journée. Je démarre à 7 h, à la fraîche (28°), les sensations sont bonnes. Je pense avoir avoir retrouvé mes jambes. J'avale les nombreuses bosses sans problème et ça suffit pour me redonner le moral.

Ensuite, ce sera 30 mimnutes de bonheur et 30 secondes de désillusion. 30 minutes de bonheur car en m'arrêtant pour prendre Tornado en photo devant un étal de mangues, je suis interpellé par la propriétaire. Elle me crie que son père veut que je monte goûter son vin de palme. Je monte dans la colline, il y a les grands-parents et le fille avec ses deux enfants. Je goûte donc ce fameux vin de palme, un peu aigrelet mais on s'y habitue. Ensuite la conversation s'engage et apparamment ce sont des gens qui n'ont pas du tout envie de venir en France. Ils sont bien au Cameroun, ont de quoi cultiver et manger. Nous parlons de beaucoup de choses, de l'Afrique et de son avenir, de Sarkozy qu'ils n'aiment pas et de Chirac qu'ils regrettent. En les quittant, ils me disent qu'ils vont prier pour moi pour que mon voyage se passe bien.

Cet accueil me fait chaud au coeur, d'autant que cinq minutes après, c'est le contraire qui va se passer. Dans un petit village, un gars en mmoto semble me rentrer dedans, je l'évite de justesse Il s'arrête et me dit :"tu n'as pas un cadeau pour moi". Je lui réponds pourquoi je lui donnerai à lui et pas aux autres mais que de toute façon je n'ai rein. Le ton monte et il s'éloigne en criant que nous les français les avons colonisés et qu'on leur avait tout pris. Voila une réaction très différent de la précédent et il faut que je m'y fasse.

Lz route est de plus en plus valonnée et vers 13 h, je commence à fatigues et j'ai faim. Aucun hôtel en vue, il me faudra bivouaquer. Je m'arrête à une espèce de resto où je demande si je peux monter ma tente sous une terrasse. Après accord, je prends une bonne bière et un gros plat de haricots, un peu bourratif mais qui me fait du bien. Je commence à discuter avec tous les gens du coin, je me sens en sécurité. Un gars essaye d'engager la conversation discrètement. Il me dit :"Tu ne dois pas rester ici, ce sont des escrocs, dans un moment, tu t'en vas doucement et tu m'attends au croisement 400 m plus loin, nous irons chez ma soeur. Je m'exécute mais 400 m plus loin, je ne m'arrête pas. Il y a peut-être des escrocs mais qui sont-ils et je ne veux prendre aucun risque.

Malgré la fatigue et le relief, je continue ma route avec peu d'espoir de trouver quelque chose. Un village, NKENG LICKOCK, une petite auberge, je m'arrête très fatigué et on verra bien. Je trouve une chambre à 2000 f, si on peut appeler ça une chambre car je n'ai pas encore trouvé plus minable mais qu'importe, je monterai ma tente dans la pièce et je serai à l'abri.

Au bar, accompagné d'une musique à tue tête je déguste une bonne bière et je discute avec tout le monde. On m'apprend, non sans fierté que NKENG LICKOCK est le village natal de Rigobert SONG et qu'il y a sa maison d'ailleurs. Pour ceux que le foot n'intéresse pas, je précise que Rigobert SONG est le capitaine de la célèbre sélection camerounaise de football, les Lions Indomptables. Le soir, je mangerai pour 500 f, la queue d'un maquereau (poisson) avec des bâtons de manioc, pas terrible mais cela coupe la faim.

Je me couche de bonne heure mais le bruit de la musique me fait lever. J'aurai ainsi l'occasion de faire onnaissance avec des gens habillés de boubou et de chemises à l'effigie du président du Cameroun, Paul BIA. Ils fêtent le 25ème anniversaire de la création du parti de Paul BIA. Tout le monde se couche, l'ambiance se calme et peux me coucher en toute sécurité.

Date du Message :
27 03 2010 16:08:26
Latitude : 03°51'18,2" - Longitude : 010°31'29,3"
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EDEA / POUMA
Mardi 23 mars 2010 51 km cumul : 11 597 km
Dénivelé : 420 m

Hier soir, une émission "Allo la Planète" tronquée, un lit tout cassé, la nuit n'a donc pas été terrible. Je me lève à 6 h, mon taxi m'attend à 6 h 30 et nous partons en direction de DOUALA récupérer mon passeport.

Heureusement madame RAMSEYER me sert de passe-droit car je n'ai pas rendez-vous et c'est assez compliqué pour entrer au consulat, un véritable bunker. Tout s'est très bien passé et à 10 h, je suis de retour à l'hôtel et je décide de m'avancer en direction de POUMA.

La journée sera encore terrible entre la chaleur humide et le relief. Je ne suis pas encore habitué à ce climat mais ça viendra, je ne suis pas inquiet. L'accueil dans les rares villages et toujours sympa, les gens m'encouragent du pouce, je pense que le Cameroun va être sympa.

Tout le long de la route, ce n'est que vendeurs de mangues. Nous sommes en pleine production et elles sont excellentes. Par contre, j'aimerais bien manger des bananes mais ici, pas de bananes classiques, il n'y a que des bananes plantins que l'on mange cuite.

J'arrive à POUMA, un gros bourg et mon impression est mitigée car je suis regardé bizarrement et j'ai l'impression que les camerounais restent méfiants à l'égard du blanc. Quel n'est pas ma surprise quand j'entends mon nom :"oh Gérard", tien quelqu'un me connait ici. C'est le taxiteur de EDEA qui m'a reconnu.

Je trouve un hôtel sympa et pas cher qui en plus est très propre et avec clim , l'hôtel Dallas que je recommande si vous passez dans le coin mais ce n'est pas évident pour tout le monde.

A midi, je n'ai rien trouvé à manger aussi ce soir je veux essayer de bien manger. La serveuse du resto m'indique qu'ici, il y a de la viande de brousse mais qu'elle n'y touche pas. Effectivement on peux manger du singe, du rat ou du porc-épic, je trouverai même plus tard sur la route du crocodile ou du serpent. Après la visite du zoo de LIMBE, et tout le trafic d'animaux, je ne tiens pas non plus à être complice, je me replie sur 15 brochettes de boeuf braisé et je me régale. A 20 h, je suis couché car encore très fatigué de ma journée.

Date du Message :
27 03 2010 12:38:17
Latitude : 03°47'48,4" - Longitude : 010°07'50,7"
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DOUALA / EDEA
Lundi 22 mars 2010 68 km cumul : 11 546 km
Dénivelé : 390 m

A 6 h 30, je suis opérationnel et je déjeune avec Marie et Anthony. Un couple vraiment exceptionnel. J'ai passé la journée du dimanche chez eux comme si j'étais chez moi, c'était très agréable. La sortie de DOUALA ne pose aucun problème sauf à la fin dans un quartier dénommé Village où un petit RUFISQUE m'attend. Dans les embouteillages, le nombre de motos était impressionnant. Je n'avais encore jamais vu autant de motos et pourtant j'en ai vu. Dommage que ne puisse prendre de photos.

A la sortie de Village, la circulation se calme et j'en profite pour appeler Madame RAMSEYER, du consulat général de France. Je l'appelle pour lui communiquer mon nouveau numéro après le vol de mon portable. Surprise, elle m'indique que mon passeport est au consulat, à l'enregistrement et sera disponible mardi matin. Cela fera deux semaines demain et on m'avait annoncé trois semaines minimum, bravo l'administration française.

Je décide donc d'aller jusque EDEA pour m'avancer, d'autant que je ne voulais pas repasser Village à vélo. La route jusque EDEA sera assez pénible. Je m'attendais à 50 km, j'en ferai 68. Je ne sais si c'est mon inactivité, le Mont Camaroun ou cette chaleur humide mais j'ai les jambes lourdes et de très mauvaises sensations. J'arrive à EDEA relativement fatigué, je trouve rapidement un hôtel, l'hôtel "Palace des Lords" qui n'a de palace des Lords que le nom car c'est un petit hôtel minable mais pour une nuit cela suffira. Je négocie avec un taxi l'aller et retour pour DOUALA demain et si tout va bien, je reprendrai mon chemin pour YAOUNDE demain en fin de matinée.

On verra tout ça demain. Le paysage aujourd'hui était fidèle à ce que j'ai vu jusqu'à présent, palmiers, bananiers, forêts, donc très joli mais comme d'habitude, je banalise.



Date du Message :
21 03 2010 16:07:20
Latitude : 04°01'33,1" - Longitude : 009°42'12,9"
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LIMBE / DOUALA
Samedi 20 mars 2010 78 km cumul : 11 478 km
Dénivelé : 470 m

Après ma chute dans la forêt tropicale et l'ascension de Mont Cameroun, j'ai un peu mal aux cannes et au dos, aussi jeudi et vendredi seront consacrés au repos et au sécage du linge car tout est mouillé.

Je quite enfin LIMBE en direction de DOUALA. Je ne sens pas mon dos, heureusement car je suis de suite dans le vif du sujet. J'attaque par une grosse bosse de 6 km que j'ai du mal à avaler. J'arrive à MIL FOR, en fait l'autre jour j'avais écrit MAILLEFORT. Les lieux ici sont dénommés en fonction de l'éloignement de LIMBE (MIL FOR, ON MIL, HALF MIL).

A la sortie de MIL FOR, je m'arrête pour appeler Laurencce. Hier, elle a joué la pièce qu'elle travaille depuis si longtemps, elle doit être fatigué et je ne voudrais pas la réveiller. Quand je raccroche de Laurence, deux cyclistes blancs s'arrêtent. Ils ont du beau matos et je suis très surpris de les rencontrer. L'un d'eux Antoni me demande si je ne suis pas passé dans une revue de vélo. Il avait lu l'article paru sur mon voyage en juin 2009, c'est rigolo n'est-ce pas. Antoni me demande si j'ai un contact à DOUALA. Je n'en ai pas et il me refile son numéro de téléphone et m'apprends que nous pourrons regarder FRANCE / ANGLETERRE ce soir à la télé. Pourquoi pas ?

Je continue ma route, longeant de magnifiques plantations de palmiers à huite. C'est d'ailleurs la période de la récolte et les fruits de ces palmiers sont entreposés au bord de la route où l'huile y est aussi vendue. De grandes plantations de banaiers prennent la place des palmiers. Le paysage est splendide, cela me change bien du Sahel.

La traversée des villages se passent sous les félicitations et les sourires de gens. C'est très agréable de pédaler ainsi, d'autant que je n'ai pas la grande forme, normal après mon mal aux cuisses et toute cette inactivité. Chaque fois que je traverse un village, les gens me demandent de m'arrêter. Pour une fois, je m'exécute et vien sûr c'est de suite l'attroupement, de nombreuses questions et des photos avec leurs portables.

J'arrive enfin dans la banlieue de DOUALA, travaux, piste défoncée et embouteillages me font penser à l'arrivée sur DAKAR, RUFISQUE. A l'entrée de DOUALA, un peu perdu, j'appelle Antoni pour lui demander s'il y a un hôtel près de chez lui et dit de suite de venir coucher à la maison. Antoni m'attend en voiture à un croisement et me guide chez lui. C'est une magnifique maison avec parc et piscine. J'aurais pu tomber plus mal.

Un couple charmant, tout en gentillesse avec leurs trois superbes enfants. Je me sens de suite à l'aise chez eux. Antoni me fait manger et après quelques bieères, il m'installe dans ma chambre inépendante avec salle de bain.Le soir nous mangerons devant la télé en regardant le match de rugby avec un couple d'amis. Nous prendrons l'apéro au champagne et mangerons avec du vin rouge Sud Africain. C'est dur la vie de voyageur.

Marie et Antoni me disent de rester le dimanche, ils sont à la maison, il n'y a aucun problème. J'accepte volontiers, d'autant que je bénéficie de la Livebox et je pourrai ainsi mettre mon carnet de route à jour.

Belle journée et belle rencontre une fois de plus, j'ai quand même de la chance.


Date du Message :
21 03 2010 15:45:56
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MONT CAMEROUN (ascension)
Mardi 16 mars 2010
Mercredi 17 mars 2010

Avec Paul, le guide nous prenons plusieurs taxi pour BUEA où nos deux porteurs nous attendent. Nous partirons pour l'ascension sans mon guide qui me rejoindra au premier refuge et sans nos porteurs qui resterons en bas, toujours ça d'économisé pour l'agence.

La première partie est pour moi du déjà vu, elle ressemble étrangement au Kilimandjaro. Tous d'abard dans les cultures, au milieu des bananiers et ensuite, la forêt primaire avec des arbres immenses, des fougères nous faisant dix fois, des lianes de partout et une humidité maximum.

Au premier refuge, je retrouve mon guide David et Jean-Yves décide de continuer jusqu'au prochain refuge à 2200. A 2000, nous sortons sans transition de la forêt pour nous retrouver dans ce qu'ils appellent la savane. Il n'y a plus de végétation, de l'herbe et des cailloux d'origine volcanique. Le temps relativement beau nous permet de voir le sommet, ce qui est rarement le cas ici. Pour l'anecdote, je n'ai toujours pas mon guide. D'ailleurs contrairement à ce qui est annoncé dans mon guide papier, je penses qu'un guide n'est pas utile car le sentier est très marqué avec beaucoup de peinture blanche.

Arrivé au deuxième refuge (2200), nous mangeons un peu et mon guide me signale que nous montons directement au sommet car demain, il pleut et nous ne sommes pas sûr de pouvoir y grimper. Je suis un peu surpris car 3200 m de dénivelé dans la journée, ça me parait beaucoup mais bon, je suis en forme et il sait ce qu'il fait. Je quitte Jean-Yves et attaquons le sommet. La pente est très raide, au sol de gros cailloux d'origine volcanique et de l'herbe. Le paysage n'est pas terrible d'autant que le brouillard arrive et nous ne voyons pas grand chose. De temps à autre, le guide demande à s'arrêter, j'ai le sentiment qu'il peine plus que moi. Je suis très surpris par la forme que je tiens, c'est vrai qu'après 6 mois de vélo et peut-être 15 kg en moins, cela change un homme. Il fait un vent terrible, nous avons du mal à avancer et un brouillard humide nous envahis. Nous arrivons enfin au sommet : 4 095 m. Congratulations et photos et nous redescendons de suite car il ne faudrait pas que la nuis nous gagne. Nous nous arrêtons à un refuge à 2800 m où tout le monde fait étape pour le sommet le lendemain.

Une bonne nuit et nous redescendons au refuge à 2200, nous avons juste le temps de nous habiller et ce sera le déluge jusqu'en bas. Le guide me confirme qu'aujourd'hui personne ne montera au sommet, j'ai bien fait de l'écouter. 3200 m de dénivel positif et 1165 m de dénivelé négatif, je crois que je ne l'ai encore jamais fait.

Je redescend très heureux d'avoir escaladé mon troisième plus de 4000 d'Afrique en ayant une pensée pour mes amis Lucas et Gégé qui auraient dû me rejoindre mais les circonstances en ont décidé autrement et je ne leurs en veut nullement.





Date du Message :
21 03 2010 12:08:01
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DEBUNSCHA (lac de cratère)
Lundi 5 mars 2010

Après avoir utilisé deux taxis, nous quittons la route par un petit sentier au milieu des bananiers et des palmiers. Le sol est spongieux, couvert d'herbes. DEBUNSHA est considéré comme le deuxième endroit le plus arrosé de la planète (10 m d'eau par an). Nous entrons ensuite dans la forêt. C'est une forêt impressionnante avec des arbres immenses, des fromagers dont les racines caractéristiques nous dépasse 4 à 5 fois. Nous sommes avec Paul, un guide avec nous, heureusement car le sentier n'est pas toulours évident. Les photos ne sont pas toujours faciles à faire tellement il fait sombre.

Il faut faire très attention car si le sol est couvert de feuilles, dès que nous sommes sur un rocher ça glisse énormément. J'ai même eu droit à quelques chutes spectaculaires qui n'auront pas de conséquences j'espère.

Parfois, nous longeons une plage de sable noir (volcanique) et c'est un spectacle prodigieux qui s'ouvre à nos yeux : la forêt, le sable et le Golf de Guinée.

Paul nous fait goûter certains fruits sauvages dont j'ignore le nom, nous tombons sur des avocats, des goyaves.

Nous grimpons un escalier aménagé pour arriver à un drôle de phare érigé par les allemands, à l'époque où le Cameroun était allemand, avant la guerre de 14. Surprenant dans cet endroit si sauvage.

Nous nous frayons un passage dans un canyon au milieu des lianes, grimpons tant bien que mal sur des racines géantes pour arriver à un spectacle étourdissant. Un immense lac de cratère dans son écrin de verdure avec au fond, le Mont Cameroun qui a la gentillesse des se décourvir.

Pour retourner à la route, nous longerons la plage, marchant sur ce sable noir si particulier dans la région. Nous prenons un taxi avec trois personnes dans la malle pour arriver à cette coulée de lave que je n'avais pas vu la dernière fois (je n'étais pas allé assez loin). Cette coulée, longue de 70 km et de plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur est partiellement recouverte par un herbe d'un vert très soutenu.

Nous reprenons notre taxi qui tombe en panne d'essence, changement de taxi et retrouvons notre hôtel. Je ne regrette absolument pas cette excursion car même si c'est satisfaire u tourisme classique, j'y ai vu des paysages que je ne reverrais pas souvent. Demain, l'ascension de Mont Cameroun, je suis très content de pouvoir le faires, d'autant qu'en passant devant ma remorque, je retrouve l'inscription de mes amis Lucas et Ghislain :"rendez-vous au mont Cameroun". Ile seront pas avec moi mais MOI J'AI TENU PAROLE.

Date du Message :
19 03 2010 09:33:16
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LIMBE (repas chez l'habitant)
Dimanche 14 mars 2010

A midi, je suis chez Sama pour un repas qui sera bien particulier. Auparavant, j'avais acheté du Cake dans une patisserie ; cake qui est mis de côté et que je ne reverrai plus.

Finalement avec Sama, nous mangerons en tête à tête, les autres membres de la famille mangeront à tour de rôle, au gré de leur volonté. Sama n'a plus son père et a perud sa mère il y a très peu de temps. Il vit chez sa tante avec ses cousins et ses frères et soeurs. Tout ça est très compliqué et me fait prendre conscience de la mortalité prématurée importante en Afrique. Les familles sont toujours incomplètes et il y a toujours quelqu'un à l'hôpital.

Nous mangerons une spécialité camerounaise, du fufu sauce Eru. C'est un couscous de manioc (pâte de manioc) avec une sauce verte à base de feuilles avec un peu de viande de zébu. Ce n'est pas mauvais mais je ne me déplacerais pas pour en manger.

Nous mangeons dans une pièce très rustique, peu de meubles, le linge propre empilé dans un coin et des bouteilles d'eau par terre, il n'y a certainement pas de salle de bains. finalement, je prends congé de Sama et et retourne à l'hôtel.

Entre-temps, j'avais fait connaissance à l'hôtel d'un français, Jean-Yves venu 15 jours au Camaroun pour faire du tourisme. Il est originaire de Bourgogne et très sympathique et moi, j'ai besoin de compagnie.

Avec Jean-Yves, je décide de faire l'ascension de Mont Cameroun à partir de LIMBE. Nous négocions donc avec une agence sur place. Jean-Yves fera une journée et moi deux jours pour faire l'ascension. On nous propose également d'aller visiter un lac de cratère impressionnant non loin de là. Marché conclu, demain nous allons à DEBUNSCHA au cratère et mardi et mercredi sur le Mont Cameroun.

Date du Message :
19 03 2010 09:22:31
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LIMBE / LIMBE
Samedi 13 mars 2010 32 km cumul : 11 400 km

A l'hôtel "Holliday Inn", je commence à m'encrouter et Tornado me manque. Je décide donc de changer de lieu et de m'approcher de BUEA, le pied du Mont Cameroun. Je trouve un hôtel à 5/6 km de LIMBE et m'y installe avec l'intention de voir cette coulée de lave décrite dans mon guide.

C'est une coulée de lave qui est allée jusqu'au bord de la mer lors de la dernière erruption de Mont Cameroun en 1999. De coulée de lave, je n'en ai pas vu, la végétation a dû reprendre le dessus. J'ai délesté Tornado de sa remorque et je pars en vélo léger pour un aller et retour. De suite, les sensations sont bizarres, je ne sais plus faire de vélo classique, impossible de me mettre en danseuse.

Ce petit tour d'une trentaine de bornes me fait du bien à la tête, j'en avais bien besoin. Je crois que le vélo est devenu un drogue pour moi, gare au retour.

Cette virée m'a également permis de constater que Tornado avait besoin de soins de ma part. Une semaine sur le toit du camping-car de Xavier et le petit voyage en bateau ne lui ont pas fait que du bien. La chaine est toute rouillée, la direction bouge, une petite révision s'impose. Dimanche sera consacré à Tornado qui ne me pardonnerait pas de l'oublier.

Le soir en moto, je retourne en ville pour manger selon mes habitudes sur les trottoirs de LIMBE. Le chois n'est pas bien terrible, porc grillé, poisson grillé, ommelette et manioc. Je me régale avec le poisson que l'on mange avec ses mains et le manion que l'on trempe dans la sauce. Ici pas de couverts, ni d'assiette mais ça ne me dérange pas trop et c'est le meilleur moyen de m'intégréer à la population locale qui commence à me connaître et m'appelle "with man".

Je retrouve mon copain Sama du hand-ball et allons boire une bière au night club car la terrasse y est très agréable. Il m'invite à manger demain chez lui dans son village, un quartier de LIMBE, MAILLEFORT. J'accept son invitation, demain j'ai le temps et ce sera une expérience intéressante pour moi.

Je prends un moto pour retourner à l'hôtel et à 21 h je dormais déjà. Ici, les moyens de locomotion sont très aisés, la moto 150 F ou le taxi 200 f mais lui ne te prends que si tu vas dans sa direction. Jr m'amuse bien sur les motos, les sensations sont garanties au milieu de cette circulation.


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12 03 2010 12:20:03
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LIMBE (REPOS FORCE)
Mercredi 10 mars 2010
Jeudi 11 mats 2010
Vendredi 12 mars 2010

Je suis donc autour de DOUALA pour au moins trois semaines, il va falloir tuer le temps et faire un peu de tourisme. En attendant, je me promène dans LIMBE et observe, ce que je ne fais jamais en France.

Je vais vous parler du 8 mars et de la journée de la femme. En France, cela se passe presque dans l'indifférence générale, d'ailleurs une journée de la femme et pourquoi pas une journée de l'homme. Ici en Afrique, c'est une autre histoire, cela revêt une importance surprenante. Normal, vu la condition de la femme ici et il y aurait beaucoup à dire et à faire. J'ignore si ce jour est férié mais les écoles sont fermées. J'ai vu déambuler dans la rue toute la journée, des groupes de femmes avec des boubous tout neufs. Les dames se regroupent par couleur. Chacune choisit sa couleur, il y en a trois : le route, le vert et le jaune. Les terrasses étaient bondées, la bière semblait se consommer, les discussions allaient bon train, la musique résonnnait et des femmes dansaient. Le tout par groupe de couleur. C'était très joli à voir et assez impressionnant et le tout jusqu'à une heure avancée de la nuit, c'était vraiment leur fête. Bref, il y avait beaucoup d'ambiane, dommange que je n'ai pas osé prendre des photos.

Hier, je suis allé dans ce qu'il appelle ici le zoo, le "Limbe Wild Life Center". En fait c'est un lieu d'accueil d'animaux sauvages blessés ou abondonnés. C'est surtout un lieu de sensibilisation à la protection des certaines espèces animales menacées. tous les animaux sont du Cameroun et si au départ, le terme de zoo me rebutait, je ne regrette pas ma visite. Tous les primates du Cameroun étaient représentés, du gorille, au mandrill, au champanzé, etc... J'ai ainsi appris que le drill, voisin du mandrill est en voie de disparition, il n'en resterait que 3 à 6000 individus. Il est vrai que l'on trouve encore facilement sur les marchés de la viande de singe illégalement chassé. C'est un objets de la lutte de ce centre, déconseiller la consommation de cette viande.

Un autre élément que j'ai oculté lors de ma traversée du Nigéria. Au bord de l'autoroute, entre deux barrages très proches, j'ai vu, allongé sur le bas côté,le corps d'une femme morte, tout gonflée à la manière des moutons que l'on retrouve parfois foudroyés dans la montagne. Cela m'a fait un choc terrible, j'ai essayé de me raisonner en me disant que c'était un mannequin. A la première halte, Bernadette et Michel m'ont bien confirmé qu'il s'agissait bien d'une femme. Le plus terrible, cc'est que ce corps est là depuis un bon moment malgré le monde qui y passe. Terrible n'est-ce pas..................


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11 03 2010 11:25:35
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L'AFFAIRE DU PASSEPORT
Mardi 09 mars 2010


Avant de partir de France, je voulais me faire faire un deuxième passeport. Je m'y étais pris en juillet. Deux mois me semblait suffisant. C'était sans compter sur les lenteurs administratives et les congés payés. Tous les papiers étaient réunis 15 jours avant mon départ. A DIGNE, on m'annonce un délai de 15 jours minimum et c'est moi qui devrait le récupérer. J'annule don à tord la procédure. Il me semblait que mon passeport avait suffisamment de pages vierges mais là aussi, c'était sans compter que les visas prenaient une page entière, plus les tampons d'entrée et de sortie. Bref, je n'ai plus que deux pages libres sur mon passeport. Si je continue ainsi, je suis coincé en République Centrafricaine.

Aujourd'hui, je vais donc en taxi au consulat général de France à DOUALA pour un nouveau passeport. J'arrive au consulat et le portier m'annonce qu'il faut prendre rendez-vous l'après-midi par téléphone pour les jours suivants. Je baratine et il me laisse rentrer. Un autre barrage, un gendarme et même cinéma. Je lui explique que j'ai bien essayé de téléphoner mais que le numéro sur mon guide, sur le site des affaires étrangères est fausse et que j'arrive de LIMBE en taxi. Il est sympa, il appelle la dame préposée aux passeports qui consent à me recevoir.

Je suis donc reçu par une dame très gentille, madame RAMSEYER et catastrophe :"Monsieur, nous ne délivrons des passeports qu'aux résidents français au Cameroun". Je luis explique bien mon cas, l'importance de mon voyage et me dit d'aller en salle d'attente, elle va se renseigner à ses supérieurs. Il me semblait que le ciel me tombait sur la tête, les larmes commençaient même à monter. Je me voyais revenir en France et terminer ainsi mon voyage. Heureusement, le soutien de Laurence par SMS m'aide beaucoup.

La dame me rappelle et me signale qu'avec les passeports biométriques, il y a peut-être de nouvelles instructions dont elle n'est pas au courant. Elle se renseigne et me rappelle sans me garantir d'avoir le renseignement dans la journée. Tant pis, je coucherai à DOUALA. Je vais donc manger, traîner un peu dans DOUALA et vers 15 h, je rappelle madame RAMSEYER.

Ouf!, elle m'annonce que c'est possible mais qu'il faut un extrait d'acte de naissance. J'appelle vite Laurence, elle me le faxe immédiatement et je retourne au consulat. Madame RAMSEYER me reçoit de suite, elle a reçu l'extrait d'acte de naissance et attaque la procédure qu'elle découvre au fur et à mesure car c'est son premier passeport biométrique. Un justificatif de résidence, vite Laurence, vite un fax et on continue. Cette dame est vraiment compréhensive et facilite ma demande. Finalement, tout le dossier part et moindre mal, j'aurai mon passeport dans trois semaines.

Je tiens à remercier très fortement madame RAMSEYER qui a compris mon problème et a tout fait pour m'aider. Elle a bien jouer le rôle que je pense d'un consulat : aider les français en difficulté à l'étranger. Ceci me rappelle le gratte-papier qui m'avait reçu au consulat de France à COTONOU qui m'avait reçu comme un chien dans un jeu de quilles (il finissait sa sieste) et m'avait refusé une attestation anodine pour mon visa du Nigéria.

Bon, maintenant, un minimum de trois semaines de tourisme autour de la région, j'ai bien le temps de finir de visiter LIMBE, de faire l'ascension du Mont Cameroun et de m'avancer un peu sur YAOUNDE.


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10 03 2010 11:18:25
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LIMBE (journée particulière)
Samedi 6 mars 2010
Dimanche 7 mars 2010

Je resterai quelques jours à LIMBE car j'ai l'intention de gravier le Mont Camerous à pied (n'est-ce pas Roger). Je m'aperçois également que mon passeport n'a plus que deux pages vierges. Je vais essayer de voir au consulat de France à DOUALA si je peux en faire un et surtout le délai demandé.

Je profite de cette journée pour aller me promener au "Botanic Garden". J'y passe toute l'après-midi et je me régale. Un guide m'indique toutes les sortes d'essences d'arbres et de plantes. Je prends beaucoup de photo car si en France, nous connaissons les fruits de ces arbres, nous connaissons rarement l'arbre. Je prends ensuite un sentier mal entretenu et je me retrouve au milieu d'un forêt luxuriante, surplombant le golfe de Guinée. Je n'ai qu'un regret, ne pas pas être avec Laurence car l'endroit est tellement joli, j'aurai aimé partager. Dès que le chemin se perdait, je faisait demi-tour car me perdre au milieu de cette végétation, je n'y tiens pas trop.

Non loin de la côte, des petites îles pleine de verdure donne un cadre idyllique à ce lieu. Idyllique, pas tant que ça car deux plate-forme pétrolières sont en construction.

Je décide de rentrer à l'hôtel à pied, c'est un peu loin mais mon seul travail est de me promener et d'observer. J'ai la surprise de voir des camerounais jouer au hand-ball. Les camerounais au foot, ok mais au hand, je ne m'y attendais pas. Ceux qui me connaisse bien savent mon attachement à ce sport qui a été le sport de toute ma jeunesse, avec mon frère Serge d'ailleurs. Je m'arrête donc pour regarder et bien sûr je suis invité à me joindre à eux. Je refus poliment car j'ai peur de l'accident musculaire mais croyez-moi, ça me démange, et il faut que je me fasse violence pour refuser. D'ailleurs, je ne peux m'empêcher de donner quelques conseils.

Je rentre à l'hôtel et je vais ensuite à la recherche d'un restaurant. J'en repère un, je m'installe et la serveuse me dit qu'ils ne font pas restaurant. Tant pis, j'ai soif et je commande une bière. Arrive ensuite un jeune handballeur qui m'avait évidemment repéré. Je lui paye une bière et il m'explique que cet endroit n'est pas un restaurant mais une boîte de nuit et que ce n'est pas bon. J'y suis, j'y reste et je verrai ainsi l'ambiance nocturne du Cameroun.

Il va chercher des poissons grillés avec du manioc et pour pas cher, nous mangeons sur place, sans couvert bien entendu. Après plusieurs bières, le monde commence à arriver ainsi que des filles en tenue sexy qui veulent s'inviter à ma table. Comme vous le pensez bien (et même si vous pensez le contraire), je refuse catégoriquement. Il y a de plus en plus de monde, de plus en plus de filles et la musique résonne à tue tête. Finalement avec Sama, nous rentrons dans le night club. Etrangement, personne ne danse, juste un animateur, des danseuses qui remuent leur derrière (dombolo) et la bière qui coule à flot. Après plusieurs bières (un peu trop pour moi), je rentre me coucher, il doit bien être minuit. En fait cet endroit était un bordel, je l'apprendrai par la suite. Pour moi, c'est une nouvelle expérience de la vie nocture en Afrique. Décidément, j'aurai tout fait en Afrique. Après Gérard à la messe, il y a eu Gérard au bordel. Je sens que cela va faire couler beaucoup d'encre.................

Date du Message :
10 03 2010 10:56:07
Latitude : 04°01'06,0" - Longitude : 009°12'46,6"
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CALABAR / LIMBE (Cameroun)
Vendredi 05 mars 2010 6 km cumul : 11 368 km

Le jeudi matin, je prends un taxi pour me rendre au port et me renseigner sur le prix et l'heure du départ. Bonne surprise, j'ai affaire à un camerounais et un sénégalais parlant parfaitement le français.

J'achète mon billet pour un départ le vendredi à 7 H 30. Ils veulent que j'amène mon vélo l'après-midi pour le voir et fixer le prix. Ils me conseillent de dormir au port. Il y a de quoi manger et me fourniront une natte pour dormir sur le pont du bateau.

Je retourne à l'hôtel pour manger et préparer Tornado. A 17 h, le même taxi m'amène au port, je n'ai pas envie de me perdre. Au port, après évaluation du prix du billet, nous chargeons Tornado sur "l'Endurance" non sans quelques cris de ma part car ils chargaient Tornado comme un ballot de coton et il est fragile mon Tornado.

Il est tôt, je demande au manager du port (nous sommes en pays anglophone) pour aller en ville. Il me déconseille fortement d'y aller seul, pour un blanc, ce n'est pas prudent. Il désigne un de ses hommes pour m'accompagner, c'est plus prudent. Nous allons manger en ville tous les deux et rentrant au port.

Sur ce port, l'ambiance est très particulière. Des commerçants ambulants font à manger pour les passagers du navire. Ceux-ci passeront la nuit sur place, dormant à même le sol en attendant l'heure du départ. Toute la nuit, sera un va et vient perpétuel, les bières se consommant à pleine caisse. Je passe une nuit relativement bonne sur une natte sur le pont du navire. Ici, je suis le seul blanc (batouré) et tout le mond me connait et m'interpelle gentillement. Je sympathise, bien sûr avec mon garde du corps et un couple de gabonnais qui rentre à LIBREVILLE et venu au Nigéria pour faire du business.

Le vendredi matin, le bateau part à l'heure prévue. La traversée sera un peu plus longue, 5 h 30 au lieu de 4 h 30. Au large du golfe de Guinée, nous croiserons de nombreuses plate-forme pétrolières. Cette partie camerounaise du golfe est un objet de litige avec le Nigéria (pétrole oblige) et a été réglé par l'ONU.

Nous acostons en pleine nature et comme sur les aéroports, je prends le bus et nos bagages nous serons livrés au poste de douane. Je crains le pire pour Tornado. Après les formalités, je récupère Tornado, sans une égratinure. Tout ce passe bien, si ce n'est un douanier zélé qui me réclame la feuille de route de mon véhicule. J'ai beau essayer de lui expliquer que ça n'existe pas, il n'en démord pas. Le ton s'élève, je m'en balance car je n'ai rien à perdre. Pour preuve, il va chercher un papier déjà rempli. Il me ramène un document concernant une moto Yamaha. Je lui explique que les motos possèdent une carte grise et qu'il est normal d'avoir un certificat de passage. Il en convient, se calme, nous nous serrons la main sans rancune et nous devenons amis. Entre temps, il m'aura quand même fallu vider la remorque pour en vérifier le contenu, tout en me parlant d'El Kaïda. Je n'aprécie pas trop de vider ma remorque devant tout le monde mais je n'ai pas le choix.

J'arrive finalement à LIMBE dans un hôtel conseillé par un des managers du bateau.


Date du Message :
10 03 2010 10:31:00
Latitude : 04°58'54,0" - Longitude : 008°20'35,_"
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TRAVERSEE DU NIGERIA
Dimanche 28 février 2010
au mercredi 03 mars 2010

POBE / ORE
300 km (camping-car) cumul : 10 559 km

28 contrôles

Après une piste de quelques kilomètres, nous sommes de bonne heure à la frontière. La passage est facilité par des policiers Béninois et Nigérians assez sympa. Quoiqu'un peu long, nous passons la frontière sans problème apès avoir changé un minimun d'argent car ici, il n'y a pas de bureau de change.

Premier contrôle du ministère de la santé pour la fièvre jaune. Nous nous rendons compte de nos premières difficultés. Nous sommes en pays anglophone et à part peut-être Bernadette et Jocelyne, l'anglais n'est pas notre tasse de thé.

Nous sommes sur une espèce d'autoroute avec une circulation à double sens, au gré des usagers. Il faut que nos chauffeurs fassent très attention, d'autant que les camions ont tendance à rester à gauche.

Pour cette première journée, nous goûtons au plaisir des contrôles pas toujours rassurants. Aujourd'hui, il n'y en aura que 28. Les contrôles sont effectués par des individus souvent très jeune (18 20 ans), armés de kalachnikov. Nous avons du mal à repérer qui nous contrôle, les uniformes changent constamment ; policiers, gendarmes, armée, douanes, rangers et très certainement de faux policiers. l'abord est souvent agressif et on nous demande de tout mais rarement les papiers : jonnie (wisky), money, à manger, à boire, d'où venez-vous, où allez-vous. Nous faisons souvent les imbéciles qui ne comprennent rien (ce qui est facile pour nous, pas de faire l'imbécile mais de ne rien comprendre) et de guerre lasse, ils nous laissent partir.

C'est très pénible, d'autant que les contrôles se suivent parfois d'un kilomètre. Après 300 km, nous ne nous arrêtons qu'à ORE car nous perdons beaucoup de temps sur la route. Nous trouvons un petit hôtel sympa, j'ai ma chambre et la gratuité pour les camping-car.


ORE / ENUGU
350 km(camping-car) cumul : 10 909 km
63 contrôles

Aujourd'hui, c'est le pompon car pas moins de 63 contrôles vont nous faire perdre un temps abominable et nous n'atteindrons qu'ENUGU à la nuit. Les chauffeurs sont cuits et il est temps que nous arrivons à l'hôtel.

J'ai quand même pas mal de regret de ne pas traverser le Nigéria à vélo. En premier lieu tout à l'air sécurisé et surtout le paysage est magnifique. Le végtation est de plus en plus luxuriant, le relief de plus en plus vallonné. Je ne sais pas si j'ai bien fait d'écouter tous mes amis qui me déconseillaient de traverser le Nigéria à Vélo, sauf Fred, un ami qui a fait le Nigéria à vélo. Malheureusement nous ne prenons pas de photo, les camping-caristes sont pressés et il est souvent compliqué de s'arrêter. C'est vrai qu'à vélo, je m'arrête où je veux et quand je veux.

ENUGU / IKOM
236 km (camping-car) cumul : 11 145 km
21 contrôles

Aujourd'hui beaucoup moins de contrôles mais beaucoup de piste. Aussi nous n'effectuerons que 236 km, comme quoi, au Nigéria, on ne peut rien prévroi, dans toute l'Afrique d'ailleurs.

Dans l'ensemble, les villages ne sont pas terribles au Nigéria. Les maisons sont souvent faites de planches et de tôles, donnant un air de favellas. Nous retrouvons la vie et l'habitat traditionnel de l'Afrique sur la piste.

A IKOM, nous avons du mal à trouver un hôtel. Dans l'un d'eux, on voulait nous faire dormir à 5 dans une chambre pour un mais pas dans les camping-car. Finalement nous trouvons un hôtel assez luxueux où la fille du restaurant essayera de nous arnaquer sur le prix. Je crois que c'est monnaie courant au Nigéria, il faut toujours être sur ses gardes.


IKOM / CALABAR
217 km (camping-car) cumul : 11 362 km
9 contrôles

Nous arrivons enfin à CALABAR et les contrôles sont moins fréquents. A un contrôle, un jeune policier jugeant Xavier arriver trop vite pointera sa kalachnikov sur nous. Ce qui aura pour effet de mettre Xavier dans une colère noire et le chef géné nous laissera repartir sans rien demander. Un autre essayera de prendre les médicaments de Xavier et nouvel colère de Xavier, c'est dur de garder son calme. Tous ces jeunes policiers m'ont l'air très dangereux, jouant les caïds avec leur mitraillette à la main. Je pense que les bavures doivent être assez courantes.

Nous arrivons juste avant la fermeture de l'ambassade du Cameroun, ce qui nous permet d'avoir nos visas rapidement et sans problème. Le réceptionniste me déconseille fortement de remonter à IKOM car la piste au Cameroun jusqu'à MANFE est en très mauvais état. Il m'indique qu'un ferry par le vendredi de CALABAR pour LIMBE près de DOUALA. C'est une aubaine que je saisis m'évitant ainsi près de 300 km en camping-car et 80 km de piste. Le jeudi matin, mes compagnons de route me quittent non sans un petit pincement au coeur car j'ai beaucoup apprécié leurs compagnies, surtout Jocelyne et Xavier qui m'ont beaucoup chouchouté.

Résultat de la traversée du Nigéria, 1 103 km, 121 contrôles, soit un contrôle tous les 9 km : pas mal n'est-ce pas. Finalement, l'excès de ces contrôles ne laisse peut-être peu de place aux coupeurs de route : un mal pour un bien.




Date du Message :
10 03 2010 09:52:01
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GODOMEY / POBE (frontière)
Samedi 27 février 2010 105 km (camping-car) cumul : 10 259 km

Aujourd'hui, petite étape tranquille pour nous positionner près de la frontière et repérer les lieux pour demain matin.

Avec bien du mal, nous trouvons un petit hôtel "Nulle part ailleurs" que je conseille fortement. Mes amis dorment dans le camping-car dans la cour de l'hôtel et je prends une chambre pour 5 000 F CFA. Dans cette catégorie, c'est de loin le meilleur hôtel que je n'ai jamais trouvé.

Perso, je mène une vie de pacha. Les repas sont préparés par mes amis et je suis leur invité. Impossible de payer quoique ce soit, je n'ai qu'à mettre les pieds sous la table (fournie). Xavier ne veut même pas que je participe aux frais de gazole. La vie de baroudeur est ainsi très facile.

Le paysage jusqu'à la frontière, très verdoyant, me signifie que je rentre maintenant dans une autre Afrique, l'Afrique centrale.

Avant d'aller à l'hôtel, nous avons repéré la frontière où tout à l'air compliqué : barrages, herses, papiers.

Date du Message :
10 03 2010 09:45:28
Latitude : 06°22'58,2" - Longitude : 002°20'12,3"
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COTONOU / GODOMEY
Vendredi 26 février 2010 7 km cumul : 10 154 km

Je n'étais pas mal à FIDJROSSE. L'employé de l'hôtel Wilfrid parlais un français parfait et me semblait très intelligent. Il est cuisinier de formation et c'est l'homme à tout faire à l'hôtel : cuisine, ménage, lessive, accueil, gardien la nuit. Il est marié avec 3 enfants et ne rentre chez lui qu'un jour par semaine. C'est dommage de gâcher tant de talent car il nous a fait une cuisine succulente. Je dis nous car nous étions deux à l'hôtel. Géraldine, une jeune belge éducatrice spécialisée qui s'est recyclée. Elle est au Bénin pour un stage de deux mois pour une ONG et y faire du développement dans le domaine de l'alimentation. Je quitte donc FIDJROSSE à regret car c'est un quartier agréable de COTONOU au bord de l'océan. Je conseille d'ailleurs l'hôtel "l'Ancrage de l'Océan" à tout le monde.

Petite journée de vélo (7 km) qui me permet de rejoindre mes amis Joce et Xavier. Ils m'attendent à GODOMEY avec Bernadette et Michel dans un camping assez sympa.

Ce camping est tenu par un certain Félix, marié à une française et vit la plupart du temps à ST JEAN DU GARD dans les Cévennes que je connais bien. Le soir nous aurons une discussion très poussée sur la pratique du Vaudou au Bénin. C'est assez étonnant de l'entendre avec son ami parler du Vaudou et sembler y croire alors qu'ils sont de religion catholique. Cette discussion nous laisse tous les cinq malgré tout assez perplexe.

Date du Message :
10 03 2010 09:07:13
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Date du Message :
24 02 2010 16:27:47
Latitude : 06°21'15,5" - Longitude : 002°21'52,5"
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BOHICON / COTONOU
Lundi 22 février 2010 134 km cumul : 10 147 km
Dénivelé : 435 m

Il est temps de partir de BOHICON car je commençais à faire partie des meubles. Un des réceptionnistes, Hermann avait demandé la veille que l'on discute ensemble. J'ignorais ce qu'il me voulait. En fait, il a un projet et voulait m'en parler. Il a des idées de développement touristiques et me demande conseil. J'enfile donc mon ancienne casquette de président de l'office de tourisme. J'avais effectivement constaté qu'il y avait beaucoup de choses à développer à BOHICON en terme de tourisme. J'y vais donc de mes avis et lui conseille de s'accrocher. Nous restons en relation, il va écrire sont projet et me le soumettre par mail. Ce n'est pas la première fois où les gens m'exposent leurs projets. Cela me donne des idées et pourquoi pas par la suite faire bénévolement du conseil en montage de projets mais je n'en suis pas encore là.

Je déjeune à 5 h grâce à un thermo d'eau chaude fourni la veille. A 6 h 30 je démarre à la frontale dans l'espoir d'arriver à COTONOU. Ma frontale donne toujours des signesd de défaillances, il va falloir que je solutionne et je languis que le jour arrive.

Le jour se lève sur un océan de verdure et mes yeux s'émerveillent. C'est marrant comme la végétation peut changer rapidement. Je suis maintenant dans une région fruticole. Les ananas alternent avec les bananes, les papayes et les palmiers, fini les noix d'acajou. C'est luxuriant et magnifique.

Bien entendu, les villages se succèdent et j'ai toujours droit à ce désagréable mot de cadeau mais je vous ai peut-être un peu lassé avec mon problème majeur en Afrique.

Au fur et à mesure que je roule, le soleil chauffe et se retrouve à la verticale, j'approche de l'équateur. Je résiste jusqu'à 13 h et m'arrête dans un maquis. Ce sera une béninoise (63 cl), de la pâte blanche (farine de manioc) à ne pas confondre avec la pâte noire (farine de ignames) et du poisson séché. J'en aurai pour 850 F. (1,30 €).

J'arrive aux portes de COTONOU à 15 h 30 et là commence le plus mauvais moment de la journée. Avec Laurence, nous avions repéré un hôtel à l'autre bout de COTONOU, quartier Fidjrossé. Je n'ai pas fait l'armée mais je crois qu'ici, c'est pareil : il faut toujours attendre le contre-ordre avant d'exécuter l'ordre. Je demandais ma route et on m'indiquait à droite, je redemandais, c'était à gauche. A force de persévérance et de ras le bol, j'arrive à une piste. 4 km à pied (beaucoup de sable), le long de l'océan, j'arrive enfin à Fidjrossé. L'hotelier n'a même pas pu m'aider, son téléphone n'avait pas de réseau et à plus de 17 h, j'arrive à l'hôtel "Ancrage de l'océan". Cet hôtel est tenu par un béninois, venu en France à l'âge de 12 ans, il a fait des études de théâtre à Paris et a joué avec J.L. BARRAULT à l'Odéon. Il est revenu au Bénin pour des raisons culturelles. Comme de bien entendu ça ne nourrit pas son homme, il s'est lancé dans l'hotellerie.

L'hôtel est sympa et calme dans un quartier qui fait station balnéaire au bord du golfe de Guinée. Je suis loin du centre de COTONOU mais pas plus mal.

Date du Message :
21 02 2010 17:34:17
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BOHICON (PAUSE)
Mardi 16 février 2010
au Dimanche 21 février 2010

BOHICON est la banlieue d'ABOMEY et comme cette ville me parait intéressante, je décide d'y rester un peu.

Je ne sais pas si j'en ai déjà parlé mais le premier mars, j'ai rendez-vous avec Joce et Xavier. C'est le couple qui descend en camping-car au CAP et que j'ai déjà rencontré cinq fois. Sachant que j'allais vers COTONOU pour prendre l'avion, ils me proposent leur camping-car pour traverser le Nigéria. Michel et Benadette, un autre couple qui était avec eux jusqu'au Mali les rejoignent et avec un ou deux camping-car, ils veulent traverser le Nigéria en convoi. Je pense saisir cette opportunité car l'avion avec mon vélo et la remorque, ce ne doit pas être simple. C'est vrai que beaucoup de mes amis me le déconseille mais en convoi, le risque est minimisé et la traversée se fera rapidement. C'est la raison pour laquelle j'ai le temps d'arriver à COTONOU.

Je profite également de ce repos pour me laisser aller à quelques réflexions personnelles. A SAVE, en discutant avec les serveuses : Mary et Salamatu, toutes deux musulmanes, je peux vous communiquer quelques éléments concernant leurs conditions de vie. Mary commence sa journée à 8 h et la termine à 23 h, soit 15 h par jour sur 6 j/semaine, 90 h par semaine et 390 h par mois. Son salaire mensuel est de 18 000 F. CFA ce qui fait un salaire horaire de 7 centimes d'euros. Sachant que le smic horaire en France est à plus de 7 €, Mary touche 100 fois moins qu'un salarié français payé au smic. Est-ce que la vie est 100 fois moins chère qu'en France ? Je suis loin de le penser. Il est vrai que Mary n'a pas l'air de faire des coups de sang sans son travail mais la disponibilité est là.Quant à Salamatu qui gagne 2 000 F. par mois, elle parlait moins mais je sais qu'elle est mariée et élève 4 enfants.

J'ai visité à BOHICON quelque chos qui va fortement intéressé mon ami Lucas, archéologue de profession. A MALANVILLE, l'hotelier français m'avait parlé d'un village souterrain découvert récemment. Je décide d'aller visiter ce village mais c'est plus compliqué que je ne le pensais. J'ai dû demander à une dizaine de zem (moto-taxi) mais aucun ne connaissait. A l'hôtel, ils en avaient entendu parlé mais ne savaient pas où c'était. Finalement c'est au cyber qu'on m'a branché avec un zem et j'ai pu visiter ce soi-disant village à quelques km d'ici. Il ne s'agit en fait pas d'un village mais d'une stratégie militaire datant du 17ème siècle (dernière datation connue) de l'époque du royaume du Dahomey pour se protéger des attaques tribales. Ce lieu a été découvert par des danois en faisant la route. Ce sont de grands trous creusées sous terre à l'entrée très étroite. L'intérieur plus large permet d'y vivre caché avec réserve d'eau, de provision et deux ou trois chambres. Quand l'ennemi arrivé, ils pouvaient sortir précitemment et l'ennemu était surpris ; s'il pénétrait ou tomber dans un trou, il était sûr de son sort. Le site en question était sur 7 ha et on en dénombre 56 trous (1 600 répertorié sur le plateau du Dahomey). De plus on peut voir sur le site des temples Vaudou et des autels au pied des baobab ou iroko. Mon problème, comme un couillon (confirmé par Laurence) j'ai oublié mon appareil à photos. Heureusement que j'ai rencontré un américain, Jeff parlant parfaitement le français qui travaille dans ce parc pour la coopération. Il m'enverra quelques photos qu'il a pris avec moi (il est venu spécialement) et d'autres qu'il a déjà chez lui. J'ai fait cette visite avec une classe de terminale d'un village voisin. N'étant pas d'un naturel réservé, j'ai sympathisé avec eux et une élève me fera passer les notes qu'elle a prises à l'occasion. Dès que j'aurai récupéré ces éléments (photos et notes), pour ceux que ça intéresse, je vous les communiquerai.

Tout comme dès que j'en aurai le temps, je vous ferai un condensé d'un document que m'a remis le roi sur les chefferies et les royautés au Bénin, cela a été demandé par quelques forumeurs (sic).

Autrement, le vie à BOHICON est assez sympa et à coup de zem, je peux circuler facilement, aller de l'hôtel au cyber, de l'hôtel au maquis (super Paquita) que j'ai choisi comme cantine.

Les zem, je ne sais pas s'ils gagnent bien leur vie mais il en aurait près de 10 000 à BOHICON, tous acrédités par la mairie. La cours coûte entre 100 F et 200 F et un zem fait en moyenne 1 000 F de recettes par jour. A peine de quoi payer l'essence et entretenir la moto. Moi qui ne suis pas un accroc de la moto, si vous me voyiez derrière ces zem.

Pour revenir au maquis qui me sert de cantine et aux bas salaires d'ici, j'ai quelques éléments techniques. Ce maquis dispose de 21 tables soit un maximum de 84 couverts mais toujours loin d'être plein et il fait accessoirement traiteur. En cuisine, ils ne sont pas moins de 35 personnes, toutes des femmes et un bonne douzaine au service. Un effectif assez pléthorique pour un établissement de cette taille. Voyez que je n'ai pas perdu mes vieux réflexes de comptable.

Je suis très bien ici, je ne redémarre que lundi car je ne languis pas spécialement d'être à COTONOU, une grande ville. Une bonne semaine, ce sera largement suffisant pour visiter la région et faire les formalités.

Info, ils 10 heures que j'écris ces notes, je suis à l'ombre, il fait 33° et je transpire déjà à grosses gouttes.


Date du Message :
20 02 2010 12:06:35
Latitude : 007°10'27,8" - Longitude : 002°04'20,2"
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QAVE / BOHION
Lundi 15 février 2010 136 km cumul : 10 013 km
Dénivelé : 620 m

L'évènement de la journée : j'atteinds aujourd'hui la barre des 10 000 km et je peux annoncer fièremennt 10 013 km.

La clim n'a pas fonctonné de toute la nuit (toujours ces coupures de courant) et comme j'avais fait refroidir ma réserve d'eau pour la journée sous la clim, aujourd'hui, je boirai de l'eau chaude. Comme souvent maintenant je démarre à 7 h moins 20 à la frontale et déjà il fait chaud.

Je prévois de faire une petite étape et de m'arrêter à DASSA au bout de 55 km. Le jour poind et les nuages me donnent l'impression qu'il va pleuvoir mais ce ne sera qu'un faux espoir.

La végétatiion est quasiment identique aux jours précédents. Toujours nos noix d'acajou, des manguiers, des palmiers et des bananiers par-ci par-là. La route en excellent état n'arrête pas de monter et de descendre. Je traverse de nombreux villages qui se touchent même parfois. Je ne vous dis pas le nombre de "cadeau" que j'entends au bord de la route, c'est vraiment une horreur et je n'ai jamais connu cet excès dans aucun pays. Certains me doront que c'est le prix à payer mais à vélo, c'est très cher. J'en arrive à péter les plombs et d'insulter les gens en leur disant que je ne suis pas le Père Noël. D'autant qu'au bord de la route, c'est plein de monde.

Des quantités phénoménales de gari (farine de manioc) sont vendus au bord de la route. Les jours précédents on vendait des ignames et du manioc brut, aujourd'hui c'est du gari. C'est toujours sans mesure et je ne sais pas si chacun y trouve son compte mamis ça m'étonnerait.

J'arrive finalement à DASSA. Je ne sais pas pourquoi, ce village, je ne le sens pas et je décide de de continuer jusque BOHICON. Mal m'en a pris car sous la chaleurlourde et le vent de face, je vais passer la journée la plus difficile depuis mon départ.

Heureusement une rencontre viendra égayer cette journée. Un 4 X 4 avec un couple de français ralenti à ma hauteur et engage la conversation. Il s'agit de Philippe et son épouse qui sont de NICE. Je leur dit que je suis de vers MANOSQUE, ils me demandent si je connais la Carrosserie TOUSSAINT et effectivement, je leur réponds que je connais bien Riquet, un ancien copain de sortie de Laurence. Ils me disent qu'ils viennent souvent à MANOSQUE et je leurs précise qu'en fait je suis de GREOUX. Et Philippe de me dire que sa soeur habite GREOUX, c'est la copine de celui qui fait les pizzas au carrefour du Grysélis. Elle était d'ailleurs venue me voir au cabinet pour un conseil. Quand je vous dis que l'Afrique est petite. Finalement, ils s'arrêtent dans un village et m'invite à boire une bière bien fraîche dans un maquis, ce que je ne peux refuser. Ils sont accompagnés d'un autre couple qui vit au Mali. Ils sont venus passer 3 semaines au Afrique et ont organisé un petit raid à une quinzaine de participants à travers le pays Dogon.

Je continue donc en direction de BOHICON. Tout au long de la route, les mamans continuent également de vendre leur farine de manioc. Depuis deux jours je remaque aussi beaucoup de femmes aux seins nus. Jusqu'à présent, je ne voyais ques des dames agées mais maintenant c'est toute les catégories d'âge.

Je vais également vous conter mon histoire du manguier qui sont si nombreux depuis DAKAR. En traversant le Sénégal, les manguiers avaient juste leurs feuilles. Au Mali, ils commençaient à bourgeonner. Au Burkina, ils étaient magnifiques, tout en fleurs (n'est-ce pas Laurence). Au Bénin, ils portent des fruits que je vois grossir au fur et à mesure que je descends vers le sud. C'est marrant le vélo, j'avance au même rythme que la nature.

Enfin j'arrive à BOHICON, complètement cassé. Comme d'habitude en ville, j'ai du mal à trouver un hôtel car rien n'est indiqué et les gens ne connaissent pas trop. Finalement, je trouve l'hôtel des Princes (c'est de circonstane) où l'accueil est très froid mais les chambres et le prix sympathiques, je décide donc d'y rester quelques jours.

Date du Message :
16 02 2010 11:16:59
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SAVE (MESSE)
Dimanche 14 février 2010

Et oui, tout arrive. Je suis resté une journée de plus à SAVE car aujourd'hui c'est dimanche et ça me permet ainsi d'assister à une grande messe en Afrique. Il y a déjà un petit moment que j'y pense.

L'autre jour en me promenant, j'avais remarqué une grande église (ouverte) avec des tam-tam à l'entrée. Ici les messes doivent donc être très différentes de celles de chez nous. C'est ma grande soeur Lydie qui sera contente quand elle apprendra que son petit frère est allé à la messe, moi qui suis d'un naturel païen.

La messe est à 1 h, j'arrive 1/4 d'heur avant, déjà quelques fidèles. Je m'installe au fond afin de mieux observer. Le prêtre, assisté d'un autre prêtre arrive, entouré par 6 enfants de choeur tout de vert vêtus et la messe commence 1 minutes avant. Les tam-tam résonnent et un chorale se met à chanter sous la direction d'un chef.

L'église n'est pas bien remplie mais les gens arrivent tout le long de cette messe pour finir bondée. Les gens sont sapés et les gamins, magnifiques en habit du dimanche. Les femmes sont très majoritairement à droit et les homes à gauche. Dans les allées, circulent des gens ceints d'une écharpe verte avec une croix dans le dos et ont l'air de surveiller. Une dame avec une baguette flexible surveille que les enfants soient sages.

Selon les circonstances, les gens sont assis, debout et souvent à genoux et même prosternés. Je crois que ça ne se fait plus chez nous de s'agenouiller. Le prêtre son sermon en langue locale et traduit ensuite en français pour ceux qui ne comprendraient pas.

La chorale en chantant exécute des pas de danses que les dames dans l'église reprennent. De vor ces gens habillés de toutes les couleurs, ces prêtres, ces enfants de choeur, d'entendre les tam-tam et la chorale me font une émotion intense que j'ai du mal à contenir. C'est absolument un spectacle extraordinaire (excusez le mot spectacle en parlant de mess) et l'on sent les gens très concentrés.

Le prêre au début de son sermon sur l'idôlatrerie pose des questions et le gens répondent en levant la main, faisant ainsi participer tout le monde. C'est le moment de la quête, il y en aura 3 ou 4, les enfants de choeur se positionnent aux 4 coins de l'église avec de grandes corbeilles et ce sont les gens qui se déplacent.

Pour la communion, la participation doit être de 95 % et les gens reçoivent l'hostie directement dans la bouche comme chez nous autrefois. Guère avant la fin de la messe, les femmes sortent des rangs en dansant, tourne autour de la chorale qui chantent toujours et vont se rasseoir.

Finalement cette messe aura duré deux heures sans que les gens s'impatientent. En sortant, certaines personnes viennent me saluer mais je n'ai pas eu l'impression d'être regardé comme un intrus.

Même si la messe n'est pas ma tasse de thé, je ne regrette pas d'être resté un jour de plus à SAVE. Par contre, demain il me faut repartir car je ne pensais pas rester aussi longtemps ici en arrivant.

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16 02 2010 10:54:37
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SAVE (REPOS)
Samedi 13 février 2010

Je n'ai pas du tout dormi de la nuit, peut-être une heure ou deux. Je ne sais pas pourquoi, hier j'ai bu du café tard (je ne bois presque plus de café), il y a eu du bruit toute la nuit. Aussi ce matin je décide de rester un jour de plus. De toute manière, pour être à COTONOU avant le premier mars, j'ai largement le temps.

Essai d'internet ce matin mais pas de connexion. Pour tuer le temps, je décide de monter sur une colline en face de celle de l'autre jour et décidément, en Afrique, je vais de surprise en surprise.

Les collines, ici sont d'immenses blocs granitiques, vierges de toute végétation et donc facile à repérer. Arrivé à mi-pente, je remarque un grand rectangle peint en blanc avec au milieu, des poteaux en bois peints en blanc. J'évite de pénétrer dans ce rectangle pensant encore à du sacré. Je suis au Bénin, le berceau du voudun (vaudou). En m'approchant, je suis interpellé par un individu tout de blanc vêtu qui me fait signe de pénétre dans ce rectangle après m'être déchaussé. Il m'explique que c'est effectivement un lieu sacr. Il est de religion Chrétienne catholique et après avoir renconté un ami qui voyait ses prières se réaliser, il s'est converti à sa religion et il vient ici pour prier. Sur le lieu, il y un semblant d'autel avec une croix et des livres religieux. Il me parle dans un langage que je ne comprends pas trop et me parle de religion "Chérubi Séraphin", comprenne qui veut. Il me demande de prier avec lui mais je décline et je continue mon chemin.

Je passe ensuite par un autre rectangle peint en blanc et des flèches indiquant la direction à suivre pour aller dans l'autre lieu. Je crois que c'est un premier lieu de recueillement avant d'aller dans l'autre. Vous arrivez à me suivre ? Moi-même, je m'y perds.

En redescendant, je croise un couple, la dame avec un bébé sur le dos, en plein cagnard bien sûr (il est 11 h). Le monsieur m'explique qu'il est pasteur pentecôtiste et qu'il monte tout au sommet de la colline pour prier. Nous parlons un petit peu de sa religion. Je lui signale avoir vu un monsieur pas loin. Ile le connait, c'est un ami mais il fait partie de l'église évangélique. Voila que je comprends mieux, même si c'est toujours confus dans ma tête, la religion est moi....

C'est l'exemple concret de ce que je vous expliquais l'autre jour, le Bénin avec toutes ses confessions et un mélange de vaudou. J'ai comme l'impression qu'ici toutes les montagnes sont sacrées. Peut-être pour être plus près du Bon Dieu et de faire un effort pour prier.

Je décide donc d'y regrimper avec mes baskets cette après-midi et d'aller complètement au sommet cette fois-ci. Voila encore une drôle d'aventure que ne peut m'arriver que quand je me pose un peu. Pour info, en écrivant ces mots, je suis à l'ombre et il fait 37°.

On me dit un peu fou, je crois que je le suis car je grime sur la colline aux sites religieux à 14 h 30 au plus fort de la chaleur et j'en profite pour prendre des photos. J'y rencontre les mêmes gens que ce matin. Ils sont restés toute la journée pour prier.

J'en reviens en nage et complètement pourri car j'ai été obligé de traverser les cendres de la brousse brûlée. D'ailleurs, derrière moi un feu se déclare et me fait prendre consciense qu'il me faut être très prudent quand je me promène dans la brousse.

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16 02 2010 10:30:53
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SAVE (Reçu par la Roi)
Vendredi 12 février 2010

Aujourd'hui 12 février 2010, ma filleule Marine à 18 ans et je suis absent pour le jour de sa majorité. Qu'importe, je lui souhaite un bon anniversaire et je lui promets d'être présent pour ses 20 ans.

Petite anecdote avant d'aller vor le roi. A TCHAOUROU quand je me promenais dans la brousse, j'ai voulu goûter une noix de cajou. Je l'ai mise dans ma bouche pour la croquer mais elle n'était pas sèche et j'ai essayé d'en croquer d'autres. Résultat des courses, la noix de cajou est recouverte d'une espèce d'acide qui m'a anesthésié la bouche et brûlé les lèvres. Ce matin je suis allé dns un pharmacie pour acheter un produit car mes lèvres me piquent. En fait, les noix de cajou possèdent un acide dont les africains se servent pour faire leurs tatouages Je me suis bien fait prendre et pas trop fier de moi. Il jura mais un peu tard que l'on ne l'y reprendrait plus.

J'arrive donc au palais royal. Je suis accueilli dans le hall d'entrée auson des tam-tam. Quatre musiciens se mettent à jouer dès que quelqu'un arrive. Je suis aussi accueilli par le ministre qui m'avait reçu la veille. Il me demande de patienter en attendant tout le monde. J'assiste ainsi à l'arrivée de tous les ministres et des femmes agées (les sages) qui entourent le Roi. A l'arrivée de chacun de ces personnages tout le monde se prosterne. Les ministres s'installent à la gauche du trône, le premier ministre (Agani Olu Osim) à côté et les dames à droite. Une fos tout ce petit monde installé, on m'installe sur le côté afin que je puisse assister à toute la cérémonie.

Le Roi n'est toujours pas là, il se fait attendre. De nombreuses femmes arrivent et se mettent à danser dans la cour au son des tam-tam. Tout d'un coup, j'entends du bruit à l'extérieur, les femmes s'arrêtent de danser et les ministres sortent en se précipitant. Que se pass-t-il ? Je l'ignore et on me fait signe de ne pas bouger. Enfin tout rentre dans l'ordre et les danses reprennent. Le roi me fait appeler à l'intérieur pour une entrevue. Je lui remet une petite enveloppe en signe d'accueil (5 000 F) et nous discutons. Il m'explique l'altercation qu'il y a eu. Ce sont des opposants qui n'acceptent pas de ne pas être nommés ministres et voulaient pénétrer de force. Le roi m'explique que c'est lui même qui nomme ses ministres en fonction de leurs villages d'origine. Il avait également peur qu'ils aillent profaner un arbre sacré (iroko) au milieu du quartier. Il m'explique le cadre informel de sa fonction, il est le garant de la préservation des habitudes coutimières et règle certains conflits de propriétés foncières. Je lui explique qu'en France, toutes les traditions se perdent, il me répond en souriant :"Justement, c'est vous qui nous contaminait". Il est normalement propriétaire des terrains mais c'est l'état qui en dispose. Ainsi l'endroit où je me suis promené hier est un endroit sacré. C'était le lieu de refuge des villageois pour se protéger pendant les guerres tribales. Les murailles de pierres restant en attestent. C'est également un lieu de sacrifice où ils sacrifient régulièrement un boeuf.

Tout cela est très compliqué mais le roi n'est pas dupe. Il sait pertinament qu'il intéresse les politiques au moment des élections car ils connaissent sa grand influence sur son peuple. Le rest du temps, ils l'ignorent si ce n'est le président de la république qui lui rend visite chaque fois qu'il vient dans la région. L'entrevue terminée, je regagne ma place et le roi sort pour s'installer sur le trône.

Les danses reprennent de plus belles toujours au son des tam-tam. On sent les femmes vraiment s'amuser et effectuent des danses très variées tout en chantant des chansons africaines (le spectacle est prodigieux et pas pour les touristes). Il va de soit que je suis le seul blanc dans l'assistance. Certaines dansent également avec un bébé dans le dos. Les gens jettent des pièces au milieu du cercle des danseuses et pour faire bonne mesure, je m'exécute également.

De temps en temps des gens viennent se prosterner devant le roi, discutent avec le roi et le premier ministre pour réger je ne sais quel problème. Les femmes continuent de danser et de chanter et s'en donnent à coeur joie. Elles viennent se prosterner devant les musiciens pour le remercier. Elles exécutent ensuite une danse de révérence vers le roi et se prosternent un grand moment à ses pieds où une discussion s'engage longuement. Je ne saurai jamais ce qui ce dit.

La cérémonie s'arrête et les gens commencent à partir. J'attends toujours sur ma chaise jusqu'à ce que le roi me fasse demander. Je suis ainsi reçu directemet dans son appartement privé où nous prenons une bière avec son premier ministre. Nous discutons de tout et de rien. Il m'explique que les rois sont mieux reconnus et rémunérés dans les anciennes colonies anglaises, royauté oblige (Nigéria, Ghana). je lui explique qu'en France, un roi n'est pas reconnu et pour preuve, le dernier en place, nous lui avons coupé la tête, ce qui le fait beaucoup rire.

Je lui signale qu'il n'avait pas sa couronne sur la tête et m'explique qu'il ne la met que les jours de grande cérémonie (une fois par mois). Du coup, très cabotin, il va se changer, mettre son costume d'apparat et sa couronne pour que je le prenne en photo. Il joue vraiment la star car il va se changer une nouvelle fois pour mettre son costume qu'il ne porte que vraiment dans les grandes occasions. Le premier ministre me signale que c'est vraiment un grand honneur qu'il me fait.

Après les photos d'usage, je prends congé du roi et retourne à l'hôtel. J'ai vraiment passé une matinée extraordinaire. Une opportunité qu'il me fallait absolument saisir et c'est l'un des intérêts du voyage à vélo. Avec cette entrevue avec Sa Royale Majesté Kabiyési Oba Adetutu, je ne suis pas du tout dans les circuits touristiques classiques. Au cours de cette matinée, j'ai pris de nombreuses photos et même filmé. Je demanderai à Stéphane de faire un chapître à part.

Date du Message :
11 02 2010 20:31:00
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SAVE (PAUSE)
Jeudi 11 février 2010

Aujourd'hui, il m'en arrive une bien bonne, comme quoi l'Afrique réserve toujours son lot de surprise.

Hier, j'avais manifesté mon désir à la jeune fille de l'hôtel de monter sur la colline et de m'indiquer quelqu'un qui pourrait m'accompagner. Ce matin, elle me dit d'aller voir le roi. Sur le coup, je pensais à une personne s'appelant ainsi, monsieur Roi. Non, un Zem (taxi-moto) me conduit directement au palais royal. Je suis reçu par un conseiller du roi. Après discussion, il me dit que pour monter sur la colline, il faut l'autorisation du roi et m'obtient une entrevue avec celui-ci. Je suis reçu par un personnage très digne, assis sur son trône, en chapeau doré et une grande canne dorée à la main. Il est assisté comme c'est la tradition par trois femmes arrivées pour la circonstance. Je lui fait part de mes raison de mon voyage en Afrique et m'autorise à monter sur la colline. Il me conseille de revenir demain car c'est vendredi et c'est son jour de réception. Il sera vêtu des habits d'apparat, avec sa couronne sur la tête. Je pourrai aussi prendre toutes les photos que je voudrai. Après révérence, je prends congé du roi et retrouve son conseiller. J'ai donc rendez-vous à 16 h avec un guide pour monter sur la colline. Il me faudra pour se faire, laisser 5 000 F. de caution (que je ne retrouverai certainement pas). Du coup je reste à SAVE un jour de plus car un rendez-vous avec un roi, ça ne se manque pas. C'est vrai que j'en avais entendu parlé à l'occasion de mes lectures mais comprenez mon étonnement. J'en saurai plus demain et je vous tiendrai bien entendu au courant.

L'après-midi devait être consacré à grimper sur la montagne. Montagne que je n'atteindrai jamais. Mes deux guides qui sont en réalité deux princes (fils du roi) me disent qu'il est impossible d'y grimper, ce dont je doute. En fait, ils n'avaient pas trop envie de marcher et voulaient surtout discuter. Qu'importe, j'ai promené dans la colline, appris un peu plus sur la nature et leurs coutumes et surtout beaucoup parlé.

En fin d'après-midi, le temps s'est méchamment couvert et un coup de vent annonciateur de pluie s'annonçait. On verra bien. Demain sera un autre jour

Date du Message :
11 02 2010 20:18:20
Latitude : 08°02'26,6" - Longitude : 002°29'42,5"
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TCHAOUROU / SAVE
Mercredi 10 février 2010 104 km cumul : 9 877 km
Dénivelé : 685 m

Bien entendu, au réveil pas d'électricité. J'essaye de déjeuner à la frontale (j'ai l'habitude) mais le réchaud ne fonctionne pas. Après avoir nettoyé Tornado à l'essence, j'ai oublié de refaire le plein.

Je démarre à la frontale à 6 h 30 car il fait déjà très chaud, au moins 30 °. Le jour se lève et je constate qu'il y a des nuages et j'ai même le sentiment qu'il va pleuvoir : je peux rêver. Toute la journée, il fera très chaud et lourdasse avec une alternance de nuages et de soleil. Le temps a complètement changé et ce n'est plus l'harmattan qui souffle. Le vent a changé de direction, il vient du sud-ouest et je l'ai au 3/4 face. Est-ce l'approche de l'océan et les entrées maritimes ?

La route est un succession de montées et de descentes, tout en ligne droite. Je suis au milieu d'un océan de verdure. Le haut des côtes me permet de dominer la forêt à perte de vue, c'est très joli. Au bord de la route, il y a toujours ces plantations de noix d'acajou. Cela reste très spectaculaire car je ne sais ce que l'on fait de ces noix. Ici on pratique toujours l'écobuage. Le seul problème, ils se font souvent gagner par le feu et je constate des traces d'immenses feux de brousse où les arbres n'ont pas résisté. Bien sûr le manguier est toujours présent ainsi que le bananier.

Aujourd'hui, les béninois ont fait tout faux. Jusqu'à présent, je louais ce pays qui était le seul où l'on m'acclamait au bord des routes et où l'on ne me réclamait rien. Je crois qu'aujourd'hui, j'ai battu le record du monde des "donne-moi un cadeau" et le tout sans bonjour et sur un ton souvent agressif. Cela m'a empoisonné la journée si bien que souvent je ne disais plus bonjour car la réponse était "donne-moi cadeau" ou "cadeau, cadeau". Est-ce la pauvreté de la région ? J'ai d'ailleurs constaté que l'habitat a énormément changé. Jusqu'à présent, les villages étaient constitués dans la majorité de maisons en dur. Depuis ce matin, les cases ont largement réapparues. Certain vont peut-être me trouver excessif, mais quand je traverse avec mon vélo un village et que l'on me réclame un cadeau une centaine de fois, il y a de quoi perdre son sang-froid.

Par cette chaleur et ce temps lourd, je transpire beaucoup et ma réserve d'au y passe. Heureusement j'arrive vers 14 h à SAVE. Un hôtel correct et une bonne bière me rendent cette petite ville sympathique. J'ai du temps devant moi pour arriver à COTONOU et je décide de me poser une journée supplémentaire ici. Dans les alentours, il y a de belles montagnes, je vais essayer de m'y promener.

Date du Message :
11 02 2010 09:34:50
Latitude : 08°52'34,7" - Longitude : 002°36'02,4"
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PARAKOU / TCHAOUROU
Mardi 09 février 2010 60 km cumul : 9 773 km
Dénivelé : 345 m

Le déjeuner devait avoir lieu à 6 h 30 mais une coupure d'électricité le retarde. Il me faudra attendre qu'il fasse jour. Depuis mon entrée au Bénin, les coupures d'électricité sont monnaies courantes, bien plus que dans les autres pays. La production électrique ne doit pas être suffisante et le réseau beaucoup plus important qu'ailleurs. J'ai remarqué qu'ici, tous les villages étaient électrifiés, pas étonnant que le production ne suffise pas.

Après beaucoup de demandes, je réussi à sortir de PARAKOU. Ici comme ailleurs, il n'y a aucune indication , même pas la direction de COTONOU.

Le temps semble plus clair qu'habituellement et la route est superbement bitumée. C'est agréable de ne plus avoir à slalomer.

L'accueil est toujours aussi agréable et je traverse les villages sous les acclamations des villageois. Je dois être un peu l'attraction de la journée.

Je remarque de plus en plus de plantations d'acajou. Sur les arbres, les noix de cajou sont mures, de couleur rouge ou jaune. De nombreuses femmes avec une bassine sur la tête s'en vont les ramasser. Je m'arrête par curiosité l'une d'elles me ramasse quelques fruits et après en avoir enlevé la noix, m'offre les fruits en me faisant signe de les manger. C'est assez sucré et très juteux. Les femmes ne ramassent que les noix qui pendent au bout du fruits pour les mener à une usine proche et certainement y être emballé et envoyer en Europe pour le plaisir de nos apéritifs. Je ne parle pas du prix de vente en France et du prix de revient ici.

Au bout de 60 km, j'arrive à TCHAOUROU. Cette petite ville est très agréable, il y a une petite auberge et un cyber. C'est parfait pour moi et il ne me restera plus que 100 km demain pour atteindre la ville de SAVE.

L'auberge est parfaite, rustique mais propre et il y a tout ce que je demande : salle d'eau, wc, ventilateur, électricité et le tout pour la modique somme de 3 500 F.CFA (5 €), je m'installe donc ici pour la journée après une coute étape.

Je vais au cyber mais il n'y a pas de connexions. J'ai l'impression qu'ici les connexions sont rares. Il est 15 h et pour tuer le temps, je m'enfonce dans la brousse pour une promenade d'une heure et demie. La végétation est très dense dans le secteur, j'ai intérêt à rester sur les chemins. Je vois des acajous et des manguiers bien sûr mais aussi des bambous, des karités et d'autres essences d'arbres que je ne connais pas. De temps à autre, des maisons avec des cultures autrou : bananiers, maïs.

Ce qui est étonnant dans tous ces pays d'Afrique et en particulier au Bénin, c'est le nombre d'église de confessions différentes. Catholiques et protestants sont nombreux mais aussi, des évangélistes, des pentecôtistes, des adventistes, des témoins de Jéhovah et bien d'autres dont je ne connaissais pas l'existence. J'ai l'impression que chacun y va de sa secte et le africains étant très croyants se laissent facilement influencer. Cette réflexion n'engage que son auteur mais c'est mon sentiment.

Date du Message :
08 02 2010 16:41:34
Latitude : 009°20'52,3" - Longitude : 002°37'28,2"
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BEMBEREKE / PARAKOU
Dimanche 07 février 2010 113 km cumul : 9 713 km
Dénivelé : 660 m

Cette nuit, j'ai eu très chaud. Il faisait plus de 30° jusqu'à une heure avancée de la nuit. La chambre disposait bien d'un ventilateur mais les nombreuses coupures d'électricité le rendait inutile.

Finalement je démarre alors qu'il ne fait pas encore jour. Le veilleur de nuit m'avait ouvert les portes et attendait que je parte avant de se recooucher. Il faut savoir qu'en Afrique, tous les établissements, petits et grands ont un ou plusieurs veilleurs de nuit. Il est vrai que la main d'oeuvre n'est pas chère.

Le temps est toujours identique, j'aurai droit encore droit à la chaleur et à l'harmattan. La route semble meilleure mais les trous même s'ils sont moins nombreux sont toujours au rendez-vous. La circulation est très importante, peut-être parce que c'est dimanche. Il me faut faire très attention car aujourd'hui, il est très dangereux de circuler. Je me retrouve régulièrement nez à nez avec un camion en train d'essayer d'en doubler un autre péniblement. Je ne risuqe souvent pas grand chose car la vitesse est souvent très réduite.

Si le flot des voitures a considérablement augmenté ce dimanche, celui des camions également et en particulier ceux remplis de coton. A propos de camions, j'ai souvent l'impression d'être en France. Je retrouve des noms de transporteurs connus (affréteurs des transports Raméro) et en particulier beaucoup de Mazet d'Aubenas. Laurence est d'ailleurs régulièrement sollicitée par des acheteurs pour envoyer les camions d'occasion en Afrique.

Le paysage est toujours aussi sympa,cultures et forêts alternent et je vois beaucoup d'oiseaux. Comme depuis mon entrée au Bénin, je traverse beaucoup de villages et j'ai toujours droit à mes encouragements.

A partir de 11 h, il commence à faire très chaud et je décide de sauter le repas de midi. Je m'alimente à la coureur cycliste afin d'arriver le plus tôt à PARAKOU. C'est chose faite à 14 h mais je mettrai plus d'une heure pour trouver un hôtel. Je me fais accompagner par un zem (moto-taxi) qui sont ici très nombreux. Il m'amène dans un hôtel à la périphérie de PARAKOU. Celui-ci ne fera pas l'affaire car demain, je reste une journée de plus à PARAKOU et je recherche un peu de confort. Je rest une journée à PARAKOU pour m'occuper un peu de Tornado, je crois qu'il le mérite. Je dois changer les patins de frein et raccourcir un fois de plus la chaîne. Je reviens finalement à l'hôtel que j'avais vu à mon arrivée à PARAKOU où l'accueil n'est pas spécialement sympa. Cet hôtel est tenu par une française qui fait office de consul honoraire à PARAKOU. Comme la chambre est un peu chère, je lui ai demandé un prix. Elle m'a bien fait 10 % mais j'ai eu l'impression de lui arracher un oeil. Quoiqu'il en soit, les chambres sont très confortables avec clim, frigo et télé. L'endroit me parait idéal pour me poser un peu.

Date du Message :
07 02 2010 19:04:06
Latitude : 10°12'37,1" - Longitude : 002°39'34,4"
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KANDI / BEMBEREKE
Samedi 06 février 2010 115 km cumul : 9 600 km
Dénivelé : 505 m

Je démarre à 7 h 20, le journée est la copie conforme à celle de la veille. Atmosphère couvert de poussières, l'hamattan et la chaleur vont encore frapper.

Je n'ai pas étudié l'activité économique du bénin mais je semble être dans une région agricole fertile. Les champs sont en attente de cultures pour l'hivernage, des champs de coton de partout et bien entendu mes vergers d'acajou et de manguiers.

j'arrive à l'entrée d'un village où je remarque une intense activité au son des tambours. Ce sont les bénévolles du village qui nettoient les alentours du centre de santé, le tout rythmé par des musiciens au son du tambour.

La route semble monter, heureusement que le vent ne souffle pas de face mais de côté. La route va certainement être élargie car de chaque côté, les arbres sont abattus et l'herbe brulée. Le paysage n'est pas terrible mais les gens du village profitent de cette haubaine pour récupérer le bois. Ce sont essentiellement les femmes que je vois travailler à coup de haches et parfois avec un bébé dans le dos : que font les homme ici. Si la route doit être refaite, ce n'est pas du luxe car maintenant, elle est couverte de trous. Je suis sur une route avec une circulation importante et j'assiste à un ballet étonnant. Camion, cars, voitures, motos et vélos roulent dans tous les sens pour éviter les trous : à droite, à gauche, en travers. Il faut voir ce spectacle auquel je participe. Quand je dis ballet, je n'exagère pas, il me faut d'ailleurs être très prudent car je suis au milieu de cette circulation mais je m'amuse bien quand même car en vélo, je suis peut-être le plus à l'aise pour éviter les trous.

Dans un village, je m'arrête pour photographier des jeunes filles qui fabriquent des morceaux de tissus à l'aide de métiers à tisser. C'est la deuxième fois que j'assiste à ce travail depuis ce matin.

Avant d'arriver à BEMBEREKE, je constate au bord de la route quelque chos qui m'intrigue. Des femmes, exclusivement des femmes, sont devant des petits tas, aec de temps à autre des camions qui chargent et je n'arrive pas à savoir ce que c'est. Finalement en sortant de BEMBEREKE, je m'arrête et je constate que ces petits tas, ce sont des tas de cailloux. Les femmes passent leur journée avec une petite masse à la main et cassent des cailloux qui doivent servir pour les constructions. C'est impressionnant le nombre que je vois au bord de la route. Moi qui croyait que les bagnes étaient supprimés, j'en suis comme deux ronds de frites. A l'occasion de cette journée, je fais un amer constat. Aujourd'hui, c'est samedi et tout au long de la journée, je n'ai pratiquement vu que des femmes travailler, sauf les conducteurs routiers. Dans toute l'Afrique et en particulier ici, on parle beaucoup de l'émancipation de la femme mais j'ai bien peu que ce ne soit pas encore une réalité.

Finalement à 2 km de la sortie de Bembéréké, je trouve un petit hôtel "L'Eldorado" avec une chambre à 3 000 F. C'est très rustique mais j'ai un ventilateur, une moustiquaire et de l'eau avec un seau à volonté pour me laver. Le seul inconvénient, ils ne font pas manger et ce soir, je me débrouillerai avec ce que j'ai, ce sera petit pois avec un cube Maggi. Ici je suis au calme et tranquille, ce n'est pas plus mal.

Date du Message :
07 02 2010 18:44:45
Latitude : 11°08'17,4" - Longitude : 002°56'33,4"
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MALANVILLE / KANDI
Vendredi 05 février 2010 107 km cumul : 9 485 km
Dénivelé : 45 m

Au réveil, le temps semble couvert, c'est en fait la poussière qui annonce l'harmattan. Il fait relativement frais : 24°. Je me sens en pleine forme, prêt à affronter les 107 km me séparant de KANDI.

La route est plate, il n'y a pas de vent, le temps semble brumeux et c'est parfait pour moi. Je traverse toute une zone de cultures, le coin me semble plus riche que du côté du Niger. Il y a également des plantations d'acajou donnant les noix d'acajou, appelés chez nous noix de cajou.

J'arrive enfin à un curieux panneau mettant en garde les automobilistes sur les passages fréquents d'éléphants et un autre : Danger Eléphants.Des éléphants, je n'en verrai malheureusement pas mais je passe à proximité du fameux parc du W qui englobe trois pays : Burkina, Niger et Bénin. Si j'avais voulu visiter ce parc, j'aurai d'ailleurs pu le faire par un de ces 3 pays.

Du coup, je traverse toute une région de véritable forêt comme je n'en ai pas encore vue ici en Afrique. Je zieute à droite et à gauche dans l'espoir mais en vain d'apercevoir des éléphants. Je traverse ensuite des champs de coton. Le coton est bien sûr ramassé mais d'immense tas de coton restent encore dans les champs. Le bord de la route est jonché de coton tombé des camions. Je suis très étonné qu'ici personne ne les ramasse. Je suis persuadé qu'on pourrait en remplir des sacs.

L'atmosphère est toujours laiteux. La visibilité est réduite et l'hamattan souffle gaillardement. Pour ne pas avoir trop de poussières dans les yeux, j'ajuste mes lunettes de soleil. Ce vent poussiéreux ne me dérange pas trop, bien au contraire, soufflant aux 3/4 arrière, il me pousse allègrement.La route est très vallonnée mais avec ce vent, je ne m'en rends pas du tout compte.

J'arrive finalement après un petit pique-nique au bord de la route à KANDI à 14 h 30 pas fatigué du tout mais la chaleur commence à frapper, il doit faire au moins 40 .

Aujourd'hui, j'ai traversé un coin relativement peuplé avec beaucoup de villages. Je n'ai pas arrêté de saluer de la main, d'être encouragé et peut-être pour la première fois personne ne m'a réclamé d'argent ou de cadeau. Souvent les gens se mettent au bord de la route pour m'aplaudir. Je crois que les encouragements des gens dépassent ce que j'ai connu au Maroc et ce n'est pas peu dire.

KANDI est une petite ville assez importante, les hôtels ne manquent pas et je pense que j'y trouverai un cyber. Le premier hôtel où je m'arrête est complet et je demande l'autorisation d'y planter ma tente. Autorisation accordée mais finalement j'aurai une chambre à partir de 16 h. En attendant, je mets mon carnet de route à jour en dégustant sous un manguier, une bière locale "La Béninoise".

A 16 h, la chambre n'est pas disponible, j'aurai droit à la chambre du président pour le même prix. J'ignore qui est ce président mais j'en profite. Je vais dans un cyber, la connexion est parfaite mais ici, c'est une brouhaha infernal. Je m'y reprends à trois fois pour mettre mon carnet de route à jour et j'y renonce finalement, je mettrai à jour à PARAKOU.

En sortant du cyber, il fait nuit noire mais en m'aidant de mon téléphone portable, je me débrouille pour aller manger un plat de riz-poulet pour changer un peu. J'ai deux km pour retourner à l'hôtel. Avec un éclairage public parfois inexistant, c'est un peu le parcours du combattant. Ca grouille de monde de partout, piétons, cyclistes ou motocyclistes avec ou sans phare se croisent et s'entrecroisent sans problème. C'est marrant car moi-même je m'habitue et je semble relativement à l'aise dans cette semie obscurité. Quand je pense aux gens qui m'arrêtaient dans la rue à Gréoux alors que j'étais élu car la lampe devant chez eux était grillée. Ils feraient bien de venir faire un tour en Afrique, ils verraient pou ne verraient rien du tout. Finalement je rentre à l'hôtel sain et sauf pour une bonne nuit réparatrice.

Date du Message :
05 02 2010 18:59:58
Latitude : 11°50'39,10" - Longitude : 003°23'33,5"
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DOSSO / MALANVILLE (BENIN)
Mercredi 03 février 2010 155 km(taxi-brousse) + 12 km = 167 km cumul : 9 378 km

A 7 h., je suis à la gare routière pour charger Tornado et sa remorque sur un taxi-brousse. Cela fait pratiquement 3 jours que je ne manger pas ou très peu. Entre DOSSO et GAYA (155 km), il ne semble pas avoir de villes. Je ne veux pas présumer de mes forces et j'en ai assez de rester à DOSSO.

Ce matin je m sens un peu mieux, j'ai déjeuné volontiers, tout devrait bien se passer. Je ne regrette pas mon choix. Le paysage est une succession de savanes et de semblant de forêts. Les villages sont très rares et surtout la route dans un état lamentable.Il y a un peu de goudron entre les trous.

Finalement, j'arrive à 10 h 30 à GAYA et enfourche Tornado immédiatement en direction du Bénin. Je longe une dernière fois le fleuve Niger, déjà vu à BAMAKO, MOPTI, NIAMEY. Le fleuve est entouré de rizières. J'ignore la quantité de riz que permet de cultiver le fleuve Niger mais cela doit être impressionnant, tout comme le Sénégal d'ailleurs.

Avant de traverser le Niger, je passe sans soucis la frontière du pays du même nom. De l'autre côté du pont, c'est le Bénin. Je reçois un accueil très chaleureux de la part de la police et me voilà au Bénin où l'ambiance me semble plus décontractée.Ce n'est peut-être qu'une impression.

Je m'arrête dans un hôtel en rénovation tenu par des français "La rose des Sables", drôle de nom, dans un pays verdoyant. A midi, j'arrive à manger de bon appétit, je semble sur le mieux. Je décide malgré tout de rester ici un jour de plus car je veux tout de même profiter au maximum de mon voyage et non galérer sur les routes. J'aurai tout de même fait aujourd'hui 12 km : c'est un exploit.

La Rose des Sables a été débaptisée par le couple de français qui vient d'acheter, c'est maintenans "Les Relais du Soleil". Ici, je suis très bien reçu, les proprio sont sympa ainsi que le personnel. Les chambres sont propres et confortables et la cuisine est excellente. Bon endroi pour me retaper, j'y suis nettement mieux que dans mon sinistre hôtel de DOSSO et moins cher.

J'ai trainé toute la journée dans MALANVILLE à la recherche d'un hypothétique Cyber mais en vain. Les gens sans trop savoir ce que je demandais me balladaient d'un bout à l'autre de la villeC'est simple, des cyber ici, il n'y en a pas. Ce sera pour une autre fois.

Date du Message :
02 02 2010 10:46:00
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DOSSO (convalescence)
Lundi 1 février 2010
mardi 2 février 2010

Je passe ma journée du lundi à errer comme une âme en peine. Dormir, boire sont les principales activités de ma journée. Ici il n'y a de toutes façons pas grand chose à faire.

Je vais dans une pharmacie pour acheter de l'Ercefuryl. Je fais un amer constat. La boîte de médicaments me coûte 3 3330 F. CFA et je ne l'utiliserai certainement pas totalement, du moins je l'espère. A raison de 150 F. le bol de riz avec un peu de sauce (un repas pour un nigérien), le prix de mon médicament permettrait à un nigérien de prendre 22 repas : édifiant non. Pas étonnant qu'ici ils utilisent souvent les méthodes traditionnelles, ils n'ont surtout pas les moyens de se soigner.

J'ai du mal à supporter la misère qu'il règne dans cette ville grouillantes de monde. Je suis sans arrêt interpelé par des jeunes et moins jeunes qui me réclament de l'argent pour manger. Mois qui ne suis déjà pas à l'aise dans le métro parisien, ici je ne vous dis pas.

La journée se passe difficilement, je n'ai pas d'appêtit et j'avale en me forçant une une demi-assiette de riz blanc (c'est déguelasse).

Je me renseigne pour prendre un taxi-brousse demain matin pour la frontière mais avec les conseils de Laurence, je décide de rester à DOSSO une journée de plus et essayer de me retaper.

Heureusement que par hasard, j'ai trouvé un cyber, j'aurai ainsi de quoi m'occuper.

Depuis plus de 5 mois de voyage, c'est mon premier ennui de santé. Je me rends compte de la difficulté de me retrouver seul, malade et avec un seul vélo comme moyen de locomotion. C'est l'apprentissage du voyage solitaire qui continue

Date du Message :
01 02 2010 15:35:20
Latitude : 13°02'26,6" - Longitude : 003°1146.'"
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NIAMEY / DOSSO
Dimanche 31 janvier 2010 82 km + 65 km taxi-brousse cumul : 9 211 km
Dénivelé 435 M

A l'hôtel "les Roniers", je suis très bien, l'établissement est confortable, le personnel très gentil mais il ne faut pas se laisser aller

Ce matin, je prends la direction du Bénin non sans un petit problème de ventre : on verra bien. Je me croyais guéri mais j'ai dû faire une rechute. Pour la première fois, j'ai du mal à avaler mon petit déjeuner.

Pour l'instant tout va bien et il me faut près de 20 km pour sortir de NIAMEY et je suis enfin dans la campagne. Le paysage est assez quelconque, désertique, que de la végétation rase et beaucoup moins joli que mon arrivée sur NIAMEY l'autre jour. Je suis rapidement obligé de m'arrêter pour un besoin pressant, je crois que je suis encore plus malade qu'avant mon arrivée à NIAMEY. Je suis obligé de m'arrêter 4 ou 5 ois avant de dire pouce.

Le vent est toujours contraire et assez violent, la route monte un peu et mon ventre ne va pas au mieux. Je bois beaucoup mais ne peux m'alimenter. A KOURE, j'espère un hôtel mais il n'y a rien, juste un petit village où j'aurais aimé m'arrêter. C'est ici qu'il y a encore un petit troupeau de girafes, les dernières d'Afrique de l'Ouest. Dommage mais je ne suis pas en état de m'arrêter.

Je continue donc ma route dans l'espoir de trouver un hôtel à BIRNI-GAROUE mais rien n'est moins sûr et je suis de plus en plus dans le dur. En arrivant dans un village dont je ne me souviens pas le nom, je mets mon clignotant à droite et décide de prendre un taxi-brousse pour DOSSO où je suis sûr de trouver un hôtel. Le voyage se passera très bien d'autant que l'on m'a laissé la place de choix : à côté du chauffeur.

Arrivé à DOSSO, je découvre la petite ville de province typique. Tout en poussière, très sale et un aspect pas très encourageant. Je rentre dans le premier hôtel venu, l'hôtel "Djerma". L'accueil est très froid (étonnant au NIGER) et l'hôtel complètement délabré, tout semble à l'abandon. Heureusement ma chambre, appelée pompeusement mini-suite est relativement en état et propre. Elle est immense, avec climatiseur, ventilateur qui ne fonctionne pas, frigo en état, télé sans image mais avec douche et WC. Ce n'est pas les deux cafards que je tue qui vont me rebuter, j'ai besoin de me refaire une santé. Le soir, je vais manger du riz blanc au restaurant des Arts, qui n'a d'arts que le nom et me couche de bonne heure pour une nuit réparatrice. Je décide de rester une nuit de plus car je ne me vois pas en pleine brousse dans cet état. Demain, j'aviserai.

Date du Message :
30 01 2010 12:12:18
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NIAMEY (REPOS)
Jeudi 28 janvier 2010
au Samedi 30 janvier 2010


J'attends le coup de fil d'Edith qui me confirme qu'à OUAGA, le visa nigérian est à 35 000 F, assez cher auss, mmais je suis encore loin des 75 000 F annoncé. J'hésite à retourner à l'ambassade du Nigéria pour essayer de voir un supérieur pour dénoncer l'arnaque de l'employé. A force de me renseigner, et confirmamnt ce que je savais, le Nigéria n'est pas un pays très sûr. Un président absent pour maladie depuis plus de deux mois, affrontements chrétiens-musulmans à JOS (500 morts), bandits le long des routes, sont assez de raisons pour éviter le Nigéria. D'ailleurs depuis le Sénégal, tout le monde me déconseille le Nigéria.Nigéria rayé pour moi, je passerai directement par le Tchad.

Je vais pour rien à l'ambassade du Tchad : fermé. Le lendemain vendredi, j'y vais donc et on m'annonce que le visa moyennant 15 000 F est possible mais dans un délai d'un mois. J'essaye de parlementer avec l'employé de service. Celui-ci très gentil, m'explique que les dossiers vont au service des affaires étrangères pour avis et qu'il ne peut faire autrement. Il me déconseille d'aller directement à la frontière où les visas ne sont pas délivrés. Un policier peut éventuellement me faire passer sans visa mais c'est très aléatoire et à mes risques et péril. Je suis à vélo et ne peux me permettre de faire chou blanc à la frontière. Que faire ? J'étudie la carte et la seule solution c'est le Bénin. A COTONOU, j'aviserai pour prendre un bateau ou l'avion pour DOUALA au Cameroun et éviter le Nigéria. De toute manière, toutes ces tracasseries administratives, j'en étais conscient avant mon départ et cela n'entame nullement mon moral.

Je vais de ce pas à l'ambassade du Bénin où je négocie mon visa pour la journée (normalement 48 h) et moyennant 12 000 F, je récupère mon visa après 15 h. En attendant, je vais me promener dans NIAMEY. A un endroit, dans les arbres, je vois d'immenses chauve-souris qui attendents la nuit pendues par le pattes arrières. Je n'ai jamais vue de chauve-souris de cette taille, c'est vraiment impressionnant. Elles sont signalées dans les guides et surnommées chiens-vilant.

Une autre surprise m'attend un peu plus loin : une course cycliste. Elle est organisée par un français Jean-Michel VILLEMAUX qui habitde LA BOUILLADISSE, dans la banlieur marseillaise. C'est un passionné de vélo qui organise la course de l'espoir, une sensibilisation sur le sida. Il m'invite d'ailleurs à la prochaine édition en Afrique, en janvier 2011. La course est assez amusante, une douzaine de participants avec des vélos dont nos jeunes ne voudraient pas. C'est hyper organisé, motards, policiers et les radios et télé du pays. Je rencontre le président de la fédération nigérienne de cyclisme, fédération en balbutiement, mais c'est étonnant qu'elle existe. L'après-midi, je récupère sans problème mon passeport à l'ambassade du Bénin.

Pour mon dernier jour à NIAMEY, je reste à l'hôtel pour vérifier un peu le vélo et me reposer. Je ne sais pas sit je me reposerai car à l'hôtel, ils accueillent une immense réception. C'est la fête nationale Nestlé, une fête de fin d'exercice. Des dizaines et des dizaines de jeunes arrivent à moto pour faire la fête. Le parc de la piscine est rempli de jeunes en tee-shirts Nescafé et Maggi. Ce sont tous les représentants du Niger et en particulier tous ces jeunes qui vous vendent du ness à tous les coins de rue. Cà va jouer, danser, bref il va y avoir de l'ambiance.

Je termine en souhaitant un BON ANNIVERSAIRE à mon épouse Laurence.

Date du Message :
28 01 2010 17:48:28
Latitude : 13°31'42,8" - Longitude : 002°03'08,0"
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TORODI / NIAMEY
Mercredi 27 janvier 2010 69 km cumul : 9 064 km
Dénivellé : 235 m

Ce matin l'étape sera courte, aussi, grâce matinée et je démarre à 6 h 45. Quand je n'ai pas la pression des étapes longues, c'est de suite plus agréable et je n'hésite pas à m'arrêter pour prendre des photos.

Aujourd'hui, le paysage est magnifique quoiqu'assez désertique. Cette latérite donne des couleurs rouges foncées splendides et les villages sur fond de latérite sont très photogéniques.

Je croise beaucoup de gens en vélo qui vont couper le peu de bois qu'ils trouvent. Ils quittent la route pour la piste à la recherche d'un arbre qu'ils coupent,k le chargent sur le vélo et repartent en quête d'un autre.

Depuis que je suis en Afrique de l'Ouest, à l'entrée de pratiquement chaque village, un ou plusieurs panneaux annoncent un projet (éole, centre de santé, assainissement, adduction d'eau, etc) financé par une ONG. J'ai le sentiment que l'Afrique est ainsi sous perfusion. Je fais appel aux spécialistes de la santé, perfusion ne veut-il pas dire survivre et non guérir. Mon frère Serge a été sous perfusion pendant des mois, cela ne l'a pas enpéché de partir. Voilà le genre de question que je me pose sur mon vélo car la misère est troujours présente et je ne vois pas de solution pour l'Afrique.

Quoiqu'il en soit, je traverse un région magnifique et arrive aux portes de NIAMEY dans un havre de verdure. Le fleuve Niger fait son effet. Je choisi d'aller dans un hôtel conseillé par le Lonély Planet : Les Roniers. Cet hôtel est distant de 7/8 km du centre ville mais un peu de paix et de confort me fera du bien, surtout que depuis ce matin, je suis un peu dérangé du ventre. Je suis bien accueilli dans cet hôtel où bien sûr avecc mon vélo, je surprends passablement.

Dans le restaurant assez chic, des nigériens en costume cravate déjeune et je suis toujours surpris de l'écart qu'il règne dans ces pays. Entre ces gens qui font bombance et ceux que je rencontre dans la brousse, il y a bien plus qu'un monde. Même si des écarts existent en France, ils ne sont pas si criants.

Je suis également allé à l'ambassade du Nigéria pour mon visa. L'employé pas trop sympathique (il a le droit) me demande 75 000 F CFA (115 €), ce qui est une somme exorbitante. Je refuse donc et je vais me renseigner auprès d'Edith qui connait les gens de l'ambassade du Nigéria à OUAGADOUGOU ; Internet m'annonce 30 000 F CFA. Je suis loin du compte, l'employé doit se servir au jpassage. Qu'à cela ne tienne, je ne suis pas pret de mettre 75 OOO F dans un visa. Dans ces conditions j'éviterai le Nigéria et passerai par le Tchad. AFFAIRE EN COURS.


Date du Message :
27 01 2010 20:23:11
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KANTCHARI / TORODI (SUITE)
Erreur de frappe : suite et fin


je n'ai pas la force de pédaler jusque NIAMEY, d'autant qu'il fait très très chaud.

Demain, je n'ai que 60 km, il ne devrait pas y avoir de soucis pour être à NIAMEY avant midi.

Je prévois une halte de plusieurs jours à NIAMEY car je dois y faire mon visa pour le Nigéria. J'en profiterai ains pour visiter la capitale.

Date du Message :
27 01 2010 20:20:09
Latitude : 13°06'41,6" - Longitude : 001°47'51,3"
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KANTCHARI / TORODI
Mardi 26 jnvier 2010 82 km cumul : 8 995 km
Dénivellé : 160 m

Réveil très tôt (4 h 30), je démarre à la frontale car j'ai l'intention si le vent me le permet d'aller jusque NIAMEY (140 km) et avec le passage de la frontière, je peux perdre du temps.

Je passe le poste frontalier burkinabé en pleine nuit et les policiers se demandent s'ils n'ont pas affaire à un extraterrestre. Comme d'habitude, je passe plus de temps à raconter mon voyage qu'en formalités.

Le jour se lève, il fait frais, la route est plate, en excellent état, j'avance bien. Je suis maintenant au Niger, je n'y vois pour l'instant aucun changement si ce n'est que la déforestation est encore plus évidente et le ravinement sur cette terre en latérite à fait son oeuvre. J'ai même la chance de voir un perroquet, il y avait bien longtemps que je n'en avais pas vu.

Le poste de police nigérien se passe sans souci et assez rapidement. Ce matin le temps est couvert et il y a des mois que je n'avais pas vu un nuage, je ne savais même pas qu'il en existait encore. Malheureusement le soleil et la chaleur font vite leur apparition ainsi que monsieur le vent. Je ne sais pas, si c'est la chaleur, le vent ou la bière ou les trois à la fois, mais je suis planté sur la route et la fatigue se fait vite sentir.

A TORODI, il est 12 h 30 et je renonce à mon projet de me rendre à NIAMEY. Je trouve difficilement un hôtel. Il est conforme à ceux des nuits précédents. Il y a bien une salle de bain mmais toute déglinguée. Il y a bien l'électricité mais de 16 h à 24 h. De toute manière, je n'ai pas le chois car je n'ai pas la force de pédaler jusque NIAMEY

Date du Message :
27 01 2010 20:08:58
Latitude : 12°29'02,7" - Longitude : 001°30'46,10"
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MATIAKOALI / KANTCHARI
Lundi 25 janvier 2010 61 km cumul : 8 913 km
Dénivellé : 115 m

5 h et un petit déjeuner dans le noir avec une frontale qui défaille. Qu'importe, j'ai du pain, et de la confiture et le réchaud fonctionne. Ce matin, il y a quelques nuages dans le ciel, j'avais oublié que ça existait.

La matinée sera très courte, j'avale sans problèmes mes 60 km me séparant de la dernière ville burkinabée. Je suis à KANTCHARI à 10 h 30 mais je prèfère ne passer la frontière que demain.

Une grosse chaleur s'annonce et le vent est faible. Je trouve un petit hôtel semblable à celui d'hier avec l'électricité en plus. La patronne m'annonce fièrement une salle de bain, effectivement, une petite pièce avec un seau d'eau fait office de salle de bain.

J'ai tout de même le sentiment d'être au bout du monde, dans une région très particulière. CC'est marrant comme dans le même pays, une région peut etre aussi différente. Jusqu'à présent, j'avais été agréablement surpris par le Burkina Faso. Les régions de BANFORA, BOBO ou OUAGA, me paraissaient au niveau de ses voisins, le Mali ou le Sénégal. Ici, on sent vraiment la misère et la vie doit y être très dure. C'est peut-être la proximité du Niger, un pays du Sahel.

Je suis à une quinzaine de km du Niger et demain, je passe dans mon huitième pays, un des derniers pays de l'Afrique de l'Ouest puisque le Cameroun fait la transition entre l'ancien AOF et AEF.

La journée sans aucun élément particulier, si ce n'est que les cyclises sont toujours autant collants. Ils prennent ma roue quand je les double et si je m'arrête, ils s'arrêtent aussi. Ils me donnent l'impression de faire la compétition avec moi.

Pour info, je viens de vérifier la température de ma chambre : 31°. Ce soir, changement de menu, au lieu du riz ou des spaguettis, j'ai commandé à Brigitte des frites et du poulet dans son restaurant "La Maison Blanche". J'aurai également l'occasion de boire quelques bières avec quelques clients qui me feront coucher un peu tard.

Date du Message :
27 01 2010 19:52:41
Latitude : 12°21'38,9" - Longitude : 001°02'24,6"
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FADA / MATIAKOALI
Dimanche 24 janvier 2010 104 km cumul : 8 852 km
Dénivellé : 240 m

Je suis bien à FADA mmais il faut penser à repartir. Ce matin, debout à 5 h, je charge la remorque et je vais déjeuner à mon petit kiosque. pas de vent, il fait un peu frais, les conditions sont réunies pour passer une bonne journée.

La route est agréable, relativement plate et le paysage plus sympa que les jours précédents. C'est une alternance de fôrets, de savanes, de cultures et aux abords des villages, beaucoup de magnifique manguiers et des baobabs.

Les villages se succèdent, tout le monde me dit bon jour et bonne arrivée, même les gamins qui ne me réclament rien. Le vent se lève légèrement et dans la journée, ne soufflera pas trop fort.

C'est également une région cotonnière, le coton est déjà récolté et des tas dans les champs sont en attente d'être ramassé. Il y a beaucoup de cyclistes entre les villages et je me retrouve régulièrement avec deux ou trois vélos en train de discuter. Bien que parfois, j'aimerais plutôt être seul, il me faut jouer le jeu.

Je me retrouve finalement à OUGAROU, terme de ma journée sans trop m'en apercevoir. J'avais repéré sur la carte un campement de chasse. C'est le campement du Lion, je m'y rends par une piste de 3 km. C'est l'occasion de voir à quoi ça ressemble. En fait, c'est un campement fait de fausses cases avec piscine, animations, une sorte de club. Ils ne prennent qu'en pension complète avec toutes les activités pour le modique prix de 35 000 F. (54 €). C'est bien sûr trop cher pour moi, d'autant que je n'ai pas l'utilité de toutes ces activités. J'aurai fait mes 6 km de piste pour rien, mais j'aurai vu.

Au village, j'achète du pain et je décide de continuer ma route jusque MATIAKOALI, distant de 25 km. Je n'avais pas prévu e faire autant de km aujourd'hui, mais nécessité fait loi.

Finalement j'arrive à MATIAKOALI vers 14 h et j'ai droit à mon premier contrôle d'identité burkinabé. Je n'aprécie pas trop l'attitude du gradé qu me parle allongé et me dit de montrer mes papiers à son subalterne. Je le lui fait sentir mais je n'y peux rien, c'est ma nature. Non,mais pour qui se prend-il ? Le gendarme qui me contrôle est très gentil et m'indique une association qui fait dormir.

Je reprends la route et ne trouve pas cette association. Le gendarme en question, avec un collègue en moto, me rattrape et me mène à cette association. Il rattrape bien l'impolitesse de son chef. L'hébergement n'est pas terrible, une chambre sans lumlière, une salle d'eau sans eau (il faut se laver avec un seau) et un lit pas trop propre. Qu'importe, je dormirai dans mon sac à viande et pour 3 000 F (4,6 €) je ne fais pas trop le difficile surtout que je suis content d'avoir trouvé quelque chose;

Ici, il y a l'ambiance car nous sommes en pleine CAN (coupe d'Afrique des nations) et les jeunes du village se sont donnés rendez-vous pour regarder ANGOLA / GHANNA à la TV. Ils ne font pas restaurant, j'irai faire quelques courses au village jpour manger ici et pouvoir déjeuner avant de repartir demain matin pour une petite étape de 60 km jusque KANTCHARI : je suis à 80 km de la frontière nigérienne.

Date du Message :
27 01 2010 19:31:16
Latitude : 12°03'45,5" - Longitude : 000°21'22,3"
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FADA N'GOURMA (REPOS)
Vendredi 22 janvier 2010
Samedi 23 janvier 2010

N'ayant pas le courage de me lever, je m'octroie une journée de repos à FADA. Trouvant cette ville sympathique et voulant mettre mes carnets de route à jour, je décide de rester un jour de plus. Ne suis-je pas en Afrique pour découvrir et non ne faire que des km.

Je trouve le matin, un petit kiosque où je peux déjeuner au milieu des burkinabés. Je déjeune à la française, pain, beurre, café et lait. Autour de moi, c'est omelette, pâtes, viandes, poissons, chacun ses habitudes. Un matin, je serai à la même table qu'un colonnel de gendarmerie, un gendarme avec son pistolet mitrailleur, deux quidams. Tout ce petit monde se mélange sans problèmes.

Un jeune garçon se propose de me payer mon café, je refuse poliment et je le retrouve au cyber. Il m'explique qu'il a 22 ans, il a perdu son père et sa mère élève ses 5 petites soeurs. Cette année de scolarité (BEP électricité) est payé pour la dernière fois par une association car il a dépassé la limite d'âge. Il veut s'en sortir et espère s'orienter dans les énergies renouvelables. Je suis persuadé que c'est une grande chance pour l'Afrique qui continue de fabriquer l'électricité au fioule alors qu'ici le soleil et je suis bien placé pour le savoir, le vent souffle. Dans la discussion, je lui livre ma leçon de vie : "qui veut peut". Nous prenons rendez-vous pour déjeuner ensemble et à 13 h, il me remet une lettre boulversante avec sa photgo en footballeur. Il a été très marqué par mon proverbe et se promet de cultiver deux fois plus pendant les vacances pour se payer ses études. Je ne vous livrerai pas l'intégralité de sa missive mais elle me touche beaucoup. Elle finit par je suis africain et j'ai peur de l'Afrique. C'est la deuxième fois, Samuel à l'institut où je marque les esprits. Un européen qui accepte de souffrir pour atteindre son objectif, cela les marque beaucoup car nous pourrions voyager dans le confort et ils le savent.

En sortant du cyber, je suis invité par deux jeunes pour boire une bière où nous discutons de beaucoup de choses et en particulier de l'avenir des burkinabés. Nous nous donnons rendez-vous pour continuer cette conversation samedi puisque je rest un jour de plus, à l'occasion d'un petit repas.

Ici, je trouve tout le monde sympa et je m'y sens très à l'aise. J'en partirai à regret. Autre caractéristique de cette ville, c'est cette jeunese très nombreuse tous habillés aux couleurs de leur école qui vont à vélo à l'école. Ici pas de taxi, il n'y a que des taxi-motos et c'est en taxi-moto que je circule pour aller au restaurant.

Vendredi, j'étais dans ma chambre d'hôtel et l'hôtesse frappe à ma porte :"on vous demande". Dans le hall d'entrée je retrouve Gaston et Alli-Mammi. Quelle surprise, en fait il va retrouver un cinéaste nigérien à NIAMEY pour une revue. Je les revoie samedi à l'occasion de leur retour.

Ce soir, je vais essayer de ne pas me coucher tard pour attaquer tôt demain matin je prévois 70 km et pense atteindre Niamey, distant de 300 km en quatre jours.

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23 01 2010 17:43:50
Latitude : - Longitude :
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OUAGADOUGOU (3ème EPISODE)
Jeudi 31 décembre 2009
au samedi 15 janvier 2010
Séjour Burkinabé et Malien de Laurence et Gérard (3ème et dernier épisode)


En premier lieu, j'avais oublié une petite anecdote du pays Dogon. A l'occasion de la visite du village de INDELLI (Abel), nous sommes passés avec notre guide Ali devant un site animiste où l'on baptisé les gens autrefois.

Ali n'a rien trouvé de mieux que de me baptiser : Endé Guéné (qui aime l'humanité) et Laurence a été baptisée Molibémo (vivons ensemble). Je ne sais pas si Ali fait de même avec tous ses clients mais avec Laurence nous sommes contents de ses prénoms.
Aute surnom qui me fut donné par Aruna, le guide de nos amis suisses : Papa tranquille, pas mal aussi.

A partir de SEVARE, nous avions prévu un jour pour la visite de DJENNE et sa superbe mosquée et deux jours sur un pinasse sur le fleuve Niger à MOPTI. Nous décidons de consacrer le lundi à du repos complet pour Laurence afin qu'elle puisse récupérer. Je vais à MOPTI en taxi pour retirer de l'argent car je dois payer le solde à Ali qui va gentiment nous consacrer ces trois jours.

Nous faisons la connaissance d'un couple encore sympathique, décidément tout le monde est sympa en Afrique. Il s'agit de Cindy et Sylvain, un couple de bretons. Elle est infirmière à l'hôpital de RENNES et lui est médecin anesthésiste à l'hôpital public de SAINT BRIEUX. Le courant passe de suite. Il est en négociation avec un guide pour aller faire le Pays Dogon. Laurence se repose très bien dans cet hôtel où la gérante, une française est très accueillante. Cet hôtel très calme et confortable nous fait du bien après la vie un peu spartiate du Pays Dogon. Nous négocions avec Ali, la location d'un fourgon pour nous emmener à DEJENNE. C'est un peu cher mais c'est la seule solution pour faire DEJENNE sur un jour. Nous proposons à Sylvain et Cindy de partager le prix mais ils partent demein. Le mardi, Sylvain me demande si mon offre tient toujours car ils n'ont pu se mettre d'accord avec leur guide. Nous partageons ce fourgon à quatre et l'oncle d'Ali pourra prendre des passagers en route pour rentabiliser le voyage. Ils nous demande ainsi 50 000 F. pour 4 ce qui est raisonnable. MNous profitons donc de ce voyage pour faire plus amples connaissances avec nos nouveaux amis bretons. En cours de route, nous nous arrêtons dans un superbe marché, c'est l'occasion qui fait le larron. L'oncle d'Ali prendra des passagers en route donnant ainsi à notre voyage une couleur local. Pour arriver à DEJENNE nous prendrons le bac pour traverser le Bani. A DEJENNE, un guide local réservé par Ali nous fera visiter DEJENNE dans de bonnes conditions. Après un bon repas un peu long, mais c'est classique en Afrique, nous visitons la ville et sa fameuse mosquée, la plus grande mosquée du monde en banco. Elle est magnifique mais je l'ai tellement vue en photo de partout que je suis un peu déçu. Cela m'a fait le même impression que la première fois que j'ai vu le Mont St Michel où j'ai eu l'impression de voir une carte postale. DJENNE est une ville particulière avec une architecture tout en banco protégée par l'UNESCO. C'est une ville essentiellement musulmane avec beaucoup d'éoles coraniques. Le retour sera assez long et toujours avec des autochtones pris au bord de la route par l'oncle d'Ali qui sera ravi de son voyage.

Laurence va un peu mieux mais ce n'est pas tout à fait ça. Le lendemain, nous partons à MOPTI en taxi collectif avec un pneu avant éclatéà la clef, heureusement le véhicule ne roulait pas trop vite. Nos amis bretons sont cloués à l'hötel car c'est au tour de Cindy d'être malade. La visite de MOPTI, un port sur le Niger st très sympa. Nous découvrons l'activité du premier port Malien, les pinasses et le marché. Les photos seront plus parlantes. Nous rentrons dans une 404 bâchée à 16 ou 17 à l'arrière.

Le lendemain, c'est le retour pour OUAGA et je redoute la journée qui promet d'être longue d'autant que Laurence a rechuté et n'est pas au mieux de sa forme. Nous remplissons un taxi collectif avec Sylvain et Cindy, ainsi qu'une dame accompagnée de son guide Chaque couple achètera une place supplémentaire afin que le véhicule démarre de suite. Nous laissons la dame et nos amis à KANIDOMBOLE en route pour le pays Dogon. Après bien des péripéties nous arrivons péniblement à KORO. Pour ce faire, le chauffeur aspirait l'essence dans le carburateur, faisant un à deux km et recommençait, le tout pendant une vingtaine de km. A KORO, c'est le même cinéma qu'à l'aller, le taxi-brousse est plein et il nous faut attendre 17 passagers pour remplir le deuxième. J'installe Laurence au plus mal ur mon matelas gonflable et essaye en vain de faire du stop sans succès. N'en pourant plus, Laurence ayant même un peu de température, j'achète toutes les places d'un véhicule pour le faire démarrer de suite. Nous quittons KORO sans regret, d'autant que le premier taxi-brousse déjà plein n'a pas encore démarré. Après une route chaotique, nous arrivons à OUAHIGOUYA où il nous faut attendre deux heures pour le dernier bus pour OUAGA. Heureusement que j'ai pris l'initiative de louer ce fourgon, nous étions quitte pour coucher à OUAHIGOUYA. Nous arrivons à la gare routière de OUAGA, il est 20 h, ilfait nuit et prenons le premier taxi venu. Ce taxi perd sont pot d'échappement et nous sommes obligés de changer de taxi. Nous confirmons que tout voyage en Afrique est bien une aventure.

En arrivant à l'institut, Edith preccrit des médicaments à Laurence qu'Ali s'empresse d'aller chercher. Le lendemain, Laurence un peu fatiguée se repose pendant que je vais sans succès chercher mon visa au consulat du Niger. L'après-midi Edith nous mène à un village artisanal très intéressant. Il y a un magasin d'exposition avec des prix très compétitifs et nous voyonsles artisans fabriquer devant nous. Le soir, un dernier repas au restaurant avec le couple KABORE et sainsi fini les aventures de Laurence et Gérard à OUAGADOUGOU.

Pour l'instant, nous ignorons où et quand Laurence me rejoindra, nous aviserons le temps voulu.

Date du Message :
23 01 2010 12:32:49
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OUGADOUGOU (2ème EPISODE)
Jeudi 31 décembre 2009
au Samedi 15 janvier 2019
Séjour Burkinabé et Malien de Laurence et Gérard (deuxième épisode)

Le lendemain, Ali-Mammi nous mène à la gare routière pour prendre le bus pour OUAHIGOUYA. Le bus est relativement confortable, si ce n'est les vitres grandes ouvertes pour refroidir le moteur et le siège de Laurencce tout déchiré et mouillé (nous pensons que ce n'est que de l'eau). A OUAHIGOUYA, nous prenons dans la foulée le taxi-brousse (juste une attente pour qu'il se remplisse) pour KORO au Mali sur une piste en latérite. Les guides touristiques (Lonely ou routard) annoncent une route goudronnée.A KORO, village pas très sympathique, c'est la tuile, le seul taxi-brousse pour SEVARE est plein et nous sommes obligés d'y passer la nuit. Nous sommes harcelés par des maliens qui nous proposent leurs services pour nous trouver un campement ou louer un taxi pour SEVARE moyennant 70 OOO F. Je suis obligé de me facher pour qu'on nous laisse tranquille. Nous en profitons pour admirer la magnifique mosquée en banco, d'une architecture assez classique dans la région. J'appelle Ali notre guide Dogon qui nous avait été conseillé par Nelly ZEDET, une ancienne cliente du cabinet Axiome. Je lui signale que nous sommes coincés à KORO et que l'on ne sera à SEVARE que demain. Nous somme gentiment accostés par un monsieur qui nous propose sa voiture pour nous amener à BANKASS à 50 km d'ici. Il doit s'y rendre et c'est une manière ici de rentabiliser le voyage. Il ne nous demande que 1 000 F par perseonnes, ce qui est dérisoire. J'appelle Ali, il nous rejoindra demain matin en moto à BANKASS car nous ne serons qu'à 12 km du premier village Dogon.

Notre chauffeur nous dépose donc à BANKASS à l'hôtel NEMMO. Il n'y a pas de chambres libres, qu'à cela ne tienne, nous dormirons sur le toit terrasse, ce qui est monnaie courante ici. Je monte la tente à tord car ici nous n'aurons pas de moustiques et la nuit, j'aurai un peu froid car j'ai eu la mauvaise idée de ne prendre qu'un duvet pour deux. Cet hôtel est très bien tenu, un peu à la française. Moussa, le propriétaire est aidé dans son projet par une française de CHAMONIX qu nous rencontrerons d'ailleurs accompagnée de deux autres françaises.

Le lendemain, nous faisons connaissance avec notre guide Dogon Ali venue avec un ami de SEVARE, soit 50 km de piste. Ali nous explique notre p^rogramme pour la visite du Pays Dogon, soit 4 jours et 3 nuits. Nous prenons de suite un taxi pour nous rendre à KANI KOMBOLE, le premier village Dogon que nous visitons avant de déjeuner. La pause sera comme tous les jours assez longue à cause de la chaleur. Nous repartons vers 15 h et nous avons de la chance car à KANI, c'est le jour du marché hebdomadaire. Nous assistons à un marché très local où nous ne trouvons que des produits locaux, très en couleurs. Laurence s'y régale, pour les photos entre autre. Ici, le principe est encore une forme de troc par argent interposé. Les dames des villages environnants viennent y vendre leur production et avec l'argent achètent ce qu'ils leur manquent. Les forains sont souvent leurs propres clients.

Nous partons pour 3 ou 3 km jusqu'au village voisin de TELLI. Nous mangerons et dormirons dans un campement classique d'ici où tout est organisé dans ce sens. Nous ferons la connaissance d'un couple de suisses très sympathiques, Anne et Luc accompagnés de leur fille Mathilde, agée de 20 ans qui est venue passer 6 mois au Burkina pour apprendre le djembé. Nous retrouverons nos nouveaux amis régulièrement au cour de notre visite au pays Dogon. Dans la discussion, Laurence leurs apprendd que je traverse l'Afrique à Vélo, ce qui fait tilt dans la tête de Luc, il avait entenddu parlé de moi dans une des émissions "Allo la planète". nous profitons de cette halte à TELLI pour Télem, les premiers habitants du pays Dogon, avant d'en être chassé par les Dogons. Je ne vais pas vous faire tous les commentaires du guide sur l'histoire des Dogons ce serait trop long. Je vous conseille si vous en aviez l'occasion de visiter et découvrir la culture Dogon. J'avais peur de voir ce pays ravagé par le tourisme mais, dans sa partie sud du moins, il n'en ai rien, les Dogons vivent normalement et profitent un jpeu de cette manne touristique sans détruire leurs traditions ancestrales. Une chose est sure, un Dogon est fier d'être Dogon.

Le vendredi matin, nous nous rendons à ENDE où nous aurons la chance d'assister à un festival de masques (10jours par an). Après la visite et les danses Dogon avec masque, nous quittons ENDE dans un charrette tirée par un boeur (Zébu) me faisant penser à la chanson de Bourvil : les rois fainéants. Nous arrivons ainsi au campement de YABATALOU où nous retrouvons comme tous les soirs nos amis suisses.

Le lendemein, nous escaladons la falaise par une faille après 200 m de dénivellé. Le spectacle y est absoulument sublime et Nous nous rendons compte que le pays Dogon, ce n'est pas que la culture Dogon, les villages Dogon, les troglodytes, mais aussi des paysages grandioses. Jous arrivons au magnifique village de INDELLI, encore très différent des autres puisque sur la falaise. Nous nous installons pour déjeuner ches Abel, qui comme son prénom l'indique est de confession chrétienne. En attendant la préparation du repas, nous allons voir les magnifiques jardins dans une petite vallée où l'eau ne manque pas. Nous y découvrons des jardins verdoyants où un travail de fourmis est effectué. Les jardins sont arrosés au moyen de callebasse et la culture de l'oignon domine. Femmes, enfants et hommes y travaillent sans relâche pour nourrir le village. Nous déjeunons donc chez Abel et machinalement, je m'aperçois que nous sommes le samedi 9 janvier, jour de mon anniversaire. J'avais complètement oublié et Laurence aussi d'ailleurs. Laurence et Ali me souhaite mon anniversaire ce qui me fait penser à l'anniversaire original de Yannick Pendant la sieste, Ali va parlementer avec Abel. Je vois ensuite trois musiciens avec de tamani (genre de djembe où l'on tape avec un bois recourbé) et un autre avec un tam-tam. C'est à moi d'ouvrir le bal en faisant une genouflexion devant le tam-tam et nous commençons à danser au rythme des danses africaines. Quelques jeunes commencent à danser, les gamins s'en mêlent puis les femmes. Ce seront au moins 150 personnes qui nous entourent et participoent à mon anniversaire. Je ne vous dis pas l'émotion que nous éprouvons Laurence et moi, nous y serons de notre petite larme. Cette fête dure un long moment et les gens du village ont l'air de bien s'amuser. Je suis obligé de danser ainsi que Laurence, invitée par les dames du village. On sent bien l'importance de la danse dans la vie des villages Dogon. Pour un anniversaire original, c'en fut un, et je m'en rappelerai toute ma vie. Merci en tout cas à Ali qui a payé les musiciens sans me le dire, je l'ai su par Abel.

Nous nous rendons ensuite à KONSOGOU chez Abraham à 7 km d'ici. La journée continuera de la même façon car chez Abraham où nous arrivons à la nuit tombante, nous serons accueillis après le repas par sa chorale d'enfants qui nous ferons un démonstration de dans au rythme d'un instrument fabriqué par Abraham lui-même. C'est une sorte de guitare dont le corps est constitué d'un bidon d'huile alimentaire en ferraille. Ensuite après une chanson de bienvenue internationale, les enfants vont nous chanter la chanson du jeune marin en français avec leur accent africain si caractéristique. Laurence a dû manger ou boire quelque chose car depuis hier, elle est un peu malade. Cela ne nous empèchera pas de profiter au maximum des cette magnifique soirée de passer une relative bonne nuis sur notre terrasse comme d'habitude.

Le dimanche matin, nous nous rendons à KOUROU, le village natal de notre guide Ali. Nous mangerons, du moins moi car Laurencce ne va pas mieux dans le campement d'Ali tenu pas son frère. Nous aurons également l'occasion de rencontrer sa maman qui confectionne des tissus indigo que Laurence achètera bien entendu. Ali nous trouve un taxi pour BANDIAGARA où nous essayerons de prendre un taxi-brousse. Bien sûr sur la piste nous avons droit à notre panne traditionnelle. Le pot d'échappement qui lâche et du temps de la réparation, nous nous abriterons du soleil sour un arbre à noix de karité. La solidarité n'est pas un vain mot en Afrique car un jeune à vélo amènera les fil de fer pour réparer le pot. Arrivé à BANDIAGARA, nous nous installons à la sortie de la ville dans l'attente d'un hypothétique taxi-brousse. Laurence n'est pas au mieux et je languis d'arriver à l'hôitel à SEVARE. Par chance, les dames de haute-savoie qu nous avons connues à BANKAS arrivent en 4 X 4 avecc Mioussa. Nous les aions déjà rencontrées dans un village Dogon et avec gentillesse Moussa nous mène dans un grand confort à notre hôtel réservé par Ali à SEVARE. Lui, rentrera avec sa moto restée à BANDIAGARA. Nous nous installons confortablement dans l'hôtel du repos Dogon où Laurence pourra récupérer avant la deuxième phase de notre voyage malien. Suite au prochain numéro.

Date du Message :
23 01 2010 11:05:51
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OUAGADOUGOU (1ière Episode)
Jeudi 31 décembre 2009
au Samedi 15 janvier 2019
Séjour burkinabé et malien de Laurence et Gérard (première épisode)

Si nous n'avons pas trop parlé de notre séjour sénégalais, il nous semble important de vous narrer nos vacances à OUAGADOUGOU, tellement cela a été riche.

Ali un chauffeur de l'institut m'amène à l'aéroport pour accueillir Laurence ce dernier jour de l'année 2009. J'attends donc Laurencce avec impatience, impatience effective, car l'avion aura plus d'une heure de retard, juste le temps de commencer à me faire du souci (chacun son tour).

Nous voilà donc bien installé dans notre superbe chambre de l'institut où tout est parfait. Ce séjour nous sera offert par Hubert (FERRATON). Il y tient beaucoup car c'est sa façon d'aider l'institut Imagine.

Cet institut fonctionne grâce à l'énergie considérable qu'y met Gaston, bien aidé par sa compagne Edith. Nous ne saurons décrire l'accuei que nous ont réservé Edith et gaston, absolument exceptionnel. Tout en gentillesse, en discrétion et ne sachat que faire pour rendre notre séjour agréable. Il suffisait de dire un mot et de suite, il était exécuté. Ils forment vraiment un couple extraordinaire, comme rarement vu. Ils s'entendent à merveille et savent se rendre disponible malgré leurs multiples occupations. Edith est pharmacienne et a 29 salariés à gérer et s'occupe également d'associations : en deux mots, de braves gens. Le personnel de l'institut est à leur image, toujours disponibles également pour nous aider. C'est même assez génant parfois. Si je veux laver mon vélo, ils me prennent le tuyau des mains et le font à ma place, le tout toujours désintéressé. Edith et Gaston les encouragent à aller aux cours du soir pour apprendre ou perfectionner leur français, ils leurs payent même les études.


Le soir du 31, nous réveillonnons dans un superbe restaurant tenu par des français : le Godwana. Nous auront droit à un menu digne d'un réveillon français avec foie gras et vin blanc, s'il vous plait. A minuit nous sortirons Hubert de son lit pour lui souhaiter une bonne année.

Les formalités de visa pour le Mali et la régularisation de mon visa burkinabé ne peuvent être faites que le mardi 5. Gaston nous prête donc son 4 X 4 et son chauffeur pour aller visiter la région de BANFORA dans le sud ouest du Burkina. Nous y passerons une journée et demie avec la compagnie agréable de notre chauffeur Ali-Mammi. Laurencce s'est couverte de bleues à force de se pincer pour savoir si elle ne révait pas. Elle a découvert la réritable Afrique et la vie des africains, sur les pistes. Les photos qui seront sur le site seront bien plus parlantes. Ce qui est marrant, c'est que ces scènes de la vie africaine sont banales pour moi qui les cotoie tous les jours. Nous visitons bien sûr la région de BANFORA avec ses immenses champs de canne à sucre permettant au Burkina d'exporter ddu sucre. Nous allons sur divers sites touristiques que je n'aurai pas pu voir si Laurencce ne m'avait pas rejoint. Le retour se passe dans le nuit où nous avons un aperçu de la dangerosité de rouler la nuit en Afrique. Les villages sont très peu éclairés, avec plein de gens à pied ou à vélo sans lumière.

Le lundi nous en profitons pour visiter OUAGA en compagnie d'Ali-Mammi le chauffeur. Mardi Edith nous consacre sa journée pour faire nos visas pour le Mali et régulariser mon visa Burkinabé. A la sureté nationale, je tombe sur Joss et Xavier, les amis que j'avais de nouveau vus à KAYES. Ce sont ces personnes qui vont en camping-car au CAP et que je reoncontre pour la cinquième fois : que l'Afrique est petite ! Le soir nous nous retrouvons au restaurant afin de faire plus amples connaissances. après le Burkina, en route pour le consulat du Mali pour faire les visas et retour à la sureté nationale pour y jlaisser mon passeport que nous récupérerons en fin de journée. Après un bon repas à la jardinerie nous allons dans une coopérative de femmes pour voir des démonstrations de tissage où Laurence se laissera tentée par une nappe et serviettes. Tout ça nous prendra la journée et Edith toujours dispo pour nousz promener. Vous vous rappelez qu'à Dakar, je n'avais pas pu changer mes pédales. Nous sommes dans le pays du vélo et je décide donc de trouver un magasin de vélos moderne. Avec Ali-Mammi ccomme guide nous allons dans un petit atelier où l'on répare les vélos de course. J'y vais avec mon vélo et ma remorque et c'est de suite l'effervescence. Photos et questions abondent. Le propriétaire s'en va chercher l'idole du coin. Je ne me rappelle plus de son nom exact mais ici il est connu sous le surnom de "Longman". C'est un ancien coursier qui a gagné plusieurs fois le tour du Faso et reste l'idôle de tout un peuple. Longman y va de ses souvenirs et va me chercher son album de photos où je découvre des photos de Fausto Coppi avant qu'il attrape en Afrique sa maladie qui le verra décéder en Europe. J'ai également droit à une photo de Bernard Hinault avec Longman à l'occasion d'une édition du tour du Faso organisée par la société du tour de France. Ce fut un grand moment pour moi de parler vélo avec cet ancien champion. J'en profite malgré tout de changer mes pédales et la chaine de mon vélo, ce qui sera fait en un tour de main avec des outils rudimentaires. Pas de dérive-chaine, un simple pointeau fait l'affaire.

Ensuit nous décidons donc de nous rendre au Mali pour visiter ce pays : Pays Dogon, Djenné et Mopti.

Ce sera l'objet du prochain épisode

Date du Message :
22 01 2010 14:04:16
Latitude : 12°03'45,5" - Longitude : 000°21'22,3"
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ZORGHO / FADA N'GOURMA
Jeudi 21 janvier 2010 115 km cumul : 8 748 km
Dénivellé : 290 m

L'hôtel faisant déjeuner trop tard et ayant la flemme de sortir le réchaud, je déjeune avec deux bananes et du pain. Il est 6 h, je prendrai un café en passant dans le village, car ici tout démarre de bonne heure.

Le vent a la bonne idée de se lever tôt également mais peut-être un peu moins fort que la veille. L'atomosphère est beaucoup plus clair, le soleil brille, je pense qu'il va faire très chaud.

Le paysage est toujours identique, forêt en partie détruite, laissant la place à la savane. Tout à l'air très sec et les réserves d'eau (bassins dans une rivière) me semblent plus à secs.

J'ai le sentiment d'être dans une région très pauvre, peut-être un peu oublié. C'est la première fois où j'ai vraiment l'impression que la malnutrition n'est pas un vain mot. Dans les villages, je croise des enfants rachitiques avec le ventre des enfants mal nourris. D'ailleurs ici on ne me réclame pas de cadeau et on ne me traite pas de "toubabou". Je suis très mal à l'aise, d'autant que je me dirige vers le Niger, le pays le plus pauvre de la planète (182 ème sur 182 à l'indice de développement humain selon l'ONU). Pour la première fois je me pose mille questions sur l'intérêt de mon voyage Vais-je être capable de supporter cette misère apprarante à mes yeux ? Et surtout d'en être spectateur sans ne pouvoir rien y faire. Qu'avons nous de plus, les pays soi-disant développés pour accepter ceci ? C'est la faute à qui ?

Ma route continue malgré tout et je suis confronté à une fort chaleur (Gaston m'annocera ce soir 40°).Avent un petit village, un maquis bienfaiteur. Quelle haubaine ! Je m'y arrête pour boire une bière (une Brakina, pour Gégé l'autre), un plat de spaguettis et faire une bonne sieste. L'accueil y est chaleureux mais il n'y a pas d'eau fraîche, aussi je décide de repartir pour Fada située à 45 km.

La route sera très difficile, entre le vent et la chaleur surtout. J'arrive enfin à FADE N'GOURMA. J'y trouve une petit auberge cr je sens avoir besoin déjà de repos. Je décide donc d'y rester une journée supplémentaire car demain, je n'ai pas envie de me lever à 5 H.

C'est un peu le problème de mon voyage. Les journées sont très courtes et je suis obligé de me lever de très bonne heure pour profiter de l fraicheur et de l'absence de vent.


Date du Message :
22 01 2010 13:48:26
Latitude : 12°14'42,30" - Longitude : -000°-38'-05,7"
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OUAGOUDOUGO / ZORGHO
Samedi 16 janvier au
Mercredi 20 janvier 2009 104 km cumul : 8 633 km
Dénivellé : 310 m

Laurence reprenant l'avion le samedi 16 janvier et logiquement je devais reprendre mon voyage le dimanche 17. Pour ce faire nous étions allés au consulat du Niger afin de préparer mon visa et pouvoir le récupérer le vendredi 15. Hélas, ce jour-là, le consul était absent et je ne peux récupérer mon visa que le lundi 18 pour repartir le mardi.

Le samedi à 6 h j'accompagne Laurence à l'aéroport. Je suis toujours pris entre ces deux sentiments : je suis triste de quitter Laurence et content à la fois de reprendre mon voyage.

La journée du samedi sera donc consacrée à du nettoyage de mes sacoches et de la remorque car tout est rouge de latérite. Je ne m'affole pas car je ne reprends la nroute que mardi.

Gaston me demande si je suis d'accord pour me faire prendre en photos par une de ses connaissances américaines, un certain André WASHINTON, photographe de son état qui réalise un livre sur l'Afrique et publie des photos dans diverses revues américaines. J'accepte bien sûr et rendez-vous est pris pour dimanche vers 9 H. L'assistant de Gaston, Motandi et son caméraman René, en profiteront pour faire des photos et un petit film pour l'institut Imagine. Finalement l'américain ne viendra que l'après-midi mais j'ai droit au tournage de ce petit film. Nous simulons la scène de mon arrivée X fois comme dans le tournage d'un vrai film. C'est assez marrant car c'est pour moi la première expérience de ce genre. Gaston fait semblant de m'accueillir et me fait visiter l'institut. Nous jouons tous les deux comme de vrais professionnels. L'après-midi, l'américain vient avec du matériel impessionnant et ce qui ne gache rien avec une mannequin burkinabée. Il me prend en photos avec mon vélo sous toutes les coutures. Il décide également de revenir mardi à 5 h. pour photographier en réel mon départ.

Lundi, je suis au consulat dès 8 h. mais j'y resterais jusque 18 h. le soir. Le gars qui s'occupe des visas a mené son fils à l'hôpital pour une thyphoïde et on ne sait quand il reviendra. Je ne quitterai le consulat que de 14h à 16 h pour aller déjeuner avec mes amis Edith et Gaston. Comme déjà à NOUAKCHOTT, j'apprends la patience mais ce n'est pas évident de rester le derrilère toute la journée sur une chaise, je préfère la passer sur la selle de mon vélo. Finalement, rentrant à l'institut à 19 h, mes affaires n'étant pas prètes, je décide de ne partir que mercredi. Il faut dire qu'à l'institut, je ne nsuis pas trop malheureux et je m'y plais bien.

Je passe donc tout le mardi à trier et préparer mes affaires et surtout réparer mon réchaud.

Mercredi, c'est l'heur du grand départ, je me lève à 4 h 15 pour être fin pret à 5 h. J'ai rendez-vous avec mon américain, ainsi que Motandi et René de l'institut pour continuer le film et photos. Je simule mon départ plusieurs fois comme un vrai pro du cinéma : Gaston à la mise en scène, Motandi au son, René à la caméra et moi comme acteur principal. Je ne sais pas si ce film passera au festival de Cannes ou au Fespaco à Ouaga, toujours est-il que je m'amuse bien. André WASHINTON arrive pour les photos.

Enfin le vrai départ et SAIDOU, employé de l'institut veut absolument aller jusqu'au km 45 avec moi, avec son vélo décathlon trop petit pour lui. Edith et Gaston décident également de m'accompagner jusqu'à la sortie de Ouaga mais en voiture. Du coup René et André montent dans la voiture pour me filmer et me photographier. Après les embrassades et la séparation toujours un peu triste, je me retrouve seul avec Saïdou.

Il est très fier de m'accompagner et salue régulièrement des amis ou de la famille au bord de la route. Nous traversons son village natal (il dort à l'institut). J'ai remarqué que les africains sont toujours très fiers de l'appartenance à leur village. Quand vous leur demandez leur adresse, ils vous l'indiquent mais mentionnent toujours le nom de leur village de naissance.

Km 45, nous traversons un petit village où c'est le jour de marché et Saïdou décide donc de faire demi-tou. Il lui reste encore 45 km à effectuer avec vent de dos, certes, mais équipé comme il est, c'est un petit exploit. Entre temps, un coureur burkinabé avait fait quelques km avec nous et Saïdou rêve d'avoir un vélo de course. Comme avec Laurence, nous reviendrons certainement àç Ouaga pour le Fespaco, pourquoi, je ne luis apporterai pas à l'occasion un vélo de course, chez nous c'est facile à trouver d'occasion.

Je suis donc seul avec mon attelage et retrouve les paysages habituels que je banalise maintenant. Le vent est également au rendez-vous et soulève beaucoup de poussière rendant l'atmosphère très opaque et non propice aux photos : c'est l'harmattan classique.

Je m'arrête pour déjeuner au bord de la route. Ce sera des spaguettis avec du chou et des aubergines d'ici, c'était excellent et j'en ai pour 300 F CFA (50 centimes). Je mange à la burkinabée, dans la rue sur un banc, au milieu d'eux. C'est assez sympa car la conversation s'engage très vite. A 7 km de ZORGHO, un camionneur en panne au bord de la route (c'est assez courant ici)me demande de l'eau et je lui donne ce qu'il me reste, c'est peut-être une erreur mais on ne se refait pas.

J'arrive finalement à ZORGHO après 104 km et je suis très content car je ne pensais pas faire autant de km sans trop de fatigue. Il est vrai qu'il n'a pas fait très chaud, enfin, c'est relatif par rapport à la température chez vous.

Je trouve un petit hôtel simple mais sympa (4500 F), c'est tout ce que je demande. Le soir je serai envahi de crampes aux cuisses. Après trois semaines d'arrêt, j'ai peut-être présumé de mes forces et pas assez bu. Si je n'avais pas trop chaud, ce vent permanent assèche malgré tout.

Date du Message :
31 12 2009 12:59:39
Latitude : 12°23'44,5" - Longitude : -001°-28'-28,5"
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BOROMO / OUAGADOUGOU
Mercredi 30 décembre 2009 12 km + 165 en mini-bus = 177 km cumul : 8 529 km
Dénivellé : O m

Le petit déjeuner à 6 h 30 n'aura pas lieu, le cuisinier est arrivé en retard. Le gars de l'auberge m'amène dans un bar où je n'aurai pas la patience d'attendre. Je tiens en effet à être à la gare routière avant 7 H 30 car mon départ sera conditionné à la place dans le coffre des cars.

J'arrive à la gare où ce n'est pas encore l'effervescence de la veille mais on sent que BOROMO se réveille. Autour de mon vélo, c'est de suite l'attroupement et pleins de questions. Je suis obligé de raconter mon voyage pour la Xème fois. Les Burkinabés sont très intéressés par mon récit et surtout interloqué quand j'annonce mon âge. Un vieux ne pourrait pas faire ça ici.

Alors que j'attends que la première compagnie de bus ouvre, arrive un mini-bus rouge de marque "Mazda" et on me conseille plutôt de le prendre : mes bagages seront plus en sécurité. L'affaire sera vite faite, 5 000 pour mon attelage et 3 000 pour moi. Je ne discute pas, trop content d'utiliser ce mini-bus que je vois depuis des semaines me croiser ou me doubler, à moi de bien contrôler le chargement de mon vélo. De toute manière, je dis au patron (on l'appelle ainsi) que je ne payerai qu'à l'arrivée si je suis content.

Le départ a lieu à 8 h. Si au départ nous ne sommes pas trop chargés, au bout de quelques km, nous serons 21 dans ce mini-bus prévu pour 111. Perso, je ne suis pas trop mal installé et mon attelage est bien soigné car pour le parton, c'est l'affaire de la journée. Je le sais, mais je suis ravi de m'en tirer aussi bien pour arriver à OUAGADOUGOU.

Le voyage se passe sans problème. De temps en temps, il y a bien des palabres sur le prix à certains arrêts. Le chauffeur semble aller un peu vite et double à tout va. Je suis installé à côté d'un instituteur avec qui la discussion va bon train.

A 11 h je suis à la gare routière de OUAGA. Je téléphone à mon contact Gaston KABORE. Gaston est un cinéaste très connu en Afrique et même dans le monde entier. Il est déjà venu à MANOSQUE à l'occasion des rencontres cinéma. J'ai ce contact grâce à Hubert (FERRATON), un ami de MANOSQUE et qui est très ami avec Gaston. C'est Hubert qui a aidé Gaston pour rechercher des subventions européennes. Gaston passionné par son métier, a créé l'institut IMAGINE. C'est un institut de formation dans les métiers du cinéma. Gaston me donne rendez-vous à la gare de l'Est où un chauffeur viendra me chercher. Echauder par BAMAKO, je demande ma route sans arrêt et parfois on me dit même de faire demi-tour. Un Cycliste connait l'institut de me mènera directement. J'ai de la chance car il est assez compliqué de trouver le quartier qui est tout en travaux.

On m'installe dans notre future chambre, c'est magnifique, merci Hubert. A 13 h je déjeune avec Gaston, un garçon très intéressant, très cultivé et au demeurant très sympathique. La suite, c'est comme à DAKAR, 15 jours de repos bien gagné avec Laurence.


BONNE ANNEE ET A L'AN QUE VEN

Date du Message :
31 12 2009 12:39:05
Latitude : 11°44'35,4" - Longitude : -002°-55'-54,8"
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HOUNDE / BOROMO
Mardi 29 décembre 2009 75 km cumul : 8 352 km
Dénivellé : 285 m

Réveil à 4 h 30 pour un départ à 5 h 30. Le petit déjeuner sera tronqué car mon réchaud à essence refuse de fonctionner, certainement un problème de gicleur que je règlerai à OUAGADOUGOU. Il fait nuit mais c'est le prix à payer pour profiter au maximum de l'absence de vent.

Dès que le jour se lève c'est le va et vient des vélos. C'est assez impressionnant, le nombre de deux roues qui circulent ici, tantôt chargés, tantôt à vide, juste pour se promener et beaucoup de femmes également. Chargés ou non, dès que j'en double un, il s'accroche à ma roue et dans un grand effort me double pour s'arrêter en soufflant un peu plus loin. Dès que je reviens sur eux, le manège recommence. Parfois, ils restent à mes côtés pandant des km. Si c'est parfois marrant, cela devient vite pesant mais il faut que je m'y fasse. Je m'arrête pour un besoin pressant et en profite pour manger quelque chose, une femme en vélo s'arrête à un mètre de moi et reste plantée en me regardant. Avait-elle faim, toujours est-il que ça me dérange et me gène, aussi je remonte vite sur Tornado et redémarre.

Je n'ai pas la grande forme mmais j'avance bien et à 9 h, j'ai fait 50 km soit la moitié de mes prévisions. Comme tous les jours, j'ai un petit espoir, l'absence de vent. Nenni, il est fidèle au rendez-vous et j'ai l'impression qu'il souffle encore plus que la veille. La route étant faite de long plat montant, le vent de face, je souffre et j'ai le moral qui baisse.

Arrivé à BOROMO, après 75 km, je fais mes comptes. Je suis cuit, la fatigue naturelle depuis BAMAKO, le vent et la chaleur. Je n'ai pas envie de continuer et il me reste 160 km pour atteindre OUAGADOUGOU. Demain, ce sera la même galère et jeudi, je risque d'être un peu juste pour être à l'heure et accueillir Laurence. En d'autres temps, je m'arrête à BOROMO et me repose ou repart le lendemain pour une courte étape mais je tiens à être à OUAGA le 31. Je prends donc la décision de dormir ici et de prendre le bus demain matin.

Je m'installe donc dans une auberge touristique et vais me renseigner sur les bus. Je ne peux choisir la compagnie car ce sera en fonction de la place pour les bagages, les bus arrivant de BOBO, ils peuvent être déjà pleins. Il me faudra donc me pointer à 7 h demain matin et attendre le bus qui aura de la place. Une autre aventure se prépare en perspective.

De toute manière, il est temps que je me repose car je me sens assez fatigué et le moral est en train d'en prendre un coup, même si je fais le malin. les "toubabous" et les "donne-moi un cadeau" me rendent parano et il est temps que je me ressaisisse. Il faut absolument que je me mette dans la tête qu'ici avec mon vélo et ma remorque, je suis un extra-terrestre et ce sera de pire en pire.

Date du Message :
31 12 2009 12:11:30
Latitude : 11°29'13,1" - Longitude : -003°-31'-21,4"
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BOBO-DIOULASSO / HOUNDE
Lundi 28 décembre 2009 104 km cumul : 8 277 km
Dénivellé : 410 m

Le réveil est difficule car la soirée a duré jusque 23 h 30. BOBO est une grande ville, j'en ai pour près d'une heure pour en sortir. Heureusement qu'à 6 h 30, la circulation est très fluide.

BOBO-DIOULASSO se réveille. L'activité est intense aux abords des gares routières. Sur le bord de la route, tu peux déjeuner. Des femmes vendent pain, omelette, beignets, bref il y en a pour tous les goûts. Il y aurait de magnifiques photos à prendre mais la lumière n'est pas propice.

Ce qui est spectaculaire dans ces villes, c'est le nombfe de gens qui y rentrent le matin pour vendre leur production au marché. Qui en vélo très chargé (le vélo pas le cycliste), qui à pied portant tout sur la tête, qui en charrette tirée par un âne. C'est vraiment un spectacle.

La chaussée est excellente mais je n'ai droit qu'à des montées et des descentes. Le paysage est identique à celui d'y hier : beaucoup de villages tout en longueur avec des cultures et toujours les forêts sinistrées. Je dois être dans une zone de culture du coton car je vois des tas de coton dans les champs. J'ai l'impression de voir des tas de neige.

Le vent tarde à se lever et j'en profite pour avancer. A 9 h, j'ai déjà fait 60 km et je fais bien d'en profiter car ensuite le vent de face très fort se met de la partie et la moyenne tombe. C'est d'autant plus dur que je traverse une zone de collines. J'avais prévu de faire 135 km mais j'y renonce vite. A HOUNDE, j'ai fait 104 km, le vent soufflant très très fort et la chaleur aidant, je décide de m'y arrêter. Il me rest 250 km pour atteindre OUAGADOUGOU, je les ferai certainement en deux jours et demi. Laurence arrive à 15 h 50, cela me laissera le temps d'aller la chercher.

Je trouve une chambre dans une association pour l'alphabétisation pour 4 200 F CFA, j'ai un lit et une douche, ce sera parfait pour passer la nuit.

Date du Message :
27 12 2009 21:58:12
Latitude : 11°10'16,5" - Longitude : -004°-17'-53,6"
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ORODORA / BOBO DIOULASSO
Dimanche 27 décembre 2009 81 km cumul : 8 173 km
Dénivellé : 450 m

Nouveau départ à la frontale car plus j'en fait avant 8 h, mieux c'est, avec le vent et la chaleur à 10 h. Sauf surprise, je devrai arriver à BOBO-DIOULASSO avant midi. J'aurai ainsi le loisir de visiter un peu BOBO où j'avais prévu une journée de repos. Comme je l'ai prise à SIKASSO, je n'ai pas d'autre choix si je veux arriver le 30 ou le 31 avant midi à OUAGADOUGOU.

Ce matin, j'ai même un peu froid, c'est fou non mais ça ne dure pas et à partir de 7 h, la fraicheur disparait. Le paysage est très sympa car je traverse beaucoup de villages avec les cultures et les vergers de manguiers, je revois même des baobabs, bien qu'encore rares.

Par contre en savane, c'est toujours le même problème, peut-être un peu plus accentué, de la forêt détruite et brulée. Je le répète, le bois constituant la principale source d'énergie, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

Dans chaque village, les gens vont chercher l'eau, non pas au puits, mais à la fontaine mue par des systèmes manuels à roue, j'en ai même vue actionnée au pied (photo). Je passe devant un champ de coton que des gens sont en train de ramasser. Bien sûr je m'arrête et après l'autorisation de photographier, je ne m'en prive pas. L'avantage des ces étapes courtes, je peux sans souci de temps, le prendre pour faire des photos.

Ici l'habitat est légèrement différent car s'il y a toujours des cases rondes, beaucoup sont rectangulaires. Les villages sont assez longs car l'habitat est un peu plus dispersé. Chaque famille a une petite concession avec ses cases dans un espace clos.

Le paysage devient très varié et j'ai même la joie de passer deux cols. A un village un peu plus grand, c'est le jour du marché . Je m'arrête pour la photo quand un énergumène arrive pour me dire qu'il est interdit de photographier. Je lui demand de quel droit il m'interdit de faire des photos et qui il est pour me l'interdir. Le ton monte et c'est de suite l'attroupement. Je n'ai pas d'autre solution que de déguerpir : la photo est interdite sauf si tu payes, mais à qui ? Toujours ces toubabs qui ressemblent à des billets de banque.

Il n'est pas midi et j'arrive à BOBO-DIOULASSO, la deuxième ville du Burkina-faso L'impression est de suite agréable avec de grandes avenues sans circulation, c'est vrai que nous sommes dimanche. Après renseignement, j'atterri à l'hôtel "Les Bambous". Le prix me convient, 8 500 F CFA, les chambres propres et une grande terrasse ombragée où je peux déguster une bière bien fraîche. Cerise sur le gâteau, ce soir il y aura un grand concert de percussion (instruments locaux) par la troupe Tassira et la troupe Yekatoye Allahbolo en duo. Tant pis si je me couche tard et s'il y aura du bruit, je profiterai de l'occasion.

A BOBO-DIOULASSO, la culture semble bien présente car en m'y promenant, il y a plein d'affiches de concerts et de théâtres. Je vais visiter également le grand marché d'origine soudanaise, mais à force de me faire alpaguer par les vendeurs des masques et de fausses antiquités, je renonce rapidement.

Je retourne donc aux Bambous pour mettre à jour manuellement mon carnet de route. Je vais bien dans un cyber mais les connexions sont tellement lentes que j'y renonce également.

Autre détail de BOBO, les rues ont droit aux illuminations de Noël et ça me fait tout drôle, en Afrique et avec la chaleur de le constater.

Date du Message :
27 12 2009 21:37:40
Latitude : 10°58'53,6" - Longitude : -004°-54'-45,4"
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SIKASSO / ORODARA
Samedi 26 décembre 2009 101 km cumul : 8 092 km
Dénivellé : 605 m

Le petit déjeuner est commandé à 6 h 30, il sera servi avant 6 h, c'est peut-être ça aussi l'Afrique. La journée s'annonce donc très bien, avec une frontière à passer, il vaut mieux.

J'avais oublié de mentionner que la veille, Tornado a eu droit à sa toilette. Celui qui nettoyait les couloirs de l'hôtel a eu pitié de l'état où était mon vélo, bonne et brave initiative. J'en ai profité pour retendre la chaine. J'ai vraiment des problèmes avec mes chaines. Après 2 000 km, cela fait deux fois que j'intervient. Je vais voir avec Vélo Lubéron pour me faire parvenir par Laurence une autre chaine. Je pense que le sable et la latérite sont très abrasifs et que le problème est compliqué à régler.

La route est heureusement toujours gondronné avec pas mal de trois mais c'est mieux que la piste. Il fait frais, pas de vent et j'avance bien. Il y a un peu de relief et ce n'est pas désagréable.

La sortie de SIKASSO est un immense verger et il y a beaucoup de cultures maraichères. Le paysage est toujours dévasté par cette surexploitation de la forêt et la pratique de l'écoubuage.

Je passe sans problème la frontière malienne et arrive à KOLOKO au poste frontalier burkinabé. Je passe plus de temps à palabrer avec les policiers que pour obtenir mon visa. Il se fait sans problème pour 7 jours à prolonger à Bobo ou Ouaga, le tout pour 1 000 F. CFA. Le chef me demande si je veux l'adopter comme ça, il héritera. Je lui répond simplement que j' n'ai qu'un vélo et une remorque.

Il n'y a pas grand différence entre le Mali et le Burkina Faso, si ce n'est que la route est en meilleur état et la signalisation présente. J'ai toujours droit à mes "toubabous" et "donne-moi un cadeau".

J'arrive finalement à ORODARA en ayant constaté le même désastre écologique qu'au Mali. En traversant ORODARA, je vois un panneau "Auberge Populaire", c'est pour moi ça. J'y entre, à première vue ce n'est pas terrible. Le prix des chambres : 2 500 F CFA ne m'inspire pas trop. J'ai l'agréable surprise de dormir dans une case très propre avec une literie neuve, avec moustiquaire et ventilateur. Je ne saurai trop reccomander cet établissement mais dépéchez-vous car ici, c'est l'entretien qui laisse à désirer.
Après un match du championnant d'Angleterre avec la télé à fond, je mange quelques morceaux de boudin local au feu de bois pour 200 F CFA et me couche de bonne heure une fois de plus

Date du Message :
25 12 2009 13:29:34
Latitude : 11°18'50,0" - Longitude : -005°-41'-00,3"
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KOUMANTOU / SIKASSO
Jeudi 24 décembre 2009 135 km cumul : 7 991 km
Dénivellé : 715 m

SIKASSO est à 135 km, la chaleur, le vent et les bosses, une journée difficile s'annonce. Je démarre à 6 h 15 à la frontale et les fumerolles dans la campagne donnent une impression de brouillard.

La route n'est pas en bon état, il me faut slalomer entre les trous. C'est un jeu comme un autre qui fait passer le temps car le paysage est toujours aussi monotone. Je m'arrête pour ravitailler et une moto s'arrête aussi. C'est Martino, un salarié italien de médecin du mond qui va passer noël chez son père à BOBO DIOULASSO au Burkina Faso. Il a déjà fait 8 ans en république du Congo et 2 ans au Burundi qu'il me dit être magnifique, par contre le Congo est très difficile. Il est émerveillé par mon projet et me prend en photo qu'il m'enverra par mail.

Je vois des chinois au bord de la route et un panneau "travaux en cours". Aie, aie, aie ils refont la route et pendant une cinquantaine de km, cela va être une véritable galère : tôle ondulée et surtout poussière car la route est très fréquentée. Chaque fois qu'un camion ou un bus passe, je me retrouve dans un épais brouillard où je suis parfois obligé de m'arrêter. Je mange de la poussière en veux-tu en voilà, je suis couvert de latérite et un peu découragé.

J'arrive enfin à NIENA où les travaux sont terminés. La route ne sera pas terrible, beaucoup de trous et les cars et camions roulent sur la latérite sur le bas-côté. Je bouffe encore de la poussière mais rien à voir avec précédemment.

Il fait encore très très chaud mais il me faut absolument arriver à SIKASSO car j'ai pris rendez-vous avec Anekka, ma correspondant de l'émission "Allo la Planète" et je veux être sûr que le téléphone passe.

Complètement cuit un fois de plus, j'arrive à SIKASSO à 17 h 30 et rentre dans le premier hôtel où je décide de me reposer le lendemain matin.

Après l'émission, j'ai droit aux coups de fil sympa de Hubert et de Yannick qui me réchauffent, en ce soir de réveillon, le coeur, d'autant que j'ai eu ma soeur Lydie auparavant, sans parler de Laurence.

Date du Message :
25 12 2009 13:17:08
Latitude : 11°24'46,6" - Longitude : -006°-49'-57,5"
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SIDO / KOUMANTOU
Mercredi 23 décembre 2009 110 km cumul 7 856 km
Dénivellé : 460 m

Aujourd'hui, c'est parfait, je démarre à 6 h 20 et je profite ainsi de la fraicheur relative du matin au maximum. Je serai toute la journée dans cette forêt dévastée où il ne reste pas grand chose et le paysage n'est pas terrible, mais qu'importe, il me faut avancer jusque OUAGADOUGOU.

Il fait très chaud, même les maliens me le disent. De plus à BOUGOUNI, je change de direction et au lieu du sud, je file plein est et le vent de face cette fois. Je vous l'ai déjà dit, il fait très très chaud (35 à 40° à l'ombre) et avec le vent de face, je commence à fatiguer. Je m'arrête en pleine campagne à l'ombre pour pique-niquer avec des filets au maquereau, sauce moutarde de dijon, je me régale et comme fromage, l'inénarable "Vache qui rit".

J'arrive fatigué à 15 h à KOUMANTOU et décide de ne plus bouger. La chaleur a raison de moi, ainsi que les côtes de plus en plus nombreuses. Je bois un coca à une station service où on m'indique le seul hébergement du village : le campement "l'or blanc". C'est un campement assez déguelasse et décide donc de planter la tente plutôt que prendre une chambre. J'ai également droit à me laver avec un seau d'eau comme tous les jours dans ces endroits particulers qui servent également de WC.

Je retourne au village pour manger. J'assiste aux chargements des bus et des camions et c'est un drôle de spectacle, malheureusement indescriptible. Je commande quelques frites et bananes plantins dans la rue. La fille me demande 500 f pour les quelques frites. Voyant qu'elle chercher à m'arnaquer, je refuse. Le gérant de la sation voyant la scène me fait signe d'aller m'installer dans son établissement et la fille arrive avec une tête de 6 pieds de long et m'amène mes frites et mes bananes plantins, 3 ou 4 fois plus qu'elle voulait me vendre pour 525 f (0,80 €), ce n'était pas pour l'argent mais il est désagréable de se faire avoir. J'achète de l'eau pour demain et rentre sans lumière au campement. Celui-ci se trouve à 2 km et en pleine nuit noire, avec les vélo, les motos, les cars et les camions, croyez-moi c'est compliqué, surtout que beaucoup n'ont pas de lumière. arpès X renseignements, j'arrive enfin au campement où ma nuit sera une fois de plus excellente.

Date du Message :
25 12 2009 13:02:16
Latitude : 11°40'15,3" - Longitude : -007°-36'-07,5"
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BAMAKO / SIDO
Mardi 22 décembre 2009 154 km cumul : 7 746 km
Dénivellé : 565 m

Le petit déjeuner commandé à 6 h moins le quart sera servi à 6 h 30 mais qu'importe, j'ai l'habitude. Je démarre avec une circulation fluide et sans trop de motos.

Je suis en forme et le coeur joyeux de retrouver ma mie. Erreur, au lieu de m'en approcher, je m'en éloigne. Au bout de 10 km, le goudron disparait pour faire place à la piste. Après renseignements, il me faut faire demi-tour car c'est la route de la Guinée. Ce n'est pas faute de m'être renseigné mais je penses que les maliens sont tellement gentils que même quand ils ne connaissent pas, ils te renseignent quand même. Je reviens au point de départ, est là aussi ce n'est pas évident. La "zagarattitude" comme dit Yannick en prend un coup, je garde mon calme mais c'est limite. Au feu rouge, un gars vient me demander où je vais, il me parle de SEVARE, veut donc me vendre une excursion au pays Dogon. Je lui répond sèchement que je ne sais pas oùm je vais et que je m'en fous : rire des motocyclistes qui m'entourent.

Après bien du mal, je sors enfin de BAMAKO et me retrouve dans la brousse. La route est relativement plate, j'ai du vent de 3/4 arrière et la moyenne s'en ressent, d'autant qu'après le repos ches Marie-O, je suis en pleine forme.

A propos de Marie-O et de son établissement NEMA SOW (maison du bonheur), il porte bien son nom. Je recommande à tout le monde passant à BAMAKO, pour qui veut un peu de calme et de convivialité. Marie-O est une femme extraordinaire et chez elle, j'avais l'impression d'être chez moi. Hier soir, je demande ma note, elle me la fait : 25 000 f CFA, ce n'est pas cher. Quand je veux payer, elle me dit laisse, c'est ma contribution à tes km. Le lendemain, je dis à Laurence de faire un chèque de 40 € à l'association LAUNATHO, de la part de Marie-O, c'est extraordinaire n'est-ce pas.

Je roule en pleine savane et tantôt des cultures, l'arachide bien sûr, le mil et de temps en temps des champs de coton. Je m'arrête pour déjeuner au village de QUELESSEBOUGOU. Je paye un plat de riz à la sauce d'arachides avec un peu de viande, 8 bananes et 2 coco, 1500 F CFA (2,3 €).

Je me retrouve ensuite en plein dans un désastre écologique. Dans ce qui était il y a peu une forêt, ce n'est plus que taillis et brulis. Ca fume de partout, la forêt est surexploitée pour le bois et charbon de bois. Je m'arrête d'ailleurs à une charbonnière pour faire une photo. Il faut savoir que faire les charbonnières en Provence, était le premier métier du pays de Laurence, les RAMERO apprécieront. Comment condamner les paysans maliens, car comme me le dira Idrissa le soir, c'est leur seul moyen de subsistance.

Tant bien que mal, j'arrive à mes 154 km et m'arrête à SIDO. Dommange pour ces 20 km de trop car cela m'aurait permis d'arriver à BOUBOUNI et finir à SIKASSO par deux étapes moyennes.

A SIDO, je demande à tout hasard s'il y a un hôtel, bien sûr on me répond que non. Idrissa se lève et se propose de m'amener chez lui car il a une chambre pour les amis. Finalement, je monterai ma tente dans sa cour et mangerai avec eux. J'ai droit à un plat de macaroni (spaguettis) et je me régale car j'en manque un peu. Avec Idrissa, Mamouna et leur fils Cheick Kader (3 ans le 7 janvier), je passerai une excellent soirée à philosopher un peu. Idrissa est instituteur avec à la base, une formation d'agronome. Nous parlons également de religion. Il me parle des chiites, des sunnites et des mourides au Sénagal. Idrissa me répond simplement qu'il est musulman, sans courant particulier. Je lui parle de la réligion catholique car dans la journée, j'ai vu une église pentecôtiste. Je mesure là, l'intéret de mon voyage, je rencontre des gens très intéressants mais malheureusement, il faut vite se quitter. Nous allons ensuite dormir car le muezzin nous réveille à 5 h, moi pour préparer mon départ et Idrissa pour faire se prière.


Date du Message :
21 12 2009 17:39:44
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BAMAKO (TOURISME)
Samedi 19 décembre 2009
Dimanche 20 décembre 2009
Lundi 21 décembre 2009

Je suis à la capitale, aussi je décide d'y rester quelques jours pour faire du tourisme. Le samedi, je prends un taxi pour aller visiter le musée national. Je ne suis pas un adepte des musées mais celui-ci on me le conseille vivememnt. Je n'ai pas de regret car cela me permettra de mieux comprendre le Mali. J'y verrai beaucoup de masques, plus magnifiques les uns que les autres, des tissus et des objets archéologiques que n'aurait pas dénigré mon archéologue préféré Lucas. J'y ai même vu le costume du féticheur de KOULUMBO.

Je déjeune dans le restaurant du musée, je ne me refuse rien : bière(s), salade exotique, brochettes de boeur avec bananes plantins. Je vais ensuite visiter le grand marché et celui des féticheurs. Si ce n'est la taille, tous ces marchés se ressemblent et je n'y traine pas trop car ça grouille de monde.

Je décide d'aller jusqu'au pont du Niger à pied. Je vais ainsi faire 10/15 km à pied dans la chaleur. Cette petite ballade me permet ainsi de visiter la capitale. Je suis impressionné par la largeur du Niger à cet endroit. Assez fatigué, je rentre à l'hôtel très satisfait de ma journée.

Le lendemain, la journée sera consacrée à l'envoie des photos à Stéphane. Le journée se passe très mal car j'ai chopé un virus informatique sur la clef USB et je perds un temps infini pour tout sécuriser et remettre en ordre. Je décide donc de rester un jour de plus ici car je tiens à envoyer les photos. Vous n'avez plus de photos depuis le 5 décembre, soit dès mon entrée au Mali.

Cela me fera un repos supplémentaire mais il me rest 9 jours pour faire les 900 km me séparant de Ouaga, c'est très faisable mais je n'aurai pas de quoi chômer. J'en profite pour faire l'historique de mon voyage et je constate agréablement qu'il me manque 100 km au compteur. Je rectifie donc, j'en suis maintenant à 7 592 km. Cent km sans bouger, c'est agréable.

J'en profite également pour remercier les donnateurs car la borne kilométrique du site affiche ce matin lundi 21 décembre : 15 883 km. Ca ne peut que m'encorager à continuer mon aventure.

Nous sommes le 21 décembre, je ne sais pas où je vais passer noël, certainement dans la brousse, loin de tout ordi, j'en profite donc pour vous souhaiter à tous un JOYEUX NOEL. Le votre sera froid et blanc, le mien sera chaud et rouge.

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20 12 2009 15:46:23
Latitude : 12°35'46,2" - Longitude : -008°-01'-26,3"
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NEGALA / BAMAKO
Vendredi 18 décembre 2009 80 km cumul : 7 492 km
Dénivellé : 310 m

Je démarre avant 7 h très content car ainsi je n'arriverai pas trop tard à BAMAKO et si c'est l'enfer dansla capitale, je ne m'affolerai pas. Au bout de 3 km, je m'aperçois que j'ai oublié ma serviette de toilette ches le sous-préfet, demi tour et pret pour un nouveau départ.

La route est toujours vallonnée, ce qui n'est pas désagréable. Les manguiers sont de plus en plus présents. Peut-être l'approche de la capitale et d'un marché substanciel, il y a de plus en plus de cultures maraichères et en particuler des tomates.

En traversant un village, unes centaine de gamins avec deux adultes sont autour d'un drapeau. Il s'agit d'une école avec deux instituteurs qui montent les couleurs. Je prends le risque de m'approcher et demande l'autorisation de prendre des photos. A mon grand étonnement, les gamins ne bronchent pas et sont très disciplinés. Ce ne sont plus les mêmes gamins que je rencontre dans la rue. Un peu plus loin, une longue fil de gens, essentiellement féminine, devant un dispensaire, c'est certainementr la journée de consultation gratuite.

J'arrive enfin à KATI dans la banlieue de BAMAKO. Je téléphone à Laurence qui me communique les coordonnées d'une française qui tient une auberge à BAMAKO. Cet établissement m'est conseillé par Françoise et Pierre de LA JAVIE, les mêmes qui m'avaient déjà donné un contact à TAMBACOUNDA au Sénégal. J'appelle donc Marie-Odile (Marie-O) qui m'indique la route, direction de l'aéroport, après le nouveau pont sur le Niger à droite. J'entre dans BAMAKO et je suis de suite assailli par une multitude de motos qui me doublent à droite et à gauche. Il me faut être vigilant mais cela n'a rien à voir avec DAKAR. Après avoir demandé ma route une multitude de fois afin de ne pas faire d'erreurs, j'arrive facilement à l'auberge NEMA SOW dans le quartier de BACO DJICORONI. C'est un établissement très simple, un peu éloigné du centre ville mais dans un quartier paisible et surtout en dehors de la polution de BAMAKO. Je suis accueilli par Yacou car Marie-O travaille comme directrice dans une école maternelle française. Je fais la connaissance de Marie-O qui est un personnage très attachant. Dans son auberge, j'ai comme l'impression d'être chez moi et c'est bien dans l'esprit où Marie-O veut travailler.

Je fais également la connaissance d'un charmant garçon, Hippolyte, un jeune qui travaille dans la finance à Paris. Il a pris un an de congé sabbatique et parcour l'Afrique de l'ouest au gré de son envie. Il a d'ailleurs acheté unes des ses fameuses motos que je vois sur les routes depuis que je suis au Mali et il a déjà parcouru 6 000 km avec. J'ai enfin l'explication de la profilération des ces engins ici. Ce sont des motos de fabrication chinoises qui ne coûtent pas bien chers. Hippolyte a acheté la sienne 500 000 F. CFA (769 €) mais c'est une grosse, on en trouve à partire de 200 000 ou 300 000 f.

Cet établissement est fréquenté par des français et il est très agréable d'y vivre, je décide aussi d'y rester trois nuits avant de repartir pour OUAGADOUGOU retrouver Laurence.

A noter que depuis KAYES, à part les belges rencontrés sur la piste, ce sont les premiers blancs que je retrouve.

J'ai 10 jours et 900 km pour rejoindre OUAGADOUGOU, il ne devrait pas y avoir de problème pour y être le 31 décembre et passer un réveillon pour le moins original.

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20 12 2009 13:11:54
Latitude : 12°51'46,7" - Longitude : -008°-27'-13,8"
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KITA / NEGALA
Jeudi 17 décembre 2009 131 km cumul 7 412 km
Dénivellé : 565 m

Je quitte KITA par la déviation en direction de BAMAKO, il n'est pas 7 h, c'est parfait. J'attaque par une forêt protégée avec des plantations d'arbres que je ne connais pas mais il fait trop sombre pour prendre des photos.

Ensuite, la forêt fait place à la savane. En plein sommet de COPENHAGUE, je prends conscience des effets de la déforestation qui est un mal chronique au Mali. Les baobabs ont complètement disparus, je n'en verrai plus jusque BAMAKO. Je vois beaucoup de repousses d'une espèce de palmier que l'on m'a dit être "l'arbre du voyageur" et unes savane brulée de plus en plus. Les manguiers ont remplacé les baobabs, malheureusement ce n'est pas la saison, ils commencent juste à fleurir.

La route est assez agréable bien que toujours ce vent de face, elle est vallonnée et devient ainsi moins monotone. De temp à autre, je traverse un village avec une gare et son marché autour car je suis toujours le DAKAR BAMAKO.

J'ai bien fait de me reposer la veille car aujourd'hui je me sens en pleine forme et j'arrive à NEGALA terme de la journée sans trop de soucis, si ce n'est la chaleur. Sur mon vélo, j'aurai consommé 7 litres d'eau, heureusement, je l'avais prévu. On m'avait annoncé un campement à NEGALA mais je cherche en vains. Là aussi, c'est l'Afrique, il ne faut jamais se fier à ce que l'on vous dit. Je me renseigne mais ici il n'y a rien et on me dit d'aller voir le commandant de gendarmerie. Je tombe sur le gardien, le commandant étant absent, il m'installe dans la cour du sous-préfet, absent lui aussi.

La femme du sous-préfet m'apporte une bassine d'eau chaude et en attendant j'en profite pour faire une agréable toilette, j'ai rarement eu de l'eau chaude jusqu'à présent.

Le sous-préfet arrive et m'autorise à m'installer sur la terrasse devant la sous-préfecture et m'invite à dîner avec lui. Le repas sera très agréable. Il mange un couscous et on m'a préparé une macédoine de légumes avec des sardines, hormis les sardines, c'était excellent. Nous avons ensuite mangé la bouillie (soupe de maïs pilé et sucré) et fini par de la pastèque.

En discutant avec le sous-préfet, bien sympa, j'apprends beaucoup sur le fonctionnement administratif du Mali. J'apprends entre autre que les chefs de village sont nommés par le préfet, contrôlés par les sous-préfets et après avis du conseil communal, le tout en respectant les habitudes coutumières du village (selon l'expression du sous-préfet). C'est une question que je me posais jusqu'à présent, j'ai maintenant la réponse : les chefs de village sont une représentation de l'état.

A noter que bien que la ligne à haute tension MANANTALI BAMAKO passe au dessus du village, ici il n'y a pas d'électricité. Un particulier possède un groupe électrogène et fourni, moyennant retribution certaines personnes du village dont le sous-préfet. Pendant que nous dinons, la famille regarde sur une télé plein de parasites, le sacro-saint feuilleton que je peux suivre depuis quelques jours.

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20 12 2009 12:13:15
Latitude : - Longitude :
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KITA (REPOS)
Mercredi 16 décembre 2009

Le petit déjeuner chez Dieudonné (en fait il s'appelle Safari) sera très simple. Un petit morceau de pain sec et une dosette de café avec de l'eau tiède. Safari est absent et la jeune fille qui me sert ne comprend pas du tout le français. J'essaye bien de demander un complément mais peine perdue, je m'en contenterai. Si j'avais su, je me serai débrouillé tout seul.

Je vais en ville passer la journée. J'en profite pour faire le marche de KITA assez spectaculaire. Le monde grouille et on y vend de tout. Il y a beaucop de fruits et légumes du coin qui donnent un air très exotique à ce marché. De partout, des jeunes avec des charrettes à main, lorudement chargés livrent sans arrêt de la marchandises. Ces charrettes à main, c'est une des particularités du Mali, je ne vois que ça depuis KAYES.

Je vais ensuite passer quelques heures au cyber pour mettre à jour mon carnet de route, vous avez dû vous en rendre compte. Je vais manger mais là aussi c'est assez compliqué. J'ai du mal à trouver quelque chose. Je mangerai un morceau de viande dans la rue et 6 bananes. Je retourne au cyber pour terminer et rentre à l'hôtel où Safari était inquiet car il ne m'avait pas vu de la journée.

Comme la veille, je me mêle à un groupe de malien pour boire une bière. Dembélé qui était déjà là la veille m'explique qu'il avait beacoup apprécié que je me mette spontanément avec eux. J'ai l'impression qu'au Mali, bien que musulman, ils boivent de l'alcool mais jamais dans la rue, dans des petits endroits comme ici, il ne faut pas se faire voir.

Je dîne encore avec cette satané télé et ses feuilletons et dodo car demain j'ai l'intention de bien m'avancer.

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16 12 2009 16:45:27
Latitude : 13°01'45,0" - Longitude : -009°-30'-08,5"
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TAMBAGA / KITA
Mardi 15 décembre 2009 52 km cumul : 7 281 km
Dénivellé : 225 m

L'étape de la journée sera très courte, goudronnée. J'attends que le jour se lève pratiquement pour me lever. Pour déjeuner, la pompe du réchaud est défaillante, je me passerai donc de café ce matin, ce sera pain et confiture.

Pendant que je me prépare, c'est la procession au puits. Les dames du quartiers (il n'y a qu'elles qui puissent faire ça) viennent le plein d'eau. J'ai beaucoup de mal à accepter ce spectacle des dames agées repartant vers leurs cases avec des seaux d'au qui ppèsent un bras. La voisine dont le mari m'a aidé la veille me fait comprendre si je peux l'aider. Je lui porte ses deux seaux très lourds dans sa cour. Le mari si charmant avec moi doit être aux champs. Nenni, il apparait avec sa petite fille dans ses bas et s'installe au bord de la rue pour la journée. Je n'ai pas le droit de faire de commentaire mais le droit de n'en penser pas moins.

En partant, je rencontre le pasteur que je remercie pour son hospitalité et en partant, j'ai droit à un "Que Jésus te protège", ma soeur Lydie sera contente.

La matinée se passera sans problème sur cette route goudronnée qui est vraiment la bienvenue. Pour la première fois depuis mon départ, je ressens une sensation de fatigue générale. Je sens que mon corps est en train de me dire stop. Je décide contre toute attente une journée de repos à KITA, bien que je sois à deux petites journées de BAMAKO.
En arrivant à KITA, c'est l'horreur. KITA est en chantier, ils refont toute la traversée de la ville et tout n'est que poussière. On m'indique un petit hôtel à l'entrée que je néglige, trop loin du centre ville. Il y aurait plusieurs hôtel en ville mais impossible à trouver, les gens parlant français sont rares et ne t'indiquent que ce qu'ils connaissent, normal. Je fais des tours et des tours dans KITA, traverse le marché grouillant de monde avec Tornado et sa remorque, c'est assez cocasse. Finalement, je prends la décision de revenir à l'hôtel initial, chez Dieudonné. Le chambre ne sera pas terrible mais une cour intérieure est sympa et ombragé.

L'après-midi, je vais au village pour repérer un cyber que je trouve avec bien du mal et déambuler dans les ruelles de KITA. Le repas du soir, ce sera du coeur avec des frites et de la bière. Sans oublier cette éternelle télé avec ces feuilletons aussi débiles qu'en France.

Date du Message :
16 12 2009 16:29:33
Latitude : 12°58'01,8" - Longitude : -009°-52'-19,8"
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MANATALI / TAMBAGA
Lundi 14 décembre 2009 106 km cumul : 7 229 km
Dénivellé : 625 m

Je quitte MANANTALI sur du goudron, sachant que ça ne devrait pas durer car il est maintenant évident que je n'aurai du goudron qu'à partir de TAMBAGA. J'arrive au pied du barrage et comme je l'ai déjà dit, qui dit barrage, dit bosse. Pardi, c'est carrément du 15 % qui m'attend pendant 3 km. Je les effectue à pied et croyais-moi pousser le vélo avec sa remorque sur une pente à 15 %, ce n'est pas rien. Autre surprise, je vois un panneau directionnel : TAMBAGA 98km, j'ai déjà fait 5 km et sur la carte il y a 83 km d'indiqué. Le barrage est immense et donne un air moderne dont je n'ai plus l'habitude à la région. Il retient un jlac également immense dont je ne verrai qu'une petite partie.

Enfin arrivé en haut, je quitte le goudron jpour de nouveau la piste. Elle n'est pas trop mauvaise mais toujours ce problème de traces à suivre. De temps à autre, un peu de goudron, c'est juste avant et après le passage des gués. Les gués, je ne vous dis pas, même s'ils sont la plupart du temps à sec, PARIS ROUBAIX ce n'est rien à côté car les pavés sont emplacés par des grosses pierres disjointes.

Le paysage ne sera pas bien terrible. Je suis toute la journée en forêt avec les côtés brulés de chaque côté sur une centaine de mètre. Je suis d'ailleurs une ligne à haute tension qui part du barrage et pour débrousailler, ils ne s'emêtent pas. Tout est carrément brulé dessous, ce qui fait une saignée pas très jolie. La seule particularité de la journée, c'est plein de bambous tout le long. Ces bambous sont exploités et déposés au bord de la piste. Dans les villages que je traverse, le bambou est très utilisé pour les enclos et les toits des cases. C'est assez remarquable de constater qu'ici chaque fois, ils utilisent les matériaux du coin.

Dans chaque village traversé, c'est toujours la même litanie, les gamins me courent après et pourtant il y a écle aujourd'hui. J'aurai compris en traversant un village un peu plus grand. En passant devant l'école, plein de vélos amoncelés devant et un chahut monstre dans les classes. Deux gamins me rattrapent. Je leur demand pourquoi ils rentrent chez eux, ils me répondent que c'est la récréation et qu'aujourd'hui, il y a grève : voilà l'explication.

Je pique-nique sur la latérite en espérant qu'il n'y passe pas de véhicules et j'ai de la chance, deux camions et un 4 X 4 passeront à la fin de mon déjeuner. Aujourd'hui, c'est grand luxe : miettes de thon à l'huile (sur la piste, le thon est vraiment en miettes), vache qui rit et une boîte de salade de fruits. En repartant, je jm'arrête à un petit groupe pour leur donner deux bouteilles plastiques que je ne jette plus car ils en ont l'usage et sont ravis à chaque fois. Une land-rover s'arrête, ce sont deux touristes belges qui me demand ce dont j'ai besoin. Ils sont très étonnés que je leur répond par la négative, mais effectivement, je n'ai besoin de rien. Ils prennent des photos qu'ils m'enverront par mail. Ils sont sympa et visite le Mali en prenant les pistes et connaissent bien des déboires.

Juste avant d'arriver à TAMBAGA, je dois passer un gué plus conséquent que les autres, je suis obligé de passer à pied et me mouiller jusqu'aux hauts de mes chevilles : attntion à la bilharzioses. Enfin j'arrive à TAMBAGA et j'ai le malheur d'y arriver à la sorti de l'école et là, ce sont peut-être 200 gamins qui me courent après, je commence vraiment à saturer.

A TAMBAGA, il n'y a rien, pas d'hôtel, des commerces vides et pas grand monde comprend le français. Le premer hôtel est à 15 km et comme il est 17 h 30, je suis obligé de rester ici. On m'indique une églilse où les chrétiens pourraient m'héberger. Je demande à quelqu'un de m'accompagner, en fait c'est un protestant qui me mène, non pas à l'église mais au temple. Ce sont des norvégiens qui ont bâti ce temple, j'avais déjà ramarqué une mission protestante norvégienne à BAFOULABE.

J'installe ma tente et vais au village pour manger. Je trouve le seul restaurant du village, qui n'a de restau que le nom. J'y mange une platrée de ris froid qui colle bien avec une sauce à l'arachide et une espèce de poisson. Le tout est assez dégueulasse et je mange sans boire. Je vais en quête d'eau mais l'eau minérale est inexistante ici. Heureusememt au temple, il y a un puits et le voisin m'aide à tirer del'eau pour me laver et boire moyennant aquatab. Je me couche une fois de plus complètement cuit car 106 km de piste, ça fatigue. Heureusement demain, l'étape est courte et la route goudronnée.

Date du Message :
16 12 2009 15:59:49
Latitude : 13°13'21,7" - Longitude : -010°-28'-02,7"
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BAFOUALE / MANANTALI
Dimanche 13 décembre 2009 93 km cumul : 7 123 km
Dénivellé : 270 m

Du goudron promis, 93 km à faire, la journée ne devrait pas poser problème, d'autant que je démarre à 7 h 15.

La route de MAHINA est toujours une piste, bordée d'immenses manguiers. Cette piste, goudron en moins me fait penser à la route de MEYRARGUES, bordée de platanes. MAHINA est une bourgade un peu plus grande que BAFOUALE mais toujours dans le même esprit : beaucoup de commerces mais pas grand chose à vendre. Le commerce le plus important semble celui des bouteilles de mélange (1 l). Il est vrai que le nombre de mobylette, toutes neuves d'ailleurs, est conséquent. MAHINA a en plus le privilège d'avoir une gare puisque le TGV DAKAR BAMAKO passe par là. D'ailleurs c'est par le pont de chemin de fer qui traverse le Sénégal (Bafing) que je rejoins la piste menant à MANANTALI.

A propos du goudron, je n'en verrai pas la couleur aujourd'hui. C'est par une excellente piste en latérite que je prends la direction de MANANTALI. La latérite bien damée est excellente comme piste, un peu moins de rendement que le goudron mais tellement plus jolie.Le plus gros inconvénient c'est quand on croise un autre véhicule, on a droit au gros nuage rouge. Si la latérite est parfaite au début, elle se dégrade rapidement et il faut ensuite trouver sa trace pour éviter le sable qui me plante inexorablement. La piste traverse village sur village mais jamais de quoi ravitailler. Heureusement, je suis autonome, eau et repas de midi.

Le paysage se banalise, peu d'arbres, des baobabs et des champs d'arachides en train d'être récoltés. C'est dimanche, il n'y a pas école et quand je traverse les villages, c'est à chaque fois de la folie, tous les gamins ne courent après à coups de toubab, bonjour, donne-moi un cadeau. C'est quand même difficile à supporter et pour prendre ds photos, c'est assez compliqué. Souvent je les prends à l'entrée du village et dès qu'un gamin m'aperçoit, je remonte sur le vélo et file. Pour déjeuner, c'est le mpeme problème, j'aimerais m'arrêter à l'ombre dans un village mais c'est quasi impossible, tout le village me regarderait manger. Aujourd'hui, j'ai mis 3/4 d'heure pour pouvoir manger à l'ombre d'un baobab. Une première fois, je trouve un coin sympa et discret, pensez-vous deux gamins m'ont vu et arrivent à toutes jambes. La deuxième est la bonne mais je suis sur le passage d'un petit village et j'aurai régulièrement de la visite.

Si le matin, je démarre à la fraîche, dès 10 h il me faut me couvrir et me badigeonner de crème, surtout aujourd'hui où il fait très chaud. La chaleur, la piste où il faut toujours trouver la bonne draille, font que la fatigue arrive et je finis ma journée sur les rotules. La piste me fatigue également nerveusement car je ne peux pas rouler décontracté. Je constate également que si la remorque a été parfaite jusqu'à présent, elle s'avère peut-être un handicap sur les pistes où il y a un peu de sable. Cela m'a valu d'ailleurs une bonne chute. En jvoulant éviter une mobylette qui venait en face, j'ai quitté ma trace et je me suis tanqué dans le sable : la remorque n'a pas suivi. Ce fut une bonne chute mais plus de peur que de mal.

J'arrive enfin à l'entrée de MANANTALI. C'est le quartier des cadres où il y aurait des hôtels un peu chers. A MANANTALI, il y a le plus grand barrage de l'Afrique de l'Ouest, d'où une activité très importante. Dans ce quartier, jpas d'hôtel mais des particuliers qui louent des chambres. J'en trouve une avec douche pour 3 000 F CFA (4,6 €), un pjeu juste au niveau propreté mais je suis en Afrique, c'est bon. je profite également de la cantine du quartier où je mangerai pour 3 500 F CFA et le pdj à 1 000 F.

Pour une fis, je me sens ailleurs qu'en Afrique, dans un quartier relativement friqué. Les voitures sont récentes et les gamins en mobylettE. J'ai au moins un peu de paix pour pas cher, j'apprécie.

Date du Message :
16 12 2009 15:27:53
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BAFOUALE (REPOS)
Samedi 12 décembre 2009

Comme d'habitude la nuit porte conseil et j'attends que le jour se lève pour partir. Je décide finalement de rester ici pour faire un peu de tourisme.

La veille on m'avait dit qu'ici il y avait des hippopotames, aussi je voulais les voir. Autre singularité, le fleuve Sénégal commence à BAFOUALE qui veut dire deux rivières en Bambara (la langue local). En fait le Sénégal nait de deux rivières : le Bakoye et le Baking. Je comprends ainsi mieux la carte car le Sénégal disparaissait.

Je visite BAFOUALE. Je suis un peu déçu car ça ressemble plus à un bidonville plutôt qu'une petite ville ou un village de cases. Je vais au bord du fleuve et dans ce qu'on appelle une marmitte (marmittes de géants), je vois mon premier serpent.

Je prends la pirogue pour visiter le fleuve Sénégal et ses deux géniteurs, le Bakoye et le Bafing. Des hippo, je n'en verrai qu'un mais c'est déjà ça. Actuellement, ils seraient plus loin. L'après-midi, je me repose car ici, il n'y a pas grand chose à faire.

Pour demain, on m'annonce une route goudronnée mais pas bitumée. Qu'est-ce ? Je verrai sur le terrain. Autre anecdote, ce midi, j'en suis de ma boîte de sardines avec pois chiches car comme c'est samedi, les rares restaurans sont fermés.

Date du Message :
16 12 2009 14:05:21
Latitude : 13°48'30,2" - Longitude : -010°-49'-52,6"
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DIAMOU / BAFOULABE
Vendredi 11 décembre 2009 76 km + 45 km (4 X 4) = 121 km cumul : 7 030 km
Dénivellé : 435 m

Après une courte nuit car le Muezzin n'a pas veillé lui, je déjeune à la frontale. A 8 h, je suis pret à partir car ce matin, j'ai eu peu trainé. J'enlève la béquille de la remorqu et je m'aperçois que la rue arrière du vélo est crevé. Je ne râle pas car c'est la première crevaison après 7 000 km et après la piste des deux jours précédents, j'aurais tord de me plaindre. Je répare la chambe et en profite pour changer le pneu qui commence à fatiguer. Je le garde quand même en secours car il pourra encore servir.

Finalement le départ à lieu à 9 h pour une étape que je crois de 80 km avec une route goudronnée, c'est faisable. Finalement je trouve du goudron de temps à autre, entre les trous et les parties de sable. Le paysage est absolument grandiose, montagnes aux alentours, marigots avec nénuphas et oiseaux. C'est je crois le plus beau paysage que j'ai vu depuis mon départ.

Au bout de 23 km, un toyota avec deux maliens, ils ralentissent pour me dire bonjour, assez classique. Ils font marche arrière, descendent de la voiture en me disant qu'ils allaient m'avancer d'une quarantaine de km. La route à cet endroit n'était pas trop mauvaise mais je n'ai pas le choix. Ils contrôlent pour le compte d'une société sénégalaise les travaux de construction de la rute BAFOULABE/DIAMOU par une entreprise mauritanienne. Les travaux en aval de DIAMOU étant faits par les chinois. Ils m'avancent finalement de 43 km et me déposent à la fin du chantier en m'annonçant qu'il me restait une trentaine de km. J'en suis déjà à plus de 80 (23+43+30=96 km). Je retrouve donc la piste, pas trop mauvaise pour l'instant. Cette piste traverse les villages de cases par le centre et je serpente dans les ruelles de chaque village en ayant droit aux toubabs, donne-moi un cadeau, bonjour ça va. Je me suis même attrapé avec un adulte qui voyant que je ne jsonnais rien m'a simplement dit qu'il fallat donner des cadeaux aux enfants. Je luis ai répondu qu'il était en train de faire de ses enfants des mendiants et que de toute manière, s'il avait fallu que je jporte des cadeaux, il m'aurait fallu trois remorques.

Chaque fois que je le peux, je me renseigne si je suis bien sur la piste de BAFOULABE car ce n'est pas toujours évident. Au bout de 15 km, il devrait m'en rester 15 et on m'annonce 40. Je prends mon mal en patience et on verra bien. Heureusement que les maliens m'ont chalé un peu en voiture car sinon je n'atteignais pas BAFOULABE. La piste est de plus en plus mauvaise et je commence à fatiguer sérieusement. A un intersection, la piste à droite et à gauche, laquelle prendre. Je plante mon vélo et la remorque et j'attends : personne en vue, je ne vais pas passer la nuit ici. Finalement je choisis celle qui me parait la plus évidente, heureusement c'était la bonne. Quand je disais que j'allais connaitre des galèlres en Afrique. Aujourd'hui j'en connais une vraie et croyais-moi j'en ai marre. Heureusement je suis dans des paysages somptueux et malgré tout j'aprécie. Je traverse de magnifiques villages de cases où l'on se sent au bout du monde. Il faut que je me pince pour me persuader que je ne rêve pas. Je suis bien au Lali, en pleine brousse et avec mon vélo.

La nuit commence à tomber et j'arrive enfin au bord du fleuve Sénégal et surprise, je dois prendre la bac pour aller à BAFOULABE. J'aurais donc fait 121 km dont 75 de vélo et de piste. Je vous avoue qu'après réflexion, je ne me croyais pas capable d'un tel exploit. Je mont dans le bac et l'on m'annonce qu'il est en panne de moteulr : partira, partira pas. Les piroguiers me sautent dessus mais je n'ai pas envie de mettre Tornado et la remorque dans leurs petites pirogues car en cas de chavirage, je suis beau. Finalement le bac partira car on attend le commandant de gendarmerie, le préfet, le sous-préfet et le président du conseil du cercle (un peu nos communautés de communes). Il fait nuit, je commence à me faire manger par les moustiques, aussi je m'habille et m'asperge de produit. Un batelier me dit de venir chez lui en attenant pour me réchauffer. Moi, je n'ai pas du tout froid, bien au contraire mais eux si. Finalement je mangerai le couscous malien, riz avec sauce cacahuètes.

Il est 22 h et le commandant s'annonce. Le bac traversera donc sans moteur, à la force des bateliers au bout de leur perche en bambou.

On m'avait signalé un campement pour passer la nuit. J'arrive donc à ce campement où on me montre une chambre. J'en ai vécu des aventures mais des chambres aussi dégueulasses, je crois que je n'en ai jamais vu. Finalement pour 3 000 F, je monte la tente et j'ai droit à un peu d'au pour me laver car je suit couvert de poussière.

Date du Message :
16 12 2009 12:39:51
Latitude : 14°05'02,2" - Longitude : -011°-15'-35,9"
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MOUSSA WAGUYA / DIAMOU
Jeudi 10 décembre 2009 332 km cumul : 6 909 km
Dénivellé : 125 m

Apein 5 h 30, à l'heure du Muezzin, je sens quelques gouttes à traver la tente. Comme je n'ai pas le double toit, je l'a met à l'abri et du coup je me lève. Ainsi, il n'est que 6 h 30 quand je suis pret à partir et j'arrends que Salif se lève pour lui dire au revoir. Il m'accompagne pour m'aider à reprendre la piste et me dit qu'après DIAMOU, la route est goudronnée. J'en profite pour lui donner 5 000 FCFA en remerciement.

Je pars donc content car plus qu'une trentaine de km de piste et je suis sorti de la galère. Galère, j'y suis encore aujourd'hui car j'ai plus de sable que la veille et j'effectue un bon tiers de mon parcurs à pieds en trainant la remorque.

De temps en temps, je retrouve le fleuve sénégal que je remonte, le paysage est magnifique mais j'en bave tellement que je n'ai pas le coeur à apprécier. Lorsque le sable disparait, j'ai droit à de gros cailloux. Une chos est sure, si j'avais su que la piste était dans cet état, j'aurais pris la route classique.

Sur une portion en latérite, je longe la voie ferrée. Le DAKAR BAMAKO me double dans un brouhaha et donne au paysage une impression bizarre. A l'entrée de DIAMOU, la latérite disparait et j'ai de nouveau droit au sable. J'arrive donc à DIAMOU complètement exténué. Ne voyant pas grand chos dans ce village que je croyais plus grand, je décide à contre-coeur de continuer. Je fais le plein d'eau chaude car ici, pas de coca bien frais. A la sortie du village, je vois un jpanneau hôtel-restaurant. Je m'arrête mais l'établissement est fermé et je négocie de monter ma tente dans l'enceinte de l'hôel et un peu d'eau pour me laver.

Miracle, ils ont de la bière bien fraîche. Ils m'invite à partager leur plat de riz avec unes sauce à l'oignon, à la main bien sûr. Toute l'après-midi sera le rendez-vous des jeunes venant boire leur bière et chacune y allant de sa tournée. Je vous garanti que je ne manque pas de liquide. Je fais la connaissance d'un garçon très intelligent, bien au courant de l'actualité mondiale. Mohamed TRAORE est agent de sécurité à la mine d'or de Sadiola. Comme beaucoup d'africains, il ne porte pas trop Sarkozy dans son coeur, le fameux discours de DAKAR a décidément fait de ravages.

Au menu du soir, ce sera des vermicelles avec un bouillon maggi et couché dès que la nuit tombe car entre les bières et la fatigue de la matinée, je suis cuit. Pendant que j'essayai de m'endormir, j'au eu droit à la veillée au feu de bois et le bruit qui va avec. A 23 h, je me suis levé pour leur demander de baisser le ton et c'est une heure plus tard, après avoir ralé un peu plus fort que tout le monde est allé se coucher.

Date du Message :
16 12 2009 12:21:50
Latitude : 14°19'53,1" - Longitude : -011°-17'-36,8"
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KAYES / MOUSSA WAGUYA
COUPURE DE COURANT JE RECOMMENCE

Mercrdi 09 décembre 2009 27 km cumul : 6 877 km
Dénivellé : 135 m

J'avais commandé le pdj à 6 h 30 mais à 7 h encore personne. Ce n'est pas grâve car aujourd'hui, je jprends la piste et j'ai décidé de trainer. Je quitte donc KAYES et sa poussière pour retrouver celles des pistes moins dérangeantes à mon goût.

La piste parfaite selon certains est pour moi une piste pas terrible car chargé et avec la remorque, ce n'est pas pareil. Ma moyenne chute d'une manière vertigineuse aux maxi, je roule à 15, le plus souvent à 10/12.

J'arrive à MEDINE et m'arrête au fort de MEDINE construit à l'époque coloniale. De suite, un guide m'agresse et voyant que je ne veux pas prendre ses services pour visiter ce fort en ruine, il m'interdit de prendre des photos. Je n'insiste pas mais lui signifie tout de même qu'il fait très mal son travail. Je quitte donc MEDINE immédiatement en étant interpellé à coup de toubab, donne-moi un cadeau. Décidément, le tourisme a sévi ici.

Je retouve le fleuve Sénégal dans des petites gorges magnifiques sur une piste parfois en latérite. J'arrive ainsi aux chutes de Félou et là aussi un guide pour me faire visiter le site. J'aurais pu faire sans lui mais comme il s'en est pris autrement, il faut bien qu'il travaille.

Je continue la piste qui, de cailloux devient sable et là, c'est une autre paire de manche. Parout, des champs d'arachies. Je crois un charreton de mil (c'est la première fois que j'en vois) et ensuite je peux repérer les champs de mil. Le sable ralentit considérablement ma progression et je dois rouler à 4 ou 5 à l'heure. Tantôt je me tanque dans le sable, tantôt j'utilise des petites déviations utilisées par les autochtones en vélo.

L'un d'eux me suit patiemment en me disant bonjour, je m'arrête pour qu'il me double et j'en profite pour prendre sa roue et les déviations qu'il connait bien. Nous faisons connaissance et engageant la conversation. Il s'agit de Salif SISSOKO du village de MOUSSA WAGUYA. Nous parlons de la culture de l'arachides et me demand si j'en veux. Je le suis donc et comme il me demande gentiment si je veux me reposer dans son village. Il n'est que midi, je n'ai fait que 27 km mais à quoi bon bouffer du km, le but n'est-il pas de rencontrer les gens.

Je décide donc de m'arrêter chez Salif. Il habite au coueur du village dans un jpetit enclos de plusieurs cases et vit avec sa femme et ses 4 enfants et son frère ainé, ses deux femmes et ses enfants. On m'installe devant une case et j'ai droit à des arachides décortiquées. Ensuite Salif va me chercher des plants d'arachides avec les arachides au bout que nous mangeons en guise d'apéro. Arrive ensuite un plat de mil avec une sauce à base d'arachides que nous mangeonsen commun et avec la main droite. Pendant que Salif va faire sa prière, je fais une petite sieste. La prière terminée nous allons faire un tour de village pour me présenter au chef. Le chef est absent, nous allons discuter avec les jeunes du village qui font un brin sous le mirador. C'est l'expression qui désigne la discussion dans la case à palabres.

Salif a encore un peu de travail dans les champs, j'en profite donc pour racourcir ma chaine qui décidément s'use prématurément (certainement le sable). Nous allons ensuite visiter son jardin qui quoiqu'au bord de Sénégal manque d'au car il faut arroser à la main. Son copain qu'il appelle le bailleulr de fonds (il a vécu 4 ans en Arabie Saoudite) a une moto-pompe et son jardin, c'est vraiment autre chose. Salif est obligé d'aller faire des gaches de maçon à kayes pour nourrire sa famille avec son frère. S'ils avaient une moto-pompe et en agrandissant son jardin, cela pourrait suffire pour nourir sa famille. Je me prends l'engagement d'acheter une moto-pompe à Salif quand je rentrerai en France. Une moto-pompe vaut à peine 800 € et 16 donnateurs à 50 €, ce n'est rien et resourait bien des problèmes à deux familles.

Après une brève toilette, nous mangeons avec Sallif du manioc cru donné par son ami le bailleur de fonds, un couscous malien à base de riz pilé par les femmes l'après-midi, avec une sauce et des épices bien particulières et du poisson séché. Comme ici, c'est l'hiver, la veillée se passe autour d'un grand feu de bois autour duquel les dames discutent en écossant les arachides. Nous discutons pas mal et Salif part faire sa dernière prière. Comme il ne revient plus, je décide d'aller me coucher. Je suis rappelé par son épouse car il y a encore le poulet à manger. Pendant que nous mangions le couscous, ils ont tué un poulet en mon honneur. Bien que je n'ai plus faim, je mange du poulet accompagné de manioc cuit. Sallif revient heureusement et il m'aide à finir le plat. Je vais me coucher sous la tente.

Avant de m'endormir, je pense à ces gens qui ont à peine de quoi subsister et qui tue un poulet pour l'étranger que je suis. Quel signe d'hospitalité ! En sommes-nous capable en France.

Date du Message :
16 12 2009 11:21:05
Latitude : - Longitude :
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KAYES (REPOS ET REFLEXION)
Mardi 08 décembre 2008

Ca y est, c'est décidé, je passe par DIAMOU, BAFOULABE et KITA. La route, plus courte a l'air plus pittoresque. Tous les maliens à qui j'en ai parlé m'ont dit de passer par là. ac, aucune hésitation et même si c'est de la piste, je suis en Afrique et c'est prévu.

Ce matin en allant au cyber, je vois passé un camping-car immatriculé 42, je reconnais un peu tard mes amis Joss et Xavier. J'interpelle une mobylette qui me les arrête. Ce sont des gens que j'ai rencontré à la frontière Maroc/Mauritanie, revus à CHINGUETTI, à NOUACKCHOTT et qu'un français qui les avait rencontré m'en avait parlé. Nous discutons cinq minutes et nous risquons de nous revoir car ils prennent la même route que moi.

Après la mise à jour du site, je retourne à l'hôtel, je croise une grosse dame paumée, toute nue, se promenant dans la rue. Je suis assez choqué mais personne n'y prète attention. Je crois que c'est ça aussi l'Afrique. L'autre jour, j'avais vue une espèce de clochard habillé avec une robe de femme. Encore quelques jours et plus rien ne m'étonnera.

Autre étonnement, j'assiste à une partie de pétanque entre malien. L'un d'eux m'a dit avoir joué contre un marocain champion du monde. Je prends difficilement une photo car nous sommes devant une caserne de gendarmerie.

Avant de me coucher, je regarde la télé dans le salon de l'hôtel et les gens regardent la coupe d'Europe. J'ai ainsi pu voir en direct l'élimination de l'O.M. contre le Réal de Madrid.


Date du Message :
08 12 2009 14:03:01
Latitude : 14 °26'01,0" - Longitude : -011°-25'-43,4"
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KOULOUMBO / KAYES
Lundi 7 décembre 2009 71 km cumul : 6 850 km
Dénivellé : 145 m

Grâce aux coqs et un petit déjeuner frugal, je suis à pied d'oeuvre à 6 h 30. Je passe devant la case de Tiémogo pour lui dire au revoir et il m'aide à remonter sur la route.

Je commence à pédaler, le jour se lève à peine, c'est entre chiens et loups, il fait frais et c'est l'idéal pour commencer ma journée. cela ne va pas durer car le vent se lève et va souffler de plus en plus fort si bien que j'arrive à KAYES complètement épuisé malgré 70 km à peine.

J'entre dans KAYES et je retrouve mes camions de la veille qui attendent pour passer le scanner (pour les containers). Ici, ce n'est que poussière qui m'attend, aidée par le vent. Les conducteurs des nombreuses mobylettes ont tous un masque sur la figure et je comprends pourquoi. Je profite de mon après-midi pour confirmer mon visa à la police et changer la puce de mon téléphone.

J'hésite sur la route à prendre. J'ai le choix entre la route classique ou remonter le fleuve Sénégal par une piste. Ce matin, des français m'avaient fortement déconseillé la piste, ils ont eu du mal à passer en 4 X 4 et ce soir, un malien me la conseille. Je ne sais pas quoi faire, aussi je décide de rester un journée de plus à KAYES, d'autant que ce soir, j'ai encore mal aux jambes.

Date du Message :
08 12 2009 13:50:18
Latitude : 14°31'31,2" - Longitude : -012°-02'-33,9"
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GOUDIRY / KOULOUMBO
Dimanche 6 décembre 2009 87 km cumul : 6 779 km
Dénivellé : 170 m

Après une excellente nuit, 21 h à 6 h (pas mal), départ autour de 8 h en direction de KIDIRA à la frontière malienne. La forêt disparait peu à peu pour refaire place à la savane et les forêts de baobabs.

Je suis surpris par deux fois par des perdreaux que je ne pensais pas voir en Afrique de l'Ouest.J'ai également droit à quelques perroquets et des espèces d'écureuil à large queue rouge et blanche. Je n'en suis pas encore aux grands animaux africains mais ça viendra.

Le route n'est pas évidente, d'énormes trous et des déviations de piste en latérite me font avaler pas mal de poussière. Les accacias à grosses épines lèchent le bord de la route. Il ne faut pas trop serrer à droite au risque de m'aveugler. Une fort vent de face ralenti ma progression. Depuis mon départ de DAKAR, j'ai du vent de face mais depuis TAMBACOUNDA il se fait de plus en plus fort et de plus en plus tôt. Il fait très chaud et je languis d'arriver à la frontière où j'aviserai car j'ai bien l'intention de rester à KIDIRA. Finalement, les circonstances en décideront autrement.

KIDIRA n'est qu'une suite de camions et les échoppes des mécaniciens. En suivant le flot des camions, je me retrouve à traverser le Falémé, affluent du Sénégal qui fait frontière avec le Mali. J'ai ainsi passé la frontière sénégalaise sans m'en rendre compte et je suis en territoire malien. Sous le pont de la rivière, c'est le grand spectacle de la lessive, des centaines de gens font la lessive et se baignent, le linge est étendu sur les berges. C'est un spectacle magnifique, inhabituel pour moi.

Je me retrouve entre deux rangées de camions pendant plusieurs kilomètres, je redouble ainsi tous les camions qui m'ont doublé hier et ce matin.J'en reconnais certains et d'autres me reconnaissent et rien en me voyant les redoubler. J'arrive enfin au contrôle de la frontière et en moins de cinq minutes, l'affaire est bouclée : visa obtenu pour 15 000 francs CFA (23 €) pour un mois à faire confirmer dans un poste de police.

Me voila sans m'en rendre compte au Mali. Je mange un plat de riz aux oignons dans une gargotte. Je pensais planter la tente dans le secteur mais ce n'est pas terrible et assez pourri, je reprends donc la route. J'ai un peu d'eau, des vaches qui rit, quelques gateaux secs. Si je ne trouve rien, je planterai la tente au milieu des baobabs qui sont immenses et très nombreux dans le secteur.

Finalement, j'arrive à hauteur du village de KOULOUMBO. Du haut de la route je demande à un jeune parlant français si je peux m'installer et voir le chef du village. Il me répond qu'il n'y a pas de problèmes, ainsi je descend tant bien que mal car il n'y a pas d'accès facile pour accéder au village.

J'en prends plein les yeux au coeur de ce village de cases, au milieu des poulets qui courent de partout. Tiémogo me présente le chef du village qui me dit de m'installer où je veux. J'installe la tente sous les yeux ébahis des jeunes du village. Tiémogo me sert de guide et me fait visiter le village. J'ai l'autorisation de prendre toutes les photos que je veux et je ne m'en prive pas. Je visite l'intérieure des cases et la cour où ils s'affairent. En me voyant, un gamin se met à pleurer, il n'avait jamais vu de blancs, il a peur. Un gars me fait entrer dans sa case et me montre ses masques et habits de cérémonie. En fait, c'est le féticheur du village qui s'habille pour la circonstance afin que je le prenne en photo. Il est plein de grigris et autres porte-bonheur. En sortant de sa case dont l'ouverture est très basse, je me cogne la tête qui se met à saigner. Il court chercher une poudre noire qu'il sort d'une corne et me la passe sur la tête. Tiémogo me présent le marabout en train d'écrire, d'une plume sur, des versets du Coran sur une ardoise en bois. J'ai droit au sage du village, à la toilette des enfants, à la tété. Je ne peux pas tout décrire, tellement le spectacle est à mes yeux hallucinants et je ne vois que leur quotidien. Tiémogo, dans la brousse fabrique du charbon de bois et c'est je crois l'activité principale du village. D'ailleurs, dans les alentours, ce n'est que brulis.

Il fait nuit, je rentre dans ma tente et attends un peu pour manger. Depuis mon départ de DAKAR , je longe la voie ferré DAKAR /BAMAKO, train assez spécial dont j'ai déjà vu trois wagons renversés sur la voie. tout ça pour vous dire que KOULOUMBO est traversée par la voie ferrée et que ce village dispose de la première gare du Mali (Tiémogo en est très fier). Cette gare, aujourd'hui inutilisée sert d'habitation au chef du village. Pendant que je me reposais, je voyais un TV allumée de l'autre côté de la voie. C'est la Télé du chef du village qui fonctionne quelques heures au moyen d'une batterie (il n'y a pas d'électricité ici) et le soir, une partie du village se réunit pour regarder la télé. Je vais donc voir ce qui s'y passe et je suis invité à m'installer sur des morceaux de bois. Le chef et son épouse m propose du riz avec une sauce à base d'arachides. Je regarde donc la télé au bord de la voie ferrée quand un train passe tout près de nous. Je prends congé de mes hôtes pour aller dormir. Je serai réveillé deux fois dans la nuit par le train. Cette fois-ci, ce n'est pas le muezzin qui me réveillera mais les coqs du village qui attaquent vers 4 h 30

Date du Message :
08 12 2009 13:08:33
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TAMBACOUNDA / GOUDIRY
Suite de la journée du 5 décembre 2009
j'avais peur de problème

Plus haut, je parlais de petits talibé, cela mérite quelques explications. Dans la rue, déjà en Mauritanie, et surtout au Sénégal, des gamins avec une boîte de conserve ou une sébille en plastique mendient sans arrêt, de l'argent ou de la nourriture qu'ils mettent dans leur boîte. Ces gamins ne sont surtout pas effrontés, si vous ne leur donnez rien, ils n'insistent pas. Ils ont souvent un air triste. Ce sont des petits que leurs mamans ne peuvent pas élever et qui sont confiés à un marabout (homme saint chez les musulmans). Ce marabout leur apprend le coran par coeur au moyen d'ardoises en bois, ils les logent et les nourrissent. En contre-partie, ces petits doivent mendier dans la rue et tout rapporter au marabout. Je pense que certains marabouts font leur devoir correctement mais beaucoup d'ente eux doivent profiter de ces gamins et les maltraiter. C'est un mal profond au Sénégal où les petits talibés sont nombreux et me mettent souvent mal à l'aise. Si vous leur donnez quelque chose, ne leur donnez jamais de l'argent. Donnez leur plutôt à manger et vérifier qu'il mangent de suite ou des vêtements pour eux. C'est l'explication que j'en ai. Si mon expliction est erronée ou si vous avez des précisions à apporter, le forume du site est fait pour ça. Je compte sur vous.

Je pense à une chose, Talibé est peut-être un dérivé de taliban......

Date du Message :
08 12 2009 12:58:25
Latitude : 14°11'31,2" - Longitude : -012°-42'-46,6"
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TAMBACOUNDA / GOUDIRY
Samedi 5 décembre 2009 120 km cumul : 6 692 km
Dénivellé : 250 m

Bien requinqué par ma journée de repos, je démarre ma journée à 7 h. Il faut dire que j'avance maintenant plein est et le jour se lève plus tôt : le muezzin aussi d'ailleurs.

Je quitte TAMBACOUNDA par la route du Mali en passant dans les quartiers défavorisés (bidonvilles) si toutefois, les autres sont favorisés.

La journée sera assez quelconque avec la traversée de nombreuses forêts qui se ressemblent toutes. A l'exception de la forêt de Bala qui est plus luxuriante que les autres avec des sujets plus gros. Cette forêt me parait impénétrable avec beaucoup d'herbes sèches et hautes. En de nombreux endroits, cette herbe est brulée. J'ai même droit à un feu car ici on pratique l'écobuage. Je suis assez étonné car toute cette herbe qui brûle n'atteint pas les arbres. On ne pourrait pas en faire autant chez nous en Provence.

Le journée est assez monotone, d'autant que je traverse très peu de villages. J'arrive à Bala (65 km) avec l'intention de peut-être m'arrêter car le prochain est à plus de 50 km Je m'arrête pour me renseigner et c'est de suite l'attroupement. Beaucoup de petit talibés qui restent sages et des adultes qui me réclament des cadeaux m'entourent. J'essaye d'expliquer à quelqu'un qui parle un peu le français que je ne peux pas donner 50 cadeaux et qu'il me faudrait 3 remorques. Il me répond simplement :"Tu n'as qu'à donner qu'à moi.", bel exemple de solidarité.

Finalement, je fais mes courses pour midi et décide de filer jusqu'à GOUDIRY, ainsi demain je pourrai passer la frontière en début d'après-midi.

J'arrive vers 16 h 30 à GOUDIRY et je demande s'il y a un hôtel davant le centre de santé et c'est le gérant du seul hôtel qui me répond et m'accompagen en vélo à son hôtel. Dans ce centre, il y avait beaucoup de monde et je demande ce qui ce passe. C'est la journée de consultations gratuites. Les gens viennent de toute la région pour un dépistage du sida, du diabète ou un contrôle des yeux. En arrivant à l'hôtel de nombreuses dames en boubou rouge, vert ou bleu. Ce sont les responsables des délégations et la couleur du boubou dépend de l'âge. Une dame agée, en boubou leu et parlant parfaitement le français m'explique tout ça. Elles préparent le diner en commun où elles m'invitent mais je dois décliner car j'avais déjà réservé le repas du soir. Des jeunes filles arrivent avec des tee-shirts marqué : caravane de dépistage du sida. J'en profite donc pour parler de mes kilomètres vendus au profit des opérations de la cataracte.

Date du Message :
04 12 2009 18:56:14
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JOUR DE REPOS
Vendredi 4 décembre 2009


En accord avec Bengali, vers 9 h, je prends mon vélo et ma remorque pour visiter son école.

En attendant que Bengali arrive, je regarde étonné l'activité dans l'enceinte de l'école : match de foot auto-arbitré, concours de saut en longueur et course de vitesse. Des installations sportives peut-être sommaires pour un européen mais étonnant ici en Afrique, le tout avec l'aide des gens de REILLANE. Quand je pense qu'en France, l'activité sportive n'est pas pratiquée dans toutes les écoles.

Ensuite Bengali me fait visiter toutes les classes, bien entendu surchargées (50 à 80 élèves) mais avec des enfants très sages et disciplinés qui me souhaitent la bienvenue en choeur. Après l'explication de mon voyage, les enfants applaudissent spontanément.

J'ai passé un grand moment dans cette école et je ne regrette pas ma journée de repos. J'en remercie encore François et Pierre que je ne connais mais que je rencontrerai dès mon retour en France.

Le reste de la journée se passe normalement, repos, lessive, internet....


Date du Message :
04 12 2009 18:49:28
Latitude : 13°45'55,5" - Longitude : -013°-40'-07,8"
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IDA / TAMBACOUNDA
Jeudi 3 décembre 2009 118 km cumul : 6 572 km
Dénivellé : 210 m

Après une nuit moyenne, beaucoup de camions et oiseaux bizarres, je suis réveillé une fois de plus par le muezzin et départ pour 7 h 30 après un petit déjeuner à la frontale.

En passant devant les villages, les villageois palabrent devant un feu de bois, emitouflés dans des vêtements, ils ont l'air d'avoir très froid, alors que je suis en cuissards et maillot de vélo (je n'ai pas très chaud il est vrai).

Je m'arrête pour pique-niquer mais contrairement à l'épisode marocain ou mauritanien, je trouve un coin à l'ombre. Un berger apparait en haillons avec ce que je crois un gourdin à la main. En fait, c'est une hache très rudimentaire et de suite je pense aux tronçonneuses de chez nous, quelle distance. Je lui demande l'autorisation de la prendre en photo, ce qu'il accepte gentiment, le tout par geste car il ne comprend pas le français. Je ne sais quoi lui donner pour le remercier et comme j'avais deux bouteilles plastiques sur le porte-bagage, il repart ravi avec. Nous ne sommes vraiment pas dans le même monde.

Je repars sous la chaleur au milieu des forêts et cela devient assez monotone. J'arrive enfin à TAMBACOUNDA (j'adore ce nom, je trouve qu'il sonne bien l'Afrique). Je téléphone à Bengali, un contact de Françoise et Pierre dont je vous ai déjà parlé, il me même dans un hôtel sympa avec Wifi où je décide de me reposer le lendemain avant de me rendre au Mali : la frontière est à un jour et demi de vélo.

Le soir, Bengali me rejoint et nous discutons des problèmes de son pays. Il est bien conscient qu'il n'y a pas beaucoup de solutions pour sortir son pays de la misère dans laquelle il s'enfonce. En particulier, cette région où il n'y a pas beaucoup de travail et où les gens ont du mal à se nourrir. Il me parle beaucoup de son école et des conditions de travail et le manque de reconnaissance des instituteurs. Il a repris ses études et pense quitter l'enseignement pour s'occuper de développement local et durable, il y a tant de choses à faire ici. Il est également reconnaissant avec l'association de Françoise et Pierre car ils sont bien aidés par la section de REILLANE.

Date du Message :
04 12 2009 18:33:52
Latitude : 13°59'46,7" - Longitude : -014°-40'-43,2"
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KAFFRINE / IDA
Mercredi 2 décembre 2009 102 km cumul : 6 454 km
Dénivellé : 180 m

J'avais commandé le petit déjeuner à 7 h, à 7 h je suis fin pret mais pas de petit déjeuner. Dois-je en vouloir au gentil Isamaïla ? Finalement je démarre à 8 h comme prévu pour KOUNGHEUL (82 km).

La route demarre comme hier, déviation par une piste bosselée. Petit malin que je suis, au bout de deux km, je prends l'ancienne route, tantôt encore goudronnée, tantôt en latérite lisse. Je suis tout seul sur cette route en évitant quelques cailloux mis pour dissuader les camions et voitures. Des ouvriers s'affairent tout au long et me sourient, personne ne râle. Ensuite, je me retrouve seul sur un tapis comme la veille, je suis le roi du pétrôle. Quand je retrouve la circulation normale, celle-ci n'est pas trop dense car cette route mène dans une région pas très touristique.

Je passe de village de cases en village de cases. Après le bon repos de la veille, les jambes tournent bien et je suis hyper content. Physiquement je suis bien, du coup le moral aussi.

Du bord de la route, je vois des gens s'affairer dans les champs. Je gare Tornado et curieux, je vais voir ce qu'elles font. C'est la récolte des arachides. Avec des cuvettes en fer au dessus de leur tête, elles font voler les plantes et ne reste au fond de la cuvette que les cacahuètes. Je prends des photos de gestes quotidiens pour les sénégalais mais tellement exotiques pour nous.

Je continue ma route et me régale des paysages et de l'activité des gens. Je m'arrête dans un petit village pour acheter des bananes et c'est de suite l'effervescence autour de mon attelage. Un sénégalais expatrié se propose de m'accueillir chez lui à LIBREVILLE (CONGo) que je dois décliner pour la simple raison que je n'y passe pas.

J'arrive enfin à KOUNGHEUL, dernière ville avant TAMBACOUNDA, terme présumé de ma journée. KOUNGHEUL est en plein chantier, ils refont la route et c'est sur une piste en latérite que je traverse cette petite ville. Je m'arrête tous les 100 mètres pour discuter, si c'est assez agréable, c'est assez pesant. Je m'arrête dans un hôtel, je le trouve un peu cher mais je n'ai que très peu de francs CFA et ils ne prennent pas les euros. Dans un autre, idem, aussi je décide de reprendre la route et de bivouaquer dans la campagne.

Je fais mes courses afin d'être indépendant et quitter KOUNGHEUL et retrouve l'asphalte. A IDA, villages de cases entourés de baobabs, je décide de m'arrêter. J'essaye de négocier un coin pour passer la nuit mais personne ne comprend le français. Un jeune homm, s'avérant être le fils du chef du village et parlant français, arrive et me dépatouille. Je planterai ma tente sous un baobab et je ne serai pas importuner par les gamins, les consignes ont été données.

La tente montée et c'est le défilé. Par petit groupe, les gens viennent discuter et regarder mon matériel de voyage. Le français est très peu parlé et compris. J'apprends que les gamins du village ne vont pas à l'école, il est préférable de garder les vaches ou s'affairer dans les champs d'arachides. De toute manière, aller à l'école pour ne pas avoir de travail par la suite, à quoi bon !

Enfin seul, je peux enfin manger, une boite de sardines, de la Vache Qui Rit et des bananes. Je me couche donc sous mon baobab. Ca me fait tout drôle de dormir sous le baobab qui est un arbre sacré en Afrique et qui pour moi incarne bien l'Afrique. D'ailleurs toute la nuit, j'entendrai des bruits bizarres : petites branches qui tombent et cris d'oiseaux que je ne connais pas.

Date du Message :
01 12 2009 18:25:40
Latitude : 14°06'11,8" - Longitude : -015°-32'-23,7"
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KAOLACK / KAFFRINE
Mardi 01 décembre 2009 68 km cumul : 6 352 km
dénivellé : 90 m

Aprés un petit repas servi par Elisabeth (et oui, il y a des catholiques au Sénégal), un peu de skype avec Laurence et dodo. Je suis réveillé à 4 h 30 par le Muezzin qui n'en finit pas de lanciner jusqu'à 7 h. Je ne sais pas comment ils font ici mais dès qu'il se met en route, tu ne peux plus dormir. Départ à 8 h., c'est parfait car je n'ai pas l'intention de faire une grosse journée.

Je traverse KAOLCACK au milieu d'une cohue de camions et de taxis. Une déviation me fait traverser les quartiers de KAOLACK par une piste sablonneuse que Tornado n'aprécie pas trop.

Cette piste continue pendant 20 km car la route de TAMBACOUNDA est en pleine réfexion. J'en profite donc pour gouter la latérite, un avant goût de ce qui m'attend par la suite. Je me rends compte d'une chose, ma moyenne va considérablement baisser maintenant. J'avance à 10 km/h en avalant un maximum de poussière.

Je suis véritablement dans le Sénégal profond car je ne vois plus de maisons en dur, je ne traverse que des villages de cases. En traversant ces villages avec Tornado et sa remorque, j'ai vraiment l'impression d'être un extra-terrestre. Tout le monde me regarde d'un air ahuri et tous les gamins arrivent en courant en criant :"toubab, toubab". C'est assez désagréable mais il me faut faire avec.

Aprés la piste, j'ai droit à une magnifique route revétue d'un super tapis comme on en voit peu en France. Le paysage est assez monotone, toujours la savane et je languis d'arriver à KAFFRINE. Heureusement, le ciel est couvert et je n'ai pas trop chaud. Je n'ai pas la grande forme, je me sens fatigué et une demi-journée de récupération me fera du bien.

J'arrive enfin à KAFFRINE où je suis accueilli par Diop qui m'a doublé en camion. Il est étonné par mon attelage et plein d'admiration. Il fait tellement de gestes qu'un attroupement se forme autour de moi.Il me donne son numéro de portable et veut que je l'appelle en arrivant à TAMBACOUNDA car il veut faire une grande fête à mon arrivée. Je prends son numéro et je verrai bien.

A ma grande surprise, je trouve un hôtel à KAFFRINE, un petit coin de paix et je vais pouvoir me reposer après un bon repas. Ce sera un repas typiquement sénégalais : du mafé, de la viande avec une sauce à l'arachide avec du riz, c'était délicieux.

J'arrête ma prose car il faut que je tape 4 fois sur la même touche et c'est très pénible.......C'est l'Afrique !!!!!

Date du Message :
01 12 2009 00:17:39
Latitude : 14°09'21,3" - Longitude : -016°-06'-28,5"
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LA SOMONE / KAOLACK
Lundi 30 novembre 2009 128 km cumul : 6 284 km
Dénivelle : 125 m

Je passe un bonne nuit sans moustiques, heureusement car je n'avais pas de moustiquaire. Je démarre à 8 h. avec l'intention d'aller jusque KAOLACK mais je suis septique car j'ai enore les 80 km de la veille dans les jambes. Le ciel est couvert et j'ai même peur d'avoir de la pluie.

Je traverse SALY, la station à la mode au Sénégal et j'ai le sentiment d'être plus sur la côte d'Azur qu'au Sénégal : 4 X 4, quads, buggy sont légions. Je languis de m'enfoncer à l'intérieur du Sénégal et découvrir la véritable Afrique. Je m'arrête à SALY PORTUGAL pour tirer de l'argent. J'en profite pour tailler une bavette avec le phamacien du coin. S'il est content d'avoir des touristes, il regrette fortement ce tourisme sexuel qui a l'air de sévir ici.

J'arrive à M'BOUR , je quitte ainsi ce tourisme balnéaire qui n'est pas fait pour moiet retrouve la savane avec ses herbes piquantes, ses baobabs et ses accacias. Je traverse régulièrement des petits villages faits de cases en paille : 5 à 6 cases entourées d'une palissage pour se protéger et parfois une maison en dur.

Petit à petit, la savane fait place à la mangrove avec ses petites étendues d'eau stagnantes visitées par de nombreux oiseaux. J'approche, il est vrai du delta du Siné-Saloum, connu pour sa faune avicole. Parfois, des marigots avec des nénuphars en fleurs et au milieu une famille de cochons qui pataugent, étonnant dans ce pays à 90 % musulman.

J'arrive assez fatigué à FATICK avec l'intention de m'arrêter. Je trouve un campement à 8 500 FCFA (13 €) qui fera l'affaire et cherche un restaurant pour déjeuner. Peine perdue, c'est le troisième jour de la Tabaski et tout est fermé. Je me contente d'un morceau de pain avec une espèce de pâté au poulet pas terrible et décide de filer jusque KAOLACK. J'ai déjà parlé de l'aspect phychologique du vélo car cette deuxième partie, malgré la fatigue, me parait moins pénible. A l'entrée de KAOLACK, je tombe sur un hôtel conseillé par le guide "Lonely Planet" qui de plu à la Wifi, je m'y arrête donc après 130 km, de nouveau une belle journée. Demain, je ais essayer de faire une petite journée car à ce rythme, je serai en Afrique du Sud pour la coupe du monde.

Date du Message :
30 11 2009 23:08:47
Latitude : - Longitude :
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Erreur : suite

Abdou est un garçon très gentil qui s'occupe du centre de santé du village avec l'aide de l'association de Françoise et Pierre. Il m'invite à manger et je déguste un succulent plat de viande aux oignons et aux vermicelles avec ses frères. Les femmes et les enfants mangent dehors. A la fin du repas, tout en regardant la finale de la coupe de l'Afrique de l'Ouest, j'ai droit au thé sénégalais.

Ensuite, Abdou m'amène a un petit hôtel où je peux me doucher et me reposer.

A LA SOMONE, un étrange sentiment m'envahit. LA SOMONE est une petite station balnéaire qui sent un peu le fric, envahie par des toubabs (blancs), dans des superbes maisons, voitures et quads. Pourquoi, faut-il que ce soit des gens comme Françoise et Pierre qui payent de leur personne pour aider les sénégalais, alors que les toubabs exploitent ces sénégalais. J'arrête là mon discours mais je pose la question.

Pendant le repas, Mohamed, mon autre contact vient me saluer. Nous discutons un petit quart d'heure et il en profite pour donner le bonjour à Françoise et Pierre : voilà c'est chose faite.


Date du Message :
30 11 2009 22:59:14
Latitude : 14°29'13,0" - Longitude : -017°-04'-41,0"
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ILE N'GOR / LA SOMONE
Dimanche 29 novembre 2009 82 km Cumul : 6 156 km
Dénivellé : 550 m

Voila, tout à une fin, la plage, les cocotiers, c'est fini, il faut retourner au turbin.

J'avais prévu de ne partir que lundi mais finalement, Laurence étant partie cette nuit, je préfère partir de suite. Le verrou de RUFISQUE m'a suffi à l'aller. Depuis, nous y sommes passés deux fois en voiture et c'est toujours la même chanson : embouteillage monstre à chaque fois. Comme c'est dimanchee et de plus celui de la Tabaski (fête religieuse importante), DAKAR est vide et je n'aurai pas de problèmes.

La séparation a été difficile même si je jouais les durs devant Laurence. J'étais pris par un étrange sentiment. La tristesse de quitter Laurence et la joie de retrouver Tornado retapé à neuf : nouvelle chaine et nouveaux patins de frein. Je n'ai pas pu, faute de clé adéquat changer les pédales. J'avais donné rendez-vous au bateau à 8 h. et bien sûr il a fallu retéléphoner et réveiller le pilote, c'est bien l'Afrique.

Je ne suis pas inquiet outre mesure car je prévois une petite étape pour la reprise, d'autant que je dois livrer un colis de la part de Françoise et Pierre ROSA à Abdou le pharmacien de LA SOMONE. Françoise et Pierre sont un couple de LA JAVIE qui s'occupe d'une association humanitaire. Ils avaient confié un colis à Laurence lorsqu'elle a joué dans leur village, encore une fois, le monde est petit.

Le départ a donc lieu à 9 h., c'est parfait. Je quitte DAKAR comme une lettre à la poste. La fête de la Tabaski joue bien son rôle de tire-bouchons. Je n'échappe pas aux gaz d'échappement des cars mal réglés mais pas d'embouteillage, la circulation est fluide.

Je n'ai pas la grosse forme à cause de mon arrêt de 15 jours mais il faut que je patiente. Je suis beaucoup plus chargé, d'autant que je trimballe le colis pour Abdou mais ce n'est que pour la journée.

Je travers de nombreux villages avec une ambiance très particulière. Déjà, plus de moutons de la Tabaski et les sénégalais sont sapés comme des milords. Il est de tradition pour la Tabaski de s'acheter un boubou tout neuf et d'en offrir un à son épouse. Les boubous, sont tous plus magnifiques les uns que les autres avec des couleurs très vives. Malheureusement je ne peux, par respect pour les ngens prendre des photos, c'est bien dommage.

Je traverse la savane africaine, des forêts d'accacias succèdent aux forêts de baobabs. A hauteur de la réserve de Bandia, j'ai même droit à des singes sur un grillage qui me regardent passer. Il fait très chaud et heureusement que je ne route que jusqu'à 14 h., là aussi, il faut que je me réhabitue.

J'arrive enfin à LA SOMONE assez fatigué. La pharmacie d'Abdou est fermée, je lui téléphone et il envoie son frère me chercher. Il habite dans une grande maison avec sa femme et ses enfants,ses frères et ses neveux comme il est de tradition au Sénégal. De plus, comme c'est la fête de la Tabaski, il y a également ses soeurs et toute la famille. Abdou est un garçon très gentil qui s'occupe du centre de santé du village

Date du Message :
19 11 2009 09:25:57
Latitude : 14°45'20,7" - Longitude : -017°-30'-56,7"
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TIVAOUANE / ILE N'GOR DAKAR
Samedi 14 novembre 2009 96 KM cumul : 6 074 km
Dénivellé : 200 m

DAKAR est maintenant tout proche. Pour moi c'est inespéré car je n'y croyais pas trop à NOUAKCHOTT, même si j'en accepté l'idée, arriver ici sur mon vélo ,est pour moi une grande satisfaction. J'ai le sentiment d'avoir réussi la première étape de mon périple. Je suis tout excité à l'idée de retrouver Laurence. Elle atterrit à 23 h et avec Christiane, la présidente de l'association LAUNATHO chez qui nous allons sur l'île de N'GOR, nous avons décidé de lui dire que nous n'arriverons à DAKAR que demain. Elle aura ainsi la surprise que je l'accueille à l'aéroport.

Christiane et Jules, le vice-président ont décidé de venir à notre rencontre. Nous nous retrouvons donc après une vingtaine de km à THIES, à 70 km de DAKAR. Les retrouvailles sont très prenantes et j'en suis de ma larme à l'oeil, Chritiane aussi d'ailleurs. C'est assez émouvant de terminer la première partie de mon voyage. Je suis assez fier d'avoir déjà fait GREOUX / DAKAR soit 6 000 km. A ce jour j'ai déjà vendu plus de 15 000 km, ma virée en Afrique ne fait que commencer. Yannick aussi peu être fier, il a réalisé son objectif, rallier TANGER à DAKAR mais avec beaucoup d'avance.

Jules, de son vrai nom Souleymane GUEYE et Christiane nous doublent, nous attendent, nous achètent des fruits. Tout se passe très bien jusque RUFISQUE où un immense embouteillage nous attend. Je n'ai jamais vu ça. Les véhicules roulent au pas sur trois files et nous nous faufilons entre les camions, les cars et les voitures. Avec la remorque, il faut faire vraiment attention, c'est à la limite, dangereux et je ne vous dis pas les gaz d'échappement que nous respirons. J'ai même un petit accident. Un car que je doubre à gauche me serre contre un 4 X 4 qui me fait presque tomber (nous roulons heureusement doucement). Le conducteur du 4 X 4 sort de son véhicule comme un fou et en criant me dit :"Tu ne bouges pas, je vais chercher la police" Je lui demande de se calmer et qu'il me montre les dégats. Les autres automobilistes prennent ma défense et je peux repartir sans problème. J'aurais malgré tout pu me faire mal.

Enfin nous sortons de ce premier embouteillage et arrivons à l'embranchement de DAKAR CENTRE et l'aéroport. Jean-Claude nous quitte car il reste sur DAKAR pôur réparer son vélo. Je ne sais pas si je reverrai Jean-Claude car il descend sur LE CAP mais nous échangeons nos adresses mails. Jules nous rattrappe, la route semble se dégager mais un deuxième embouteillage en raison de travaux nous attend de nouveau. Il est moins important que le précédent mais nous oblige à rouler carrément dans l'eau sans savoir la réelle profondeur car les camions avaient du mal à passer.

Enfin nous arrivons à N'GOR après un parcours dans DAKAR assez épique. Nous laissons Jolly Jumper et Tornado sur place et prenons un petite barque pour l'île où Jules et Christiane nous logent.

Après une bon repos et une thieboudienne, njous allons chercher Laurence, Dany et Vincent à l'aéroport. Inutile de vous dire l'émotion qui nous étreints quand nous nous serrons dans les bras avec Laurence. Le reste, je ne vous le raconterai pas, je sais juste que je vais passer quinze jours de vacances avec Laurence au Sénégal. Je suis également ravi de retrouver mes amis Dany et Vincent qui accompagnent Laurence. La première partie de mon voyage s'est parfaitement déroulée malgré ma déchirure musculaire, 15 jours de repos et une autre aventure m'attendent.

Je vais arrêter mes carnets de route mais n'ayez crainte, je les reprendrai car j'ai trop besoin des ces contacts avec vous, que ce soit soit par les mails ou le forum. Vos encouragements m'aident beaucoup à avancer. Ce que je croyais être une contrainte est devenu pour moi une véritable drogue car je n'ai pas l'impression de voyager seul mais avec vous.

Bises à tous et à bientôt

Date du Message :
19 11 2009 08:58:27
Latitude : 14°57'15,9" - Longitude : -016°-49'-10,5"
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SAINT LOUIS / TIVAOUANE
Vendredi 13 novembre 2009 173 km cumul : 5 978 km
Dénivellé : 1 000 m

Nous partons de nuit car la route va être longue. Il nous reste 260 km pour arriver à DAKAR et si nous pouvions en faire un petit peu plus de la moitié, ce serait parfait.

Nous repassons le pont Eifel avec beaucoup moins de circulation que la veille. A la sortie de la ville, contrôle de police, le policier, à notre grand surprise nous demande pourquoi nous n'avons pas le casque. Etonnant dans ce pays que l'on vous demande le casque sur un vélo. De plus il nous demande également un papier qui n'existe pas. Je pense qu'il voulait nous demander de l'argent mais nous ne nous laissons pas faire et il nous laisse passer.

Nous apercevons nos premiers baobabds qui pour moi signifient vraiment l'Afrique. Si le premiers que nous apercevons nous étonne, ensuite, nous traversons des forêts sans presuqe les regarder. Après les baobabs, ce sont les cocotiers qui se présentent àn nous. C'est vraiment une autre Afrique que je découcre maintenant et mon voyage prend de suite une autre tournure. Nous passons de village en village, vraiment plus rien à voir avec notre traversée du désert.

La route est en excellent état et nous croisons une multitude de charrettes tirés par les ânes, chargés de gros sacs d'herbe dont nous ne saurons jamais le nom. Il fait très chaud et nous buvons beaucoup, peut-être un peu trop. Nous apercevons également des oiseaux inhabituels pour nous, de couleur bleue ou des espèces de toucans à bec jaune. A l'entrée d'un village nous apercevons également ce que nous pensons être des vautours avec le cou tout blanc.

Après 173 km, décidément ma jambe va beaucoup mieux, nous décidons de nous arrêter là. C'est parfait car demain nous aurons une petite étape de 90 bornes. Nous nous arrêtons donc à TIVAOUANE, un ville grouillante de monde. J'apprendrai par la suite que c'est une ville sainte. Nous trouverons par chance le seul hôtel de la ville en plein travaux et le propriétaire accepte de nous louer une chambre pour trois avec un seul lit. Jean-Claude dormira dans la chambre et avec Yannick, nous monterons chacun notre tente dans le vestibule de l'hôtel, nous serons ains à l'abri des moustiques.

Date du Message :
19 11 2009 08:36:23
Latitude : 16°01'53,9" - Longitude : -016°-30'-16,0"
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M'BAGAM / SAINT LOUIS
Jeudi 12 novembre 2009 103 km cumul : 5 805 km
Dénivellé : 50 m

Après une bonne nuit sur la terrasse de la Maison pour tous, nous sommes prets pour 8 h et attendons nos hôtes pour leur dire au revoir. Moussé et Fatou arrivent mais nous ne verrons pas Omar, trop pris par ces obligations professionnelles.

Entourés par les rizières et les champs de canne à sucre, nous reprenons la route pour St Louis. La route est défoncée sur 80 km et nous sommes obligés de slalomer pour éviter les trous. C'est certainement ce qui m'attend maintenant dans la deuxième partie de mon voyage.

Autre surprise, à la simple traversée d'une frontière et d'un fleuve, c'est tout qui change. De chaque côté de la route, des villages de cases traditionnelles, contrastent avec les maisons en du des villes. Nous apercevons maintenant de gros troupeaux de zébus qui m'ont l'ais moins maigres que ce que nous apercevions en Mauritanie, il est vrai que nous ne sommes plus dans le désert.

Nous passons à côté d'une plantation d'arachides que je prends en photo. Cette photo n'a rien de sensationnelle mais des champs de cacahuètes, je n'en avais jamais vus. Nous tombons également sur un amoncèlement de cornes de zébus, que font-elles là, mystère.

Nous arrivons à SAINT LOUIS, ancienne capitale du Sénégal et nous sommes accueillis par un embouteillage monstre à cause des travaux sur le pont Eifel pour nous permet d'atteindre l'île de Saint Louis, un peu comme la Seine à Paris. A la sortie du pont, nous sommes assaillis par les rabatteurs et autres marchands et il faut même se fâcher pour essayer d'avoir un peu de tranquillité.

Nous nous installons dans un petit hôtel, chez Aziz où nous pourrons nous reposer et discuter tranquillement avec Aziz, garçon très intéressant et très gentil. J'en profite pour demander à Aziz si je peux changer en Francs CFA les 50 000 ouguiyas donnés par Claude l'avant veille. J'avais bien essayé dans une banque mais il ne prenait pas l'argent mauritanien qui n'a pas trop de valeur. Il me met en contact avec un ami à lui qui me changera cet argent à un bon taux et Laurence fera un chèque en euros pour l'association car c'est l'argent de kilomètres vendus.

Nous nous promenons un peu dans l'île mais nous ne connaitrons pas grand chose de SAINT LOUIS. Il me faudra y revenir avec Laurence car SAINT LOUIS est une ancienne ville coloniale qu'il faut visiter.

Date du Message :
19 11 2009 08:36:22
Latitude : 16°01'53,9" - Longitude : -016°-30'-16,0"
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M'BAGAM / SAINT LOUIS
Jeudi 12 novembre 2009 103 km cumul : 5 805 km
Dénivellé : 50 m

Après une bonne nuit sur la terrasse de la Maison pour tous, nous sommes prets pour 8 h et attendons nos hôtes pour leur dire au revoir. Moussé et Fatou arrivent mais nous ne verrons pas Omar, trop pris par ces obligations professionnelles.

Entourés par les rizières et les champs de canne à sucre, nous reprenons la route pour St Louis. La route est défoncée sur 80 km et nous sommes obligés de slalomer pour éviter les trous. C'est certainement ce qui m'attend maintenant dans la deuxième partie de mon voyage.

Autre surprise, à la simple traversée d'une frontière et d'un fleuve, c'est tout qui change. De chaque côté de la route, des villages de cases traditionnelles, contrastent avec les maisons en du des villes. Nous apercevons maintenant de gros troupeaux de zébus qui m'ont l'ais moins maigres que ce que nous apercevions en Mauritanie, il est vrai que nous ne sommes plus dans le désert.

Nous passons à côté d'une plantation d'arachides que je prends en photo. Cette photo n'a rien de sensationnelle mais des champs de cacahuètes, je n'en avais jamais vus. Nous tombons également sur un amoncèlement de cornes de zébus, que font-elles là, mystère.

Nous arrivons à SAINT LOUIS, ancienne capitale du Sénégal et nous sommes accueillis par un embouteillage monstre à cause des travaux sur le pont Eifel pour nous permet d'atteindre l'île de Saint Louis, un peu comme la Seine à Paris. A la sortie du pont, nous sommes assaillis par les rabatteurs et autres marchands et il faut même se fâcher pour essayer d'avoir un peu de tranquillité.

Nous nous installons dans un petit hôtel, chez Aziz où nous pourrons nous reposer et discuter tranquillement avec Aziz, garçon très intéressant et très gentil. J'en profite pour demander à Aziz si je peux changer en Francs CFA les 50 000 ouguiyas donnés par Claude l'avant veille. J'avais bien essayé dans une banque mais il ne prenait pas l'argent mauritanien qui n'a pas trop de valeur. Il me met en contact avec un ami à lui qui me changera cet argent à un bon taux et Laurence fera un chèque en euros pour l'association car c'est l'argent de kilomètres vendus.

Nous nous promenons un peu dans l'île mais nous ne connaitrons pas grand chose de SAINT LOUIS. Il me faudra y revenir avec Laurence car SAINT LOUIS est une ancienne ville coloniale qu'il faut visiter.

Date du Message :
19 11 2009 08:36:14
Latitude : 16°01'53,9" - Longitude : -016°-30'-16,0"
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M'BAGAM / SAINT LOUIS
Jeudi 12 novembre 2009 103 km cumul : 5 805 km
Dénivellé : 50 m

Après une bonne nuit sur la terrasse de la Maison pour tous, nous sommes prets pour 8 h et attendons nos hôtes pour leur dire au revoir. Moussé et Fatou arrivent mais nous ne verrons pas Omar, trop pris par ces obligations professionnelles.

Entourés par les rizières et les champs de canne à sucre, nous reprenons la route pour St Louis. La route est défoncée sur 80 km et nous sommes obligés de slalomer pour éviter les trous. C'est certainement ce qui m'attend maintenant dans la deuxième partie de mon voyage.

Autre surprise, à la simple traversée d'une frontière et d'un fleuve, c'est tout qui change. De chaque côté de la route, des villages de cases traditionnelles, contrastent avec les maisons en du des villes. Nous apercevons maintenant de gros troupeaux de zébus qui m'ont l'ais moins maigres que ce que nous apercevions en Mauritanie, il est vrai que nous ne sommes plus dans le désert.

Nous passons à côté d'une plantation d'arachides que je prends en photo. Cette photo n'a rien de sensationnelle mais des champs de cacahuètes, je n'en avais jamais vus. Nous tombons également sur un amoncèlement de cornes de zébus, que font-elles là, mystère.

Nous arrivons à SAINT LOUIS, ancienne capitale du Sénégal et nous sommes accueillis par un embouteillage monstre à cause des travaux sur le pont Eifel pour nous permet d'atteindre l'île de Saint Louis, un peu comme la Seine à Paris. A la sortie du pont, nous sommes assaillis par les rabatteurs et autres marchands et il faut même se fâcher pour essayer d'avoir un peu de tranquillité.

Nous nous installons dans un petit hôtel, chez Aziz où nous pourrons nous reposer et discuter tranquillement avec Aziz, garçon très intéressant et très gentil. J'en profite pour demander à Aziz si je peux changer en Francs CFA les 50 000 ouguiyas donnés par Claude l'avant veille. J'avais bien essayé dans une banque mais il ne prenait pas l'argent mauritanien qui n'a pas trop de valeur. Il me met en contact avec un ami à lui qui me changera cet argent à un bon taux et Laurence fera un chèque en euros pour l'association car c'est l'argent de kilomètres vendus.

Nous nous promenons un peu dans l'île mais nous ne connaitrons pas grand chose de SAINT LOUIS. Il me faudra y revenir avec Laurence car SAINT LOUIS est une ancienne ville coloniale qu'il faut visiter.

Date du Message :
17 11 2009 15:58:08
Latitude : 16°29'21,6" - Longitude : -015°-46'-58,5"
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TIGUENT / M'BAGAM
Mercredi 11 novembre 2009 110 km cumul : 5 702 km
Dénivellé : 360 m

Nous attaquons notre route à la frontale afin d'être à la frontière avant midi. Il fait nuit et heureusement que la route n'est pas trop mauvaise car dans cette obscurité, le moindre trou est pour nous.

Le jour se lève et nous découvre de plus en plus de végétations. Il y a toujours du sable mais de nombreux arbres nous font du bien. C'est agréable de rouler dans la verdure. Depuis plus de 1 000 km, nous avons pédalé dans le Sahara, du Sahara Occidental à la Mauritanie sans pratiquement voir le moindre arbre. C'est une image qui était intégrée dans notre tête et nous avions l'impression de trouver cela naturel. C'est en voyant de nouveau de la végétation que nous nous rendons compte, combien c'est beau un arbre et il semble que cela nous rassure. Surtout qu'il y a régulièrement des villages et beaucoup d'habitations, souvent des commerces au bord de la route.

Nous arrivons à l'entrée de ROSSO et un premier contrôle nous laisse passer sans problème. Au deuxième contrôle, le policier nous dit qu'il faut remplir une fiche payante, bien sûr. Je lui demande si je peux téléphoner au secrétaire de mairie et comme par magie, il nous fait signe de passer.

Nous arrivons à ROSSO vers midi, je téléphone au secrétaire de mairie qui nous donne rendez-vous à l'entrée de l'embarcadère pour 15 h., heure du départ du prochain bac. Quand je reviens de téléphoner, je vois mes deux compères entourés par la foule, chacun nous proposant ses services. Nous enfourchons nos vélos et essayons de nous isoler dans un petit restaurant.

Vers 15 h, devant le portail de l'embarcadère nous sommes assaillis par les gens qui veulent nous aider à passer le bac. Heureusement le secrétaire de mairie, exact au rendez-vous nous prend en charge, et en moins de deux, nous nous retrouvons sur le bac prets à traverser le fleuve Sénégal.

Je me sens de plus en plus en Afrique, le Sénégal assez large à cet endroit est traversé par les pirogues colorées, tractées à la force humaine. Le bac met cinq minutes pour traverser et de nouveau, nous sommes assaillis par les rabatteurs. Je me prends de bec avec un sénégalais qui me demande mon passeport pour me faire enregistrer à la police. Première règle, ne jamais donner son passeport à n'importe qui, ce qui n'est pas toujours facile. Je le donne à un policier et j'effectue les formalités pendant que les deux compères gardent le matériel.

Après un peu de change et l'achat d'une carte de téléphone sénégalaise, nous reprenons la route pour sortir de ROSSO Sénégal (ROSSO a le même nom de chaque côté de la frontière). J'appelle le contact que m'a donné Irène, une meusienne rencontrée par Internet. Irène, avec association "voyages et partages" a réussi à faire construire une maison pour tous dans un petit village à 5 km de ROSSO. J'appelle donc Omar qui m'indique la route par une piste de quelques km, nous arrivons à ce petit village de M'BAGAM où nous sommes attendus par Moussé et Fatou, Omar absent avait donné les consignes.

C'est un village agricole où la principale ressource est la culture du riz. La proximité du fleuve Sénégal, permet l'irrigation. Moussé nous installe gentillement sur la terrasse où nous préférons monter la tente pour nous protéger des moustiques. Omar arrive pour nous accueillir et nous discutons longuement avec lui. Il est donc président de cette maison pour tous et président d'une association d'irrigation qui permet de cultiver le riz. Ce riz dont le Sénégal est devenu dépendant des asiatiques car il importe 90 % de sa consommation. Le restant est cultivé dans cette région et permet une auto-suffisance. Il nous apprend également qu'une grosse entreprise sucrière française est installée à RICHARD TOLL et transforme toute la production de la canne à sucre de la région.

Omar nous laisse nous installer et c'est Moussé le responsable du fonctionnement de la maison et Fatou la trésorière qui nous feront traverser le village pour aller manger ches Omar où nous serons formidablement accueilli.

A travers le discours des sénégalais, les photos, nous sentons partout la présence d'Irène, nous donnant l'impression d'avoir marqué la vie de ce village. Cette maison pour tous, difficile à faire fonctionner a une grande importance dans le vie de ce village : les autochtones ont l'air d'en être fiers. L'électricité est coupée un bon moment et c'est à la bougie que nous dinerons et rentrerons nous cocher à la frontale, toujours accompagnés par Moussé et Fatima. Entre temps, nous avons rencontré des gens de Commercy, en vacances au Sénégal. Le monde est décidément petit car COMMERCY est jumelé avec M'BAGAM. COMMERCY étant une petite ville de la meuse à 20 km de chez ma soeur.

Date du Message :
17 11 2009 15:29:22
Latitude : 17°10'28,00" - Longitude : -016°-02'-51,9"
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NKC / TIGUENT
Mardi 10 novembre 2009 110 km cumul : 5 592 km
Dénivellé : 40 m

L'heure de vérité arrive. Nous partons avant le lever du our, j'ai un petit peu mal aux cheveux (gueule de bois) et je suis persuadé de faire demi-tour. A mon grand étonnement, je n'ai aucune douleur à la cuisse et je continue mon bonhomme de chemin. Je prends confiance mais j'évite de forcer et je roule petits braquets.

Nous sommes toujours dans une région désertique mais quelques petites vigitations (n'est-ce pas Cath ou Laurence) donnent un air plus serain à la route. L'habitat se modifie complètement et devient nettement moins rare. Nous voyons beaucoup de kheima (tente maure) et surtout des imitations de kheima en partie en dur.

L'étape ne sera pas trop longue et c'est tant mieux pour ma cuisse. De plus la chaleur est intense, il est tant de s'arrêter. Nous arrivons à TIGUENT, un village de nulle part où nous avons vraiment l'impression d'être des extra-terrestres avec nos vélos et nos remorques. Nous négocions un petit hôtel. Un peu de mécanique, une douche et une petite sieste nous retapent. Quelqu'un rentre dans la champre, par un oeil à demi-clos, je devine Hubert. Quelle surprise ! En fait ce sont Claude et Hubert qui ont fait plus de 110 km pour nous retrouver. Ils voulaient prendre de nos nouvelles et surtout m'apporter les 50 000 ouguiyas promis pour le parrainage de 130 km. Nous mettons deux autocollants de son entreprise sur la remorque qu'il prend en photo pour montrer à son patron, que je ne manquerai pas d'aller vois à mon retour en France. Chapeau Claude, je te savais sympa mais là, tu m'épates.

Le soir nous mangerons dans un petit restaurant à la bougie car ici, il n'y a l'électricité qu'une heure par jour.

Il nous rest une centaine de km avant de passer la frontière et nous avons deux solutions. Nous pouvons passer par le barrage de DIAMA sur une piste à une frontière plus fluide et ouverte toute la journée ou bien directement par ROSSO, frontière à très mauvaise réputation où entre les policiers ripoux et les rabatteurs, les choses ne sont pas très simples. Heureusement, Claude, encore lui, a téléphoné au maire de ROSSO avec qui il est en relations pour affaires et en arrivant à ROSSO, je dois téléphoner au secrétaire général de la mairie. Nous choisissons donc l'option ROSSO, ce qui sera mieux pour ma cuisse et nous couchons de bonne heure pour partir tot demain matin.

Date du Message :
16 11 2009 18:28:49
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NOUAKCHOTT (REPOS)
Vendredi 6 novembre 2009
Samedi 7 novembe 2009
Dimanche 8 novembre 2009
Lundi 9 novembre 2009

Ma blessure date du 31 octobre, normalement pour cicatriser, il faut trois semaines à un mois de repos, sans trop d'espoir, je décide de me reposer à NKC jusqu'au lundi 9 novembre inclus. Je le dis à Yannick et lui conseille de partir samedi car mardi, je ne suis vraiment pas sûr de repartir. Yannick, toujours solidaire décide de rester avec moi. Nous en profitons donc pour laver notre linge et mettre à jour messagerie et site Internet. A NKC, je trouverai les meilleures connexions depuis que je suis parti. Ce sera pratique pour envoyer toutes les photos de l'Adrar.

Heureusement que nous sommes à l'auberge Ménatta où l'ambiance est cool et sympa car passer quatre jours sans rien faire, je ne vous le dit pas.

Ce vendredi, je suis invité chez Claude, le directeur d'exploitation du groupe PIZZORNO. Je fais un peu plus connaissance avec Claude et sa charmante épouse Fabienne et leur deux enfants Clément et Nico. C'est un couple charmamnt, très simple et le coeur sur la main. J'ai droit à du pastis bien frais et surtout un bon saucisson, c'est peut-être ce qui me manquait le plus depuis mon départ, en terme de gastronomie, cela s'entend.

Les trois jours suivants, nous nous reposons tranquillement. La fatigue doit certainement tomber car je suis capable de rester trois jours sans rien faire. Yannick essaye bien de faire un petit footing mais la chaleur a raison de lui.

Un nouveau cycliste en transit pour LE CAP arrive à l'auberge. Encore un qui me cherchait, il avait entendu parlé de moi à un poste de police. C'est vrai qu'avec ma remorque, je ne passe pas inaperçu. Sachant que nous partons mardi, Jean-Claude décide de venir avec nous jusque DAKAR.

En fin d'après-midi, nous retrouvons Hubert qui rentre de BAMAKO où il a livré sa fameuse 2 CV. Le soir, nous allons avec Yannick manger tous les trois chez Fabienne et Claude. Ce soir là, une embuscade nous attend. L'ambiance est telle que nous nous laissons aller, pastis, vin, pousse-café ont raison de moi et je men couche dans un état qu'il n'est pas permis pour un cycliste. En fin de soirée, nous ramenons Hubert à son hôtel et j'y rencontre un dignois qui connait bien Gréoux, il est directeur de caterpilla NKC. J'ai le plaisir de voir un poster de la Porte Saunerie de Manosque et du Pays de Forcalquier : confirmation que le monde est petit.

Date du Message :
08 11 2009 13:06:27
Latitude : 20°27'01,0" - Longitude : -012°-24'-24,8"
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ATAR . CHINGUETTI
Mercredi 04 novembre 2009
Jeudi 05 novembre 2009

Mardi à 17 h nous prenons donc le bus pour ATAR (436 km) avec Kadi. Nous arrivons à ATAR vers 23 h et dinons à l'agence de Kadi et faisons la connaissance de Sid'Ahmed notre guide. Finalement, c'est Kadi qui nous servira de chauffeur car celui prévu est bloqué à cause d'un éboulement sur la route de CHINGUETTI, dû aux fortes pluies de la journée.

Kadi nous demande si ça ne nous dérange pas de faire un peu de 4 X 4 la nuit car il veut nous faire bivouaquer dans un endroit superbe qui est un peu loin. Finalement, nous nous coucherons à 2 h du matin en plein désert, dans un lieu absolument sublime, dans les dunes rouges entourées de montagnes.

Après une courte nuit à la belle étoile, nous nous réveillons dans un endroit magnifique et nous en prenons plein les yeux. Après le petit déjeuner et les photos, nous partons à la recherche d'un passage car nous ne sommes pas sur une piste et l'oued qui nous sépare de la piste coule encore des pluies de la veille. Kadi tétu comme un âne, il nous le prouvera par la suite, trouve un passage. Nous arrivons près d'une ferme en dur et Kadi discute avec les paysans. Une dame arrive avec un grand saladier en bois, rempli d'un liquide blanchâtre, c'est le fameux Zrig (lait de chamelle ou chèvre caillé et sucré) qui est un signe de bienvenue en Mauritanie. C'est très bon et doux mais il faut aimer le lait.

Nous arrivons à l'oasis de TERJIT qui est un lieu époustouflant de beauté : l'oasis classique dans toute sa plendeur avec une source d'eau potable et un coin pour se baigner. Les photos seront beaucoup plus parlantes que toute description. Nous découvrons l'habitat traditionnel du coin, les Tikit qui sont des maisons de paille très particulières. Il faut voir cet oasis à l'époque des dates (juin, juillet), c'est la guetna, quand les citadins viennent de la ville retrouver leurs racines et faire la fête.

Nous continuons notre piste en traversant des paysages prodigieux et après un col superbe, nous surplombons l'oasis de M'HEIRITH encore plus beau que TERJIT et plus grand. Cet oasis est moins connu que TERJIT car moins facile d'accès mais très impressionnant. Pour sortir de M'HEIRITH nous sommes obligés de passer à pieds car la piste est toute défoncée et quasi impraticable. C'est d'ailleurs le seul point d'accès qui reste pour CHINGUETTI. Nous serons obligé de faire un aller/retour.

Nous remontons sur le plateau où la route est défoncée au passage des oueds. Kadi a du mal à retrouver une piste qui rejoint les dunes pour aller à CHINGUETTI par les dunes. Nous passons devant des tentes nomades, des Kheima et pendant que Kadi et Sid'Ahmed discutent avec un nomade, arrivent deux avec chacune un bol de zrig que nous dégustons, toujours en signe d'hospitalité. Le nomade monte en voiture nous et nous arrêtons pour pique-niquer, pendant que Kadi part avec le nomade avec la voiture. Nous sommes au pied d'une magnifique montagne : moitié rocher, moitié sable. Le nom de cette montagne, je vous le donne en mille : la montagne de ZARGA. A la fin du pique-nique arrivent cins nomades qui déballent devant nous bijoux et artisanat qu'elles fabriquent en attendant les touristes. Sid'Ahmed nomme cet étalement d'objets sur le sable "La boutique de ZARGA" et dans un four rire ajoute :"moins cher que gratuit". Par politesse, nous faisons le tour des boutiques de ZARGA sans rien acheter et en essayant d'expliquer que nous sommes en vélo. Les dames remballent le tout et nous font des petits cadeaux. Perso, je promets de revenir avec mon épouse et peut-être nous achèterons des objets.

Avec Yannick, nous allons nous promener dans les dunes pour nous rapporcher de cette fameuse montagne de Zarga et prendre des photos. Nous y découvrons un magnifique lac éphémère dû aux pluies de la veille. Kadi qui est revenu vient nous récupérer pour rentrer sur CHINGUETTI. Il a l'air un peu énervé et nous pensons que c'est parce qu'il avait peu que l'on se perde. Non, en fait, il était parti avec le nomade pour retrouver le troupeau et acheter un cabri. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Yannick (47 ans) et il voulait luis faire une surprise avec un méchoui. Nous rentrons donc sur CHINGUETTI par les dunes et inutile de vous décrire le spectacle, d'ailleurs, je n'ai plus de vocabulaire suffisant. A 2, 3 km de CHINGUETTI, nous nous ensablons, il fait nuit et Kadi décide de bivouaquer à cet endroit . Demain, nous verrons mieux les passages dans les dunes.

Nous installons le bivouac au bord de l'oued et préparons le repas. A la fin du repas, je vais chercher une miche de pain plate, j'y installe une bougie et nous souhaitons un bon anniversaire à Yannick qui tout ému souffle sur la bougie. Yannick raconte ce qu'il avait envisagé pour son anniversaire depuis le départ. Il pensait être seul et voulait trouver un bouse de chameau et y planter une bougie pour fêter son anniversaire. Il ignorait que les chameaux ne font pas des bouses comme les vaches mais de grosses crottes toutes rondes, un peu comme les chèvres mais beaucoup plus grosses. Kadi s'éloigne pour faire sa dernière prière (la cinquième) et au retour, il s'éloigne avec Sid'Ahmed. Ils reviennent tous les deux avec un plateau de crottes de chameaux au milieu desquelles, ils avaient installé une bougie et souhaite bon anniversaire à Yannick qui n'en revient pas. Nous rions beaucoup ce soir et yannicke se souviendra de son anniversaire, pour le moins original.

Une excellent nuit, un magnifique lever de soleil sur la dune et nous repartons pour CHINGUETTI. Kadi décide de passer par l'oued car la pluie a durci le sable. Nous arrivons à CHINGUETTI, considéré par les musulmans comme la septième ville de l'Islam. CHINGUETTI est un village étrange, aujourd'hui 4000 habitants mais 40 000 autrefois, installé dans une mer de sable. CHINGUETTI s'ensable, c'est la troisième fois que le village est déplacé. Dans les rues, le sable recouvre déjà les 3/4 des murs. Un programme français ou européens a déjà désensablé la ville mais je pense qu'il est condamné à être déplacé de nouveau.

CHINGUETTI est connu pour ses bibliothèques qui renferment les manuscrits islamiques de l'âge d'or de CHINGUETTI. Nous en visitons bien sûr une et découvrons ces fameux manuscrits, vieux de pluisieurs siècles. Ce sont toutes des bibliothèques privées et je pense que si rien n'est fait, elles risquent de disparaître avec le temps. Le conservateur nous présent également les outils utilisés par ses ancêtres et nous explique comment ils gavaient, comme nous les oies, les pour qu'elles grossissent : plus une femme était grosse, plus elle était belle et plus elle avait de l'argent. Nous apercevons également le fort où a été tourné le film "Fort Saganne" qui sert maintenant de gendarmerie, que l'on ne peut plus photographier.

Nous quittons CHINGUETTI par la piste et retrouvons celle de la veille. La piste pour arriver à M'HEIRITH, détruite la veille a été refaite par les gens du village, payés par le groupe SHENKER qui achemine du matériel pour TOTAL. TOTAL aurait trouvé du pétrôle dans le secteur. Nous déjeunons à l'oasis et sortons péniblement de M'HEIRITH par une nouvelle piste tout en sable. Nous rentrons donc par la même piste que la veille, mais dans l'autre sens et avec une autre lumière, les paysages sont différents.

A ATAR, nous reprenons le car pour rentrer. Vers 19 h, il s'arrête en pleine campagne pour la prière. Les hommes s'alignent et prient ensemble et les , derrières en ordre dispersé. La photo aurait été intéressante mais je n'ose pas la prendre. Dans la nuit, nous avons failli percuter une chamelle et son petit, le car a été obligé de rouler sur le bas côté. Nous arrivons à l'hôtel vers 23 h., les yeux encore éblouis de tant de beauté.

Je décide de ne pas repartir samedi et préfère rester prudent. Nous repartirons avec Yannick mardi afin de mettre toutes les chances de mon côté pour arriver à DAKAR en vélo. Marc repartira comme prévu samedi.

Date du Message :
08 11 2009 12:11:49
Latitude : 18°05'36,0" - Longitude : -015°-58'-38,6"
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NOUAKCHOTT (REPOS)
Lundi 02 novembre 2009
Mardi 03 novembre 2009

Lundi et mardi, je continue de me reposer à l'auberg Menata. Le toubib qui accompagnait Hubert m'a bien confirmé la déchirure musculaire avec un hématome à la base de la cuisse : pommade, repos et surtout ne pas forcer. L'auberge Menata, bien connue des français est un havre de paix. C'est appraremment le lieu incontournable de tous les routards qui passent dans le secteur. Nous rencontrons régulièrement des français en voyage qui passent ici pour se reposer. Nous rencontrons entre autre un certain Stéphane qui arrive de Turkie à pied et en vélo. C'est un jeune de 25 ans qui a l'aire d'avoir déjà pas mal boulinguer pour son âge. Il me tuyaute sur son parcours, en particulier sur son passage au Congo qu'il me conseille. Il est arrivé par le Nige et le Tchad. Son parcours m'intéresse fortement car si la situation ne s'arrange pas du côté de la Guinée, je passerai peut-être par la.

Yannick tourne un peu en rond et décide d'aller au port de pêche en vélo. Il en revient avec de magnifiques photos qui sont sur le site maintenant.

Un jeune qui se dit guide nous baratine pour nous faire visiter l'Adrar en partant de NKC mais à 450 € par personne. Nous déclinons sa proposition. Hubert nous met en relation avec Kadi, le responsable de l'agence "Mauritanides Voyages". C'est un garçon très cultivé, parlant très bien le français. Il serait à l'origine de la liaison PARIS/ATAR par Point Afrique et nous parle du tourisme sinistré dans sa région suite aux bruits infondés qui courent en France sur la sécurité en Mauritanie. Il faisait travailler 20 guides régulièrement, il n'en a plus que 2 ou 3 qui travaillent de façon intermittente. Il nous fait une proposition d'excursion qui n'a rien à voir avec l'arnaqueur précédent. Nous partirons donc en bus jusque ATAR où il nous prendra en charge pendant deux jours. Nous concluons l'affaire et demain nous prendrons le bus, reviendrons à NKC jeudi, nous reposerons vendredi et partirons pour DAKAR samedi.

Hubert, encore lui, décidément c'est une mine, me présente Claude DEROUSSEAUX, directeur d'exploitation du groupe PIZZORNO qui s'occupe du ramassage des ordures ménagères à NKC. Il est très intéressé par mon voyage, d'autant que son patron de DRAGUIGNAN est un passionné de vélo. Il m'invite à diner chez lui vendredi à mon retour de l'Adrar.

Date du Message :
02 11 2009 16:49:39
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NOUAKCHOTT (REPOS)
Dimanche 01 novembre 2009

Une bonne nuit me fait du bien et aide à la réflexion. Nous décidons donc avec Yannick d'aller dans l'Adrar passer quelques jours.

Nous en discutons avec un prof d'université du HAVRE, venu en mission avec son épouse à NKC pour étudier l'impact de la nouvelle route sur le parc national du Banc d'Arguin (sujet très intéressant). Il nous tuyaute sur ce qu'il faut faire dans l'Adrar. Marc, qui hier voulait abandonner, décide finalement de se joindre à nous jusque DAKAR. Ainsi nous serons trois à pédaler. Pour ceux qui craignaient que je sois seul !! J'avais bien dit que je rencontrerai d'autres voyageurs.

J'en oubliai la prolongation de mon visa. Je vais dans un cyber avec une clé USB pour la photocopie de mon passeport et me voilà à la DST (direction de surveillance du territoire). Après les formalités assez longues, on me dit de repasser vers 15 h. Je rentre en taxi qui se perd dans les embouteillages. Il ne connait pas la principale avenue de NKC, l'avenue du général De gaulle. Du coup, j'aide le taxe à retrouver sa route !!!!


Je vais déjeuner, faire un peu d'Internet et c'est Yannick qui me fait penser à mon passeport. Je me pointe à 15 h et après une nouvelle attente on me dit de repasser vers 17 h. A 17 h, même cinéma, le directeur est en réunion avec le ministre, il faut attendre qu'il termine pour signer les visas et peut-être, il rentrera chez lui. Alors j'attends patiemment. C'est là , que je me rends compte que le voyage me change. D'autres français en 4 X 4 s'impatiente et rà¢le, moi je reste zen (j'ai peut-être changé). Apparemment le directeur est en train de nous signer les passeports. J'ai rendez-vous à 19 h avec Rick et Dan (mes petits hollandais) et il est 19 h. Je demande au chef de bureau si un des français peut me récupérer mon passeport et à ma grande surprise, il accepte. Je file rapidement à l'auberge o๠Rick et Dan m'attende en compagnie de Yannick. Nous allons manger un excellent couscous dans un restaurant marocain et nous passerons ains un agréable soire et faisons plus ample connaissance.

A mon retour, je tombe sur Hubert, un auditeur de Allo la planète avec qui je correspond depuis la dernière émission et nous avions rendez-vous à NKC. Comme me dit Yannick, tous les voyageurs se retrouvent un jour ou l'autre. C'est d'autant plus vrai que nous avons déjà rencontré tous les gens qui campent ou dorment à l'Auberge MENATA sur les routes marocaines.


Date du Message :
01 11 2009 17:31:29
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BOU LANOUAR / NOUAKCHOTT
Je n'ai pas encore pris les coordonnées GPS mais c'est facile à trouver : NOUAKCHOTT est la capitale de la Mauritanie.

Samedi 31 octobre 2009 39 km + 350 en camping car cumul : 5482 km
Dénivellé : 660 m


Départ à 7 h pour une journée qui devrait être facile, 135 km, fort vent de 3/4 dos. Nous sortons de la piste de l'auberge un peu plus facilement que la veille car nous pouvons éviter le sable.

Le vent est faible et latéral : tout va bien. Le paysage est magnifique, nous sommes en plein désert. Le vent commence à se faire plus fort et souffle latéralement. Lorsque nous croisons des véhicules, le sable nous cingle le corps et surtout le visage. Une petite pellicule de sable se forme sur la route et le vent gêne un peu notre progression mais rien de bien méchant. Nous nous arrêtrons pour manger un peu et soudain la tuile. Une bourrasque de vent fait pivoter le vélo, entrainant la remorque dans se chute. Je courre précipitamment, essaye de rattraper le vélo et je ressent une grosse douleur derrière la cuisse : une déchirure musculaire. Connaissant le phénomène, je crains le pire. Je remonte péniblement sur le vélo, la douleur est toujours là. Au bout de quelques kilomètres, la douleur trop vive et ne voulant pas agraver la blessure, je dis stop. Je décide de rejoindre NOUAKCHOTT en auto stop. J'insiste pour que Yannick continue car il est inutile de rester planté tous les deux dans le désert. Si j'attends trop longtemps, Yannick ne pourra rejoindre le campement suivant et nous ne serons pas plus avancé. Avec du mal Yannick s'en va, nous nous retrouverons à l'hôtel Manata et j'en profiterai pour reposer ma blessure. Je m'habille rapidement car le vent devient très fort et le sable me fouette les jambes. A l'abri de ma remorque, j'attends le prochain véhicule. Je suis dans une telle disposition morale que je m'affole nullement, pret à passer la nuis dans le déser s'il le fallait. J'ai de l'eau pour deux jours, de quoi manger et mon duvet suffisamment chaud pour passer la nuit. Le premier véhicule s'arrête, deux mauritaniens qui vont jusqu'au prochain village. Le deuxième, un français immatriculé 37 (TOURS) s'arrête également masi son 4 X 4 est plein. J'attends une bonne vingtaine de minutes et le troisième véhicule est le bon. Un jeune couple de hollandais en camping-car s'arrête, ils vont à NKC (NOUAKCHOTT). Aucun problème, ils rangent un peu le camion, j'installe Tornado sur les banquettes (il va voyager comme un pacha), le remorque sur le plancher et moi à côté de Tornado. Ils sont très cool, parlent un peu français et vont au Niger. Le voyage sera très agréable jusque NKC. Nous doublons Yannick dans la tourmente, il est ainsi rassuré. Le paysage est impressionnant à cause du vent et la faible visibilité. Cette route est assez récente, je crois inaugurée en 2007 et petit à petit des mauritaniens s'installent tout le long. Des abris précaires, des auberges en toile et surtout des carcasses de voitures disséminées tout au long de la route. Nous passons une zone de hautes dunes, me donnant beaucoup de regrets de ne pas passer en vélo, s'eut été magnifique. Mes hollandais me déposent directement à l'auberge Ménata, ils vont au camping vers la plage. Je prends rendez-vous avec eux pour demain soir et les invite à manger, ils ont tellement été sympa avec moi.

Pendant que je prends mes affaires, arrive un certain Marc qui semble me connaître. En fait, c'est Marc HUMMEL que Yannick avait rencontré à RABAT et qui nous avait fait passé le bonjour avec Bruno l'autre jour par un camping cariste français. Pris dans la tourment, il a arrêté à 300 km d'ici et pris un taxi. Il est très dépité, prend ça comme un échec et semble renoncer d'aller à DAKAR, terme de son voyage. Pendant que nous discutons arrive mon Yannick qui pareil que Marc a arrêté au même endroit : le vent trop fort, la tempête de sable et la chaleur, c'était trop. Si ce n'était ma blessure, j'ai moins de regrets. Ma blessure n'a pas l'air trop grâve et j'ai bien fait de m'arrêter de suite. Dans le fourgon, j'ai même pris une consultation par SMS avec le docteur DEAUX, le roi du Stétho (il comprendra).

Avec Yannick, nous nous installons dans une chambre avec 5 lits, nous aurons du large et demain nous ferons le point. Mon premier travail, sera d'aller faire prolonger mon visa car il a déjà expiré.

Date du Message :
01 11 2009 17:04:30
Latitude : 21°17'46,8" - Longitude : -016°-31'-42,7"
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NOUADHIBOU / BOU LANOUAR
Vendredi 30 octobre 2009 87 km cumul : 5093 km
Dénivellé : 265 m

Debout à 5 h car il ne faut pas partir trop tard à cause du vent, il nous faut descendre toutes nos affaires et faire un brin de ménage chez Marie. Pendant que j'installe ma remorque Yannick fait le ménage : quelle aubaine !!

Nous démarrons à 7 h 20, c'est super. NOUADHIBOU est calme et nous faisons plus de 6 km pour en sortir, c'est une ville toute en longueur.

Nous reprenons la presqu'île avec le vent de 3/4 face, comme il n'est pas très violent, ça passe bien d'autant que nous sommes frais et qu'il fait frais. Après 50 km nous sommes à l'embranchement, le vent se met à forcir, la chaleur arrive et c'est unes autre paires de manches. Contre tout attente le vent est de face. Nous progressons difficillement et il faut appuyer sur les pédales. Le sable nous cingle le visage.

Nous nous arrêtons à un poste de police, le policier nous conseille fortement de nous arrêter à BOU LANOUAR et de ne pas dormir dans la nature. Nous suivons son conseil car arriver au village, nous sommes cuits.

Nous nous arrêtons à l'auberg Tighit, l'aubergiste nous montre la chambre, une cellule sans fenêtre, sans meuble, quelques coussins et des tapis pourris par terre, le tout pour 2 000 ouguiyas (5 €). Pour le fun, j'aurais bien dormi là mais je voyais Yannick tiuer. Nous allons dans l'auberge conseillée par le policier et nous nous installons dans une chambre sympa : deux lits, la douche et la clim, s'il vous plait et pour 6 000 ouguiyas (15 €).

Il est 14 h et nous avons bien fait de nous arrêter car le vent souffle de plus en plus fort, soulevant le sable qui nous cache le soleil : un vent de sable. Finalement nous passons l'après-midi à nous reposer et en profiter pour filtrer de l'eau car l'eau minérale fait exploser le budget. Ce soir, ce sera poulet frites. Abdelaï nous prépare le repas. C'est un malien venu en Mauritanie en attente d'un vias pour venir en Europe.

Date du Message :
01 11 2009 17:04:28
Latitude : 21°17'46,8" - Longitude : -016°-31'-42,7"
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NOUADHIBOU / BOU LANOUAR
Vendredi 30 octobre 2009 87 km cumul : 5093 km
Dénivellé : 265 m

Debout à 5 h car il ne faut pas partir trop tard à cause du vent, il nous faut descendre toutes nos affaires et faire un brin de ménage chez Marie. Pendant que j'installe ma remorque Yannick fait le ménage : quelle aubaine !!

Nous démarrons à 7 h 20, c'est super. NOUADHIBOU est calme et nous faisons plus de 6 km pour en sortir, c'est une ville toute en longueur.

Nous reprenons la presqu'île avec le vent de 3/4 face, comme il n'est pas très violent, ça passe bien d'autant que nous sommes frais et qu'il fait frais. Après 50 km nous sommes à l'embranchement, le vent se met à forcir, la chaleur arrive et c'est unes autre paires de manches. Contre tout attente le vent est de face. Nous progressons difficillement et il faut appuyer sur les pédales. Le sable nous cingle le visage.

Nous nous arrêtons à un poste de police, le policier nous conseille fortement de nous arrêter à BOU LANOUAR et de ne pas dormir dans la nature. Nous suivons son conseil car arriver au village, nous sommes cuits.

Nous nous arrêtons à l'auberg Tighit, l'aubergiste nous montre la chambre, une cellule sans fenêtre, sans meuble, quelques coussins et des tapis pourris par terre, le tout pour 2 000 ouguiyas (5 €). Pour le fun, j'aurais bien dormi là mais je voyais Yannick tiuer. Nous allons dans l'auberge conseillée par le policier et nous nous installons dans une chambre sympa : deux lits, la douche et la clim, s'il vous plait et pour 6 000 ouguiyas (15 €).

Il est 14 h et nous avons bien fait de nous arrêter car le vent souffle de plus en plus fort, soulevant le sable qui nous cache le soleil : un vent de sable. Finalement nous passons l'après-midi à nous reposer et en profiter pour filtrer de l'eau car l'eau minérale fait exploser le budget. Ce soir, ce sera poulet frites. Abdelaï nous prépare le repas. C'est un malien venu en Mauritanie en attente d'un vias pour venir en Europe.

Date du Message :
01 11 2009 17:04:22
Latitude : 21°17'46,8" - Longitude : -016°-31'-42,7"
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NOUADHIBOU / BOU LANOUAR
Vendredi 30 octobre 2009 87 km cumul : 5093 km
Dénivellé : 265 m

Debout à 5 h car il ne faut pas partir trop tard à cause du vent, il nous faut descendre toutes nos affaires et faire un brin de ménage chez Marie. Pendant que j'installe ma remorque Yannick fait le ménage : quelle aubaine !!

Nous démarrons à 7 h 20, c'est super. NOUADHIBOU est calme et nous faisons plus de 6 km pour en sortir, c'est une ville toute en longueur.

Nous reprenons la presqu'île avec le vent de 3/4 face, comme il n'est pas très violent, ça passe bien d'autant que nous sommes frais et qu'il fait frais. Après 50 km nous sommes à l'embranchement, le vent se met à forcir, la chaleur arrive et c'est unes autre paires de manches. Contre tout attente le vent est de face. Nous progressons difficillement et il faut appuyer sur les pédales. Le sable nous cingle le visage.

Nous nous arrêtons à un poste de police, le policier nous conseille fortement de nous arrêter à BOU LANOUAR et de ne pas dormir dans la nature. Nous suivons son conseil car arriver au village, nous sommes cuits.

Nous nous arrêtons à l'auberg Tighit, l'aubergiste nous montre la chambre, une cellule sans fenêtre, sans meuble, quelques coussins et des tapis pourris par terre, le tout pour 2 000 ouguiyas (5 €). Pour le fun, j'aurais bien dormi là mais je voyais Yannick tiuer. Nous allons dans l'auberge conseillée par le policier et nous nous installons dans une chambre sympa : deux lits, la douche et la clim, s'il vous plait et pour 6 000 ouguiyas (15 €).

Il est 14 h et nous avons bien fait de nous arrêter car le vent souffle de plus en plus fort, soulevant le sable qui nous cache le soleil : un vent de sable. Finalement nous passons l'après-midi à nous reposer et en profiter pour filtrer de l'eau car l'eau minérale fait exploser le budget. Ce soir, ce sera poulet frites. Abdelaï nous prépare le repas. C'est un malien venu en Mauritanie en attente d'un vias pour venir en Europe.

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01 11 2009 15:56:44
Latitude : 20°55'09,5" - Longitude : -017°-02'-54,8"
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NOUADHIBOU : REPOS
Mercredi 28 octobre 2009
Jeudi 29 octobre 2009

En arrivant la veille chez Marie, pas d'eau et pas d'électricité. Le mercredi est consacré à la mise à jour du site. C'est assez laborieux car dans l'immeuble, il y a bien la Wifi mais ce n'est pas trop fiable. J'y passe un temps infini pour un résultat médiocre. Le soir, j'irai dans un cyber, ce sera plus simple.

NOUHADIBOU (NDB) respire à l'heure espagnol. Les Iles Canaries toutes prochent et la pêche, industrie importante ici favorise les échanges. Il y a d'ailleurs un consulat espagnol.

Par contre, à NDB, j'ai vraiment l'impression d'être en Afrique : Les zébus en attestent. La population est un mélange de maures et de noirs, souvent d'origine peuls. Il y a aussi beaucoup de sénégalais restés certainement en rade en essayant de passer aux Canaries.

Ici, fait original, la semaine suit le calendrier musulman. Le week-end est le vendredi et le samedi. Le dimanche tout le monde travaille.

Le jeudi matin, Yannick tourne en rond et décide de faire un tour de vélo et mois je reste pour essayer d'envoyer des photos. Yannick revient un peu déçu de sa virée et me dit qu'il n'y a pas grand chose à voir, j'ai donc moins de regret d'être resté enfermé. L'après-midi, sieste et repos, dehors il fait trop chaud : 46° au soleil. Nous irons faire les courses en fin d'après-midi. D'autant que je dois récupérer une chemise que je me suis fait faire sur mesure: on verra le résultat.

A noter que nous sommes le 29 octobre, cela fait deux mois que je suis parti et même si j'ai hâte d'arriver DAKAR pour retrouver Laurence et les amis, je n'ai pas le sentiment d'avoir langui.

Je suis finalement allé cherché ma chemise, par chance, elle est prète et me va comme un gant, heu ! une chemise. J'ai hâte de l'enfiler sous le soleil.

Marie est partie à ZEROUATE par le train minéralier. Nous rentrons dans son appartement, pas d'électricité, pas d'eau. Les coupures sont donc fréquentes à NDB.

Après réflexion, Yannick abandonne l'idée du prendre le train minéralier. Seul, ce n'est pas évident de mettre vélo et sacoches dans un wagon vide de 3 m de haud. Perso, j'ai vite abondonné l'idée car avec la remorque, j'aurai pu avoir de la casse. Nous ferons donc le désert mauritanien par la route et irons peut-être dans l'Adrar à parir de NOUAKCHOTT. L'électricité revient et du coup nous pouvons communiquer avec nos familles respectives par Skype. Yannick est heureux comme tout car c'est se première connexion Skype.

Date du Message :
28 10 2009 20:46:03
Latitude : 20°55'09,5" - Longitude : -017°-02'-54,8"
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CAP BARBAS / NOUADHIBOU
Mardi 27 octobre 2009 148 km cumul : 5 006 km
Dénivellé : 270 m

La pluie et les bourrasques de vent nous réveillent vers 5 h. Heureusement que nous n'avons pas dormi à la belle étoile. La pluie cesse vers 6 h. Après avoir déjeuné dans notre chambre, c'est Yannick qui paye le café, nous démarrons à la frontale à 6 h 20.

Nous pédalons une petite demi-heure dans la nuit. Ce n'est peut-être pas très prudent mais nous souhaitons arriver à la frontière avant midi.

La route jusqu'à la frontière est magnifique, du sable, du sable, des dunes et la traversée d'un djébel aux pierres sculptées par le sable et le vent. La route est jalonnée par d'énormes cairns. Est-ce pour les tempêtes de sable et ne pas se perdre, ou pour ne pas s'éloigner de la route car la région était minée (de nombreux panneaux en attestent) ? Il n'y a pas que les cairns qui jalonnent la route, de nombreux militaires en poste surveillent cette route qui mène à la frontière. Guère avant la frontière, des pelles mécaniques et des bulls semblent tracer ce qui devrait être une piste d'atterrissage pour les avions militaires.

A force de pédaler comme des malades, nous arrivons à la frontière marocaines à 10 h 30 :objectif largement atteint. Nous passerons, à force de contrôles et recontrôles un grand moment à cette frontière que nous pensions être la plus facile.

Nous entrons enfin dans ce fameux "no mans land", une piste en fort mauvais état qu'il ne faut absolument pas quitter car minée de part et d'autre, entre les deux postes frontières. Je suis obligé de passer les zones de sable à pieds, la roue de la remorque refusant de tourner. Ainsi je traîne la remorque et croyez-moi, c'est lourd. Avec les précédentes expériences de sable, je sais maintenant qu'il me faut absolument éviter les pistes sablonneuses : je ne passerai pas.

Nous arrivons enfin au poste frontière mauritanier. Avec nos petits vélos, nous doublons toute la file d'attente et tous les camping-car qui nous avaient doublés dans la matinée. Nous sommes les premiers au poste de police où tout le monde attend. Un mauritanien qui semble passer des voitures (c'est assez courant ici), admiratif de nos exploits parlemente avec la police et nous fait passer. La barrière sera fermée derrière nous pour la pause. Yannick a son visa pour un mois, donc pas de problème pour lui. Perso, je n'ai pas de visa et un brin d'inqiétude, tous les bruits courent sur la passage de cette frontière : pas de visa du tout et retourner à RABAT ou un visa pour trois jours et impossible d'arriver à NOUAKCHOTT à vélo pour la prolongation. Finalement et toujours avec l'aide de ce mauritanien, la police me délivre un visa pour trois jours en m'expliquant que je peux aller à NOUADHIBOU, y rester quelques jours et que j'ai le temps d'arriver à NOUAKCHOTT pour faire prolonger le visa, le principal étant de le faire. Il est 13 h 30 et avec Yannick, nous nous tapons dans les mains, contents et fiers d'avoir passer cette frontière aussi facilement. J'aurais pu y passer plusieurs jours ou retourner à RABAT en bus.

Le sable est de plus en plus présent, les dunes grandissent, c'est absolument merveilleux. Il est assez étonnant de constater que les passages des frontières représentent quelque chose de très concret : tout change.

Nous arrivons à l'embrachement de la route NOUAKCHOTT /NOUADHIBOU et traversons la voie ferrée du train minéralier, le train le plus long du monde.

Nous prenons la route de la presqu'île qui mène à NDB. Le sable est de plus en plus présent et longeons l'océan et la ligne du chemin de fer. Je sais que ce fameux train part vers 14 h 30 de NDB, on pourrait l'apercevoir. Effectivement, un grand bruit et comme une vache qui regarde passer le train, je m'arrête et photographie ce train qualifié de plus long du monde (2,3 km). Ce train minéralier a une signification particulière pour moi. Je suis lorrain d'origine et l'exode de ma famille vient de la fermeture des mines de fer de Lorraine lors de l'exploitation du gisement mauritanier. Le minerai acheminé depuis NDB jusqu'à DUNKERQUE était économiquement plus rentable que l'exploitation de la minette lorraine.......

Nous arrivons au premier rond-point de NDB et nous nous arrêtons pour appeler Marie qui doit nous recevoir. Marie est la fille de Christian et Roselyne GUINGOT, assureur à MANOSQUE. Christian est le président du club cyclotouriste de MANOSQUE. Il m'avait, tout comme Roselye donné les coordonnées de leur fille Marie, installée à NDB où elle travaille pour la coopération internationale. Sur mon portable, impossible d'avoir Marie, les communications intérieurs ne passent pas. Je demande à un policier en tenue de me préter son portable et j'ai enfin Marie qui me donne rendez-vous devant le consulat espagnol. Je demande au policier ce que je lui dois, sachant que je n'ai que des dirhams, il me répond 200 dirhams (18 €). A mon air étonné, il se ravise et dit 100 dirhams. Je n'ai pas envie de discuter, je lui donne ses 100 dirhams et le traite de tous les noms : voyou, voleur, etc.. Il ne répond pas et s'en va tout penaud mais il a encaissé les 100 dirhams.

Nous traversons la nouvelle ville de NDB et nous nous sentons vraiment en Afrique, des chèvres qui traversent la route, mangeant sacs plastiques et cartons, des voitures dans un état lamentable, roulant dans tous les sens. Marie m'avait prévenu de faire très attention.

Devant le consulat, nous sommes priés de vite dégager, certainement le traumatisme de l'attentat de NOUAKCHOTT devant l'ambassade française. Nous stationnons à côté et le militaire nous fait signe de déguerpir. Nous ne bougeons pas, défendus par les autochtones.

Marie arrive, elle habite à 300 m et montons remorque et vélo à l'étage. Nous sommes véritablement accueillis comme des princes. Marie est très sympa et cool, nous nous sentons chez nous, peut-être un peu trop. Le soir nous allons manger dans un restaurant espagnol où nous faisons un succulent repas, servis par des peuls magnifiques dans leur boubou ; repas arrosé à la bière, c'était inespéré. Il est possible à NDB de boire de l'alcool dans certains établissements acrédités mais ils ont l'interdiction de servir les mauritaniens. D'ailleurs, nous devions manger dans un autre qui a été fermé par décision administrative pour cette raison. Nous sommes dans une république islamique, il ne faut pas l'oublier.

Nous rentrons assez fatigué pour dormir, la journée aura été très prenante en évènement mais nous avons quand m^me fait 148 km. J'ai été un peu long car j'avais beaucoup de choses à dire et je terminerai en annonçant que j'ai maintenant dépassé les 5 000 km.

Date du Message :
28 10 2009 16:56:52
Latitude : 22°03'30,0" - Longitude : -016°-44'-34,50"
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AIN BERDA / CAP BARBAS
Lundi 26 octobre 2009 110 km cumul : 4 858 km
Dénivellé : 150 m

Nous nous réveillons tout mouillé et plein de sable, qu'importe ça sèchera avec le soleil. Mais du soleil nous n'en aurons pas trop dans la matinée.

Nous démarrons à 8 h 15 dans le brouillard qui ne nous quittera pas jusqu'à midi. Nous pédalons entourés de sable qui vient même sur la route. Yannick m'attend à un panneau pour la photo et sur ce panneau il y a écrit "DANGER MINES" avec un tête de mort. Il n'y a pas si longtemps et pour ces raisons, nous étions obligés de circuler en convoi sur ces routes du Sahara Occidental dont le statut politique n'est pas encore défini. Après 110 km, nous arrivons à la fameuse station où nous n'avons pas d'autre choix que de nous arrêter. Nous mangeons un tajine et nous installons dans un petit hôtel où la douche nous fait vraiment du bien. Nous en profitons pour faire nos courses car il n'y a plus rien jusqu'à la frontière et décidons de partir de très bonne heure demain matin. Le soir, je mangerai un tajine de chèvre car il n'y avait plus que ça.

Date du Message :
28 10 2009 16:48:15
Latitude : 22°50'01,2" - Longitude : -016°-15'-13,9"
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DAKHLA / AIN BERDA
Dimanche 25 octobre 2009 145 km + 33 en voiture 178 km cumul : 4 748 km
Dénivellé : 260 m

Christine et Claude, nos nouveaux amis se lèvent un peu plus tôt pour nous mener à l'embranchement de la route de EL ARGOUB. Par chance, tout rentre dans la 806 Peugeot : les deux vélos, les sacoches, la remorque, Yannick et Bibi. Claude avait enlevé les sièges arrières, nous n'étions pas trop bien installés mais nous aurions tord de nous plaindre.

Nous passons sans problème les deux contrôles de police. Au deuxième, nous nous arrêtons pour une séance de photos et Christine a eu le malheur de nous prendre nous dirigeant vers le poste. Cela a fait un scandale et il a fallu effacer les photos.

Nous partons de l'embranchement à 8 h 30 et arrivons à EL ARGOUB vers 10 h. Il est trop tôt pour s'arrêter et décidons de continuer jusqu'à la prochaine station à une quarantaine de bornes.

Au bord de la route, nous remarquons un panneau particulier et donc photos obligatoires : Le Tropique du Cancer. La prochaine ligne mythique sera l'équateur. Arrivés à la station, nous dégustions un succulent tajine de mouton et comme il n'était que 13 h, nous décidons de reprendre la route jusque AIN BERDA, un village de pêcheurs où il n'y a pas grand chose.

Nous continuons donc notre route dans ce qui est toujours le désert et remarquons que le sable devient blanc. Des panneaux tout rouillés attirent mon attention. Sur un moins rouillé que les autres, j'arrive à lire l'inscription : EN COURS DEMINAGES. Est-ce une zone en cours de déminage ou en cours de minage ? Nous n'avons pas la réponse, toujours est-il que nous restons vigilents. Sauf une fois où je quitte la route pour une photo mais je me fais rappeler à l'ordre par Yannick.

Nous contournons le golfe de Cintra par un magnifique djébel. Même si la route grimpe un peu, il est sympa de traverser ces montagnes sans végétation mais avec des formes magnifiques formées par l'érosion, avec une vue de temps à autre sur l'océan. Nous traversons ensuite une très belle zone de dunes et de barkannes (petites dunes).

Nous arrivons enfin à l'embranchement de AIN BERDA, effectivement il n'y a rien et le village est à 10 km de piste sablonneuse. Nous la prenons sur un km et comme il est très malaisé d'y rouler, surtout avec la remorque, nous décidons de bivouaquer sur place. Nous essayons de monter la tente derrière un tas de sable mais peine perdue, impossible de monter la tente à cause du vent. Nous décidons de coucher à la belle étoile. Le repas du soir ne sera pas triste car nous prenons le sable en pleine figure et en mangeons même parfois. Nous nous conchons à 7 h 15 car il commence à faire frais. Malgré l'humidité et le vent, nous passerons une excellente nuit.



Date du Message :
24 10 2009 21:01:55
Latitude : - Longitude :
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DAKHLA : JOURNEE DE REPOS
Samedi 24 octobre 2009

Nous trainons dans le camping toute la matinée, faisons la connaissance de nos voisins Christine et Claude. Un couple fort sympathique qui font un peu post-soixantehuitars. Ils vivent quelques mois par an ici. Christine, ne se dit pas artiste mais artisan, elle a appris le zélige à Fès, en fabrique elle-même et l'enseigne en France. Claude, un ancien marin de l'île d'Yeu et tchache pas mal avec Yannick car ils ont plein de connaissances communes.

Nous allons à DAKHLA pour manger, Christine et Claude nous y emmènent et nous conseille un petit restaurant pas cher. Nous avons mangé une assiette de poissons (gambas, calamars, soles, espadon) avec salade et fruit à volonté pour 80 dirhams chacun (7€).

Arrivés à l'hôtel, nous les invitons à manger pour le soir. Demain, ils nous châlent nos sacoches et remorque à l'embranchement de la route car le vent n'arrête pas de souffler et en vélo chargé, il nous faudrait 3 à 4 h pour faire les 333 km.

La journée passe ainsi avec un grand moment dans un cyber où la connexion est très mauvaise. Le tout est de se relaxer et de se reposer.


Date du Message :
24 10 2009 20:50:49
Latitude : 23°45'48,3" - Longitude : -015°-54'-26,6"
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ECHTOUCAN ETC / DAKHLA
Vendredi 23 octobre 2009 170 km cumul : 4 670 km
Dénivellé : 180 m

Mauvaise nuit, nous déjeunons au bar et départ à 7 h 30. Nous sommes toujours dans ce paysage de Far-West où les canyons se succèdent.

La mer est de nouveau en vue et bien sûr les cabannes et villages de pêcheurs toujours aussi étonnants.

Nous avons maintenant vraiment l'impression d'être au Sahara, l'herbe se fait de plus en plus rare. Seule la mer, pardon Alain, l'océan nous rassure, elle nous permet de nous orienter.

Nous nous arrêtons sur un site assez remarquable où l'érosion fait son effet. Le coin est même dangereux et il ne faut pas trop s'approcher des falaises car l'érosion creuse sous les pieds. A ce moment, un camping-car s'arrête pour nous donner le bonjour de Bruno et d'un autre cycliste que Yannick a rencontré.

Nous nous arrêtons pour déjeuner à l'ombre d'un château d'eau. Il y a un village de pêcheurs reconstruit à neuf. C'est assez bizarre de voir ces maisons neuves en plein désert. C'est, je pense, un programme national pour inciter les gens à rester dans leur région.

Le vent continue à nous pousser et nous arrivons à l'embranchement de DAKHLA que Yannick ne veut absolument pas manquer. Nouveau contrôle de la gendarmerie où nous sommes bien accueillis. Les gendarmes nous payent même le thé à la menthe.

Il nous reste 33 km pour arriver au camping. La route si situe dans un site absolument extraordinaire. Nous n'en profitons pas suffisamment car une fort vent de 3/4 face gène notre progression. Nous sommes sur une presqu'île et la lagune est un lieu magique. Le lieu est mondialement réputé pour le Kite-Surfing (planche avec un cerf-volant).

Nous arrivons au camping après un contrôle de la police, cette fois, et beaucoup moins sympa. Nous prendrons finalemen une chambre avec deux lits pour 80 dirhams, le même prix que le cmping.

après avoir fait nos courses en ville et passé une bonne nuit, nous décidons de nous accorder une journée de repos avant d'attaquer le final du Sahara marocain.

Date du Message :
24 10 2009 20:34:17
Latitude : 24°40'08,0" - Longitude : -014°-52'-12,2"
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BOUJDOUR / ECHTOUCAN ETC
Jeudi 22 octobre 2009 178 km cumul : 4 500 km
Dénivellé : 295 m

départ prévu à 7 h devant l'hôtel. Je passe une mauvaise nuit car j'ai peur de ne pas me réveiller. Finalement je suis debout à 5 h. A 6 h, je suis douché, Tornado et son attelage sont pret à partir. Je déjeune à la marocaine, café, assiette d'huile d'olive, assiette de confiture et pain.

Les copains arrivent à l'heure. Nous commençons par une scéance de photos à l'arrêt, en mouvement et le départ est donné à 7 h 30. Avec Yannick, nous quittons Bruno qui part dans l'autre sens.

La matinée sera agréable, temps couvert, pas de vent (tant mieux pour Bruno) et route relativement plate. En plein déset Yannicke me dit :"Gérard regarde". En fait nous avons fait partir une compagnie de perdraux d'une bonne douzaine, se dirigeant vers la plage.

Vers 11 h; me spmeom apparait et le vent se lève et comme nous l'avons dans le dos, c'est agréable. Par contre pour le pique nique, pour trouver de l'ombre, peut-être sous une herbe. Finalement vers 13 h nous prenons un morceau de piste et cassons la croûte à l'ombre d'une cabanne de pêcheur en ruine.

Le paysage est légèrement plus agréable que ces derniers jours, peut-être le soleil et la proximité de la mer. Le final, sera même merveilleux, dans un paysage de Far-West.

Petit arrêt coca dans une station service. Deux français se prennent en photo devant ma remorque et la discussion s'engage. L'un d'eux me demande si je ne suis pas passé sur le Journal. Il est de Salon de Provence et a vue l'article de Laure sur La Provence : étonnant n'est-ce pas.

Nous arrivons à une autre station sservice près d'un village de pêcheurs. Nous choisissons l'option Station. Nous intallons la tente dans un coin, près d'autres tentes d'ouvriers travaillant dans le coin. Comme beaucoup de station service, comme service offert, il y a toujours une petite mosquée. Le coin n'est pas bien terrible et surtout très sale. Il n'y a pas l'eau courante et l'électricité alimentée par un groupe électrogène qui s'arrête de temps à autre. Les gens sont à la mesure du coin, pas sympa. Nous passerons une mauvaise nuit, sans arrêt dérangés par le trafic qui durera toute la nuit.

Date du Message :
21 10 2009 17:00:00
Latitude : 26°07'28,6" - Longitude : -014°-29'-07,1"
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LEMSID / BOUJDOUR
Mardi 20 octobre 2009 82 km cumul : 4 322 km
Dénivellé : 30 m (et oui)

Hier soir avant de me coucher, j'ai décidé d'aller tranquillement jusque BOUJDOUR et de m'octroyer une journée de repos mercredi pour préparer au mieux ma descente sur la Mauritanie.J'ai pas mal d'avance sur mon planning, Laurence arrivant à DAKAR le 14 ou 15 novembre, il est inutile que j'arrive trop tôt.

Je me lève à 5 h 30, déjeune au bar qui est ouvert toute la nuit et démarre à 6 h 45. La route est des plus plates, le vent faible de côté, je suis à BOUJDOUR à 11 h 30. Il n'y a rien à dire sur le paysage car depuis 3 jours, c'est toujours le même : platitude, sable, cailloux et herbes clairsemées. Je ne suis jamais loin de l'océan mais je l'aperçois rarement.

Seule anecdote de la matinée, je suis pris en chasse par 3 chiens et un camionneur s'arrête et les fait fuir à coup de cailloux : sympa non, le camionneur pas les chiens. En entrant dans BONJDOUR, je suis accueilli par 2 énormes autruches, rappelant ainsi que ces animaux vivaient autrefois dans le Sahara qui n'était pas encore un désert.

Je suis également accueilli par les policiers mais je commence à en avoir l'habitude. J'ai la malheureuse idée de demander à un policier où commence le Sahara Occidental, il me répond sèchement qu'ici, c'est le Sahara marocain.

Je négocie un petit hôtel afin d'être tranquille dans la ville. Avant d'entrer dans l'hôtel, je suis interpellé par OUTIF Aziz qui m'interroge sur mon voyage. Je lui parle de l'opération "Un euro pour voir", il me donne 20 dirhams pour participer, c'est extraordinaire n'est-ce pas ? D'ailleurs, j'en profite pour demander à Laurence de faire un chèque de 2 € pour l'association LAUNATHO au nom de OUTIF Aziz.

C'est fou car en vélo, j'ai tout les gamins qui me courent après et quand je suis en civil, je passe inconito, peut-être qu'avec ma barbe, je fais couleur locale........

Je vais voir au camping si Yannick y est passé et comme j'ai rendez-vous avec Bruno, peut-être y est-il déjà. Bruno est un adepte de VoyageForum, un site Internet de voyageurs. Il est parti depuis un an et demi pour un tour du monde qu'il termine. Il y a près d'un an, nous savions que nous nous croiserions dans le Sahara Occidental. Bien sûr, ils sont là tous les deux, Yannick sans nouvelles était inquiet et ils s'apprétaient à aller au poste de police pour savoir si on avait de mes nouvelles (avec tous les contrôles,nous sommes suivis). La veille, il n'a pas voulu s'arrêter à LEMSID et pensait que je ferai de même. Il m'attendait au camping avant midi et sans nouvelles jusqu'à 16 h, il était inquiet. Tout rentre dans l'ordre, je suis très content de les retrouver.

Je fais donc la connaissance de Bruno, un artisan qui a tout arrêté, tout vendu pour son tour du monde : bravo.

Le soir, pour fêter nos retrouvailles nous nous payons un petit restaurant où nous rigolons bien.

Du coup, Yannick décide de s'octroyer une journée de repos supplémentaire pur repartir avec moi demain. Bruno en fait de même mais luis repartira dans l'autre sens.

Date du Message :
21 10 2009 16:38:22
Latitude : 26°32'26,0" - Longitude : -013°-50'-14,5"
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LAAYOUNE / LEMSID
Lundi 19 ocotbre 2009 113 km cumul : 4 240 km
Dénivellé : 105 m

Au lever, Yannick me dit être fatigué, quant à moi, je me sens en forme normle. Nous ne démarrons pas trop tôt par des courses dans LAAYOUNE. Jusqu'au port de LAAYOUNE, soit EL MARSA, c'est une succession de petites dunes. Un tracto dégage le sable emporté par le vent sur la chaussée, formant ainsi des sortes de congères.

Nous arrivons au port et contrôle des papiers pour entrer dans le port. Nous laissons nos passeports aux policiers, ce qui est certainement une erreur, enfin nous verrons bien. Le port de pêche n'a rien à voir avec celui de TARFAYA. Il y a une activité beaucoup plus importantes. De nombreux camions frigorifiques qui nous ont doublés attendent leur chargement. Nous assistons à la décharge d'un bateau de pêche. Les pêcheurs travaillant à la chaine, vident les filets remplis de sardines à un rythme très soutenu.

Nous sortons du port en direction de LEMSID, terme de notre journée. Yannick est devant, je n'ai pas de bonnes cannes, le vent est de travers et je n'ai pas de bonnes sensations. Yannick prend de plus en plus d'avance et ce qui n'était qu'un point noir à l'horizon va vientôt disparaître. Je prends mon mal en patience, d'autant que pour la première fois, j'ai mal au derche. Je commence à avoir faim mais repousse mon arrêt car à chaque fois, je crois apercevoir Yannick au loin. Enfin, vers 13 h, je m'arrête au bord de la route pour casser une petite graine. Ce sera une boîte de sardines que je traine depuis TAN TAN. Le vent se lève, je mange un peu de sable et prend le soleil. Par un vent de travers mais jamais favorable, j'arrive enfin à LEMSID.

Pas de Yannick, je pense qu'il a retrouvé la forme et a préféré filer jusque BOUJDOUR. Je ne m'en sens pas le courage et décide de poser mes bagages. C'est un village bizarre, une garnison, des maisons neuves, certainement pour les bidasses et une grande station service avec café restaurant.

Je demande si je peux monter la tente dans un coin, le serveur me dit de m'installer dans une grande salle pour la nuit. Je lui demande le prix, il me répond que c'est gratuit pour les clients. J'installe Tornado dans un couloir et cette salle est en fait une salle de repos pour les routiers.

De grand tapis par terre, des matelas contre les murs. Je passerai une excellente nuit, seul dans cette salle où nous aurions pu dormir à 30.
deux lavabos vont me permettre de faire une brève toilette. Pour dîner, j'ai droit moyennant 35 dirhams (3 €) à des brochettes de chameau, deux rations de frites et une salade : que demande le peuple. Je passe une de mes meilleures nuits, même le muezzin ne m'a pas réveillé.

Date du Message :
21 10 2009 14:29:45
Latitude : 27°09'00,8" - Longitude : -013°-12'-02,0"
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BIR TAOULEKT / LAAYOUNE
Dimanche 18 octobre 2008 147 km cumul 4 127 km
Dénivellé : 275 m

Ce matin, le bar ouvre tard, c'est Yannick qui me paye le café, m'évitant ainsi de sortir mon réchaud à essence.

Nous nous dirigeons en direction de TARFAYA et bien sûr, toujours les cabannes des pêcheurs mais les chiens en plus, ce qui est moins agréable. Car de temps à autre, ils nous courent après nous obligeons àfaire monter le palpitant.

Nous rentrons dans TARFAYA à l'écard des la route et j'ai le sentiment d'entrer dans une ville fantôme ; un port quasi désert nous laisse une impression bizarre. Nous apercevons le musée Saint Exupéry, c'est vrai que c'était une escale du temps de l'aéropostale.

Nous quittons TARFAYA sans regret pour reprendre la route de LAAYOUNE. Le bord de mer s'éloigne pour laisser place à un désert de sable, de cailloux et d'herbes clairsemées. La route sera languissnte jusqu'à LAAYOUNE.

Nous nous arrêtons dans un village pour manger un tajine qui sera léger pour nous deux pour un prix qui ne le sera pas, mais c'est relatif. Nous demandons ce que les gens font comme travail ici, il nous est simplement répondu : "mais il n'y a pas de travail ici". Il n'y a vraiment pas grand chose dans le coin, pas d'eau, pas de cultures et quelques maigres troupeaux de chèvres et de moutons.

Heureusement, la journée sera agrémentée par quelques parties de manivelles avec Yannick car le paysage n'est vraiment pas terrible.

Nous arrivons enfin à LAAYOUNE et nous aurons droit à deux contrôles en 100 m, l'un par la gendarmerie et l'autre par la police. Il ne faut pas mélanger, on nous le fait bien comprendre.

Nous sommes arrivés de bonne heure mais entre les contrôles et la recherche d'un hôtel, nous nous installons à plus de 6 h. LAAYOUNE, me parait un drôle de ville, beaucoup de militaires, des gamins excités qui nous courent après au risque de nous faire tomber. Toute la région a l'air bizarre, les gens toujours gentils me paraissent tristounet et un peu sauvage. Les conditions de vie doivent être difficile dans le coin, s'en est peut-être la raison.

Du coup, le soir pur nous changer les idées, nous irons dans une pizzéria où l'accueil sera très sympathique. Yannick va se coucher tandis que mois je vais dans un cyber. Une connexion excellente me permettra de parler avec Laurence comme si nous discutions côte à côte.

Date du Message :
21 10 2009 12:14:24
Latitude : - Longitude :
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EL OUATIA / BIR TAOULEKT SUITE
ERREUR DE FRAPPE : SUITE DU PRECEDENT

nou aurons fait 60 km pour arriver à ce bar au lieu des 30 annoncés (toujours la même histoire).

A ce café, moyennant le repas du soir, nous demandons l'autorisation de monter la tente sur la terrasse, attirant ainsi la curiosité des clients. Yannick qui travaille dans unes criée choisit le poisson, ce sera de la courbine ou du maigre. Une fois de plus, je me régale avec ce poisson. Après le repas, dodo chacun dans sa tente sur cette terrasse. C'est assez marrant de dormir là, nous passerons d'ailleurs une excellente nuit.

Date du Message :
21 10 2009 12:09:36
Latitude : 27°59'14,4" - Longitude : -012°-37'-01,3"
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EL OUATIA / BIR TAOULEKT
Samedi 17 octobre 2009 165 km cumul : 3 980 km
Dénivellé : 300 m

Handi me prépare le petit déjeuner à 6 h 30 après la prière à la mosquée. Je démarre à 7 h 40 en direction de TARFAYA distant de 190 km. On verra bien si je vais à TARFAYA, en tout cas, j'aviserai.

Je quitte TAN TAN plage, passe devant des usines de farine de poissons : aliments pour les petits poulets (pas pour moi, Laurence, les poulets que l'on mange).


De petite falaise surplombent l'océan et entre l'océan et la route, des cabannes de pêcheurs un peu partout. Les pêcheurs pêchent avec de longues cannes au dessus des falaises, parfois, j'aperçois des filets qui descendent. Il parait qu'il y en a même qui descendent sur des échelles de corde. Je crois avoir vue une émission sur le sujet à Thalassa.

Toujours est-il que le coin est très joli : des falaises, des criques, des oued et le désert.

Loin devant moi, j'aperçois un point noir, c'est je pense un marocain à vélo. Le point se rapproche, je suis en train de revenir sur un cycliste français. Quand je suis à sa hauteur, nous nous arrêtons et comme d'habitude, nous échangeons. Il s'agit de Yannick des SABLE D'OLONNE qui a pris deux mois de congés pour faire TANGER/DAKAR avec des sacoches. Il me cherchait depuis deux jours car les gendarmes lui avaient parlé de moi : un grand gaillard de 60 ans qui travers l'Afrique. Dixit Yannick, il voulait absolument voir ce phénomène. Nous nous séparons et le hasard des pauses photo, nous nous retrouvons régulièrement. On lui a dit qu'au village suivant, ils faisaient des sardines succulentes. Il roulait un peu plus vite que moi et je luis dit : "va commander les sardines, j'arrive." Finalement nous arrivons au village ensemble et après avoir mangé du poisson, nous décidons de faire route ensemble jusqu'au soir.

Le route est très agréable, vent dans le dos, nous avançons comme des avions. Nous quittons un peu le bord de mer pour traverser une zône de dunes, des lagunes. Le spectacle est absolument prodigieux, d'autant que nous pédalons facilement. Virage à droite et nous nous redirigeons vers l'océan. Du coup, nous prenons le vent de face et c'est une autre paire de manches. Nous sommes deux et en profitons donc pour prendren des relais comme en vélo de route.

Au village suivant, le mauritanien, c'est comme ça qu'il se fait appeler, nous avait signalé un bar au bord de la route à 30 km. Ne voyant rien venir, nous nous renseignons et il faut faire encore 25 km

Date du Message :
21 10 2009 11:51:03
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REPOS EL OUATIA
Journée de repos forcé dans le camping "Le Sable d'Or". Comme d'habitude, tout le monde y est sympa. Ce camping est essentiellement occupé par des français retraités qui viennent y passer plusieurs mois pour pêcher.

Le matin est consacré à la mise à jour du site, l'envoie de quelques photos. L'après-midi, je m'occupe de Tornado. Non sans mal, je lui met une chaine toute neuve, il en hennit de joie.

Je profite également pour la première fois de mon séjour pour me baigner. Je laisse mes affaires sur la plage et bien entendu, je ne suis pas tranquille. Le bain sera bref, c'est un peu l'inconvénient d'être seul.

Dans ce camping, il y a un restaurant, du coup, j'en profite pour faire une cure de poissons.

Ce village est très agréable, calme et les gens sympa, j'y resterais volontiers plusieurs jours. Un des employés Hamsi, qui est mauritanien, me demande si je peux apporter de l'argent à sa femme qui est à Rosso. Je lui explique que ce serait volontiers mais que je suis à vélo, très vulnérable, que je pourrai me faire dépouillés. Il comprend et n'insiste pas.

Date du Message :
16 10 2009 13:45:27
Latitude : 28°29'31,2" - Longitude : -011°-20'-16,0"
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GUELMIN / EL OUATIA
Jeudi 15 octobre 2009 156 km cumul : 3 815 km
Dénivellé : 705 m

Je me lève à 5 h et vais déjeuner en ville. Les gens sont déjà levés pour aller prier à la mosquée. Je peux partir à 7 h moins 20, c'est parfait. Point de vent, il fait beau, je pense qu'il va faire très chaud.

Les 80 premiers kilomètres, rien à dire : plat, pas de vent, j'avance bien, je suis très content. Depuis BOULZRKANE, le paysage est absolument identique : désert de cailloux et quelques herbes. Je m'arrête pour boire un café et en repartant, contrôle de police. Il est maintenant 11 h, il ne me reste plus que 50 km, je pense être à TAN TAN vers 13 h, c'est super.

Je suis maintenant au pied d'un col qui sera très dur et me ralentit considérablement. Les gens m'avaient certifié que GULMIN / TAN TAN c'était tout plat, ils sont une fois de plus dans l'erreur. La suite sera une succession de bosses. Comme je l'avais prévu, il fait très très chaud. Heureusement, j'avais prévu 6 litres d'eau et il me les faudra. Je m'arrête pour manger en plein soleil, je n'ai pas d'autre choix et il faudra bien m'y habituer. Au bas d'une descente, avant de traverser l'Oued Draa, un nouveau contrôle de police qui me coupe mon élan car en face, il y a une grosse bosse. A propos du Draa, beaucoup d'entre vous connaissent la vallée du Draa (ZAGORA). Je croyais qu'il se perdait dans le désert après MHAMID. Et bien non, il rejoint l'Atlantique guère avant TAN TAN, au cap Draa justement. Je mets à jour ma géographie.

Il est 15 h, j'arrive à TAN TAN, ville sans intérêt, je décide donc de continuer sur EL OUATIA (ex TAN TAN plage) au bord de l'Atlantique. Il me rest 25 km, je suis à 200 m d'altitude, je pense mettre moins de 2 heures. Peine perdue, effectivement sur la carte, on voit bien un Djbel en travers et j'arrive à 17 h 30. Avant de descendre sur TAN TAN plage, ma chaine déraille : premier incident mécanique. Je ne suis pas supris car à OUARZAZATE, elle donnait déjà des signes de fatigue.

Je prends la décision de la changer à EL OUATIA. Le problème, c'est que EL OUATIA / TARFAYA, c'est 185 km et qu'il n'y a pas grand chose entre. Je m'installe dans un camping et ne repartirai pas demain car il faut absolument réparer. Ce n'est pas grâve, je suis au bord de la plage, j'en profiterai pour me baigner : il y a pire comme situation.

J'allais oublier, en entrant à TAN TAN, troisième contrôle de police et je vous prie de croire qu'ils épluchent mon passeport ; en plus, il faut que je racont ma vie à chaque fois.

Date du Message :
14 10 2009 23:50:19
Latitude : 28°59'13,7" - Longitude : -010°-03'-29,5"
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TIZNIT / GUELMIN
Mercredi 14 octobre 2009 109 km cumul : 3 659 km
Dénivellé : 885 m

Levé à 5 h et départ à 7, mais une surprise m'attend, je démarre dans le brouillard. Au bout d'une heure, le brouillard se lève mais le vent aussi et de face. Il ne me quittera pas de la journée. J'en bave des ronds de chapeaux car je suis sur un plat montant pendant 20 km et un col qui n'en finit pas car après le col, je suis sur un plateau et ça monte toujours (1150 m). J'ai fait pratiquement 50 km à 11 km/h de moyenne. Il fait chaud et je suis cuit. Je n'arrête pas de boire. Avant la descente, vers midi je fais un pause (5 h sans pratiquement m'arrêter), je n'ai pas faim, je me contenterai de deux grenades et deux oranges offertent par Mohamed à OULAD TEMIA.

Je pense m'arrêter à BOULZAKARNE car je suis découragé pour la première fois de mon voyage. Quand je pense que Jojo me disait que ce n'était pas sportif mais tout dans la tête. De deux choses l'une, ou il était hyper costaud, ou je suis nul. Je ne le pense pas mais ce fort vent contraire, c'est dur.

J'arrive au village en question et j'ai l'impression d'être au bout du monde. Je me demande ce que les gens font là, au milieu de rien. Un premier contôle de police ; les policiers me confirment que c'est plat jusqu'à GUELMIN. Je décide donc de faire un effort car je suis mieux dans ma tête. Le vent ne lâche pas mais sur du plat c'est moins dur.

Un camion venant de face s'arrête et le chauffeur me tend un bouteille d'eau minérale fraîche : c'est ça l'accueil du sud.

J'arrive enfin à GUELMIN et deuxième contrôle de police. Je pense que ce n'est pas fini car je vais rentrer dans une zône militaire où la situation n'est pas très stable entre les problèmes avec l'Algérie et le Front Polissario. D'ailleurs GUELMIN est plein de militaire. Je cherche un hôtel car je suis vraiment cuit. Quelqu'un me double et reste un moment à ma hauteur, c'est monsieur SLIMINI Hmad qui est attiré par mon attelage. Il lève le pouce en signe de félicitation et me propose le thé à la menthe. Il est marchand de meubles et d'électroménager et fait dans le social. Il est secrétaire général de la fondation des oeuvres sociales de l'enseignement. Il est donc très intéressé par mon projet et l'association LAUNATHO.

Je trouve enfin un petit hôtel, me douche et je vais me promener dans GUELMIN. j'ai vraiment l'impression d'être dans un autre pays. Les gens sont habillés différemment, beaucoup de couleur bleue (Les hommes bleus) et l'atmosphère qui se dégage est complètement différente. Je suis vraiment aux portes du SAHARA.

Je cherche un cyber et un homme me demande si je veux manger. Comme c'est ce que j'allais faire, je le suis. Il m'emmène dans un restaurant qui serait le sien. Il me dit trafiquer dans les voitures d'occasion avec la Mauritanie, qu'il a un grand garage à NOUATCHOK. Il m'explique que les cigarettes sont plus chères plus bas et que c'est un bon passeport. Bref, je me suis fait enfler de deux cartouches de cigarettes (il m'en proposait quatre). Je ne sais pas pourquoi, je suis entrer dans sa combine mais c'est comme ça, on verra bien, j'en ferai des cadeaux.

J'ai reçu un message d'un collègue de VoyageForum , Bruno SAULET qui finit son tour du monde et l'on doit se croiser (il y a des mois qu'on en parle). Ile me signale qu'il a un vent contraire abominable et qu'il remonte la Mauritanie en voiture. C'est très bon pour moi, car cette fois, j'aurai le vent dans le dos.

Date du Message :
13 10 2009 13:09:22
Latitude : 29°41'36,7" - Longitude : -009°-43'-25,1"
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OULD TEIMA / TIZNIT
Lundi 12 octobre 2009 106 km cumul : 3 550
Dénivellé : 350 m

En regardant le kilométrage cumulé, je m'aperçois que j'en suis à 3 550 km alors que mon programme initial en prévoyé 3 088 m, j'ai vraiment pris le chemin des écoliers pour traverser le Maroc.

Je passe un excellente nuit dans ma tente, sur mon petit matelas auto-gonflant. Je serai souvent réveillé, c'est devenu courant au Maroc, par les chiens, les coqs et le Muezzin. Au réveil, la tente est toute mouillée, je décide donc de trainer pour la faire sécher. A 9 h, je démarre et en sortant, je tombe sur Mohamed, un ouvrier qui tient à m'offrir le thé. Mohamed, c'est le consommateur et le vendeur de kif. La veille, j'avais dit que l'on m'en avait proposé et ils s'étaient esclaffés de rire en me disant que Mohamed en vendait.

Pendant qu'il préparait le thé, l'autre Mohamed, le patron arrive et là plus question de partir. De nouveau nous palons un peu de tout, beaucoup de l'agriculture au Maroc, en France et même de politique. Il m'indique à ce propos que Chirac vient tous les ans à TAROUDANT pour passer les fêtes de Noël. D'ailleurs, en règle général, Chirac a laissé une bonne impression à tous les marocains. Son refus d'aller faire la guerre en Irak y est certainement pour beaucoup. Je leur confirme que si cela avait été notre président actuel, nous y serions bien en Irak.

Evidemment, je déjeune à nouveau et Mohamed me demande si je veux des grenades, comme je les adore, j'accepte. En fait, c'est un ouvrier qui est chargé d'aller les chercher à vélo dans une autre ferme à 5/6 km de là. Pendant ce temps, nous visitons la propriété et me montre les dégats des dernières sécheresses et m'informe du manque d'eau dans la région. Ils creusent des puits à 2/300 m de profondeur. Les pomps tournent à l'électricité et coûtent très chère (il m'a montré les factures). Cette eau est stockée dans un bassin et repompée dans le goutte à goutte au moyen d'un moteur de Renault 25 (Claude doit apprécier, d'autant qu'il m'a dit que la Renault 25 c'était important pour eux), transformé en énergis à gaz. D'ailleurs, tout au long de la route, j'avais remarqué au bord des routes, des quantités impressionnantes de bonbonne de gaz.

Finalement, son gars arrive et je peux repartir mais avec peut-être 3 kg de raisin, 2 kg de grenades, et 2 kg d'oranges, mais c'est déjà 10 h 30. Moi qui me plaint d'être trop chargé !!!!!

Je suis à 30 km de AIT MELLOUL où je dois faire mon choix, aller à AGADIR chez mon ex copain Pierrot ou filer directement sur TIZNIT. Mon cousin Christian m'appelle au téléphone pour me dire que Pierrot m'attend ce soir pour manger et dormir. Je décline l'invitation car ce n'est pas encore midi et je préfère continuer ma route.

Je passe dans une région particulièrement minable, beaucoup de monde, beaucoup de serres, beaucoup de caillasses et beaucoup de circulation.J'arrive finalement à TIZNIT en ayabt fait 106 km et assez fatigué. Je décide donc de dormir dans un petit hôtel à 10 €. Un hôtel propret mais rudimentaire : pas de serviette, pas de drap (j'en réclame) et la douche directement dans le WC à la turc. Au cours de la nuit je décide de rester une journée ici pour me reposer et visiter la médina. J'en profiterai pour laver mon linge, mettre mon site à jour et faire passer quelques photos. Aussi étrange que cela puisse paraîte, il y la WiFi dans cet hôtel.

Date du Message :
13 10 2009 12:44:03
Latitude : 30°23'14,9" - Longitude : -009°-14'-39,&"
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TALIOUINE / OULAD TEIMA
Dimanche 11 ocotbre 2009 145 km cumul : 3 444 km
Dénivellé : 170 m

La veille, j'avais négocié un petit déjeuner à 6 h 30, ainsi ce matin, je démarre à 7 h. 20 car j'envisage une longue étape afin de me rapprocher au maximum d'AGADIR. Petite bosse au départ pour un passage à 1 050 m et j'attaque une longue descente parmi les arganiers, dans un paysage de moyenne montagne : l'Anti Atlas. Je quitte la route de MARRAKECH et du Tizi-N-Test par laquelle je devais arriver. Je me retrouve dans une vast plaine avec d'un côté, le Haut Atlas et le pont culminant du Magreb, le Djbel Toubkal ( 4267 m) et de l'autre, l'Anti Atlas avec des sommets à 2 500 m. Au début de cette plaine, l'aspect désertique avec les troupeaux de chèvres noires prédomine pour laisser place à des cultures ; des champs de courges en premier lieu, puis des immenses domaines plantés d'agrumes ou d'oliviers. Je passe devant une série de serres plantées de bananiers. Je constate, beaucoup d'arganiers morts, j'apprendrai le soir que c'est dû aux dernières années de sécheresse. La route en plat descendant est es plus agréable, si ce n'est la chaleur. Je m'arrête pour manger un tajine à l'ombre des orangers et récupère la route de MARRAKECH/AGADIR. La circulation se densifie et il faut être très vigilant. Je me fais rattraper par trois jeunes marocains qui rentre sur AGADIR d'où ils sont partis le matin pour un périble de 180 km. Après les bavardages habituels, ils me larguent lamentablement. Je les retrouve un peu plus loin, en train de s'alimenter et cette fois ci, c'est moi qui les largue. Ils avaient dû présumer de leurs forces. Le vent commence à souffler et même si la route est plate, il faut appuyer dur sur les pédales. J'aperçois enfin le terme de ma journée : OULAD-TEIMA. Je dis bien, j'aperçois car le vent souffle tellement fort qu'il soulève des nuages de poussière, si bien que l'on distingue à peine la ville prises dans une espèce de brouillard : je me croirai dans "Il était un fois dans l'Ouest. C'est assez impressionnant et je pense que les gens malades des bronches ne doivent pas aprécier. Arc-bouter sur ma bécane, je pénètre dans cette ville grouillante de monde, c'est vrai que c'est dimanche. Je cherche un hôtel, en trouve un pour 4 dirham (3,6 €) mais sans salle de bain. Je demande à un autre mais ils ne prennent pas mon vélo. Je m'arrête à un rond-point pour demander à un gendarme et je vois passer mes trois jeunes cyclistes : ils risquent fort de rentrer à la nuit. Lr gendarme me dit que la seule solution, c'est AGADIR et que ce n'est pa loin : 45 km. Il est maintenant 17 h 30 et 45 km avec le vent, c'est pratiquement 3 heures. Je pense qu'il ne réalise pas que je suis à vélo et chargé comme un âne. Je continue donc avec l'intention de bivouaquer n'importe où. Je fais le plein d'eau, j'ai de quoi mangetr, ça ira. Je prends le premier chemin à droite, histoire de m'éloigner de la nationale. Je tombe sur un portail, je rentre pour demander l'autorisation de m'installer à l'extérieur : peine perdue, rentrez et installer-vous à l'intérieur. Je m'installe donc dans la cour de la ferme, je monte la tente et le fermier arrive aussitôt pour me dire de manger avec eux. J'essaye de refuser pour ne pas les déranger mais c'est inutile. En le fermier Mohamed, possède 5 à 6 exploitations différents et habite ailleurs. Nous mdangerons donc dans son bureau avec deux de ses ouvriers (entre hommes biensûr). Il a envoyé quelqu'un faire les courses à OULED TEIMA : brochettes, frites, sandwich marocain, grenade et évidemment thé à la menthe. Nous discutons beaucoup surtout qu'il connait bien la France. Il y va pour des formations ou visiter son principal client à MONTELIMAR (Epi d'Or). J'apprends beaucoup sur leur mode de fonctionnement. Ils possèdents souvent plusieurs fermes. Ici ce sont les agrumes, à TAROUDANT, le maïs, une autre l'élevage. Il a même planté de la vigne avec des cépages venus d'Afrique du Sud. Il pratique la polyculture. Il me confirme que le Souss est bien le grenier du Marocc, puisque 40 % de la production agricole du Maroc y est issue. C'est effectivement ce j'avais remarqué en traversant à vélo, d'immenses domaines. Finalement, il se fait tard et je prend congé de mes hôtes pour aller dormir dans ma tente car j'au eu une grosse journée.

Date du Message :
10 10 2009 21:03:59
Latitude : 30°31'54,0" - Longitude : -007°-55'-29,9"
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TAZENAKHT / TALIOUINE
Samedi 10 ocotbre 2009 87 km cumul : 3 299 KM
Dénivellé : 675 m.

Nuit agitée, une meute de chiens errant a aboyé toute la nuit. Pendant mon petit déjeuner, je discute avec un ancien parlant très bien le français et j'en profite pour luis demander conseil sur la route à prendre. Il me conseille fortement de prendre la route d'Agadir pour plus sympa et moins sauvage, me confirme que ça monte au début et qu'après c'est plus facile. Finalement, je décide de suivre son conseil d'autant que ce trajet fait 60 km de moins et peut-être, j'irai voir un ancien copain de hand, le beau-frère de mon cousin Christian.

Le départ a lieu à 8 h. 20 après un petit déjeuner des plus classiques. La route est maintenant plus confortable, un bon revêtement et deux voies. Elle commence par d'interminables lignes droites en montée et descente. Avec Tornado, nous attaquons le premier des trois cols de la journée : le Tizi-N-Ikhsane, puis viendront le Tizi-N-Zbein et le Tizi-N-Taghatine, tous entre 1 700 et 1 900 m. La première bosse me mènant au village de KOURKOUDA me surprend, plus de 10 %, je la passe en première à guère plus de 5 km/h. En traversant le village, je suis repéré par un gamin et de suite, c'est une nuée de gamins qui courent à côté de moi : donne-moi un Dirham, donne-moi un stylo. Je suis à bloc et ne peut même pas accélérer; Heureusement, les vieux du village les font partir à coup de cailloux, à côté d'eux bien sûr.

J'arrive ensuite sur un immense plateau couvert par une herbe brulée, rase et rare où paissent de nombreux troupeaux de chèvres noires, gardées par leur berger. Souvent ces troupeaux sont au bord de la route et me traversent devant, j'en profite pour saluer les bergers. Je pense que ces troupeaux sont au bord de la route car les propriétaires n'ont pas de terres et les bords de la nationale, sont propriété de l'état.

Au milieu de ce plateau aride, une immense propriété, de je ne sais combien d'hectares, toute plantée en pommiers. C'est toujours assez étonnant de voir ces plantations au milieu de rien. Avec Jojo, nous avions vu le même genre de propriété, mais plantée en oliviers. Je pense qu'à l'avenir, d'énormes problèmes d'eau se préparent au Maroc.

Après avoir traversé le Moyen Atlas, le Haut Atlas, je suis maintenant dans l'Anti Atlas, révisant mes cours de géographie du temps que j'étais au collège.

Après avoir péniblement passé mes trois cols (700 m de dénivellé sur 20 km), j'attaque la descente vers TALIOUINE. J'ai fait 65 km, il est 13 h., je m'arrête dans un petit village pour manger. J'ai l'impression d'être sur une autre planète car les touristes ne doivent pas être nombreux dans ce coin. J'ai du mal à trouver un restaurant qui me fera trois oeufs sur le plat, collés au fond de la gamelle, sans fourchette ni cueiller, avec un morceau de pain. Dans le coin, je remarque de nombreuses pancartes : Safran naturel. Apparamment, je suis dans la région où la culture du safran est courante (clin d'oeil à Alain Maillard), d'ailleurs à TALIOUINE, il y a une coopérative récoltant le safran de la région.

On me certifie que ça descend jusqu'à TALIOUINE, ce qui est bien sûr faux car le route continue de grimper. Enfin, j'attaque la descente sur TALIOUINE qui est très raide et absolument magnifique (j'aurai aimé faire cette montée mais avec mon vélo de route). Je m'arrête donc dans ce gros village pour boire un coup car il fait très chaud. C'est marrant car l'ancien de ce matin qui m'a conseillé cette route m'avait dit que sur le plateau, il faisait froid et effectivement, je constate une énorme différence de température.

Il est 15 h., je pense continuer un peu et je commence à faire mes courses, je ne trouve pas de pain. Je vois un cyber, je m'arrête pour envoyer deux photos à Laurence. Les connexions sont tellement lentes que je sors du cyber à 16 h. Je décide donc de dormir ici et trouve un camping qui fait hôtel. Pour 70 dirhamm, je prends une chambre, rudimentaire certe, mais pour ce prix, ce n'est pas la peine de monter la tente. l'accueil est comme d'habidude super sympa et pendant que je mets mon carnet de route à jour, j'ai un couscous qui se prépare à l'hôtel : c'est super n'est-ce pas ?

Date du Message :
09 10 2009 22:29:23
Latitude : 30°34'32,0" - Longitude : -007°-12'-19,1"
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OUARZAZATE/TAZENAKHT
Vendredi 9 octobre 2009 91 km cumul : 3 212
Dénivellé : 1 015 m

Tout mon linge propre, une bonne douche, un bon petit déjeuner, les conditions optimales sont réunies pour passer une bonne journée.

Effectivement, les 20 premiers km sont agréables, en légère montée, sans le moindre souffle de vent. Je me fais rattraper par un randonneur à vélo, Mohamed, encore un marocain qui vient de TETOUAN, il connait le groupe que nous avons croisé l'autre jour. Il est équipé d'un vélo de route de marque Colnago, deux petites sacoches derrière et bien sûr, après les photos d'usage, nous roulons ensemble 4 à5 km et me largue irrésistiblement à la première bosse.

Dès que je quitte la route de MARRAKECH, les conditions changent radicalement. Je me retrouve sur une route toute rapiécée, du style tape-cul et surtout à une seule voie. Vous connaissez le jeu de la mort sur ce genre de route, c'est à celui qui reste sur la voie le dernier. Bien entendu, je n'y joue pas et dès que j'entends derrière ou que je vois devant, un camion ou un car, je me jette immédiatement sur le bas-côté plein de cailloux. Tornado n'apprécie pas trop mais les véhicules ne ralentissent pas, je n'ai pas le choix. En plus d'être mauvaise, cette route n'en finit pas de monter, dans un désert de cailloux et sous une grosse chaleur. Jojo a peut-être était bien inspiré de mettre le clignotant.

J'arrive ainsi, après plus de 40 sans personne, au village de ANEZAL. J'ai faim, j'ai soif, il est 13 h. 30, aussi je m'arrête pour casser une petite croute. Un bon tajine berbère, deux pommes, deux coca, un litre d'eau gazeuse et le tout pour 75 dirhams, soit 6,5 € : pourquoi s'en priver. Le patron de l'établissement, Farid qui organise des randonnées dans le jbel Siroua (3304 m) vient discuter avec moi. D'abord il me conseille de prendre la route du sud (FOUM ZGUID, TATA), déconseillée en cas de pluie par mon ami Hervey au lieu de celle d'AGADIR. J'acquiesce volontiers car AGADIR et TIZNIT avec la circulation ne m'inspirait guère. Il me recommande un hôtel à TAZENAKHT et me dit d'y aller de se part.

Ayant récupéré, je monte sur Tornado à l'assaut d'un col qui m'inquiète : le Tizi-N-Bachkoum. Sur la carte Michelin, il y a deux chevrons, soit des passages à plus de 12 M. Je suis gonflé dans ma tête et si c'est trop dur, je n'hésiterai pas à passer à pieds. Finalement ce col n'était pas trop difficile mais surtout magnifique, tout en lacets, je m'imaginais dans le Stélvio ou sur l'Alpe d'Huez. Le décor, tout en granit noir, rouge, rose était splendide. C'est certainement le plus joli col que j'ai passé au Maroc.

En haut du col, je me suis éloigné de quelques centaines de mètres de la route. J'ai laissé Tornado seul pour prendre quelques photos. Au bout de 5 minutes, Tornad était admiré par des touristes français (un car de touriste, nombreux dans la région s'était arrêté au col).

Je récupère mon destrier et je repars pour une descente agréable jusqu'au village de TAZENAKHT. J'arrive à l'hôtel recommandé par Farid, je suis gentillement reçu par Hassan et m'indique de suite une chambre, très simple mais il y a tout ce qu'il faut (lit propre, WC, douche chaude) et le prix : 70 dirhams (6 €). Cela ne vaut pas le coup de se priver pour partir bien propre demain matin. De plus je suis dans un village et je profite d'un cyber café.

Date du Message :
08 10 2009 20:47:50
Latitude : 30°55'11,7" - Longitude : -006°-54'-12,1"
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OUARZAZATE : REPOS REPOS
Mercredi 7 octobre 2009
Jeudi 8 octobre 2009


A 7h. nous sommes debout pour aller petit-déjeuner. Quel confort pour nous qui avons vécu en bivouac pendant deux semaines.

Nous faisons le tri des affaires : ça je le garde, ça tu le remportes.
A midi, nous allons manger la pastilla que nous avons commandé la veille chez Dimitri. Jojo qui ne connaissait pas se régale, d'autant que nous l'avons arrosé avec un rosé marocain, d'un goût différent de notre rosé de Provence. A ce sujet, un petit clin d'oeil à Jean-Pierre (VIANNAY), j'ai essayé le rouge, le blanc et le rosé, il y a des choses pas mal au Maroc.

Nous rentrons à l'hôtel, Jojo enfourche son vélo, je hèle un taxi et en route pour la gare routière. Un rabateur nous interpelle immédiatement, il stope un bus qui avait déjà démarré et hop, Jojo est dans le car. Inutile de vous dire que bien que faisant le dur, j'ai coulé une larme après son départ. Ces deux semaines passées en sa compagnie m'auront été très agréable et vraiment mis le pied à l'étrier pour mon voyage : mais voilà, c'est mon choix.
Entre-temps, j'ai été contacté par Aneka de France Inter. Je passe ce soir à l'émission "Allo la planète" pour mon troisième pays, il m'en reste vingt. Je vais manger en vitesse chez Dimitri pour être pret à 21 h. (23 h. en France) et attendre le coup de fil d'Eric LANGE.

Pour mon deuxième jour de repos, je décide donc de consacrer ma matinée à Tornado, il le mérite amplement. Depuis plus de 3 000 km, pas un entretien et tout marche à merveille : brave VELO LUBERON, DANIEL GUEDON, et Vincent de chez ROIHLOFF. Sur le vélo, tout va bien, je n'ai nettoyé que la chaine qui semble un peu s'user mais elle tiendra jusqu'à Dakar. J'ai fait la vidange de mon fameux moyeu ROHLOFF. Elle est préconisée à 5 000 km mais pour sa première, à 3 000, c'est plus sûr. Les patins de frein qui s'usaient rapidement au début sont toujours opérationnels. A priori, tout semble aller très bien.

Je passe l'après-mid à bulle dans ma chambre et mettre mon carnet de route à jour car j'ai beaucoup de retard et ce qui n'est pas fait de suite est vite oublié.


Date du Message :
08 10 2009 20:30:14
Latitude : 30°55'11,7" - Longitude : -006°-54'-12,1"
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BOUMALNE / OUARZAZATE
Mardi 6 octobre 2009 111km cumul : 3 121 km
Dénivellé : 470 m

Lever comme d'habitude et de suite, deux femmes viennent couper de l'herbe pour leurs bêtes qu'elle remonteront au village sur leur dos, chargées comme des bêtes.

Nous reprenons nos petits sentiers et contrairement à notre inquiétude, nous retrouvons la route facilement. Dans l'immédiat, la route a l'air plus agréable, nous sommes à 1 600 m et descendons légèrement. Jojo me donne l'air d'être un peu désabusé, même en descente il n'avance pas. Je m'arrête pour prendre des photos, le rattrape, pour un besoin naturel, le rattrape. Soudain, il m'avoue : "Gé, je n'irai pas à AGADIR, tu n'est pas fâché ?" Bien entendu, je lui dis que je le comprends et que je m'attendais à sa décision. Simplement, il en avait marre de rouler sans trop de but et n'oser pas me l'avouer pour ne pas me laisser seul. C'est sympa de se part mais de toute façon c'était reculer pour mieux sauter car dans un semaine, j'aurais été seul de toutes manières. Ca ne me dérange pas trop, c'est vrai qu'il est très agréable d'être à deux, surtout avec son ami mais dans ma tête, je suis pret à vivre mon aventure seul. Nous arrivons péniblement à la nuit tombante à OUARZAZATE après avoir passé quelques côtes assez raides. Au premier hôtel, nous freinons des quatre fers (patins) et stop : c'est un hôtel Ibis 3 étoiles et bien, c'est comme ça.

Je décide de rester deux jours, un pour me reposer et accompagner Jojo au car et un deuxième pour faire l'entretien de Tornado car depuis que je suis parti, je n'y ai rien fait, même pas un coup de pome. Il est bien brave quand même.

Date du Message :
08 10 2009 20:17:42
Latitude : 31°20'52,4" - Longitude : -005°-59'-52,8"
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GHALLIL / BOUMALNE DE DADES
Lundi 5 octoble 2009 91 km cumul : 3 010 km
Dénivellé : 620 m

Le réveil se fera en douceur à 7 h. car vue la journée pénible de la veille, nous avons décidé, sans jeu de mot, de mettre la pédale douce.

On nous offre le petit déjeuner avec bien sûr, tous les hommes de la maison. Ce petit déjeuner sera encore différent : thé à la menthe, pain, et deux petites assiettes, l'une avec du miel et l'autre avec de l'huile d'olive où nous trempons notre pain. Ce petit déjeuner sera très rapide car le père qui est véritablemen le chef se lève et ses enfants en font de même aussitôt. Apparamment, les trois fils sont maçons à l'extérieur et ils sont venus aider le père à construire un bassin pour mettre le goutte-à-goutte dans les terres.

Au moment de démarrer, Jojo s'aperçois qu'il a encore percé mais cette fois-ci de la roue arrière. Nous reprenons notre bout de piste de 2,5 km pour arriver sur la route. La journée s'annonce, et elle le sera, aussi pénible q. Aue les précédentes. Un gamin à vélo, s'en allant donner à manger à ses chameaux nous accompagne un bout de route et nous indique un puits qui va nous permettre de faire un peu de lessive. Elle sèchera sur les vélos.

Nous arrivons à TINERHIR. Jojo en profite pour changer de l'argent et nous nous installons pour pique-niquer dans un parc ombragé. Nous sommes embétés par un gars qui n'a pas l'air normal (Jojo a lu dans un journal qu'ils étaient nombreux au Maroc, en liberté et dangereux). A la fin du repas, la tension monte et deux marocains prennent notre défense. Nous restons calme et un troisième me fait signe qu'il ne faut pas insister. Ce que nous faison rapidement et repartons sur nos vélo en plein chaleur.

Comme toutes les après-midi, le soleil joue à cache-cache avec les nuages, rendant la température plus agréable. La route, elle, ne sera pas plus agréable : montées et descentes et vent de face.

Enfin, nous arrivons à BOUMALNE DE DADES et ses magnifiques Kasba. Comme d'habitude, nous n'y trainons pas. BOUMALNE est bondé de touristes et de 4 X4, nous n'y faisons que nos courses pour le bivouac du soir.

En sortant de BOUMALNE, nous nous apercevons que la vallé est très peuplée et qu'il sera difficile de s'isoler. Nous prenons la décision d'entrer dans la palmeraie et d'essayer de rejoindre le lit du Dadès. Nous voilà sur nos bicyclettes sur des chemins de 30 cm de large, surplombant les cultures classiques des palmeraies : dattes, figues, grenades, maïs, etc. Dans ce dédale de sentier, il est assez difficile de se repérer. Enfin, après plusieurs demandes, et quelques aller-et-retour, nous trouvons un endroit plus large et aéré au bord du Dadès pour planter la guitoune. Il va faire nuit, nous montons la tente en premier et hor, à poil dans le Dadès pour se laver : que c'est agréable. Repas au clair de lune comme tout les soirs et dodo dans la tente pour une nuit réparatrice.

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08 10 2009 19:36:37
Latitude : 31°25'55,8" - Longitude : -005°-15'-17,5"
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JORF / GHALLIL AMAZDAR
Dimanche 4 octobre 2009 92 km cumul : 2 919 km
Dénivellé : 380 m

Lever habituel, Jojo a l'air d'aller mieux, hier il n'a pratiquement pas mangé et languissait d'aller se coucher : peut-être un peu de fatigue.

C'est parti pour une journée de galère mais qui se terminera super bien.

La route, toujours la même, plat montant et soleil, du sable et des cailloux. Jojo n'a pas l'air très en forme, perso je ne suis guère mieux mais le moral ne lache pas car je sais que plus loin, ce sera encore pire.

Nous nous arrêtons dans un petit village pour nous rafraîchir et toujours le même accueil aussi sympa. Des anciens, peut-être pas plus que nous, nous interrogent sur la retraite en France : Pourquoi ?

Nous reprenons la route et continuons à ne pas nous marrer. Au bas d'une descente, nous apercevons quelque chose de bizarre, ce ne sont pas nos cyclistes marocains habituels, ni en mobylettes. En fait, il s'agissait d'un groupe de six jeunes marocains qui arrivaient de TETOUAN et faisaient une rando de 3 000 km à travers le Maroc avec sacochers pour certaines et remorque pour un autre. Bien sûr, nous nous sommes arrêtés, avons palabré et pris mutuellement des photos. J'étais très content de voir cette pratique au Maroc, je pensais à tord que ça n'existait pas.

Nous continuons sous la chaleur, le vent et la poussière pour arriver à une petite ville : TINEDJAD. J'ai le souvenir d'y être passé avec Laurence et Cath ma belle-soeur : nous avions mangé une infâme soupe de tripes dans la même atmosphère. Petit rafraîchissement et par la force des choses nous repartons.

Il commence à avoir quelques nuages et nous souffrons moins de la chaleur. La route n'est pas plus agréable et le paysage, toujours le même : le reg, le reg. Nous rattrapons un pépé sur son vélo, chargé comme un âne (bien que nous le sommes plus mais nous n'avons pas le même vélo). Il ne se laisse pas distancer et suce la roue de Jojo, le petit malin. Jojo discute avec lui et nous dit qu'il n'y a rien jusque TINERHIR, ce qui ne met pas notre moral au beau fixe. Il se fait tard, impossible de planter la tente, trop de cailloux, nous continuons à rouler comme deux âmes en peine. Le pépé se met à accélérer et nous distance. Nous pensons qu'il devait arriver pas loin de ches lui et devait avoir peur d'être obligé de nous inviter.

Sur la gauche, quelques maisons, de la végétation, un chemin. Nous l'empruntons et au bout de 2,5 km nous arrivons dans une ferme où nous sommes accueillis les bras ouverts par Lahcen et ses deux frères. A peine mis le pied par terre, visite de la propriété obligatoire. Ils en sont fiers. Il y a de tout dans ce petit oasis profitant d'une eau abondante : dattes, grenades, figues, raisins, amendes, luzerne, maïs et petit jardin potager.

Après nous avoir offert quatre grenades succulentes, ils nous indiquent l'endroit où l'on va dormir qui sera également celuis du repas. et bien sûr le soir après l'apéro au thé à la menthe et toute sorte de choses, un superbe couscous aux légumes que nous dégusterons ensembe, rythmé par le père. Je demande à Nordine si je peux manger de la main gauche (je suis gaucher). Il me répond que nons, qu'il faut demander au père, mais qu'il ne vaut mieux pas : Et vlan! Gérard prend ça.

Après la fourniture des couvertures, nous coucherons à même le sol sur des tapis. Pour vous donner une idée de l'accueil marocain, même Tornado et le vélo de Jojo ont eu droit à leur couverture pour les protéger de l'humidité de la nuit.

Après le repas, nous effectuons une petite ballade digestive, accompagnés pa Abdelaziz, un des trois frères, dans le lit à sec du Todra. Ce Todra qui a creusé d'impressionnantes gorges à TINERHIR et qui coule dru à 20 km de là.


Date du Message :
08 10 2009 18:19:09
Latitude : 31°31'12,4" - Longitude : -004°-26'-35,0"
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MESKI / JORF ETC
Samedi 03 octobre 2009 82 km cumul : 2 827 km
Dénivellé : 200 m

Réveil en douceur avec le petit café traditionnel et ensuite nous faisons l'erreur de déjeuner. Pendant que nous plions la tente, on nous propose un thé à la menthe que nous ne pouvons refuser. Nous rangeons nos affaires et nous nous apprétons à partir, toujours pas de thé à la menthe, ils ont dû oublier. Soudain on nous fait signe de renter dans la maison. Et là, suprise, le père nous attend avec le thé à la menthe dans une grande pièce traditionnelle (tapis et coussins). Le père, nous l'avions à peine entrevue la veille, il nous avait même paru un peu froid. Après le thé, un plat de dattes, des gâteaux maisons, de la soupe, enfin la totale. Le plus surprenant de ce petit déjeuner, c'est que les femmes nous ont rejoints. C'est la première fois que je vois femmes et hommes manger ensemble dans la même pièce. Séance photos et le père décide d'aller travailler, tout le monde se lève, c'est fini.... c'est vraiment lui le chef.

C'est le coeur tout content pour cet accueil que nous continuons notre voyage. Nous arrivons à un magnifique belvédère où nous dominons toute la vallée du Ziz : au fond la palmeraie et le désert de pierres dès qu'il n'y a plus d'eau.

En repartant, je tombe sur deux espagnols parlant parfaitement français et m'interroge sur mon voyage. Ils ont l'air très intéressé, je leur donne une carte et ils me promettent de m'écrire sur le Forum. Jojo a filé et en redémarrant, arrive à vélo avec sacoches, une jeune fille. Je l'attends et engage la conversation. A mon grand étonnement, cette fille seule se dirige en direction du CAP. Elle est anglais, est partie d'Angleterre et compte mettre deux ans pour voyager. Nous échangeons nos cartes et nous séparons. Je rattrape Jojo et lui explique ma rencontre. Il doit s'arrêter pour une réparation de garde-boue et arrive Hélen (ce n'est pas Mc Arthur mais tout comme) et nous décidons de rejoindre ERFOURD ensemble. Elle démarre comme une folle, nous avons du mal à la suivre, la rattrapons dans la descente et d'un coup tourne à gauche pour se ravitailler en eau, nous ne la reverront plus, moi, peut-être plus tard. Nous continuons notre bonhomme de chemin à travers cette magnifique palmeraie d'ERFOURD où nous nous arrêtons pour manger et ensuite, sous la chaleur, nous avançons en direction de OUARZAZATE.

Nous allons rester trois jours et demi sur cette route monotone : un plat montant avec vent de face. C'est certainement ce qui a découragé Jojo qui me quittera à OUARZAZATE. Je le comprends, sans la motivation qui est la mienne, je ne vois pas le plaisir de faire du vélo dans ces conditions.

Nous ravitaillons à JORF et bivouaquons un peu plus loin. Je ne me rappelle même plus ce bivouac, c'est dire s'il m'a marqué. Je demanderai plust tard à Jojo. Ca y est, je me souviens, nous avons mis le clignotant à droite, fait quels centaines de mètres sur un chemin et demandé l'autorisation à un paysan qui arrosait ses champs avec son fils. Ils nous ont indiqués l'endroit le plus propice. Son fils nous a ensuite portés quelques dattes, tout en nous invitant chez lui. Nous avons poliment décliné l'invitation mais accepté les dattes. Ce soir, Jojo avait tellement bien installé la vache à eau que nous avons pu prendre une véritable douche.

Date du Message :
08 10 2009 17:56:40
Latitude : 31°51'32,9" - Longitude : -004°-16'-02,1"
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KERRAIDOU / MESKI
Vendredi 02 septembre 2009 70 km cumul : 2 745 km
Dénivellé : 395 m

Nous partons de notre petit enclos protecteur pour ce fameux tunnel. A la sortie du village, au fond de la vallée, des gens ont l'air de se baigner. En fait, nous découvrons un panneau "Station Thermale" et les gens se baignent au bord de la rivière dans une source d'eau chaude. Après une petite montée d'un km, nous arrivons à ce fameux tunnel et nous avions déjà préparé nos frontales. En fait, il s'agit d'un passage sous rocher de 100 m comme il y en a tant dans les gorges du Verdon. A la sortie du tunnel (nous avions bien fait de bivouaquer avant) nous sommes dans les magnifiques gorges du Ziz. Nous traversons le Ziz et nous trouvons au pied d'une montée impressionnante de 2/3 km, passage en première oblige. En haut de la bosse, c'est le contraste permanent, d'un côté les gorges arides du Ziz et de l'autre un immense lac (barrage) qui irrigue toute la vallée. Nous arrivons enfin à ER-RACHIDIA, entourée d'une immense palmeraie tout le long du Ziz.

Nous faisons une grosse halte déjeuner. J'en profite pour faire de l'Internet dans un cyber (d'ailleurs excellente connexion) et Jojo du shopping (souk). Nous quittons ER-RACHIDIA sous la grosse chaleur et avançons dans ce désert de cailloux avec vue sur la palmeraie le long du Ziz. Nous faisons nos courses du soir au village de MESKI sans aller voir la source bleue du Meski (décidément, cela fera trois fois que j'y passe sans m'arrêter) et reprenons notre route. A un moment, nous voyons un puits et nous nous arrêtons faire notre plein d'eau pour la toilette du soir. Des dames sont en train de laver le linge et nous initie au tirage de l'eau dans le puits, non sans ce moquer de nous. 50 m après, Jojo tourne à droite et nous nous engageons dans la palmeraie. Une impasse, un gamin à qui nous demandons si on peut planter la tente dans son jardin, bien sûr après avoir demandé à l'autorité maternelle, pas de problèmes.

Nous faisons ains la connaissance de Brahim, 14 ans, en cinquième et parlant très bien le français. Petit à petit, toute la famille passe nous voir à tour de rôle et c'est thé à la menthe, grenades, nous sommes bien gâtés. Ils mettent à notre disposition les toilettes où il y a tout ce qui faut. Jojo ayant décidé de se laver complètement attendra en vain plus de deux heures, une jeune fille avait pris possession des toilettes. Nous nous couchons bien entendu de bonne heure, content de cette hospitalité et entendrons le va et vient des jeunes qui sont allés passer la soirée au village.

Date du Message :
07 10 2009 20:18:06
Latitude : 32°12'37,0" - Longitude : -004°-23'-16,00"
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MIDELT ETC / KERRAIDOU
Jeudi premier octobre 2009 86 km cumul : 2 675 km
Dénivellé : 570 m

Dans la nuit, le vent s'est calmé, le ciel est couvert et la tente toute mouillée. Nous partons à l'assaut d'un petit col à 1 907 m (la date de naissance de mon papa). Ce sera certainement le dernier col relativement haut de l'épopée marocaine. En contre bas, nous apercevons des ruches. Tout le long de la montée, des gens nous proposerons au bord de la route de nous vendre du miel dans des bouteilles. Jojo moins chargé est devant et moi je monte tranquillement, pleinement rassuré par le poids de mon chargement pour la suite du voyage. J'ai certainement 70 kg, vélo compris et ça passe. A 300 m du haut du col, Jojo s'arrête, il vient de percerla roue avant. Avec son accord, je le laisse réparer seul et finit le col. La réparation a été assez longue car Jojo avait mis sa pompe au fond de son sac, chose que je rectifie pour moi également immédiatement. La descente s'effectue sans problème. Nous traversons un semi-désert de cailloux avec des cultures aux abords des oued. Nous nous arrêtons au café "La Pomme" tenue par Aïcha, une dame bien marrante. Nous commandons un thé à la menthe et en guise de thé à la menthe, nous aurons un thé au romarain, dixit le thé berbère. Avant de partir, il faudra remplir son livre d'or, ce que j'exécute sans problèmes. La route traverse des gorges et nous loupons l'embranchement de mon ami Mohamed de St Paul-lez-Durance où nous comptions nous arrêter pour midi. Du coup, nous allons jusqu'au village de ER-RICH où nous déjeunons d'un demi poulet frites. Après le plein d'eau et le séchage de nos affaires sous la bienveillance d'un gendarme Nous passons le village de KERRAIDOU et décidons de ne pas passer le tunnel à quelques km sans savoir ce que nous trouverons après. Nous nous arrêtons dans un enclos en pisé où, si ce n'est pas très joli, cela à l'avantage d'être tranquille et nous isole des gamins du village. Après une brève toilette, nous mangeons une omelette avec cette espèce de saucisson de dinde et nous nous couchons de bonne heure comme d'habitude.

Date du Message :
02 10 2009 16:47:53
Latitude : 32°39'21,1" - Longitude : -004°-36'-22,8"
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TIMADHADITE / MIDELT ETC
Mercredi 30 septembre 2009 106 km cumul : 2589 km
Dénivellé : 705 m.

Réveil tranquille vers 7 h, et allons dejeuner avec Lahcen dans son resto. Nous sommes vite pret car la toilette est vite faite : une boilloire d'eau chaude pour nos ablutionset nous voilà pret pour la journée. Bien sûr, il a fallu insister pour payer les 4 cafés et les oeufs au bacon (nous ne saurons jamais qu'elle était la viande, pas du porc, ça c'est sûr). Le temps s'est levé, il va faire une belle journée. Nous attaquons la journée par ce qui sera certainement le col le plus haut de notre épopée marocaine : 2 178 m. Nous partons de 1 800 m, ce ne devrait pas être terrible. Nous remontons une vallée d'élévage o! les moutons et les chèvres sont rois. Dans la magnifique descente du col, nous sommes à tour de rôle agréssés par des chiens qui ont l'air dangereux. Heureusement qu'avec la vitesse, ils ne peuvent nous rattraper. Au pied du col, le décor change radicalement, un immense plateau de cailloux me donne vraiment l'impression d'être dans le sud marocain. Nous passons MIDELT, ville sans intérêt, en plein travaux, avec des gamins comme d'habitude, casse-pieds, ce qui est moins le cas dans les campagnes. Nous plantons notre tente au bord d'un oued, assez à découvert. Dans cette région dans arbres, nous n'avons pas le chois. Le vent se lève, nous sommes à plus de 1 500 m, nous battrons notre record du couche-tôt : 6 h 45

Date du Message :
02 10 2009 16:36:05
Latitude : 33°14'11,0" - Longitude : -005°-03'-31,9"
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AZROU / TAHMADITE
Mardi 29 septembre 2009 37 km cumul 2483 km
Dénivellé : 870 m.

Avant de se lever, il tombait quelques gouttes sur la tente. Pour la nuit, nous nous étions install sur la route de MARRAKECH , il nous a donc fallu remonter pour arriver au centre d'Azrou et prendre la route de MIDELT. C'est 13 km de montée qui nous attendent à travers les chênes verts et les cèdres. A 1 800 m., Jojo m'interpelle :" Gé, un singe sur l'arbre". Effectivement, notre premier singe africain qui ne m'a même pas laissé le temps de le prendre en photo. Plus haut, nous en verrons 5 ou 6 mais c'était un coin à touristes, nous ne nous arrêterons pas. Vers 2 000 m nous nous arrêtons boire un café et manger un peu car cela fait 2 h 1/2 que nous roulons et il faut bien s'alimenter. Le temps ne dit rien qui vaille et pendant que nous buvons notre café, il tombe quelques gouttes. Avant de démarrer, quelques coups de tonnerre, le ciel se noircit, mais il semble que l'orage qui menace s'éloigne de notre direction. Nous partons donc pour TIMAHDITE mais au bout de quelques km la pluie nous rattrape. Nous nous couvrons et atteignons le village tout trempé. Il est 11 h 30 et il pleut, nous décidons donc de manger là et après on verra. L'orage se transforme en véritable pluie installée pour le reste de la journée. Nous décidons donc de rester à ce village où on trouvera bien un abri pour la nuit. Nous mangoons un succulent tajine dans un petit resto local et nous voila installé pour l'après-midi dans ce resto. Je demande au patron du resto si on pouvait dormir dans un garage désafecté non loin de là, il me répond simplement :" vous pouvez venir dormir chez moi". Entre temps, il nous demande si on ne voudrait pas manger un couscous. Du coup nous restons dans ce resto jusqu'à la fermeture, soit 21 h 30. Nous installons nos vélos dans son resto et partons tous les 3 chez lui. En cour de route, ils nous apprend qu'il vit chez sa mère avec son frère, sa soeur et tous ses neveux. Nous sommes mardi, il se marie avec une fille d'un autre village samedi. La fête dure 3 jours et insiste pour que nous restions jusqu'à samedi pour son mariage. En arrivant chez lui, après nous être déchaussé, il nous installe dans ce qui est la chambre de hommes. Une grande pièce entourée de banquette avec plein de coussins et des tapis par terre. Il nous invite dans une autre pièce qui s'avère être le lieu où dorment les dames et prenons le thé à la menthe en attendant que le couscous soit pret. Le thé sera accompagné de zamita, un plat délicieux à base d'amendes, c'est le plat traditionnel marocain qui leur sert à couper le jeûne pendant le ramadan. Son petit neuveu de 6 ans nous amène la bassine et la bouilloire pour nous laver les mains. Ensuite il nous apporte un grand plat de couscous que nous ne dégustons que les garçons : Lahcen, c'est son prénom, son beau-frère, sont petit neveu et nous deux. Nous entrevoyons peut-être sa soeur qui a dû préparer le couscous pendant que la maman et une autre dame dorment sur les banquettes sour un tas de couvertures car nous sommes à 1 800 m et il fait très froid. Ensuite nous allons nous coucher avec Lahcen dans l'autre pièce pendant que les dames et les enfants dorment dans celle-ci.

Date du Message :
02 10 2009 16:14:48
Latitude : 33°25'38,4" - Longitude : -005°-14'-00,4"
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MEKNES / AZROU
Lundi 28 septembre 2009 73 km cumul : 2 446 km
Dénivellé : 1 115 m

Départ de l'hôtel à 8 h 15 après un petit déjeuner à la française. La journée sera rude car nous attaquons le Moyen Atlas. MEKNES est à 552 m d'altitude et l'objectif du jour est AZROU à 1 250 m avec un passage à 1 500 m. Le temps n'a pas été terrible (nuages et soleil) mais ce n'est pas plus mal pour pédaler. Nous passons MEKNES après près de 10 km avec une grosse circulation mais une route à 4 voies assez large. Nous traversons une zône très cultivée avec des immenses champs de centaines d'hectares : pommes de terre, grenadiers, oliviers. Nous passons devant un immense domaine viticole. C'est le moment des vendanges, plein de mond dans les vignes : tout est fait à la main. Pour arriver à la ville d'EL HAJED après une bonne côte de 3 km, nous sommes à plus de 1 000 m. Nous faisons nos courses pour le midi et pique-nique à la sortie de la ville. Nous continuons de monter et de descendre à travers les champs d'oignons qui sont mis à sécher sur des lits de pierres de un mètre de haut. Autour de 1 50 m d'altitude, nous arrivons à un endroit étonnant appelé "Paysage d'Ito". En fait, c'est un magnifique panorama sur le Moyen Atlas appelé ainsi en l'honneur d'une dame qui a combattu les rebelles dans cette vallé et résisté aux français avant le protectorat. Nous y rencontrons 4 marocains en vespa qui nous proposent de fumer du Kif, bien sûr nous refusons (même Jojo). J'y rencontre également un marocain qui arrive de TOMBOUCTOU et me parle de ses problèmes pour avoir les visas mauritaniens. Apparamment, il a rencontré pas mal de cyclo-voyageurs, me laissant l'espoir de ne pas être seul par la suite. La suprise du jour, puisqu'il en faut une, je vais vous la raconter. Nous croisons un forgon immatriculé 13, rien de très étonnant car il y a beaucoup de marocaine vivant en France et se rendant au Maroc. Pourtant, ce fourgon fait demi-tour, nous double et s'arrête à hauteur de Jojo qui faisait le plein d'eau à une fontaine. Un marocain descend du fourgon et m'interpelle :"Oh Gérard !" C'était Mohamed (EL YAACOUBI) un ancien client de mon cabinet AXIOME DURANCE qui rentrant d'une ferme qu'il vient d'acheter à 200 km de la pour rentrer chez luis vers MEKNES. Pour une surprise, c'en fut une car Mohamed, un ancien client que j'aimais beaucoup etait mon contact pour le méchoui organisé chez Dominique à Vinon (certains s'en souviennent). Après les embrassades et l'invitation pour retourner à MEKNES chez son ami, nous nous séparons en direction d'AZROU. Nous observons les premières plantations de Cèdres avant de descendre sur AZROU avec une spendide vue sur AZROU et les montagnes du Moyen Atlas, nous laissant deviner les programme des réjouissances des jours suivants. Après avoir fait nos courses, nous nous installons dans un ancien cimetière français où nous pensons être tranquille pour la nuit. Effectivement, sur quelques tombes défoncées, il y a des décès qui remontent autour des années 1920/1930. seule un tombe m'interpelle puisque les décès remonte à 1976, mais je n'aurai aucune explication. Nous déclinons l'invitation de 3 marocains à moitié ivre qui buvaient du vin en bouteille plastique qcachés derrière le mur du cimetière. Ils ne nous embêtent pas plus et montons la tente pour la nuit.

Date du Message :
28 09 2009 00:20:21
Latitude : 33°53'59,7" - Longitude : -005°-32'-57,1"
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SIDI KACEM ETC / MEKNES
Dimanche 27 septembre 2009 45 km cumul : 2 373 km
Dénivellé : 680 m.

Au réveil tout est trempé, les vélos et la tente. Heureusement que hier soir, nous avons décidé de monter le double-toit de la tent, sinon nous étions complètement trempés par l'humidité tombée pendant la nuit.
La route vallonne un peu plus que d'habitude au milieu d'immenses hectares de champs cultivés, nous n'arrivons pas à deviner tout ce qui est cultivé mais nous reconnaissons des champs d'artichauts, d'oignons mais la surface cultivée est assez impressionnante.

Nous arrivons à MEKNES par une longue montée, quant à la fin de montée, Jojo mes dit :"Gé, nous sommes filmés par des ardéchois". Je suis assez surpris, je m'arrête net, Jojo manque de me rentrer dedans et de se casser la figure. En fait, c'est le notaire de Largentière et son épouse qui nous ayons vus et étant au courant de mon voyage s'étaient arrêter au bord de la route pour nous filmer. J'avais fait la connaissance d'Alain à l'occasion du décès de Chantal, ma belle-soeur où j'étais intervenu à la demande de mon frère Serge. Au décès de Serge, je l'ai revu avec Sabine et Marlène et je lui avais parlé de mon voyage. Alain et son épouse Anne sont vraiment des gens charmants et cette rencontre a été des plus agréables. Nous leur proposons d'aller manger ensemble quelque part mais comme ils avaient tout dans leur voiture, ils nous ont proposés de pique-niquer ensemble. Ce que nous avons fait très volontiers,d'autant qu'ils nous ont payés le pastis. Ils sont en vacances pour 15 jours et randonnent en 4X4 et à pieds sur les pistes. C'est vraiment un drôle de hasard de se rencontrer à l'entrée de MEKNES.

Nous trouvons un petit hôtel afin de nous laver car nous sommes un peu crasseux et bien sûr une lessive importante à faire. A l'hôtel, Jojo demande au

à une femme de chambre (quand il s'agit de femme, c'est toujours Jojo) si elle pouvais nous laver les linges et moyennant 50 dirams (4,5 €) nous récupérons notre linge bien lavé et sécher.

Je trouve un Cyber club non loin de l'hôtel, il est 22 h. 20, Jojo dort déjà et je commence à avoir sommeil. C'est que me coucher à plus de 22 h., je n'en ai plus l'habitude. Je vais donc vite aller me coucher.


Date du Message :
28 09 2009 00:03:20
Latitude : 34°10'48,4" - Longitude : -005°-42'-10,04"
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ARBAOUA / SIDI KACEM ETC
Samedi 26 septembre 2009 98 km cumul : 2 328 km
Dénivellé : 275 m

Petit café habituel à 5 h. 45 et départ à 8 h. Entre temps nous avons réparé le garde-boue et mis les auto-collants sur la remorque.

Le matin, la circulation est moins dense et il est plus agréable de rouler. Jojo commence à avoir des petits problèmes d'irritation et nous nous arrêtons pour qu'il se passe de la crème que j'avais dans ma pharmacie (merci Jean Leroidustéto). Nous passons KSAR EL KEBIR et quittons la route de RABAT. Nous serons certainement plus tranquille. Le ciel s'obscurcit, devient noir, l'orage menace. Arrivée au village de MECHRA BEN KSIRIS, nous décidons de faire un bonne pause. Il est 11 h 30, nous avons fait 43 km. Bien nous en prend car nous avons juste le temps de mettre nos vélos et leurs pédaleurs à l'abri qu'il se met à tomber une de ces chavannes. Nous en profitons pour manger de la viande hachée et des cottelettes (800 g.) achetées au boucher, cuit par un barbe-cue et mangées dans un bar (il faut chaque fois payer chacun). Ce lieu semble un arrêt de cars important car il y a un trafic incessant et nous avons tout notre temps pour observer ce trafic : c'est assez rigolo. Le boucher est réapprovionné en viande (moutons, demi-boeuf) le tout sur des crochets installés dehors et sortant d'un camion benne?

Le temps a l'air de se calmer, nous repartons sur une route mouillée et boueuse. Nous passons pratiquement toute l'après-midi sur une ligne droite (deux petites courbes) de plus de 30 km. Ce fut assez languissant d'autant que le trafic était assez important. Les cars et les taxi nous klaxonnaient pour nous obliger à quitter la chaussé mais les bas côtés étaient couverts de boue et nous ne sommes pas des bourricots. Nous essayons donc de braver ces professionnels de la route mais c'est un jeu assez dangereux.

Enfi nous arrions à SIDI KACEM dans l'espoir de faire nos courses et de trouver un coin pour bivouaquer. La ville grouillait de monde, les gamins nous courraient après, nous commencions à nous énerver. Nous faisons tant bien que mal nos courses (les magasins sont difficiles à trouver) et vite fuyons cette ville trop importante pour nous. Nous nous engageons dans des gorges, accompagnés par trois marocains en vélo qui rentraient chez eux au village. Ils faisaient tout pour nous tenir tête et nous n'avions pas du tout l'intention de faire la course, c'était assez marrant. Au bout de 3 à 4 km, à la sortie des gorges, nous trouvons au bord du torrent en crue un magnifique endroit pour planter la tente. Ce soir, nous avons eu juste le temps de monter la tente de jour et nous mangeons à la lueur d'un bougie.

Date du Message :
27 09 2009 23:43:44
Latitude : 34°54'44,3" - Longitude : -005°-55'-36,9"
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ASILAH ETC / ARBAOUA
Vendredi 25 septembre 2009 82 km cumul : 2 230 km
Dénivellé : 505 m.

Au réveil, c'est le va et vient des paysans qui vaquent à leurs occupations. Bien sûr, c'est toujours par un sourire et un bonjour que les gens nous saluent. L'un d'eux (Mohamed) essaye d'engager la conversation mais il ne parle pas un mot de français et nous encore moins l'arabe. Nous comprenons qu'il nous fait signe de le suivre jusque chez lui pour boire et manger. Et voilà, en poussant nos vélos, il nous mène chez lui dans le village plus haut. Nous entrons dans sa maison magnifiquement tenue et nous nous installons dans son salon décoré par son épouse. Il nous prépare le thé à la menthe (pour répondre à Jean-Pierre, très rafraichissant), du pain, une espèce de crèpe, du miel, des oeufs, des gâteaux préparés par son épouse. En repartant, il nous met tout dans un sac plastique et le chargeons sur les vélos.

Ce n'est pas le tout, nous avons bu le café dans la tente à 5 h. 45 et repartons à 9 h. 30, à ce rythme, nous ne sommes pas rendus.

La route est légèrement bosselée mais rien à voir avec ce que j'ai vécu en Espagne. Nous sommes toujours dans cette zône de melons et tantôt,nous longeons le bord de l'Atlantique. Le seul problème de la journée, c'est la circulation avec les cars et les taxi qui nous klaxonnent et nous frôlent parfois dangereusement. Nous passon KSAR EL KEBIR, un ville trop grande pour dormir et nous installons dans le petit village d'ARBAOUA en dehors de la nationale. Pour arriver au village, une grosse bosse nous attend, il me faut passer la première. Au village, nous pensions faire les courses mais il n'y avait pas grand chose. Nous avions l'impression d'être en dehors du monde et tout le monde nous regardait comme des extra-terrestre. Nous décidons de casser la croûte au village et de trouver un coin pour dormir dans un petit bois d'eucalyptus au centre du village. Nous mangeons du poulet à la braise, un peu de Vache Qui Rit et quand nous cherchons notre coin pour dormir, il faisait nuit. Nous entrons sous les eucalyptus, non sans avoir accroché mon garde-boue et nous nous installons à l'abri des regards (ce que nous croyons). Après avoir récupéré 5 litres d'eau dans une outre, nous faisonsun petit lavage sommaire, histoire de ne pas coller dans nos duvets. Nous avons peut-être battu un record : coucher à 19 h. et lever à 6 h., cela nous fera une bonne nuit;

Date du Message :
27 09 2009 23:24:04
Latitude : 35°24'22,4" - Longitude : -006°-00'-56,2"
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TANGER / ASILAH ETC
Jeudi 24 septembre 2009 55 km cumul : 2 148 km
Dénivellé : 240 m

A 8 h. 45, je suis au port, le temps de faire garder mon attelage, de boire un café, je vois arriver Jojo. Son arrivée était prévue à 10 h. mais c'est l'heure du bateau qui prévaut : 12 h. en France, 10 h. au Maroc , enfin nous n'y comprenons rien. Pour récupérer mon vélo, je paye deux gardiens et j'ai encore rien compris.

Nous nous installons sur une place pour trier quelques affaires qu'il m'apporte et celles qui repartiront en France. Nous laissons quelques affaires à l'hôtel que Jojo récupèrera au retour.

Nous partons en direction de MEKNES par la route de RABAT. Ce n'était pas prévu ainsi mais comme la route est relativement plate, Jojo pourra s'habituer au poids et à l'équilibre : c'est la première fois qu'il tracte une remorque.

Nous longeons le bord de l'océan Atlantique (n'est-ce pas Alain), traversons toute une zône de culture de melons avec quantités de marchands au bord de la route qui font la sieste en attendant l'éventuel client. Il est l'heure de trouver le bivouac. Nous prenons un petit chemin de terre, poussons les vélos qur un km et sur un petit plateau nous nous installons au milieu des champs de melons, des vaches et des moutons. Nous mangeons le saucisson amené par Jojo (c'est peut-être le dernier morceau de porc du voyage). La nuit tombe vite vers 7 h. et pour ne pas se coucher trop tôt nous faisons une ballade digestive à la frontale pour découvrir à 500 m. de là, un petit village. C'est dommage car si nous l'avions sû, nous aurions poussé un peu plus loin.

Date du Message :
23 09 2009 21:20:44
Latitude : - Longitude :
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PETITE INFO
Jusqu'à présent, j'étais seul et dans les hôtels avec la Wi-fi, j'avais le temps de mettre régulièrement à jour mon carnet de route.

Demmain mon ami Jojo arrive, ce sera moins facile et dans les campagnes moins évident. Je vous donnerai quand même régulièrement des nouvelles mais pas au même rythme avec des synthéses sur plusieurs journées.

Pour info, Stéphane a enregistré à ce jour pour le mois de septembre : 4 097 connexion, soit plus de 200 par jour.

C'est assez impressionnant et merci à tous mes soutiens, j'en ai bien besoin et surtout pour la suite

Bises à tout le monde

Gérard, maintenant l'africain

Date du Message :
23 09 2009 21:09:12
Latitude : 35°46'59,5" - Longitude : -005°-48'-30,1"
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KSAR EL SEGHIR / TANGER
En démontant la tente, je m'aperçois que je l'avais installée à côté d'un petit dépôt d'ordures, quà cela ne tienne, je ne suis plus en France et il va bien falloir que je m'habitue.

En démarrant à 9 h., je dis bonjour à un marocain qui passait, lui demande l'heure et en fait il est 7 h. Je suis maintenant à l'heure du soleil, ce sera parfait pour mon horloge biologique comme dirait Laurence.

Je déjeune au bout de deux heures car jusqu'à présent tout étai fermé : bizarre. A mon grand étonnement, je croise trois cyclotouristes marocain qui arrivent de TANGER. Je ne connaissais pas le Maroc comme une nation de vélo.

J'arrive enfin à TANGER après une succession de bosses, il faut bien passer le "Djebel" Je trouve un petit hôtel pour faire ma lessive (elle devient abondante) et j'en profite pour voir mes mails et mettre le site à jour. Je repère les lieux pour accueillir demain mon ami Jojo.

L'étape a été très cours mais malgré tout, 455 m de dénivellé. J'ai profité d'un panorame extraordinaire : à ma droite, l'Europe (le détroit de Gibraltar mérite bien son nom), derrière la Mer Méditerrannée et devant l'Océan Atlantique. Une belle leçon de géographie, n'est-ce pas les instits qui me lisent. Je comprends aussi la position très stratégique du fameux rocher de GIBRALTAR (possission anglaise) car il est impossible d'entrer ou de sortir de la Méditerrannée sans être vu.

Date du Message :
23 09 2009 20:57:13
Latitude : 35°50'11,7" - Longitude : -005°-34'-24,2"
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SAN ROQUE/KSAR EL SEGHIR ETC
Mardi 22 septembre 2009

63 km cumul : 2057 km
Dénivellé : 950 m

Aujourd'huyi, normalement je quitte l'Europe et je pose mes roues sur le continent africain.

C'est donc tout excité que je démarre du camping pour rejoindre ALGESIRAS 20 km sur une autovia mais avec bande d'arrêt d'urgence, donc tranquille.

J'arrive à bon port au puerto à 10 h. 30 pour embarquer à 11 h.
En prenant mes billets, je rencontre un couple de français sympas qui travaillent au Maroc et m'invite à passer chez eux à MEKNES, le tout en deux minutes. J'ai leur numéro de téléphone et je ne manquerai pas de les appeler. Sur le bateau, je retrouve mes français et un autre couple de français qui partent pour une mission au Maroc, ils sont du Morbihan et me parraissent très intéréssants : j'aura leur contact par Internet. Je touche du doigt, l'inconvénient du voyage, tu rencontres des gens que tu voudrais mieux connaître et il faut vite se séparer.

Ca y est, je foule enfin le sol africain. Je suis à CEUTA (une enclave espagnole) mais déjà en AFRIQUE. Au bout de quelques kilomètres, je passe sans problème la frontière et là, tout change, j'ai vraiment déjà un goût d'Afrique, un petit échantillon de ce qui va m'attendre pendant un an.
Après la frontière, une première surprise m'attend, ce n'est plus des "Sierra" à traverser mais des "djebel" et j'attaque une côte de 4 km dont j'effectue le premier km à pied (c'est une première). Pour ne pas être dépaysé, je passe une série d'éoliennes.

J'arrive enfin à KSAR EL SEGHIR où je décide de m'arrêter. Petit problème, c'es l'Aït, les hôtels sont fermés, pas de camping et le camping sauvage est interdit. Comme j'ai bourlinguer dans le village, je suis repéré et j'essaye bien de parlementer avec un gendarme de la Gendarmerie Royale, mais rien n'y fait. Je mange un petit bout et je démarre, je verrai bien. au bout de 3/4 km, je m'arrête pour planter ma tente dans un coin pas terrible mais que je crois dans une entière discrétion. Peine perdue, toute la soirée, ce sera un défilé permanent de promeneurs et de pêcheurs qui me saluent tout en engageant la conversation. J'ai changé de continent et de pays, l'accueil n'est déjà plus le même.

Date du Message :
23 09 2009 20:40:27
Latitude : 36°15'02,7" - Longitude : -005°-20'-14,9"
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BENALMADENA / SAN ROQUE
Objectif du jour : m'approcher au maximum d'ALGESIRAS afin de prendre le bateau mardi matin.

Objectif atteint puisque je campe à 20 km d'ALGESIRAS, dans un camping assez bizarre en pleine campagne, au milieu de nulle part. Il n'y a pratiquement personne dans ce camping où rien ne fonctionne, le tout pour 18,5 €, je trouve ça un peu cher. Le seul avantage, j'ai pu prendre ma douche froide et la sympathique hotesse d'accueil m'ouvre l'épicerie pour faire mes courses pour manger le soir et déjeuner demain matin.

Dans l'après-midi, j'avais appelé ma nouvelle copine Aneka de l'émission de France Inter "Allo La Planète". Elle me rappelle pour fixer le rendez-vous à minuit, finalement Eric LANGE m'appelle à 23 h. car veiller sous la tente, ce n'est pas évident. C'était le dernier jour pour que j'intervienne en Espagne, demain je serai au Maroc.

L'évènement important de la journée, c'est que j'ai fait l'étape sur une Autovia sans bande d'arrêt d'urgence. J'ai balisé toute la journée, toujours un oeil sur le rétro, en bénissant mon gilet fluo offert par mon club de RIEZ. Je n'ai jamais compris et je ne comprendrai jamais comment on peut autoriser un cycliste sur ces routes mais c'était la seule solution pour moi. Quande on me parle des dangers de l'Afrique, le vrai danger était peut-être là.

Date du Message :
23 09 2009 20:22:50
Latitude : - Longitude :
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BENALMADENA
J'ai du temps devant moi pour arriver à Tanger, aujourd'hui dimanche, je m'oblige à une journée de repos. J'en profite donc pour faire ma lessive (ça devient une habitude qu'il me faudra perdre au retour). Je traine donc toute la journée : repos et Internet. Je suis au bord de la mer mais je n'ai aucune envie de me baigner : faire trois brasses et me sécher sur la plage, très peu pour moi, d'autant que le temps n'est pas trop engageant. Le moment le plus sympa de la journée, c'est le soir dans un resto, le serveuse était française (Corse, c'est bien français je crois), elle me présente trois français : Marie-Christine, Marc et ... Ils m'invitent à boire l'apéro avec eux. Ce fut l'occasion pour moi de déguster un bon vin espagnol et de passer un moment très agréable. C'est seulement la deuxième fois depuis mon départ que je parle en français.

Date du Message :
18 09 2009 21:20:53
Latitude : 36°44'09,4" - Longitude : -003°-44'-20,2"
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PTO DEL SUSPIRO/LA HERRADURA
Vendredi 18/09/2009

Vingt-et-unième étape : 78 km cumul : 1 796 km

Une journée compliquée en perspective se prépare : je le sens.

Comme je suis au camping, le départ ne peut se faire guère avant 9 h. Je suis à 820 m d'altitude et l'arrivée devrait se situer autour de 0 m : ce devrait être une étape facile.

Il n'en fut rien, mon premier problème est de ne pas prendre l'autoroute. A un rond-point, la N 323 se transforme en autoroute sans avertissement et je ne sais par où passer. Heureusement, un cycliste sympa (c'est vrai, il y en a) m'indique par où je dois passer. Au bout d'un moment, je le croise et comme je m'étais trompé, il m'accompagne jusqu'à la bonne direction.

J'arrive donc vers MOTRIL et me dirige vers MALAGA. Je vois un panneau interdit aux cyclistes dans 10 km. Je suis un peu pris de panique et je quitte cette route au village suivant mais ne trouve pas fortune. Je demande à un taxiteur qui me remet sur le N 430 et me certifie qu'elle va jusqu'à MALAGA. Cette route est abominable, beaucoup de trafic et surtout que des montées et des descentes. Il fait un ventarasse affreux et bien sûr de face. Je suis obligé de passer les bosses en première et à 5 km/h. Il ne faut pas trop que j'insiste car je vais me faire mal. D'autant que ce matin, à cause d'un caillou dans une cale de ma chaussure, je sentais une douleur au genou arriver.

Je m'arrête donc à LA HERRADURA, une station balnéaire assez quelconque. Tout comme tout le coin d'ailleurs : une urbanisation à outrance et sans ligne de conduite, c'est n'importe quoi.

En descendant de GRENADE, le paysage s'est beaucoup modifié. Les oliviers ont commencé à disparaitre pour faire place aux amandiers (bizarre) et plus je descendais, plus le paysage changait. Je vois des plantations de plus en plus exotiques : manguiers, oranger, avocats, grenadiers, cactus. J'ai enfin le sentiment d'être dans le sud de l'Espagne. Je termine ma descente par le bassin versant de la Sierre Nevada et l'eau coule de partout : toutes ces cultures ne sont donc pas surprenantes.

Date du Message :
17 09 2009 22:17:42
Latitude : 37°04'06,7" - Longitude : -003°-39'-09,5"
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GUADAHORTUNA/GRENADE ETC
Jeudi 17/09/2009

Vingtième étape : 96 km cumul : 1 718 km
Dénivellé : 720 m

Ce soir, je suis dans un camping et j'ai acheté des heures d'Internet. Pour l'ordi sous la tente, avec la frontale, ce n'est pas très confortable mais je vais essayé.

La journée se présent bien, il y a du soleil, un peu de brouillard, il devrait faire beau.

Je pense prendre une petite route secondaire pour éviter un col à 1 220 m. Peine perdue, la route est en travaux, il me faut passer ce col. J'attaque donc par une petite grimpette de 5 km, pas trop dure et je suis en forme. Comme quoi, tout est dans la tête, hier j'ai été perturbé par le vol de mon fanion.

Le paysage change, s'il y a toujours de oliviers et même à 1 220 m d'altitude, il n'est plus le roi, il fait place à d'autres cultures, tournesols, céréales et chênes verts.

J'emprunte des petites routes secondaires où je suis le roi. Le temps se couvre et il fait un vent de face terrible : un peu comme les jours de tramontane chez nous, nuages, soleil et surtout froid.

A 17 km de GRENADE, je suis obligé de prendre l'Autovia (autoroute). Au début, la circulation était supportable mais au fur et à mesure que je m'approche de GRENADE, elle se densifie. Comme ça commence à devenir dangereux et désagréable, je le quitte. Là, suprême erreur car il m'a fallu plus d'une heure pour entrer dans GRENADE. Je demandais sans cesse ma route et on me faisait tourner en rond ou en m'envoyer sur l'autoroute. Enfin dans GRENADE, des travaux de partout et il me faudra une heure pour en sortir. Du coup, pas de halte à GRENADE, soi-disant si jolie, je reviendrai avec Laurence. La ville avec le vélo et la remorque, c'est l'horreur, il faut éviter, d'autant que je hais les villes.

Le vent souffle de plus en plus fort. Sur du plat montant, je route à 9 km/h. Il faut vite que je m'arrête car j'ai très froid et faim. Dans cet endroit, pas d'hôtel, tant pis, je vais bivouaquer et pique-niquer comme à midi. Je ne trouve pas de coin adéquat. Et là, miracle, à PUNTO DEL SUSPIRO DEL MORO, un camping au bord de la route. En fait, quelqu'un m'avait renseigné juste avant. Il m'avait indiqué un média kilomètre mais au bout d'un kilomètre d'une montée très raide, je vois un panneau : camping à 500 m : c'est la relativié des distances, un automobiliste et un cycliste.......

Date du Message :
16 09 2009 22:31:13
Latitude : 37°33'43,4" - Longitude : -003°-24'-01,7"
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UBEDA / FUADAHORTUNA
Mercredi 16 septembre 2009

Dix-neuvième étape : 69 km cumul : 1 622
Dénivellé : 1 195 m (et oui)

Il tombe des trombes d'eau toute la nuit. Je suis dans une chambre mansardée et la pluie sur le vélux m'a permis de ne pas trop dormir cette nuit. A la TV espagnol, ils ne parlent que des inondations en Andalousie et j'en suis au coeur.

Ce matin, il pleut toujours mais je décide de partir tout de même. J'enfile le bas et le haut de mon Gore-Tex (je vous dis tout) et je démarre sous la pluie. Au bout d'un km, je m'aperçois que j'ai oublié le fanion de la remorque. Je remonte à l'hôtel et là, rien, on m'a bel et bien piqué mon fanion : pourquoi ? Je ne le saurai jamais.

Au moment du deuxième départ, la pluie cesse, je quitte donc les Gore-Tex, mais conserve les manches longues et le coupe-vent. Je remonte dans le village perché pour trouver la route de JODAR. Enfin en haut, je me renseigne sur la route et une dame me fait redescendre (c'est un bon km à 10 %). En bas, je me renseigne à nouveau et il me faut remonter, bah ! je ne suis plus à une bosse près.

Je suis maintenant sur la route de GRENADE, qui commence par une longue descente, mais gare, ça va remonter de nouveau. Effectivement ça grimpe de nouveau. Je ne me sens pas trop en forme, j'ai les jambes lourdes, je dois être dans un jour sans (tous les cyclistes connaissent cet état). A la sortie de JODAR, le ciel s'assombrit, je remarque un coin pique-nique avec banc et décide de manger avant qu'il ne pleuve. Je m'installe et dès que je commence mon repas la pluie se met à tomber. Je range tout et redescend au village pour trouver un hôtel. La météo annonçait du mauvais temps pour la journée et ça se confirme. J'entre dans un bar pour m'abriter. La pluie cesse et en sortant, il fait soleil. Je fais donc demi-tour et finalement je continue : on verra bien. Toute l'Andalousie est en alerte, il y a eu des inondations partout et les champs d'oliviers sont ravagés et baignent dans l'eau, il me faut donc être prudent.

Il ne fait pas trop mauvais mais la route n'arrête pas de monter et de descendre (surtout monter). Je n'ai pas trop le goût à pédaler et c'est vraiment la première fois que je tourne les jambes pour faire des kilomètres. Je décide de m'arrêter à HUELMA : 58 km ça suffit. Le prochain village est à 111 km, allez encore un effort et je continue. Là, c'est la surprise du jour : un col de 5 km qui culmine à plus de 1 200 m (je n'aurai pas à le faire demain). J'en ai plein les jambes, je grimpe en deuxième, à 5 km/h. En haut, le temps menace de nouveau et j'ai juste le temps d'arriver à GUADAHORTUNA avant la pluie. A ma surprise, il y a un petit hôtel dans ce village perdu dans l'Andalousie. Je suis à 1 000 m d'altitude et il fait un temps pourri, je suis obligé de sortir tous les vêtements chauds que je possède : c'est un comble.

C'est très certainement la plus mauvaise journée que j'ai passé depuis mon départ. L'intéret, c'est que c'est fini et demain sera meilleur.

Date du Message :
16 09 2009 06:45:02
Latitude : - Longitude :
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Oubli 16ème étape
Et oui, c'est encore moi.

Nous sommes le 16 septembre, il est 6 h. 30, il pleut des cordes et je ne sais pas encore ce que je vais faire dans la journée. Prendre la pluie dans la journée, c'est un fait, mais partir sous la pluie, c'est autre chos ; d'autant que je ne suis pas à la bourre.

Ce petit mot pour vous signaler un petit oubli lors de la 16ème étape, le 13/09
après les courses faites au village de JARDIN.
"Finalement cette vallée n'arrête pas de monter pour arriver à un nouveau col (Los Pocicos) à 1100 m. et c'est encore la surprise du jour. Bien sûr en haut, c'est un immense plateau qui m'attend et devinez ce que je vois : une kiriel d'oliennes (Marine ma filleule serait ravie). Ce qui est rigolo dans cette histoire, c'est que je suis dans la Mancha et je vois un panneau de Don QUICHOTE avec Sancho Pansa sur son âne. Don Quichote qui s'est battu conre les moulins à vent, aurait bien du boulot maintenant avec ces éoliennes. Et si les éoliennes étaient les moulins à vent modernes".

Voila pour l'oubli réparé.

Chaque fois que je me relie, je trouve des "fotes d'ortografes" et je vous demande de m'en excuser, surtout que je suis assez à cheval sur ce point. J'écris souvent avec mon ordi sur mes genoux, dans mon lit et ne prends pas le temps de me relire.

Date du Message :
15 09 2009 20:42:49
Latitude : 38°00'35,3" - Longitude : -003°-22'-07,3"
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VILLANUEVA / UBEDA
Dix-huitième étape : 45 km cumul : 1 553 km
Dénivellé : 480 m

D'après la météo, la journée s'annonce pluvieuse. J'essaye donc de partir de bonne heure (8 h. 30). J'attaque comme je l'avais dit la veille par 4 km de montée moyenne (4ème et 5ème). En haut de la bosse, un panneau : Parc naturel de la Sierra Cazorla, pas étonnant que ça grimpe, je commence ma litanie de Sierra jusqu'à GIBRALTAL. Il ne pleut toujours pas mais la route est mouillée : il vient de pleuvoir, j'ai peut-être de la chance. Effectivement, je vois un coin de ciel bleu mais pas pour longtemps car le ciel s'assombrit de nouveau. J'ai même un peu froid et j'enfil mon coupe-vent (étonnant sous cette latitude). A UBEDA, je décide de m'arrêter car la ville semble jolie et j'ai une grosse bugade à faire. Je trouve un hôtel avec Wi-Fi, je vais pouvoir mettre mon courrier à jour. J'en profite et c'est très important pour acheter una mappa del carreteras de la région. L'approche de GIBRALTAR (GRENADE, MALAGA) avec toutes les autoroutes me parait compliqué.

Aujourd'hui, jai pédalé dans une mer d'oliviers. Ce n'est pas compliqué, vous prenez 2 ou 3 départements de Provence avec des sommers à 1 500 m et vous plantez tout en oliviers, sans aucun autre arbre, ni culture. Sauf quelques uns, les oliviers ne sont pas énormes, j'ai l'impression que les Andaloux suivent les conseils du groupement des oléiculteurs de Manosque : on rase à la tronçonneuse et on fait repousser. Ici, je le comprends car il y en a tellement et ça repousse vite, mais chez nous ????

Je ne connaissais pas UBEDA mais c'est une ville absolument magnifique puisque l'hôtel se targue d'être: "Todo en pleine corazon del renacimient Andaluz (tout en plein coeur de la renaissance andalouse)

Comme quoi, l'Andalousie réserve bien des surprises et les gens y sont charmants d'ailleurs.

Date du Message :
15 09 2009 20:26:01
Latitude : 38°10'21,7" - Longitude : -003°-00'-15,9"
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ALCARAZ ETC/VILLANUEVA
Dix-septième étape : 75 km cumul : 1 508 km
Dénivellé : 640 m

Ce matin, c'est le luxe, un petit café dans le duvet en me réveillant. Le problème du bivouac, c'est que l'on ne peut partir de bonne heure. Le jour se lève à 7 h. 30 et le temps de plier la tente mouillée re ranger ses affaires, je démarre à 9 h. sans déjeuner. La journée sera excellente car je démarre avec le soleil. Pas pour longtemps car le ciel se voile et il fait relativement froid. J'aurai dû mettre les manches longues et le coupe-vent. Je m'arrête au bout de 10 bornes pour déjeuner. Petit à petit, l'olivier occupe tout le terrain, ensuite je passe dans un coin avec des plantations de chênes verts : je ne comprends pas. Un panneau me signale me signale que j'entre en ANDALOUSIE et je cherche les belles andalouses de Jean FERRAT (mon pianiste préféré et sa culture musicale comprendra). Des petits troupeaux de montons et leurs bergers m'accueillent dans cette nouvelle province. Je suis dans le domaine des oliviers. Je n'en avais jamais autant vu et même si on me l'avait expliqué, je ne l'aurai pas cru : des oliviers à perte de vue, jusqu'à la cime des montagnes.

A midi, je profite d'un rayon de soleil pour pique-niquer à l'ombre d'une gineste (genêt) et faire sécher la tente. Jusqu'à présent, la route, comme d'habitude, la route montée et descendée tranquillement, mais cela ne va pas durer. J'attaque des montées de plus en plus longues au milieu des oliviers. Mes mollets sont mis à rude épreuve. Le temps commence à se couvrir et menace. J'avais décidé de m'arrêter à VILLANUEVA DEL ARZOBISPO, comme ce village est en retrait de ma route, je décide de continuer jusqu'au prochain hôtel. Dans la grande montée (3 km) qui évite le village, je me prends une chavanne, j'ai juste le temps d'enfiler le Gore-Tex et je suis trempé comme une soupe. En haut de la montée, je décide de redescendre au village et de coucher dans ce village. Je ne dois pas avoir assez de bosses car celle-ci, je l'ai montée pour rien car demain, il faudra tout recommencer. Le premier hôtelier me voyant tout mouillé me dit que son hôtel est complet : décidément, j'adore les espagnols et leur sens de l'accueil. A u second c'est le bon et je peux ains me sécher et mettre Tornado à l'abri pour la nuit

Date du Message :
15 09 2009 20:07:45
Latitude : 38°36'58,3" - Longitude : -002°-35'-32,10"
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ALBACETE EXT/ALCARAS ETC
Seizième étape : 82 km cumul : 1 433 km
Dénivellé : 515 m.

Ce matin, grâce matinée, debout à 7 h. pour un départ à 8 h. 45. Je finis la plaine d'hier soir en compagnie de lapins que je vois courir dans tous les sens. Je n'en ai jamais vu autant de ma vie. Dans cette plaine, d'immenses champs de cebola (oignons). C'est peut-être de là l'origine du chef espagnol dans Astérix ches les Ibères : soupalognonycrouton. Après 20 km tranquilles, fin de la plaine et j'entre dans une vallée que je remonte et bien sûr, le paysage change complètement : collines et verdure. Je fais connaissance avec mon nouvel ami hollandais "VAN DANS LA GUEULE" mais je ne plains pas car mon autre ami "VAN DANS LE DOS" m'a beaucoup aidé la première partie du voyage.

Je m'arrête au village de JARDIN (marrant comme nom) et j'en profite pour faire mes courses, ainsi si je peux bivouaquer ce soit, je serai autonome. J'arrive au village que je suppose être le terme de ma journée : ALCARAZ à ne pas confondre avec ALCATRAZ. Une rude montée me mène au village, en première et je suis un peu juste mais je ne mets pas le pied à terre, si des fois on me regardait. Au village, il n'y a pas grand chose, c'est juste un village touristique. J'aurai fait cette montée pour rien car je redescends aussitôt pour me sustenter dans une auberge. J'avais décidé de manger chaud le midi et de pique-nique au bivouac le soir. Il faut que je vous dise que ma réserve de gaz diminue et je ne trouve pas de recharge. C'est vrai que les régions que je traverse ne sont du tout touristiques.

Je quitte donc ALCARAZ et continue mon bonhomme de chemin en cherchant en endroit pour passer la nuit. J'emprunte un petit chemin non goudronné et enfin, je trouve un endroit sympa pour planter la tente. Le tente montée, un coup de vent et l'orage qui menace, je range vite mes affaires et m'apprète à affronter les éléments. Heureusement, il passe à côté et je pense que ce n'est pas pour ce soir. Je vais passer ma premmière nuit sous ma tente, je ne l'aurai ainsi pas trimballer pour rien.

Date du Message :
15 09 2009 19:50:51
Latitude : 38°57'25,7" - Longitude : -001°-57'-11,9"
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UTIEL / ALBACETE ETC
Quinzième étape : 131 km cumul : 1 351 km
Dénivellé : 870 m

Une fois n'est pas coutume, je bois mon petit café au lit (comme à la maison) à 5 h. 45. Je déjeune dans ma chambre pour pouvoir partir de bonne heure. Je démarre à 7 h. 15, entre chien et loup (je suis à l'ouest du méridien de Grenwisch). J'attaque par une petite route de campagne pour rejoindre REQUENA et la N 322. Je suis dans une région viticole et nous sommes en plein vendanges. C'est une litanie de tracteurs avec remorque qui se croisent, certains vont vider à la bodega (cave), d'autre s'en retournent dans les vignes pour faire le plein. Tout ça, c'est bien sympa, d'autant que le paysage est superbe, mais il y a un mais car toutes ces remorques remplies de raisins déversent sur la route du jus de raisins. Celà crée une pègue sur la route qu'il vaut mieux éviter sinon tu ramasses ainsi tous le gravillons et tu augmentes les riques de crevaisons. Les vendangeurs en passant me saluent d'un Hola bien agréable. Des hordes de motards n'arrêtent pas de me doubler : un motard, ça ne me dérange pas mais quand ils sont une dizaine, ça devient désagréable (n'est-ce pas GG (l'autre). En arrivant à ALBACETE, je comprendrai pourquoi tous ces motards. Dans cette ville, il y a uno circuito de velocidad et certainement une compétition. J'avais cru comprendre d'après l'hotelier qu'après VILLA TOYA, la route descendait jusqu'à ALBACETE. J'ai encore du progrès à faire en espagnol parce qu'à partir de là, la route s'est mise à grimper et ce pendant 9 km. Le décor en profite pour changer, je ne suis plus dans les vignes mais dans les collines plantlées de pins. En haut de la bosse, je retrouve à nouveau les vignes qui disparaissent progressivement pour faire place à une immense plaine où l'on cultive les céréales (les nombreux silos en témoignent). La route reprend ses montées et descentes, je commence à en avoir l'habitude. Il me faut trouver un endroit pour pique-niquer, mais pas d'ombre à l'horizon et cette plaine n'est vraiment pas très chouette. Enfin un village, je me dirige vers l'église et je pique-niquerai sur un banc public en plein cagnard. En sortant du village, j'aperçois des bancs bien à l'ombre : c'est toujours Il me rest 1,5 litre d'eau et des barres de céréales, ça devrait le faire. Mais où bivouaquer dans cette plaine désertique où tout est grillagé. Enfin j'aperçois deux hotels face à face.Le premier est complet mais accepte que je monte la tente sur son parking crado si je mange chez lui. Je traverse et là, miracle, il leur reste une chambre. C'est un hôtel minable en pleine campagne, peut-être de passe, mais je suis content. Ce soir, j'arrive une fois de plus exténué et maintenant, c'est décidé, je vais me calmer. Il ne me reste plus que 600 km pur rejoindre GIBRALTAR en 11 jours, soit 55 km par jour, je peux le prendre plus cool.




Date du Message :
11 09 2009 20:13:01
Latitude : 39°34'07" - Longitude : -001°-12'-09,4"
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JOURNEE DE REPOS
Quatorzième étape (heu !) 0 km cumul : 1220 km
Dénivellé : 0

La nuit porte conseil parait-il. Et bien ce matin en me réveillant, j'ai décidé de me reposer. Les muscles étaient un peu douloureux et comme il me reste une moyenne de 60 km par jour pour arriver à TANGER où JOJO doit me rejoindre. J'en ai profité pour me promener dans cette ville d'UTIEL où il n'y a rien d'exceptionnel. J'ai fait une bugade (lessive) et glander toute la journée. Le seul problème, ce sont les horaires des repas ; déjeûner à 14 h. et dîner à 21 h. et mon estomac crie famine deux heures avant. Cette après-midi, après ma première sieste depuis mon départ (ce n'est pas de moi), j'en ai profité pour mettre mon courrier à jour. Ensuite, j'ai regardé l'étape du Tour d'Espagne à la télé qui passe dans le secteur. Cela m'a permis de retrouver les routes et les paysages que j'ai traversés.

Ce soir, une bonne nuit et "magnana" ALBACETE, une étape de 112 km.

Date du Message :
11 09 2009 00:41:19
Latitude : 39°34'07" - Longitude : -001°-12'-09,41"
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TERUEL / UTIEL
Trezième étape : 122 km cumul : 1 22O km
Dénivellé : 885 m

Comme je vais déjeuner dans un bar qui ouvre à 7 h., je suis pret pour le dépar à 8 H. 15. Aujourd'hui une grande étape m'attend. La première partie de la journée est très agréable car je descend doucement le long d'une rivière. Cette rivière d'ailleurs est d'un couleur marron. Y a t-il plu quelque part ou est-ce se couleur normal ? Je ne le saurai jamais. Pour une fois, je suis entouré par du vert, toujours les plantations de peupliers et aux abords des villages de magnifiques jardins. Je passe de gorge en gorge où la couleur ocre domine, sans aucun effort : je me régale. Après 40 kilomètres, je quitte la route de CUENCA pour me diriger vers UTIEL et les choses se corsent. Après le spendide village de ADAMUZ, je vois au loin la route s'élever de façon spectaculaire. Je pense que ce n'est pas pour moi car il n'y a rien d'indiqué sur la carte. Et bien oui, c'est ma route que je grimper pour la première fois en première (tout à gauche, expression de cycliste)? Je grimpe péniblement cette bosse de 6 kilomètres et ma fierté mal placée me refuse de mettre pied à terre. Je suis à la limite de craquer et 1 % de pente supplémentaire, je ne passe pas. J'ai ainsi testé les possibilités de Tornado qui a l'air de souffrie également. J'arrive finalement à 1 200 m. d'altitude sur un immense plateau qui me fait penser aux CAUSSES du centre de la France. La route reprend sa litanie de montées et de descentes, je suis toujours entre 1 200 et 1 000 m. J'arrive enfin au village de LANDETE ( 1020 m), j'ai soif, faim et je suis fatigué. Comme il est 13 h., je décide de faire une grande pose et d'analyser la situation. Je trouve difficilement un bar pour boire deux cervezas et prendre un barcadas (un gros sandwich chaud avec jambon et oeuf). Dans le bar, je baragouine avec trois clients qui n'en reviennent pas que je vais jusqu'en Afrique. Je me rencarde sur la suite de la route et mes signale que jusque UTIEL, ça descend. Il ne me reste plus que 50 km, je décide donc de rejoindre cette ville car je n'ai pas envie de rester à LANDETE, petit village perdu sur ce Causse pas terrible. Ces gens non jamais fait de vélo car si effectivement ça descend les plus souvent, la route continue tout de même de monter et de redescendre : c'est vrai qu'en voiture ça ne donne jamais l'impression de grimper. finalement j'arrive à UTIEL sous la chaleur et en plus la ville est toute bloquée par une course de Taureaux que je n'aurai pas la patience de regarder. Avec difficultés, je trouve un hôtel sympa où le patron me demande de signer un autographe, décidément, c'est la gloire, mais que c'est dur.

Date du Message :
09 09 2009 20:38:14
Latitude : 40°20'45.4" - Longitude : -001°06'19.8"
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MONTALBAN / TERUEL
Douzieme journee : 78 km cumul : 1 098 km
Denivellee : 900 m.

Pas de wi-fi en vue, ce soir je vais essayer de vous narrer la journee d'un cyber cafe. Avec leur clavier espagnol, mois qui tape avec mes dix doigts, cela ne va pas ètre de la tarte.

Comme je le prevoyais, le depart fut rude, je passe un premier col qui culmine à 1 408 m. en deuxième et troisième. J'effectue mes deux premières heures à 7,5 de moyenne mais je n'ai pas ñis le pied à terre. En haut du col, j'etais très fier de moi, j'ose le dire, pas de fausse modestie. Je suis dans un decor d'eoliennes. Je savais qu'il y en avait beaucoup en Espagne, mais pas à ce point. Finalement, qu'il y en ait 4 ou 5, ou des dizaines, dans ce paysage desertique, je me dis pourquoi pas ; c'est surement mieux que le tout nucleaire decide par nos dirigeants en France. Quand je bascule, je suis dans un tout autre paysage. Je pedale sur un immense plateau couvert de cultures (de nombreux silos en teñoigne). Le plateau de Valensole à còte, c'est de la "nionotte" (pardon Maurice CHASPOUL). Je descends quelques kilomètres et de nouveau un autre col : ça ne va pas recommencer comme hier. Non car la fin de la journee va ètre un regal. Je traverse des petits villages, tous plus magnifiques les uns que les autres. Je fais mes courses à ALFAMBRA oú, j'ai enfin le sourire de la marchande (c'est malheureusement assez rare en Espagne). Je descends traquillement une vallee où les cultures font place à des plantations de piboules (peupliers). Je n'aurai eu que de la verdure aujour'hui et en plus le sourire de la marchande, c'est bon pour le moral. A 15 kilomètres de TERUEL, je croise un cycliste espagnol qui fait demi-tour pour m'accompagner jusqu'à l'entree de TERRUEL. Il me faut faire très attention car je m'engraine et nous devalons sur TERUEL à plus de 30 kilomètres heure. Comme c'est un coureur, il me sert de près mais vu mon chargement, je n'ai pas toute ma dexterite. Il me signale qu'il a un magasin de velo et m'indique un hòtel à còte de son magasin. A 5 heures, je vais le voir pour m'acheter un cuissard car je n'en ai plus qu'un (c'est un peu juste), mais il n'avait que des cuissards de VTT et moi, j'aime les cuissards un peu long : ben quoi, on peut voyager et rester coquet.

J'aurai ainsi passe une excellente journee, sans trop de chàleur car en altitude et avec quand mème 900 m. de denivelle. Je pense que la suite sera encore assez bosselee, je n'ai pas choisi le plus facile mais c'est le prix à payer pour la tranquillite.

OUF, je m'en suis sorti mais excuses les accents, je ne les trouve pas.

Date du Message :
08 09 2009 19:36:27
Latitude : 40°50'10,8" - Longitude : -000°50'05"
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ALCANIZ / MONTALBAN
Onzième étape : 79 km Cumul : 1 020 km
Dénivellé : 1 215 m.

Départ d'Alcaniz à 8 h 45 et la route commence déjà à monter. Des petites descentes et de nouveau ça remonte et chaque fois pour finir par un petit "raidar), le tout en lignes droites de 5 à 6 km. C'est un paysage de plateau (incliné dans le mauvais sens) avec beaucoup de cultures, en particulier du maîs et des fruits (pêchers, pommiers, oliiers, amandiers). L'altitimètre n'en finit pas de gimper progressivement. Vers 11 h., pour ne pas me faire avoir comme hier, je fais mes courses à Alcorisa et décide de continuer pour manger vers 12 h. 30. Bien sûr je trouve de suite des coins à pique-nique sympa mais je fais le héron. Vers 12 h 15, dès que je trouve un coin sympa, je m'arrête. Miracle, un village (il y avait longtemps) sur ma gauche : LOS OLMOS. Je m'installe sur la place du village, sur un banc bien à l'ombre : quel bonheur !, d'autant que je suis allé acheter un bouteille d'eau bien fraîche au bar de la place. Je casse une bonne croûte et repart sous la cagne. Laurence va être très contente car en partant, je mets ma casquette et me tartine de crême solaire. Je suis à 700 m d'altitude et la végétation s'amenuise, il ne rest plus que les oliviers et les amandiers. Sous un soleil de plomb, la route n'en finit pas de monter ; les oliviers disparaissent et seuls les amandiers sont très présents. Pour se mettre à l'ombre en cette saison sous un amandier décharné ce n'est pas le top. Je cuit donc sur le goudron. Depuis que ça monte, j'arrive enfin à un col qui culmine à 1 180 m. Je pense que ma journée est pratiquement terminée car il ne me reste plus que 15 km pour atteindre MONTALBAN, que nenni, si la route descend, elle remonte aussitôt. J'atteint au bout de 76 km MONTALBAN, village magnifique, chique comme il est 16 h., j'aurai le temps d'y traîner. Je cherche "una habitationne" (chambre), peine perdue car dans ce village, il n'y a rien d'ouvert, le seul hôtel est à 3 km et je n'ai pas d'autre chois que d'y aller car dans ce coin, pas de camping et impossible de bivouaquer. Finalement ça m'arrange car une fois de plus je suis cuit et j'ai un peu de linge à laver.

Après le passage des Pyrénées, je croyais avoir fait le plus dur mais c'est une erreur car la chaleur et le relief rendent mon avancée assez pénible et ça ne va pas se calmer car demain, j'ai un autre massif à traverser. Si ce n'est le monde, j'aurai peut-être dû passer par le côte.

J'allais oublier une information importante : hier, j'ai quitté la Catalogne et je suis maintenant dans l'Aragon.

J'ai également passé aujourd'hui passé le cap de 1 000 kilomètres, je vais peut-être descendre au bar de l'hôtel pour fêter ça et me payer un petit apéritif.


Date du Message :
07 09 2009 23:00:23
Latitude : 41°03'05,9" - Longitude : -000°08'16,9"
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LERIDA / ALCANIZ
Excusez-moi, sur le texte précédent, j'ai fait une erreur, j'ai rentré les coordonnées de la veille, il faut tenir compte de celle-ci.

MILLE EXCUSES


G

Date du Message :
07 09 2009 22:55:52
Latitude : 41°41'21,6" - Longitude : 000°43'41,1"
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LERIDA / ALCANIZ
Dixième journée : 131 km cumul : 941 KM
Dénivellé : 1 100 m.

Nous nous avec Claude et Alai après le petit déjeuner à 9 H. Je démarre ma première journée seul non sans inquiètude. Mon chargement est maintenant complet (150 kg avec le bonhomme et le vélo). Je me demande comment je vais pouvoir passer les bosses car les jours précédents ont été assez difficiles. Pour le début de la journée, la route est relativement plate mais je ne sens pas la remorque, c'est bon signe. L'avant veille et la veille, Claude m'a fait repérer la traversée de Lérida (une grande ville), tout ce passe donc à merveile. Un premier petit problème 10 km avant Fraga, il n'y a plus de route nationale, seule l'autoroute continue. J'arrête un automobiliste qui me dit de prendre l'autoroute !!! Je refuse et en arrête un autre qui me signale qu'il n'y a pas d'autre route. Je retourne donc vers Lérida et au bout de 7 à 8 km, je prends une petite route qui me permettra de rejoindre la route d'Alcaniz mais ce n'est pas un raccourci et je dois faire une quinzaine de km supplémentaires. Je traverse une magnifique vallé fruitière (pêche, amandes, poires, pommes, coings) arrosée par une rivière assez importante, le Segre qui grossit de plus en plus. C'est normal car à MEQUINENZA, il y a un grand lac. En bon bas-alpin, je m'y connais en lac. Qui dit lac, dit barrage et s'il y a un barrage, il y a une bosse pour passer au dessus du barage (voir Esparron). Effectivement, dès que je récupère la nationale, il me faut grimper une bosse de 2,5 km à plus de 10 %. C'est mon premier test en pleine charge et tout ce passe bien puisque je monte en troisième et j'ai encore deux vitesses en rab. Au début du séjour, j'aurais grimpé cette bosse à pieds. Je remercie Alain et Claude car ma forme est allée crescendo. Je suis très heureux et très fier car je n'ai plus d'inquiètude pour la suite du voyage. La route n'en finit pas de grimper, quoiqu'avec des pourcentages moindres. C'est une succession de montées et de descentes qui n'en finissent plus. Le tout se passe dans un décor désertique, sans arbres, sans ombre, et sans villages pour ravitailler. J'arrive à CASPE à 15 h., je n'ai pas encore mangé (une simple pomme) et je suis cuit. Pensant coucher à CASPE, je m'enfile un énorme sandwich et deux cerveza (bières). Le coin ne me parait pas sympathique et encore ces odeurs d'élévage de porcs, je décide de rejoindre ALCANIZ, distant de 30 km. Ce sera 30 km de calvaire, la route n'en finit pas de monter, il fait très chaud, pas d'ombre et rien au bord de la route, je suis dans un payzage de Western, je me croirais dans l'Arizona. J'arrive enfin à ALCANIZ où je trouve un petit hôtel car dans la région, il est impossible de bivouaquer et il n'y a pas de camping.
Pour ma première en solo, j'aurais donc fait 130 km et 1100 m de dévillé, à ce rythme, l'Espagne sera rapidement traversée. Demain, je vais essayer de faire plus court sinon c'est mon corps qui me lachera.




Date du Message :
06 09 2009 12:06:50
Latitude : 41°41'21,6" - Longitude : 000°43'41,1"
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JOURNEE DE REPOS
Neuvième journée

Petit déjeuner très succint à l'hôtel, heureusement il nous restait un cake de Martine (merci Roland), nous nous en sommes payés une tranche.

Nous reconnaissons la route pour ma traversée de Lérida afin de me faciliter mes premiers bouts de route en solitaire demain matin.

Gràce à une connection WI FI, je mets le site à jour assis sur un banc public.


Bises à tous et à la prochaine connexion.


G et Tornado

Date du Message :
06 09 2009 12:01:19
Latitude : 41°41'21,6" - Longitude : 000°43'41,1"
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PONTS / LERIDA
Huitième journée : 52 km cumul : 810 km
Dénivellé : 600 m.


Aujourd'hui, une demie étape pour rejoindre Lérida, lieu de séparation avec mes ammis. 52 km, et nous sommes à l'hôtel à midi, que demande le peuple.
Nous passons l'après-midi à visiter Lérida en touriste. Je cherche vainement un magasin pour acheter une batterie pour mon téléphone. Comme les magasins n'ouvrent qu'à 17 h., nous en profitons pour visiter la cathédrale "Seu Vella"
(ancienne caserne militaire).
Ce soir, dodo dans un petit hôtel sans charme. Nous mangeons à l'hôtel, avec l'impression de déranger le personnel, seul le patron a un peu le sourire.
Heureusement, il y a une petite clim dans la chambre car l'odeur pestilentielle des épandages de boues nous oblige à fermer la fenêtre.

Date du Message :
06 09 2009 11:54:42
Latitude : 41°54'57" - Longitude : 001°11'04,2"
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BERGA / PONTS
Septième journée : 90 km cumul : 758 km
Dénivelé : 1000 M.

Aujourd'hui, étape classique quoique avec 1000 m de dénivellé, ce n'est pas mal. L'épandage des boues des stations d'épuration est monnaie courante dans la région, ajoutée aux nombreuses porcheries que nous rencontrons, nous respirons ces odeurs toute la journée : pas très agréable. A midi, Claude est allé faire les courses à Solsona, est revenu à notre rencontre pour notre premier pique-nique au bord de la route. C'est le premier essai de mon siège. C'est agréable de ne pas s'assoir par terre, si je peux il fera le voyage avec moi. A la fin du repas, je fais même le café. Nous repartons vers Ponts où nous dormons dans une petite ville sympa où la Wi Fi de l'hôtel me permet de me mettre à peu près à jour.

C'est une première semaine de vélà et j'ai effectué 758 km soit une moyenne de 108 km par jour, ce n'est pas mal pour un début car je sens la forme arriver.

Date du Message :
06 09 2009 11:47:15
Latitude : 42°06'16,4" - Longitude : 001°51'06"
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PRATS DE MOLLO/BERGA (ESP )
Sixième jour : 105 cumul : 668 km
Dénivelé : 1 500 m.

Encore une grosse journée.
Les Pyrénées, il faut bien les traverser, je ne les avais prévus aussi durs. Après un court arrêt à Ripoll pour nous ravitailler d'un sandwich espagnol, et d'une pizza nous avons mis notre espagnol à rude épreuve.
Nous pensions avoir fait le plus dur de la journée (le col d'Ares 1500 m) mais nous n'arrêtons pas de monter et de descendre sur des petites routes tranquilles (sans circulation.
A Berga, nous arrivons à proximité de l'hôtel où une bonne surprise nous attend dans le confort d'un hôtel luxueux mais impersonnel.

Date du Message :
06 09 2009 11:37:34
Latitude : 42°24'14,8" - Longitude : 002°28'48,1"
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TAUTAVEL / PRATS DE MOLLO
Cinquième jour : 100 km cumul : 563 km
Dénivellé : 1 605 m.

Départ de Tautavel mais au bout de 4 kilomètes, je m'aperçois que j'ai oublié mon fanion (première erreur).C'est Claude avec la voiture qui s'y colle.
Alais qui connait parfaitement la région nous concocte le trajet. Résultat des courses : 20 km en plus et près de 1000 m de dénivellé en plus (dur dur dur). Heuruesement le paysage est magnifique et compense largement les difficultés de la journée. C'est notre dernière étape française et je pensais mettre à jour le site mais à Prats de Mollo, pas de connection. Ce sera pour une autre fois. Heureusement un bon repas à l'hôtel nous remont le moral car je sens la fatique arriver. Une étape de repos sera la bienvenues mais hélas, nous ne sommes pas encore à Lérida.

Date du Message :
06 09 2009 11:30:37
Latitude : 43°29'07" - Longitude : 002°45'30,1"
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ST PONS / TAUTAVEL
Quatrième jour : 125 km cumul : 463
Dénivelé : 1 000 m

Après le petit déjeuner, Roland nous quitte mais surtout Laurence. Cette fois c'est la séparation, elle a été progressive mais très dure. Je démarre en pleurs mais je ne me retourne pas. Nous attaquons le col de Ste Colombe sous la pluie. C'est le baptème de Tornado. Dans la descente du col nouvelle émission de radion en direct au bord de la route, cela se renouvellera encore deux fois.
Journée encore pénible mais dans des décors superbes au milieu des vignobles :
Minervois, Corbières, Fitou, Rivesaltes, tout un programme. Arrivée à Tuchan, nous avons le choix : Tautavel direct ou par Estagel. Bien sûr nous choisissons le plus dur par Tautavel direct où une grosse bosse nous attend. Claude s'échappe et me laisse seul dans le col avec ma remorque. Arrivée à Tautavel nous apprenons que l'hôtel se trouve vers Estagel et qu'il est fermé et à vendre ????? Heureusement nous sommes reçus comme prévu et pendant le court séjour, nous aprécions le silence (nous sommes seuls) et la beauté du lieu.
Journée agréable mais encore pénible : 125 km et 1000 m de dénivellé, il va bien falloir que je me calme. Alain et Claude sont d'une compagnie très agréable, toujours à mes petits soins. La séparation sera compliquée.

Date du Message :
04 09 2009 22:55:54
Latitude : 42°06'16,4" - Longitude : 001°51'06"
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PRATS / BERGA (ESPAGNE)
Jeudi 03/09/2009
Sixième étape : 100 km Cumul : 763 km
Dénivellé : 1 500 m

Je passe enfin ma première frontière, plus que 22 et je suis au but. Nous passons cette première frontière par un petit col à 1 500 m, mais très dur pour moi qui suit chargé. Nous arrivons à Berga par de petit col en petit col. Je suis assez surpris par ce passage des Pyrénées, je ne pensais pas que ce serait aussi dur et la fatigue commence à s'installer. Heureusement le ciel est parfois couvert mais sans pluie, seul le vent est de la partie, toujours de face (cela tous le cyclistes le savent). Nous couchons à Berga dans une grande ville impersonnelle, je languis déjà l'Afrique.

Date du Message :
04 09 2009 22:43:09
Latitude : 42°24'14,8" - Longitude : 002°28'48,10"
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TAUTAVEL / PRATS DE MOLLO
Mercredi 02/09/2009
Cinquième étape : 100 km cumul : 663 km
dénivellé : 1 605 m (et oui ça continue)

Une journée encore très fatigante, nous faisons confiance à Alain qui connait très bien la région, résultat des courses : 20 km en plus et des cols en veux-tu en voilà. Heureusement pour lui, le paysage était magnifique, cela fait oublier la fatigue. nous terminons la journée dans un hôtel très simple mais très sympathique, cela compense. J'avais prévu de mettre mon carnet de route à jour mais des problèmes d'Internet ne m'ont pas permis la connextion : cela ira mieux en Afrique.

Le moral est au beau fixe mais la fatigue arrive : à quand une journée de repos. Heureusement, Alain et Claude sont avec moi.


Date du Message :
04 09 2009 22:34:42
Latitude : 43°29'07" - Longitude : 002°45'30,1"
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ST PONS / TAUTAVEL
Mardi 01/09/2009
Quatrième étape : 125 km cumul : 563 km
Dénivellé : 1 000 m

Après le petit déjeuner, Roland nous quitte à regret,Da mais surtout Laurence. Cette le moment tant redouté arrive, elle a été progressive mais c'est très dur. Je quitte Laurence sachant que je vais vivre beaucoup de galères, mais c'est elle qui va le plus souffir. Elle ne dit rien, accepte mon projet car elle m'aime et que c'est mon rêve mais elle va vivre une année pénible. Je démarre en pleurs, faisant semblant de rien, ne me retourne pas, cela ne servirait à rien. Nou attaquons le col de Ste Colombe sous la pluie, c'est le baptème de Tornado qui ne s'y attendait pas. Dans la descente du col, nouvelle émission de radio sous la pluie et cela se renouvellera encore deux fois. Moi qui à l'origine, je ne voulais pas médiatiser mon voyage, me voila servi. Il me faut me reconcentrer et ne plus penser qu'à mon voyage. ce fut une journée encore difficile mais dans un décor superbe, au milieu des vignes : Minervois, Corbières, Fitou, Rivesaltes, tout un programme : JP (VIANAY) doit saliver.
Nous arrions à Tautavel après une dernière bosse non prévu au programme et je souffre avec ma remorque, il va bien falloir que je me calme. Alain et Claude sont d'une compagnie très agréable, toujours à mes petits soins. LA SEPARATION SERA COMPLIQUEE.
Nous dormons dans un hôtel fermé, nous ne sommes que nous trois, le propriétaire est absent : bizarre.......


Date du Message :
04 09 2009 22:12:10
Latitude : 43°40'03,2" - Longitude : 004°03'34,2"
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VALERGUES / ST PONS
Lundi 31/09/2009

Troisième étape : 154 km cumul :338 km
Dénivellé : 1 300 M.

Après un bon petit déjeuner mes anciens associés et collègues de travail de Montpellier viennent me dire au revoir : Serge, jackie, Martine, Jean-Luc. Nous partons en direction du Pic St Loup (ce n'est pas le plus simple et le plus facile mais nous évitons ainsi Montepellier). Jean-Pierre qui fait très peu de vélo et Alain (avec qui nous avons bu l'apéro la veille)qui lui n'en fait pas du tout nous accompagnent. Ils feront tous les deux près de 80 kilomètres, bravo mais le derrière a dû souffrir. Sur le vélo, je reçois un coup de fil de Michel (Detey), il est arrivé en retard au rendez-vous et nous rejoint avec sa moto. A Gignac, je me fais doubler (ce n'est pas dans mes habitudes) par un cyclo avec le maillot de Riez, c'est mon ami Jeannot (PATRUS), accompagné de son neuveu Pascal. Il était au Cap d'Agde et a tenu absolument à venir me voir, il roulera avec nous jusqu'à Bédarieux. Nous déjeunons tous à Clermont l'Hérault à une bonne vingtaine. Mon frère ainé Henri nous a rejoint avec sa petite fille Laura,ainsi que Michel et sa famille, Marcelle qui a retrouvé Jeannot. JP et Alain rentrent à Valergues avec Anny et nous continuons accompagné de Jeannot. En route, je crois Jean-Jacques (DOLLEON) qui rentrait d'Espagne. Ce fut vraiment une journée très riche en émotion avec ces potes qui viennent me dire au revoir. La journée vélocipédique fut assez pénible car nous avons parcouru plus de 150 km et arrivons chez nos hôtes Pérrine et Geoffrey exténués vers 20 heures. Décidément, mes compagnons de route veulent ma peau (peut-être pour m'inciter à abondonner). Nous dînons et vers 11 h 15, nouveau coup de fil, c'est France Inter (Allo la Planête). Ce soir nous nous couchons encore à minuit. Ma dernière nuit avec Laurence sera courte. A ce rythme, je ne sais pas si je résiterai.

Date du Message :
04 09 2009 19:38:06
Latitude : 43°40'03,3" - Longitude : 4°03'34,2"
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GRANS / VALERGUES
Dimanche 30/09/2009 : deuxième étape

100 km Cumul : 184 km
Dénivellée : 200 m.

Départ du cabanon de Grans après un petit déjeuner préparé par le beauf Geoges.
Roland route toute la journée avec moi. Alain et Claude roule à tour de rôle car la voiture les suivra jusque Lérida (Espagne). Roland rentrera de St pons de Thomières ave Laurence.

Le vent s'est calmé et la traversée de la Crau se passe à merveille. Arrivée à Arles, nous nous arrêtons à un feu rouge et je suis interpellé par un Arlésien qui me demande si c'est moi qui vait en Afrique : la Provence est bien lue dans la région.

A un rond-point, j'entends une voix :"Oh! Gérard", c'est José un chauffeur de Laurence venu à notre rencontreen voiture, il ne voulait pas louper notre passage.

Sous une chaleur torride nous atteignons Valergues où nous sommes accueillis par Anny, Jean-Pierre et César. Accueil extraordinaire : rafraichissement (Morito historique), piscine (phot sur le forum). Jean-Pierre et Anny ne savent que faire pour nous être agréable. Au repas, j'avais commandé des pâtes à la Carbonarra. Jean-Pierre s'y est collé (pas les pâtes). Après ce repas bien arrosé nous nous couchons une fois de plus après minuit. Décidément, si ça continue, je vais y laisser ma santé.....


Date du Message :
03 09 2009 23:24:03
Latitude : 43°35'56,5" - Longitude : 5°03'35,5"
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PREMIERE ETAPE GREOUX/GRANS
SAMEDI 29/08/09

Départ de Gipaloup accompagné par Sabine, Kristelle et Christophe.
Départ officiel du pont de St Sébastien devant peut-être 200 personnes : amis, connaissances, gens du village et même des curistes et des touristes. Je remarque des larmes dans les yeux de beaucoup d'amis, j'y vais également de ma larme après le discours émouvant de Laurence. Je ne peux pas, non sans difficulté, évoquer mon petit frère Serge, décédé le 31 mai qui m'accompagnera durant tout le voyage. Le départ, accompagné de Alain, Claude et Roland (le club de Riez est bien présent)est donné avec une cinquantaine de cyclistes qui nous suivent. Arrivé à Lineau, c'est le club de Pierrevert venu à notre rencontre qui se joint à nous (merci à Emile VIOLIN son président). A partire de Vinon, le peloton commence à s'amenuiser et c'est une dizaine de Cyclistes qui pique-nique à Pertuis, accompagne par Danielle et Patrick (Bourcelot) et mes deux filleuls Marine et Samuel. Georges (NEVIERE)avec ses 81 ans aura fait ses 40 bornes et rentrera sur Gréoux. Kris et Chistophe nous quittent au Puy Ste Réparade. Les bourrasques de Mistral ne nous empêchent pas d'arriver au cabanon de Grans où nous sommes accueillis par Caro (qui tenait à me faire le souper), Sébastien, Axel, Jules et Georges mon beau-frère. Sébastien et Elodie se joignent à nous. Elodie est enceinte, quand je reverrai le bébé, il marchera.

La première étape fait 84 km pour une dénivellée de 500 m.

Date du Message :
27 08 2009 06:46:32
Latitude : 43°45'35.3" - Longitude : 5°52'27.3"
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TEST
Bonjour à tous les Internautes et tous les amis,

Cette fois nous y sommes, notre cher Stéphane a mis en ligne une liaison qui me permettra de communiquer régulièrement avec vous. Si c'est une machine qui nous relie, c'est tout de même grâce à un être humain que nous pouvons le faire. Je remercie une fois de plus Stéphane qui va être notre lien pendant cette année qui se prépare.

J'ai mis les coordonnées GPS de Gipaloup (ma maison pendant encore deux dodos)afin que vous puissiez connaître ma position si vous allez sur GOOGLE EARTH. Je vous indiquerai régulièrement ma position et ainsi vous pourrez me suivre.

Je vous donne donc rendez-vous à samedi 9 heures, au quartier St Sébastien à GREOUX-LES-BAINS pour le grand départ.

Bises à tout le monde


Gérard



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Date du Message :
27 08 2009 00:46:23
Latitude : Lancement - Longitude : Lancement
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Lancement du Carnet de Route
Bonjour
Ce message est le lancement du Carnet de Route qui permettra à Gérard de nous donner ses impressions.
Si vous le souhaitez, un flux RSS est disponible.
Bonne Route Gérard...

Stephane